PNEUMONIES SECONDAIRES
Ce que l’on doit entendre par pneumonie secondaire comprend deux ordres de faits bien distincts. Dans l’un, c’est sous l’influence du séjour habituel au lit et du décubitus dorsal que paraît se développer l’inflammation pulmonaire; dans tous les autres, c’est sous ; l’influence d’une bronchite.
Les faits du premier ordre ont été étudiés par M. Piorry sous le nom de pneumonie hypostatique ; les seconds ont reçu le nom de broncho-pneumonie.
11 ne doit pas suffire, pour constituer une broncho-pneumonie, que l’inflammation du tissu pulmonaire se soit développée chez un individu affecté de bronchite aiguë ou chronique. Il faut pouvoir admettre le passage insensible de l'une à l’autre, par l’extension de l’inflammation à l’extrémité des bronches, puis au parenchyme du poumon et par l’intermédiaire d’un état de congestion du parenchyme pulmonaire, que l’on a désigné sous le nom de splénisation. De même, un vieillard gardant le lit pour une fracture des membres inférieurs pourrait être pris d’une pneumonie primitive. Il faut, pour reconnaître une liaison entre ces deux circonstances, pouvoir supposer que c’est par suite de la stase des liquides dans les portions déclives du poumon que celui-ci s’est enflammé, c’est-à-dire que la pneumonie est effectivement hypostatique.
PNEUMONIE
Ce dernier point pourra être difficile à distinguer dans un cas donné ; mais ce n’en est pas moins précisément à ce fait de pathogénie que se trouve liée la spécialité de cette forme de pneumonie, et futilité pour nous d’en faire une élude particulière.
Faisons remarquer, dès à présent, que l’élude de ces deux formes de pneumonies secondaires se lie intimement à celle de deux formes de congestion pulmonaire, l’une active, la splénisation, dans la broncho-pneumonie; l’autre passive, l’engouement pulmonaire, dans la pneumonie hypostatique. \
ARTICLE PREMIER