CHAPITRE XI
TRAITEMENT DE L'AUGMENTATION DE VOLCME DE LA PROSTATE PROVENANT DE L'HYPERTROPHIE OU DXNE TUMEUR BÉNIGNE.
• Le sujet a uac imporlance considérable. — H peut être divisé en trois parties. — !• Traitement ayant pour but de s'opposer aux résultats de l'obstruction causée par l'aut^eniatio» de volume de la prostate. — Nécessité d'évacuer l'urine. — La question du malade se soignant lui-même. — Instruments à employer. — Doit-on laisser une sonde à demeure dans la vessie? — Mauvais résultats de l'expectalion. — Traitement de Talonie.de la vessie. — De la cystite chronique. — Injections. — Irritation à dislance. — Rains. — Bucco. — Pareira brava. — Uva-ursi. — Chiendent. — Matico. — Salicaire. — "AlchimiUe. — Epigea repens, — Chimaphile. — Carotte sauvage. — Gopahu. — Cubèbe. — Beigoin.
— Des émollients. — Indications de l'usage des médicaments ci-dessus. — Des acides minéraux. — Des alcalins. — Acide benzoïque. — Observations. — De l'irritabiUlé de la vessie. — Valeur des narcotiques. — Injections. — Hémorrhagie : son traitement. — Incontinence d'urine : traitement. — Accès répétés de congestion. — 2** Traitement général et directions à suivre pour les malades qui ont une hypertrophie de la prostate.
— Sous le rapport de la nourriture et du régime. — Traitement moral. — 3» Traitement spécial contre l'hypertrophie elle-même. — Ciguë. — Mercure. — Hydrochlorate d'ammoniaque. — Iode. — Méthode de M. Stafford. — Brome. — Eaux minérales deKreuinacli. — Compression. — Dépression. — Électricité. — Division et excision. — Broiement, etc.
Le sujet de ce chapitre offre un intérêt et une importance du premier ordre; il est bien digne d'être Tobjel d'une étude attentive et prolongée. Son intérêt, pour le chirurgien praticien, consiste dans ce fait que, malgré l'incurabilité généralement admise de Taffection qui nous occupe, on peut faire beaucoup pour pallier les signes les plus douloureux ou relarder les progrès de la maladie: on apprend en même temps que si l'on pouvait trouver un moyen capable d'arrêter les progrès de cette affection ou de la guérir, on rendrait un des plus grands services que jamais la science médicale ait accordé à l'humanité souffrante. L'importance du sujet est donc bien manifeste. Aussi n'esl-il pas étonnant que les i-echerches sur le traitement par les drogues constituent un des sujets d'étude les plus séduisants qui puissent occuper un élève enthousiaste de l'art de guérir, et que Ton ait consacré à cette partie de la pathologie une somme aussi considérable de recherches et d'expériences.
Pour l'étude de ce sujet, il paraîtra plus commode de le diviser en liott parties, que l'on étudiera séparément, savoir :
1** Le traitement institué dans le but d'obvier aux résultats de ToiM^ lion causée par l'hypertrophie de la prostate.
â28 MALADIES DE LA PROSTATE. |P»»f. n.
2° Le traitement général ou conslitutioiinel, ut les directions à suixiv pour les malades qui ont uue hypertropbie de la prostate.
3° Le Imitemenl dirigé contre l'hypertrophie elle-même.
I. — Du inAITEMEST DESTLNÉ A REMÉDIER A l'oBSTACLE APPORTE A LA MIC- TION PAR l'hypertrophie DE LA PtiosTATE. — La Suppression de l'obstacte ol <1 ordinaire la principale indication que présente un malade atteint de ortit alTection, lorsqu'il a pour la premitrtr fois recours ii sou chtnirgieii pour avoir un avis. Ignorant la nature de sa maladie, il cherche un allêgcnieni aux désagréments que lui cause un olistacle au libre cours de l'uriue. U eH obligé de faire des eiïorts considérables pour uriner; le besoin se préâejilt très-fréquemment, ou bien il urine en partie involontairement ; enfin, dans certains cas, ses urines sont altérées.
