‹ Traité pratique des maladies des vieillardsChapitre 9 sur 123 · XLVI1I · texte numérisé non relu

XLVI1I

INTRODUCTION

de l’imperfection de certaines fonctions, en particulier de la rétention des matières destinées à être excrétées. Les évacuants, qui activent les excrétions, dit Ganstatt, délivrent souvent la force vitale de la pression qui pesait sur elle.

La thérapeutique des enfants et celle des vieillards présentent plus d’un sujet de rapprochement. A défaut de la médication antiphlogistique pure, qu’un très-bas âge, comme un ûge fort avancé, contre-indique souvent, les vomitifs offrent les plus précieuses ressources, surtout contre les affections trachéo-pulmonaires, si communes et si redoutables aux deux extrémités de la vie. Les narcotiques ne doivent être employés, dans les deux cas, qu’avec infiniment de précautions, rarement chez les vieillards, à très-petites doses chez les enfants. La facilité avec laquelle les opiacés congestionnent les centres nerveux, et la disposition qu’offrent également les enfants et les vieillards aux hypérémies et aux inflammations, soit méningées, soit encéphaliques, expliquent le danger qui peut accompagner leur emploi. Les antispasmodiques, au contraire, sont souvent usités avec avantage chez les uns et chez les autres : chez les enfants, à cause de leur disposition aux affections nerveuses ou spasmodiques ; chez les vieillards surtout pour leurs qualités stimulantes.

Dans l’enfance, surtout l’enfance telle qu’elle se montre si souvent à nous, soumise à ces causes de débilitation qu’entraîne, soit le séjour dans les grandes villes, soit la misère, soit l’hygiène mal entendue, soit la mauvaise constitution des parents, l’insuffisance des nourrices, etc., l’indication des toniques domine presque toute l’hygiène et la thérapeutique, hors la période aiguë des phlegmasies; il faut, pour que l’organisme suffise aux besoins d’une nutrition dévorante, l’aider, et non-seulement en lui fournissant des éléments de réparation, mais en soutenant les forces vitales, quelquefois près de succomber à ce qu’il leur faut dépenser d’énergie. C’est à cette indication que fournissent les toniques, mais autant que possible dépourvus de qualités stimulantes, tels que ferrugineux, quinquinas, amers de toutes sortes. Pour les vieillards, au contraire, dont le système nerveux affaibli suffit à peine aux restes de fonctions qui vont chaque jour s’amoindrissant encore, il n’y a de toniques qu’au prix de leurs propriétés stimulantes, tels que les balsamiques, les plantes aromatiques, composées ou labiées, les vins généreux, etc. Ainsi, dans la tonification des enfants, il faut éviter les stimulants, comme dangereux; il faut les rechercher comme indispensables, dans celle

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