II. RÉTRËCISSEHEM DE l.'URËTBRE. [Uço^c u
pouvant recevoir un iuslnmienl de 21 millimètres de circonférence, possède lui-même 7 millimètres de diamètre.
Sojez donc en ceci, comme en toutes choses, quelque peu cosniopoliltv, et adoptez tous les perrectiomienients, quelle qu'en soit l'oriftine.
Lii dilatation simple consiste, vous ai-je dit, à introduire, tous les deiu ou Irais jours, une sonde de plus en plus large, jusqu'à ce que vous a;"ei atteiut le plus foil numéro de la série. Dans bon nombre de cas, tout marche sans encombre du commencement jusqu'à la fin. Vous apprenez alors à voire malade à se passer lui-même l'instrument, ce qu'il devra fairr ensuite une fois tous les mois ou toutes les six semaines, pom* maiiilenir le CHlibre de son urèlhre.
Je serai plus bref sur la dilatation continue, autrement dit, sur la dilatation par la sonde à demeure. Nous avons en ce moment dans nos salles uu malade qui subit avec succès ce mode de traitement.
I,a dilatation simple ne vous a pas donne, je suppose, les résultats que vous en attendiez, ou bien encore les occupations du malade vous foui un devoir de lui procurer une guérison plus prompte. Dans l'une ou l'autre alternative, vous avez encore la ressource de dii-e a voira malade : « Si vous, pouvez pendant dix à quatorze joui's garder la chambre, non pas nécessairement au lit, mais vous tenir au repos sur uu sopha, je puis presque vous promettre de vous faire arriver, dans cet intervalle de temps, du plus petit numéro jusqu'au plus volumineux, b C'est la dilatation coDlinue qui vous permettra de tenir votre promesse.
Dans la dilatation simple, vousvous bornez à introduire et à retirer la sonde; dans la dilatation continue, au contraire, l'instrument est fii à demeure dans le canal durant plusieurs jours. Vous laissez ii demeure un petit cathéter, autant que possible, de gomme élastique; vous le faites arriver jusque dans la vessie, sans le pousser trop avant dans ce réservoir; enfin vous le choisissez assez petit pour qu'il passe librement dans le canal.
Moyennant ces trois conditions, la dilatation continue est une des meilleures et des plus sûres méthodes qu'on puisse appliquer au traitement des rétrécissements de l'urèthre. Nous l'avons employée chez le malade dont je vous parlais tantôt, et j'apprends par l'interne qu'il passe aujourd'hui le n° 11 avec facilité. Cet homme n'éprouve plus maintenant ni douleur, ni envies fréquentes d'uriner, et, bien qu'à son enti'ée sa position fùl fort critique, il est actuellement, de son aveu, mieux portant qu'il n'a jamais été depuis vingt ans. Je l'avais d'abord traité à la consulttition, et c'est en présence du peu de progrès que nous faisions que je lui conseillai d'entrer dans les salles et d'essayer de la dilatation continue.
Je le répète, trois conditions sont indispensables au succès ; I* employer un inslmment llexible ; 2° ne pas l'introduire trop avant dans la vessie ; 3' choisir un numéro qui ne remplisse pas exactement le rétrécissement.
Il ne s'agit pa'- ici, comprenez-le bien, d'un simple procédé mécanique ; ou ne se propose pas de dilater le rétrécissement comme on ferait d'un gnnt de dame, mais on laisse le corps étranger séjourner dans le canal. Si
Leçon il] DIUTÂTION CONTIRUE. ili
vous y laissez le n» 1 un temps suffisant, vous pourrez, après Ta voir retiré, introduire le n* 1 0 sans être obligé de passer par les numéros intermédiaires, fait assurément bien curieux et que j'ai, je pense, démontré le premier; en tout cas, je n'en avais jamais entendu parler et je l'ignorais absolument avant de l'avoir découvert.
En pratique cependant, vous ne laissez pas continuellement en place un aussi petit cathéter, parce que l'urine pourrait l'entraîner hors du canal. Vous le remplacerez par un plus large qui remplisse davantage l'urèthre, et offre par conséquent un peu plus de résistance; mais, encore ici, gardezvous bien d'enfreindre le principe sus-énoncé, n'engagez pas un numéro qui soit juste du calibre du canal, car vous produiriez de la douleur et de l'irritation, et les progrès seraient moins satisfaisants.
Dans la dilatation continue comme dans la dilatation simple, le meilleur plan est celui qui diminue le plus la somme de douleur et d'irritation produites, qui ajoute le moins au débil^ et apporte le plus au crédit.
Quand, au bout de six, huit ou dix jours, vous avez cessé l'emploi de l'instrument à demeure, vous faites encore, pendant deux ou trois jours, de la dilatation simple, que vous espacez ensuite par des intervalles de plus en plus longs, afin de maintenir autant que possible le calibre acquis.
Dans la majorité des cas, il vous arrivera, sans doute, de perdre un ou deux des plus forts numéros que la dilatation continue vous avait permis d'atteindre, c'est-à-dire que, parvenu au n° 1 1 , par exemple, vous ne pourrez maintenir que les n"* 9 et 10 ; le résultat n'en sera pas moins encore excellent pour votre malade, qui, au début, n'admettait peut-être qu'avec peine len» 1.
Pendant le cours du ti'aitement, il est fort commun de voir survenir de la fièvre ; celle-ci est rarement intense. Vn frisson unique, suivi de chaleur et de sueur, n'est pas un motif suffisant pour interrompre la cure. Souvent même cet accident n'arrive qu'un jour ou deux après l'extraction de la sonde à demeure, alors que le malade urine déjà sans instrument.
Quand il existe des altérations organiques anciennes du rein ou des uretères, causées par un rétrécissement étroit et de vieille date, la dilatation continue peut provoquer les accidents les plus sévères et les plus dangereux; mais, dans ces conditions, toute inter>'ention mécanique serait également hérissée de périls.
Enfin, même parmi les cas les plus favorables en apparence, il en est un certain nombre dans lesquels la coarctation reparaît avec rapidité, si bien qu'on perd en peu de jours tout ce qu'on avait gagné.
Pour ces cas, il est évident qu'il faut une autre méthode que la dilatation.
Ce sujet embrasse d'autres procédés opératoires dont je vous parlerai dans notre prochaine réunion.
XLU RÉTRÉCISSEMENTS DE L'URÈTHRE. [Leço^ iu.