Lorsqu'on a fait son diagnostic à l'aide du cathéter et du toucher rwtit (et nous avons examiné tout au long, dans le précédent chapitre, let diverses manières d'y arriver), et qu'on a découvert le fait presque coustaol qu'il est resté dans la vessie une certaine (]uantilé d'urine, inalgn'; les eSrati fréquents el prolongés qu'a laits le malade pour l'évacuer, le premier gnnt principe du traitement est celui-ci : il est nécessaire de procéder k l'évacuation complète de l'urine, au moins une fois par jour. \i peut éirc forti désii-er que l'on renouvelle celle opéraliou deux ou trois fois par jour: sous ce rapport, on sera guidé, en grande partie, par la quantité de l'uriH qui stagne. En général, s'il ne reste que deux ou trois onces d'urine tpri» que le malade a achevé de pisser, une fois par jour suftira ; si la quanlhi est double, deux fois vaudront mieux. S'il reste une quantité d'urine sup^ rieure à celle qui s'écoule naturcUemenl, il est assez vraisemblable ifat l'emploi de l'instrument sera réclaméli'oisfoisdans les vingt-quatre heino. Et si le pouvoir d'uriner est presque perdu ou entiêremeHl ]ierdu, il scn nécessaiiv de l'employer aussi souvent que le malade éprouvera un besoil marqué de pisser. Il y a certaines circonstances capables de modiScr ceOe fréquence, et dont il faut tenir compte. Tels sont la facilité k introduire ki instruments et l'état de l'urèthre lui-même. Si le malade sait se passer hûr' même une sonde, et il est très-rare qu'il ne puisse arriver à l'apprendiCf il pourvoit lui-ménie à ses propres l>esoins. Mais, lorsqu'il iiVu esl pt ca|>alile, la difficulté peut, dans quelques circonstances, Otre sérieoM^ comme quand l'opération doit être faite au bout de peu d'heui^s, paroe qn» le chirurgien ne peut pas toujours y apporter lu ré;jularité désirable. U M| cependant fort imprudent de confier ce devoir ii un aide qui n'a pis tt notions sur la pratique, et il faut faire comprendre au malade qu'ayuA pour se guider ses propres sensations, îl arrivera bienidt à une très-grurfs dexlêrilc dans le maniement de la sonde dans un canal qui hieiitût hâ deviendra familier. Si l'urèthre et la vessie sont exlriîmenienl sensible», état qui paraît s'aggraver avec l'usage réitêi* de la sonde, quelque doucett qu'on mette à l'introduire, il deviendra nécessaire de faire un coniprumb avec les indications contraires qui se présentent. C'est ainsi, égBlementf q«^ l'état de l'urine et la quantité de mucus dont elle est chargée doivent pris en considération lors de Indécision à prendre à ce sujet: si la s<'H?réliaa
Cbap. XI.] TRAITEMENT DE L'AUGMENTATION DE VOLUME. 42»
offre une décomposition déjà avanct^, si elle se présente surchargée de dép<Ms, un cathétérisme plus fréquent est nécessaire, et une injection, comme je Tindique ci-après, est à désirer. Dans la majorité des cas, cependant, quand ces complications font défaut, Textraction de Turine le matin et le soir suffit pour maintenir le réservoir dans un état de santé tolérabie, et il n*est pas à désirer d'avoir recours à un moyen artificiel plus fréquemment qu*il n est nécessaire pour arriver à ce but.
