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TERMINAISONS DE LA PNEUMONIE

La pneumonie se termine chez les vieillards, comme aux autres âges, par la guérison ou par la mort, mais dans des proportions bien différentes, comme nous le verrons au chapitre du pronostic. Elle peut encore se terminer par le passage à l’état chronique.

Il n’est pas sans utilité de considérer de quelle manière la mort peut survenir dans la pneumonie des vieillards; cette étude, dont lepronostic fera son profit, nous fournira des données intéressantes sur la marche de cette maladie.

Sur 37 pneumonies terminées par «la mort, 17 malades se sont éteints dans un état de prostration revêtant d’une manière plus ou moins tranchée les caractères de l’adynamie;

7 ont paru succomber aux progrès de la maladie, sans avoir présenté d’adynamie proprement dite;

6 ont succombé avec des accidents cérébraux ;

5 sont morts d’une manière tout à fait inattendue;

2 ont succombé, leur pneumonie guérie, à des complications consécutives.

Nous allons passer en revue ces différentes catégories de malades.

Il arrive ordinairement, lorsqu’une pneumonie doit se terminer par la mort, de quelque manière qu’elle ait débuté, qu’au bout de quelques jours de durée le malade tombe peu à peu dans un affaissement profond, avec obtusion de l’intelligence ou léger subdelirium, augmentation de la dyspnée, face colorée, refroidissement du nez, des joues et des extrémités, immobilité ou au moins difficulté de

(1) Gillette, Supplément • au Dictionnaire des dictionnaires de médecine , art. Vieillesse ( maladies de la).

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mouvoir les membres, langue sèche, rude, quelquefois noirâtre. Les symptômes les plus caractéristiques de la pneumonie, le point de côté, les crachats, cessent de se montrer. C’est le plus souvent ainsi que succombent les vieillards atteints de pneumonie; dix-sept de mes malades se sont trouvés dans ce cas -, la moyenne de leur âge était de soixante-quinze ans. Plusieurs des malades dont il est parlé dans les catégories suivantes se trouvaient dans un état semblable de prostration ou d’adynamie ; mais ils ont paru succomber dans des conditions toutes particulières.

Chez quelques-uns les caractères de l’adynamie se prononcent au plus haut point; mais ceci s’observe beaucoup plus souvent dans les pneumonies secondaires que dans les autres. Souvent il n’y a qu’une simple prostration, un engourdissement général des facultés. Cet ensemble de symptômes, dans lequel les nuances nombreuses qu’ils produisent ne permettent pas d’établir de catégories distinctes, peut se rencontrer dans le cours de pneumonies qui se terminent par la guérison.

Chez d’autres malades, la mort survient comme chez les adultes, par suite des progrès de la maladie. Sept de mes malades se trouvaient dans ce cas. Un d’eux a succombé avec une vive oppression ; il y avait une pneumonie du sommet, sans épanchement pleurétique. Un autre est mort avec beaucoup de fièvre, d’anxiété, d’agilation. Chez quatre, la mort est survenue, sans phénomènes particuliers, par une simple aggravation des symptômes. Un dernier est mort d’une manière assez inattendue, à la suite d’une saignée qui nous a semblé intempestive. On remarquera que la moyenne de l’âge de ces malades n’était que de soixante et onze ans, tandis qu’elle était de soixantequinze ans pour les malades qui ont succombé dans un état plus ou moins voisin de l’adynamie.

Six malades ont succombé avec des symptômes cérébraux; trois d’entre eux offraient des alternatives d’assoupissement et d’exaltation, ou de délire; deux étaient plongés dans l’assoupissement, et un aulre avait éprouvé des accidents apoplectiformes.

Cinq malades sont morts subitement : trois d’entre eux étaient plongés dans un grand affaiblissement qui, chez un d’eux, avait revêtu des caractères franchement adynamiques.

Un d’eux était une femme de soixante et onze ans, au huitième jour d’une pneumonie limitée de la partie moyenne du lobe supérieur droit; un noyau d’hépatisation grise était entouré d’un peu d’hépatisation rouge.

Dl'RÀND-FAUDEL. — 2e édit.

/|t)6 MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE.

Un autre était une femme de soixante-sept ans, au troisième jour de sa maladie, présentant une hépatisation rouge du lobe supérieur gauche, avec un petit noyau d’hépatisation grise.

Une lemme de soixante et onze ans, malade depuis sept jours, avait une hépatisation du sommet du poumon droit.

Ces trois malades sont mortes tout à coup, après avoir bu ou en parlant, sans que rien pût faire prévoir cet événement, quelques heures auparavant.

Une quatrième malade était une femme de soixante-douze ans, qui avait présenté des symptômes cérébraux assez remarquables.

Enfin, une femme de soixante-six ans était à peu près au septième jour de sa maladie. Son état général paraissait très-bon, meilleur même que n’eussent pu faire supposer les résultats de l’auscultation. Elle mourut après deux ou trois heures d’accidents soudains et sur lesquels on n’a pu être exactement renseigné. Tout le lobe inférieur du poumon droit était en suppuration.

Dans ce dernier cas et dans un des trois premiers, des caillots I remarquables, denses et fortement enchevêtrés, furent trouvés dans le cœur. J’ai parlé de ces deux faits en étudiant l’état du sang dans le cœur des pneumoniques. On trouvera d’autres exemples de ce genre, j dans un mémoire de M. Lebert(l).

Ces morts soudaines, sans agonie et toujours inattendues, au moins à l’époque où elles ont eu lieu, appartiennent assez spécialement à Ja pneumonie des vieillards. Les exemples n’en sont point rares. On voit quelquefois des vieillards que l’on ne savait point malades, et qui vivaient de la vie commune, mourir très-subitement ou en quelques heures de temps, et l’on trouve à l’autopsie des pneumonies en général à l’état de suppuration. C’est là ce qu’on a appelé des pneumonies latentes. Ce sont des faits exactement du même ordre que ceux que nous venons de citer.

Dans deux cas, chez des femmes de soixante-quatre et de soixantesix ans, la pneumonie paraissait en voie de guérison, ou même guérie, quand il survint une eschare dans le premier cas, une parotide dans

le second, qui déterminèrent la mort.

(.1) Lebert, Sur les différentes lésions spontanées du poumon qui peuvent amené) subi tentent la mort, dans Archives gén. de médecine, 1838, 3e série, t. II, p- 83.

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