DES TIMEIRS ET EXCROISSANCES DE LA PROSTATE
Uw lumeun béoignes. — Leur fréi[uenco. — ncscri|ilioiiB rli- qm>lc|uu siialoraûtirs — Ewroploi. — Leurs caractères [ihiaiques el leur slrutlure iirojire. — Bc* e\etois»aiKr%
— Leur nnture, — Analogie entre ces affection» de I.1 pro«l!ile el les lumeurs ileriil^t.
— Forme rare de poljrpc de la prostate. — Obserraliniis.
Des TUMBl'HS BÉSHiNES ET DBS EXCROISSANCES DE I..V PROSTATE. — Eli ]»¥||al|[ '
à la fois les caractères extérieurs el là structure intime d'une prostate h^ pn*- 1 trophiée, il a fallu faire allusion à certaines tumeurs que l'on trouve «m- I vent dans l'organe, ou même jusqu'à un certain point les décrire, ausM bien qu'à la pnbence frequeiile d'excroissances disliiicles, naissant habituellement de la partie connue sous le nom de portion médiane.
On peut établir d'avance que ces productions se développent toujou» 1 lentement, el n'acquièrent en général qu'un volume niodér*^ ; elfes n'offrfl* |
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(|ue des caractères bénins, et se séparent ainsi complètement des tumeurs cancéreuses, dont nous discuterons ci-après le développement possible dans la prostate. On les trouve presque toujours dans la glande hypertrophiée, mais elles peuvent se rencontrer aussi dans un organe de volume ordinaire. Elles. existent plus communément, je crois, qu'on ne le suppose d'ordinaire, et je ne puis mettre en doute qu'elles se rencontrent dans la majorité des cas d'hypertrophie de la prostate.
Ainsi, dans les trois quarts des spécimens de ma série, il y avait des tumeui's, de même que sur deux ou trois prostates exemptes d'hypertrophie. Le n" 181 est un exemple de ces dernières; les tumeurs y sont fort petites, mais parfaitement distinctes. I^ docteur Messer note la présence de tumeurs isolées dans 27 cas sur 35 de prostates hypertrophiées.
Sur les 70 spécimens de prostates h}*pertrophiées que possède le musée du Rojal Collège of Surgeons, 17 offrent des tumeurs isolées si faciles à discerner, qu'un obser>'ateur soigneux ne peut manquer de les apercevoir sur les pièces renfermées dans des bocaux. Il ne peut y avoir aucun doute qu'on en trouverait un bien plus grand nombre affectées delà même façon, si on leur appliquait l'épreuve de la dissection. Dans une assez forte pro- |)ortion de celles qui restent, il y a une excroissance, d'aspect plus ou moins piriforme, qui s'élève de la portion médiane.
Il est clair, après l'examen de toutes ces pièces, que l'on rencontre deux classes distinctes de néo-formations en connexion avec la prostate augmentée de volume.
On peut donc les diviser ainsi :
A. Tumeurs^ généralement comprises dans l'épaisseur de l'organe, mais dont les éléments sont isolés de ceux qui les entourent.
\\. Excroissances^ dont les [mrties constituantes se continuent avec les ]K)rtions de la prostate qui leur donnent naissance, mais qui manifestent une tendance à s'isoler en partie; elles prennent plus ou moins la forme d'un polype, et sont adhérentes à l'organe producteur par le moyen d'un sim|)le pédicule.
Os deux conditions diffèrent matériellement de l'état qui a déjà été considéré comme une hypertrophie simple, pouvant affecter l'organe en partie, ou dans son entier. La classe des excroissances parait tenir le milieu entre l(»s tumeui*s isolées et l'hypertrophie totale.
Nous étudierons d'abord :
A. Les tumeurs isolées de la prostate. — Le fait de leur présence accidentelle a été reconnu depuis longtemps. Sir E. Home les indique et les dépeint très-clairement dans son ouvrage (1). Il croit que ce sont des restes d'épan- <*hements sanguins dans la substance de la glande; il les attribue à la rupture des vaisseaux et leur reconnaît pour cause ordinaire un exercice violent, et surtout l'usage immodéré du cheval.