L'éducation du malade sur Temploi de Tinstrument devra être faite systématiquement par celui qui le soifoie, aussi vite qu'il se sera un peu familiarisé avec la vue de la sonde. On lui enseignera à prendre note soigneusement de la longueur de sonde qui fait saillie au dehors de l'urèthre, et de sa direction par rapport au corps, au moment où Turine s'écoule, de façon à accoutumer son œil à juger du point où il peut attendre 1 apparition du jet, quand l'instrument est entre ses propres mains, moment qui offre toujours une certaine angoisse pour un opérateur inexpérimenté. En employant luimême la sonde, il doit généralement se tenir debout, le dos appuyé contre un mur, avec un vase, destiné à recevoir l'urine, placé convenablement, de manière à ne fain^ aucun mouvement inutile pendant tout le temps que met l'instrument à atteindre la vessie. Pour la nature des instruments à recommander, j'ai vu des sondes d'argent et des sondes flexibles employées avec une égale fiicilité par divers malades ; c'est la natnre du cas et le résultat des essais ce ces deux ordres de sondes qui décideront la question dans chaque circonstance particulière. Certainement les instruments flexibles sont, dans la grande majorité des cas, les meilleurs et les plus sûrs. Si l'on emploie la sonde de métal, les directions à lui donner sont celles qui s'appliquent au passage des instruments par le chirurgien, détaillées tout au long dans le chapitre suivant, modifiées par ce fait que l'opérateur est lui-même le sujet sur lequel il exerce sa dextérité. Ce fait même doit lui inspirer confiance, car il a, sous ce rapport, sur son nitHlecin, un grand avantage, qui comptMise en bonne partie, et plus lai-d complètement, le manque d'ex|)érience sur les autres que son chirurgien [)ossède. Voici en quoi il consiste. Le malade est capable de régler les mouvements de son instrument, non-seulement par le sens du toucher, qui lui est commun îivec un autre opérateur, mais par la conscience des sensations qu'il produit dans l'urèthre, ce que le chirurgien ne peut éprouver. Sur ce terrain, il (»st absolument vrai que, après une longue pratique, peu d'hommes peuvent piisser au malade une sonde aussi bien que lui-même, à supposer que sa S4'nsibilité soit intacte, et qu'il jouisse d'une intelligence ordinaire. Accoutumé aussi à suivre le même trajet, il en connaît chaque endroit d'une manière intime, et il étudie quelque petite manœuvi*e propre à éviter toutes les diflicullés qui peuvent se présenter.
En fait d'instruments élastiques, on peut en employer deux variétés» doitf chacune a ses avantages piirticuliers, et qui sont applicables suivanl ^ Li sonde anglaise de gomme brune, montée sur un mandrin, ^ emploie sans lui, a l'avantage de prendre toutes les coorinr désirer, en lui donnant dans l'eau chaude la forme souhaité
130 MALADIES DE LA PROSTATE. IPin. i.
geanl aussitàl dans l'eau Froide; alors la fomic osl fixe, au moins pour longtemps. La sonde française noire, flexible, avec une e?(ti'émitê bulbeiut (voy. fig. lli, au chap, suivant], a l'avantage d'une extrâme flexibilité, dr iaçon que, dans beaucou|) de cas, une simple pression dans une directin horizontale la porte aisément et sans danger dans li vessie. La même matière peut être façonnée sous nr forme depuis longtemps utilisée chez nous, pour eatains cas d'obstruction, mais adoptée systématiquemnl à Paris, et décrite en France comme coudée ou à aa^Jr. On peut la voir (fig. 105). Certes, c'est une des soiideslB plus commodes pour les malades qui ont une h.\fa- Irophiede la prostate; le petit hec, qui est iiitroduil k pointe en l'air, suit sa roule jusqu'à la racine du caial, et, gritce à la flexibilité de tout l'instrument, letpé suit les courbures de l'urètbre, quelles qu'elles soiè^ l'extrémité glisse sur tout obstacle prostatique avec w grande facilité. S'il faut une plus grande courbure pav un cas donné, on peut y arriver en fabriquant l'intlnment avec une c«url>c déterminée, au lieu de le lut droit, comme il est ordinairement, ou l'on peut faire ■ nouvel angle sur la lige, raffinement que je n'ai jamiii trouvé nécessaire, mais qui est adopté à l'étrange »w le nom de sonde bicoudée : c'est une forme que je k manquerai pas de décrire plus loin (voy. lig. 106).
La sonde anglaise, dont l'efficacité dépend de laoooliun^ exige une manipulation spéciale, qu'il faut a^ quérir par la pratique. En général, toutefois, quand a emploie l'instrument, il faut lui donner une courbure ph^
- Sonde bicoudée de Hercier.
prononcée que celle que lui a naturellement imposée le fabricant. Le milade aura soin d'en faire provision, et il les gardera quelques moisaTintlc les faire ser\'ir, chacune montée sur un mandrin d'une bonne couitan (Kg. 113, g), de façon que, quand on en a besoin, elle puisse conserwf une courbure aussi considérable qu'on peut le désirer, après que le mudrin a été retiré. Puis on l'huile, mais sans la chauffer, et on l'emploie snt relaid, parce que sa courbure diminue bien vite dans l'urëthre. On me foi
Chap. XI.] TRAITEMENT DE LWl'GMENTATIOS DE VOLIME. 431
rien ajouter de plus ici sur le modo d'opérer du malade, lequel doit être instruit par son chirurgien, et celui-ci, qui enseigne, doit «idapter ses instructions aux nécessités de chaque cas en particulier. Il est une petite manœuvre qu'on peut trouver triviale, et qui était mise en pmtique par un monsieur auquel j*ai longtemps donné mes soins. H était affecté d'une hypertrophie de la prostate, et il l'avait adoptée pour obvier au degré d'incertitude qu'enti*aine, lors du passage d'une sonde de gomme, le relâchement de la courburi' de sa sonde; cet artifice l'a matériellement conduit au succès. Il introduisait dans l'instrument un mandrin de fer de 15 ci'Utimètres de longueur, qui donnait de la rigidité au corps de la sonde, tandis que la partie recourbée restait aussi flexible que jamais. Ceci lui donnait un certain degré d'assurance dans la manœuvre de l'instrument; et ce qui, dans son cas, n était certes pas sans utilité, me parait digne d'étn* mentionné.
Plusieurs auteui*s ont recommandé, dans ces cas, de laisser chaque fois la sonde dans la vessie pendant ({uehiues jours. Il y a deux hypothèses sur c 'l avis. Li première est que, en permettant à la vessie de rester vide, ou à peu près, pendant une longue ])ériode de temps, nous l'encourageons à récu]>érer sa contraclililé, qu'elle a vue se penlre ou diminuer par une distension exagérée. Tel n'est pas cependant le véritable élat pathologique qui amène la rétention dans ces cas. Il peut y avoir quelque perle dans le pouvoir nmsculaire des tuniques vésicalos, mais pas beaucoup, sauf dans les cas anciens et négligés. L'obstacle matériel au col de la vessie, fonné par rhy|)ertrophie de la prostate et non par une « parai} sic locale )>, connue on le désigne communément, est la seule ou pre>(iue la seule cause de la ditliculté à uriner ; elle a été expliquée dans le juvciMlent chapitre. Cette hypothèse ne vient pas par c<ms<''quenl donner un grand appui à cette manièiv d'agir. La s<^conde hypothèse est que la pression constante de la sonde provoque l'absorption de la substance de la tumeur, (»t conduit ainsi à une amélioration matérielle dans l'état du malade. Le fait est que la sonde à d«»meure a plus de tendance à provoquer Tulcération que l'absorption de la tumeur. En admettant, pour Targumentation, que l'aclion désiiée puisse s'ensuivit?, il reste à prouver que le but est atteint au prix d'une douleur et d'une gène, pour ne rien dire des risques, suflisanmienl petits pour faire du résultat quelque chose d'avantageux et de précieux. L'expérience cependant ré|)ond par la négative à la supposition. On comprend que nous ne faisons pas mention ici des cas dans lesquels il existe une rétention d'urine opiniâtre difficile à traiter au moyen de la sonde, ni de ceux dans lesquels on produit une vive douleur, ou bien on rencontre des obstacles inusités, lors de l'intrrKluction de l'instrument. Dans de telles circonstances, comme nous le verrons en discutant ce sujet dans le prochain chapitre, nous sommes autorisés à laisser la sonde à demeure dans le canal pendant l<Migtemps.
Les conséquences de l'hypeilrophie de la prostate auxqndki i fait allusion, je veux dire la rétention d*urinequi augmente et ~ habituelle de la vessie, laquelle s accroît parce que la Tesi
■AUDIES DE U PROSTATE.