Il) Sir E. Home, Pradical Observations on the Treatment of Dùeases of the Prostate Glantf, \o\. n. London, 1818. Vovez pages 17, 21, 273, 277, 285, planches I, II, III,
IV, V. VI, vu.
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Dans ces deniiéi-es années, la nalurc de ces tumeurs et leurs rapport! avec la prostate ont été l'objet d'une étude plus approfondie.
Cmveilhier les a examinées avec soin. Cet auleur a écrit un passage remarquable où il indique le premier quelques-unes des idées développée) plus complêleracnl par des écrivains postérieurs. La description originale, dans son Analomit pathologique, xvii' livraison, se rapporte â la planche Iti pa^e 3, publiée à Paris en 1833-183^; nous la donnons ci-après. Il faut établir d'abord que l'objet de la description était une prostate considénhtemeitt lij perlrophîêe, el qu'elle avait élé recueillie sur un sujet opért de la pierre par le haut appareil, dans un des bâpitaux, mort peu après, et soumis à une autopsie rainuliouse.
0 Le tissu de la glande se déchirait avec facilité, et pouvait se séparer en f!phéroTdes irréguliers, dont les plus gros avaient le volume d'une noisette de moyen volume. Une coupe de la glande présentait des surfaces circu* laires, dont chacune appartenait à un sphéroïde.
s Chacun de ces sphéroïdes était évidemment un grain glanduleux h}'pe^ Irophié. Le tissu de chaque grain présentait une texture aréolaJre; let aréoles, d'inégales dimensions, étaient remplies de suc prostatique. Onelques granulations, plus volumineuses, communiquaient toutes les unes avec les autœs, el contenaient une matière visqueuse, jauaùlre el comme puri forme.
n Ces gros grains glanduleux, parfaitement distincts, étaient réunis par< une trame, de nature évidemment museuleuse, et que je ne puis mreui comparer qu'au lissu de l'ulérus chargé du produit de la conception. L'enveloppe prostatique, bien facile à isoler des fibres musculeuses de II
vessie, était constituée par un plan musculeux, blanch&tie, assez épais
Ainsi la prostate était constituée par de gros grains disséminés au miliea d'une trame musculaire, qui lui fournissait une enveloppe épaisse. Chaque grain était de structure aréolaire. <>
Velpeau appelait spécialement l'attention sur ces tumeurs; et, bien qu'il ne paraisse pas avoir examiné minutieusement, au point de vue histologique, leur ressemblance avec d'autres tumeurs, il leur trouvait une analogie avec les tumeui's fibreuses de l'utérus.
Il dit [1), en parlant, dans ses leçons, d'un certain nonibiv de cas de morts produits, pendant le semestre de sa clinique, par l'hypcrlrophie de la prostate el ses conséquences : " Lorsque les malades suwoinbenl, ils pr^ sentent toujours des tumeurs dans la prostate. Arrélons-nous un inslanlt sur ce sujet, messieurs, car il mérite toute voire attention. J'ai essayé ddi rapprocher les tumeurs de la prostate dont sont alTeclés certains indiviâiu,] des corps fibreux qui se développent dans l'utérus. Vous savez que les coq» fibreuK de cet organe se montrent dans certains cas trés-prés de la mu-^ qucuse utérine, et qu'ils font bienlât saillie dans la cavité de l'organe, qu'ibp finissent souvent par s'engager dans le col utérin, et de là dans le l'agio» où ils constituent ce qu'on nomme vulgairement les poty|>es fibreux dtt l'utérus; que d'autres fois ils sont Irès-rapprochés de la membrane sé- (1) Vclpcau, Igçoas oraka de diniipie e/iùurgkalf, l. lil, p. .i78. l'arit, 1841. (