[fàUX
complètement chaque jour, ne sont qu'une partie, très-importeBle il es vrai, des maux auxquels on porte remède par ce traitement. Avec eax.«( amené par la même cause, existe un état d'engoi^ement el de regorgemciL désigné habituellement, mais à tort, sous le nom d'inamliiienoe. U s» cède assurément à une rétention qui augmente peu à peu, si on l'abandoM à elle-même, et forme un état qui exerce nécessairement sur les orelèRiti les reins une influence funeste ; car elle amène en Gn de compte leur dé» ganisation, et par suite une terminaison fatale. Outre ces conséqucK» funestes, on en trouve d'autres presque aussi graves, Tatonie des tuni^ musculaires de la vessie, la cystite chronique, le catarrhe, la décompositia de Turine, Thématurie, les dépôts calculeux, et toujours en outre rafemtion de la santé générale. Tous ces phénomènes peuvent être évités, im les circonstances ordinaires, ou, pour la plupart, modérés par Tusagep» sévérant de la sonde. On ne saurait évaluer trop haut les bénéfices qoefr malade retire de l'emploi de ces moyens ; la responsabilité qu*on encoorta omettant de se fixer dans l'esprit la nécessité de son emploi habituddoi toujours être présente à Tidée du chirurgien, quand il combat des sipa d'irritation de la vessie et l'impossibilité pour des malades d*un âge avucr de retenir complètement leurs urines.
Supposons, cependant, que notre intervention soit demandée dans m cas où, par négligence ou autrement, l'urine a pu s'accumuler penài longtemps, et où le résidu après la miction est d'un demi-litre, ou wèm d'un litre. Si nous évacuons le contenu de la vessie deux ou trois fois p jour, le malade en éprouvera tout d'abord un grand soulagement; » besoins fréquents d'uriner disparaîtront, ainsi que Fécoulement d'nm goutte à goutte causé par la distension de la vessie; mais ce changemetf brusque portera souvent préjudice à la constitution. Si nous persistflv rigoureusement dans cette pratique, nous verrons probablement iffirattre quelques mouvements fébriles ; le malade se découragera, pùÎÉ même s'aiïaiblii*a peu à peu, et*sa fin en sera parfois accélérée peut-élie,s Ton se fait une nécessité de vider complètement la vessie deux oo tnii fois par jour. Sir B. Brodic a été le premier, je crois, à faire remarquerk (îonséquence d'un pareil traitement dans ces cas (1), et l'observatioD ■» démontré la justesse et la valeur de ses remarques. Le chirurgien obâraà la loi physiologique qui s'oppose à des changements rapides et exoeaft dans les états et les habitudes de l'économie humaine, dont l'exemple k plus familier est le danger bien connu d'une exposition soudaine à h chileur après un très-grand froid, ou l'assouvissement immédiat des franccs prolongées de la faim ; il commencera son traitement en i vant qu'une partie de l'urine qui n'excède pas la moitié du contera fc k vessie distendue ; puis, dans le cours de deux ou trois semaines, il mentera peu à peu et accoutumera lentement à leur nouvel état ki ques incTles de l'organe, jusqu a ce qu'il arrive à le vider en entier en procédant ainsi, il doit agir avec circonspection, en veillant jHfflii
(i) SirBcnj. Brodic, Ijectures on the Urinary Organs, 4« édiU, p. 203
CnAP. \:.] TRAITEMENT DE L'AUGSI
symptômes, en faisant tout son possi lierant ses organes digeslifs ; il lui d tielle qu'il pourra in digérer, avec aul le besoin s'en fera sentir.
Dans le trailemeiit de cas moins si dans lesquels nous pouvons et devoni jour, il y a d'autres difficultés et acci lier une fois ou une autre. Il y a arai
1 . Atonie de la tunique musculaire r, [ïendant un certain temps se videi- eil les fibi-es musculaires perdent coin même quand la cavité se trouve vii recouvrent en partie leur tonicité et U le c^thétérisme a été employé une i ques semaines. Mais cela n'arrive pa «ei'v-er luki) ^lat rrRlnnîp en lutrtït^ n e
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intervalle de deux ou trois jours : on doit toujours commencer par fe solutions extrêmement faibles, ou bien ce sont des acides minéraiix, ïuh tate de plomb, le uitmte d'argent. On n'emploie d'abord qu'une petite q» titc de liquide, que Ton poussera doucement et graduellement. Nous fr lerons plus tard de ce traitement. (Voy. p. Uf\6 et suiv.)
Une déplétion quelconque n'est jamais admissible. Une irritation àfttance est difficile à employer et occasionne souvent des accidents, fm cru autrefois produire une gi'ande amélioration en appliquant des eiqi^ très initants au-dessus du pubis, et j'ai employé à l'occasion, dans œ ht un emplâtre de poix de Bourgogne, saupoudré de 80 centigrammai 1 gramme de tartre stibié. Mais des essais plus récents m'ont paru m» favorables, parce que l'éruption peut quelquefois se développer plntôtflv le scrotum et au périnée qu'à l'endroit même où est appliqué TemplàlR. au grand ennui du malade. Sans cette circonstance, j'hésiterais moiui emplojer ce moyen. J'ai aussi usé du vésicaloire; mais je préfère UDJnitant plus chronique. La meilleure méthode d'établir une irritation pen» nente, est de promener un crayon de nitrate d'argent mouillé sur la pw qui recouvre h* dessus du pubis, après avoir préalablement i^sé la rtpoi On pansera simplement avec un peu d'huile. Après tout, je ne coDBtf rien de mieux qu'un cataplasme de graine de lin bien chaud, saupoodr de farine de moutarde et appliqué au même point ; ce moyen s'est troi» souvent d'une grande valeur, et il doit être réi>été régulièi-ement cbiq» jour, ou de deux jours l'un, pendant quelque temps.
Des bains de siège chauds, à une température variant entre 38 et Metgrés centigrades, ou même plus élevée, si le malade peut la supports naturellement, ou par habitude, sont au nombre des moyens les plus utiles. Le malade ne restera pas dans le bain ])lus de six à huit minutes, putf que le but à atteindre est de faire sur la |)e^au une forte impression, en coigestionnant ses vaisseaux, et non d'engorger les viscères du bassin, résultat peu souhaitable qu'on obtiendrait en laissant le malade au Iwiin de vinjl à vingt-cinq minutes. Celte distinction me semble importante à conserwf. Lorsqu'il sort du bain, il faut l'essuyer rapidement, l'envelopper dans ik» flanelles chaudes, et le mettre dans son lit, ou dans une position allongée.
Le bidet chaud, ou bassin d'eau chaude, est aussi très-utile à sa manièR, d'autant plus qu'on peut se servir d'eau plus chaud(», puisqu'on l'applique à une surface beaucoup plus limitée; les effets en sont mémo plus utile» pour beaucoup de personnes. De plus il ne d<'bilite pas, comme le fait mfois un usage trop prolongé des bains de siège.
Il y a quelques divergences d'opinion sur l'emploi des médicaments internes et leur mérite relatif dans la cystite chronique. Voici ceux qui occupent le premier rang, et dans lesquels on a le ])lus de confiance. Xou? consacrerons une courte note à chacun, avec h^s indications spéciales qui Tout fait choisir pour chaque cas en particulier.
L'infusion de îmcco est quelque peu stimulante et tonique (1) : son acti-
(1) Bucco, — Les feuilles àuBarosma crenaia cl autres, plante de la famille des nila-
Chap. u.] traitement DE L'ACGMENTATION DE VOLUME. A35
vite en rapport avec son action sur la vessie, semble due à une huile volatile, qui communique son odeur à Turine. On en peut donner de 60 à 90 grammes, quatre ou cinq fois dans les vingt-quatre heures, et Ton peut le fortiCer par vingt à trente gouttes de la teinture, qui est une préparation officinale dans les pharmacopées d'Edimbourg et de Dublin, mais non dans celle de Londres. Je n'éprouve aucune hésitation à venir ici témoigner de son utilité dans beaucoup de cas d'irritabilité de la vessie, due à un rétrécissement ou à un obstacle prostatique. 11 est diurétique, mais semble en outre exercer une action bienfaisante sur la muqueuse de la vessie, en en diminuant les sécrétions. Cependant il est hors de doute que, dans certains cas, il n'est point supporté par Festomac, et alors il est plus nuisible qu'utile. En somme, j'en ai relire plus de fruit que du pareira brava, lequel m'a souvent déçu. Par suite des opinions diverses exprimées sur la valeur relative et les propriétés de ces nombreux agents par différentes autorités, j'en cite quelques-unes en note, au bas des pages, pour présenter en un seul faisceau l'expérience collective des gens les plus capables de juger ce sujet.
La décoction de pareira b)*ava est prescrite largement chez nous(l), sur-
cées, venant du cap de Bonne-Espérance, introduites dans la pratique anglaise, il y a environ trente ans, par le docteur Reece.
Le docteur Prout dit : « Dans les affections chroniques des muqueuses des organes nri-
nuires, parmi les médicaments de la classe des balsamiques, un des plus doux, et en
même temps un des plus efficaces, c'est le bucco. » (Siomach and Renai Dtseases, 4® édit., 4848, p. 403.)
M. Coulson écrit : « D'après ma propre expérience, toutefois, je n'ai point vu de médicament aussi généralement utile contre l'irritabilité de la vessie que l'infusion de bucco. Je pourrais citer plusieurs cas où elle a réussi après que d'autres médicaments avaient échoué.» {Diseases of the Biadder, 5« édit., 1857, p. 85.)
Sir B. Brodie pense que l'usage du bucco doit être rigoureusement limité à cette classe de cas où l'affection de la vessie ne dépend pas d'un obstacle au passage de l'urine, mais d'une maladie rénale, et il ajoute : « Dans ces cas, je ne puis douter de lui avoir vu produire les meilleurs effets. > Il dit qu'on doit en continuer l'administration pendant longtemps, si l'on se décide à l'essayer, et à la dose de 15 à 60 grammes, trois fois chaque jour. (LectureSf 4* édit., p. 151.)
Le docteur Cross pense que « à l'occasion, on peut en tirer avantage, mais il n*en a jamais obtenu un grand bénéfice t. (Auatomy and Diseases of the Urinary Organs, 2« édit., p. 228.)
Le docteur Pereira dit : « Dans l'inflammation chronique de la muqueuse de la vessie, accompagnée d'un dépôt abondant de mucus, il réprime fréquemment la sécrétion et diminue l'irritabilité de la vessie, permettant ainsi au malade de retenir pendant longtemps ses urines ; mais je l'ai vu parfois manquer complètement son effet, et, dans quelques cas, il m'a plutôt paru augmenter les souffrances du malade. » {Eiemeids of Mat. Med., 3« édit.,
(1) Pareira brava. — La racine de cette plante a été considérée par diverses nations, depuis plusieurs siècles, comme un antidote contre la pierre.
Sir B. Brodie écrit : o Je suis persuadé qu'il a une grande influence sur la maladie (cystite chronique) que nous étudions maintenant, en diminuant beaucoup la sécrétion du mucus visqueux, qui est en lui-même un très-g^and mal, et en arrêtant aussi, je pense, rinflammation de la vessie. » {Lectures on the Urinary Organs, 4« édit., p. 112.)
Le docteur Prout dit : « Parmi les médicaments toniques astringents, le pareira brava est certainement un des meilleurs que nous ayons pour les affections catanrhales de la vessie.» {Op. cit., p. 403.)
M. Coulson en parle comme propre à agir sur l'irritabilité de la vessie accompafo^ de douleur, pour laquelle il le regarde comme t un excellent médicament », et il '
436 MAI ADIES DE LA PROSTATE. [Pui.lL
tout, comme il ost probable, sur la pressante recommandation de Sir B.Bro- (lic. Il s'imagina qu'on ])ourrait le fabriquer sous une forme plus oonontrée, et le donner en quantité plus forte qu'autrefois. Dans l'édition actueOe de la Pharmacopée, on en a augmenté la force, et la dose maintenant n usage est de 60 à 90 grammes trois ou quatre fois par jour. On peut V ivndre plus puissant encore par l'addition d'une certaine quantité de l'eitrait li(|uide, telle que 2 grammes à 7 grammes et demi à chaque dose* la décoction, de la valeur d'un verre à boire. J'ai essayé celte prépantin dans un grand nombre d occasions et aux plus hautes doses, et je dûs confesser que je. n'en ai pas retiré tout le bénéfice que j'en espérais. L'indication de son emploi n'est pas tant TiiTitabilité de la vessie que la présence du mucus glaireux en grande quantité.
La décoction dii hmsvrole (1) a aussi la réputation de réprimer la sécn*lion muco-])urulente de la vessie que Von obser^'e si communément oommr résulUit d(» l'irritation de sa tunique muqueuse par l'urine décomposée. Elle est contre-indiquée quand il y a un degré qui^lconque d'inflammation, parce qu'elle est fortement astringente, par la forte proportion d'acide tannique et d'acide gallique qu'elle renferme. La dose est de 30 à 60 grammes trois ou quatre fois dans les vingt-quatre heures. Si l'on désire augmenter b force de la préparation, on pourra «ajouter de 30 à 60 centigrammes d'extrait
qu*«il pont ôtro combine avec rac.idc nitrique, ou Tacide muria'iquc, ou Tacide phosphoriqte dilué, pour diminuer la sécn-lion du mucus. » (0/). cit. y p. 173.)
Le docteur Oross n'a jamais vu aucun bon effet résulter de son emploi. [On the Biteasft} Injuries ond Malformations fo the Vrinary Orgatis\ p. 227.)
(1) Arcfoxtaphyfos uva ursi. — Plante de la famille des éricacées, dont les fcuiD» sont employées depuis longtemps contre l'afTection calculeuse.
Le docteur Prout écrit : « Quand les reins cl la vessie sont plus irritables que d'habitude
(dans la période de début de la lésion rénale; , je lioule qu'aucun niédirainent soqfWKse
l'uva-ursi judicieusement administré. » (0/;. ciï., p. 159.) Puis: « Dans les «ifiTcctions chraniqucs des muqueuses des organes urinaires ...., à côté du pareira brava, il faut nnçs la busserole et la salicaire. Ces deux dernières, cependant sont plus spécialement applicables aux formes et aux périodes de Taffection marquées par une excitation irritative, plutM que par une activité vasculaire ou par une maladie orjçanique. » fPagc 403.)
D'après sir B. Brodie, « la busserole a la réputation d'élre utile comme remède contre l'inflammation chronique de la vessie. Je dois dire cependant que ce médicament m'i désappointé en général dans ces cas^ et que je n'y ai point trouvé les avantages que sa réputation m'avait conduit à en espérer. » {Op. cit», p. 112.) Puis, dans la cystite qui dépend d'une afFection rénale, il ajoute que, « dans certains cas, on peut l'employer avec grand avantage» (page 150). Mais il faut user de plus fortes doses qu'à l'ordipairc.
M. Coulson en parle avec estime, mais il préfère le bucco. (Op. ciY., p. 96.)
Le docteur Cross écrit ceci : « Je l'ai beaucoup employée dans le traitement de la cj-stirrhée, et j'en ai obtenu à l'occasion les meilleurs eflets. Je l'ai trouvée p'trticulièrement util* dans les cas où l'on remarquait une sensibilité morbide excessive du col de la vessie. » (On the Diseuses, Injuries and Malformations of the Vrinary Organes. Philadelphia, 1855, p. 228)
Le docteur Pcreira écrit : « Ma propre expérience sur ce médicament se réduit à ce fait qoe, dans quelques cas, ramélioration obtenue par son emploi a été marquée ; dans d'autre5 cicconstances au contraire, elle n'en a pas produit. » [Op. cit.', p. 15â&.)
Le docteur Wood (de Philadelphie), croit que a le crédit dont elle jouit maintenant est à peine à la hauteur de son mérite », et il ajoute : que, dans les cas de cystirrhéo, qui ont duré pendant longtemps et d'une manière continue, plusieurs mois peut-être, je crois qu'elle produira des guérisonsà l'occasion, même sans remploi d'aucun autre moyen ou qu'elle sera souvent utile, jointe à d'autres moyens de traitement. » (Treatise of Therapeutics, Philadelphia, 1856, vol. I, p. 129 et 130.)