‹ Traité pratique des maladies des voies urinairesChapitre 149 sur 241 · CHAPITRE vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE vn

Recherches personnelles de Tauteur comprenant 1827 cas. — Leur analjfse conplète. -* Résultats véritables de la taille latérale avant remploi généralisé de la lithotritie. — Ses résultats seront maintenant complètement différents. — Ils varieront selon les cas choisis pour l'une et l'autre opération. — Résultats des autres procédés de taille.

Rechercher les résultats de la taille sera dans Tavenir chose toute diflérente de ce qu'elle a été dans le passé, et conduira à d'autres conclusions que celles obtenues jusqu'à ce jour. L'appréciation exacte de ce que peut donner la lithotomie est beaucoup moins facile et beaucoup moins simple aujourd'hui qu'autrefois. Au temps où l'opération latérale était le seul mode de traitement applicable à tous les calculeux, on pouvait établir une statistique parfaite en tenant compte du nombre des cas, de Tàge des sujets, du résultat final, soit mort, soit guérison.

Il y a quelques années, j'entrepris des recherches aussi laborieuses qu!étendues, relatives à cette opération en Angleterre; et ce n'est pas une petite satisfaction pour moi que d'avoir vu ce travail se faire comme on ne le verra peut-être jamais. La lithotritie a donné trop de succès pour qu'on revienne à envisager (comme par le passé) la taille latérale comme la seule et invariable opération applicable aux calculeux. Avant que la lithotritie se fût vulgarisée dans la Grande-Bretagne, j'ai pu observer la valeur de la méthode de Cheselden dans ces districts où elle était encore la pratique invariable. Mes investigations plus rigoureuses, je crois pouvoir le dire, qu'il n'y en eut jamais, me permirent de réunir près de 2000 cas parfaitement authentiques de celte opération. Je n'y fis pas rentrer un certain nombre de faits, soit parce qu'ils n'étaient pas accompagnés de tous les détails que je regarde comme nécessaires, soit parce qu'ils se présentaient dans des circonstances faites pour permettre le doute.

Je demandai un relevé complet de tous les calculeux opérés dans l'hôpital d'un district, où la méthode latérale était seule employée, relevé emlnraiBsant un grand nombre d'années, et portant pour chaque sujet une note explicative avec l'âge et le résultat final. La crainte inspirée par des détails imparfaits me fit rejeter des centaines de faits, puisque ceux-là seuls qui sont indiscutables peuvent être utiles. Dans certains relevés, il était focile de voir que tel chirurgien avait réservé ses cas les plus heureux pour la lithotritie, tel autre pour l'opération médiane ; je devais nécessairement les laisser de côté, ce qui explique que je n'aie pu tirer parti de la statistique de M. Teale, malgré la valeur bien connue de ce praticien. D'autres fois, et c'est encore le fait de ce chirurgien, il s'agissait d'opérateurs célèbres qui devaient à leur réputation même de voir leurs statistiques surchargées de cas défavorables venus à eux de toutes parts. C'est à ce titre que je n'ai emprunté aucun fait aux notes manuscrites de M. Crichton, car elles présentent ime proportion tout à fait anormale de sujets âgés. Le sacrifice le

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plus gvaaii de ce genre que j'eus à Taire fut d'exclure de mon IranA ii% opérés de M. Keilh, dont on connaît la vaste et admirable expérience.

Je ne fis pas enlrer en ligne les 152 cas de " Glasgow Infîrmary », parœqnt la plupart avaient trait à la méthode du docteur Buchanan, non plus qi» ceux de <> Bristol Royailnlirmaryn.ciue me communiquait M. Pritchard, pot ce simple motif qu'il n'était pas possible d'établir exactement l'âge i» opérés. J'en dirai autant des notes de quelques h<^pitaux de Londres qu'i* avait bien voulu mettre à ma disposition.

U était essentiel de procéder avec celle sévérité pour obtenir <Ies chiffr» vraiment signîficntifs. Ma statistique, ainsi comprise, repose sur les doGOirr suivantes :

Le l'élevé de « Norfolk and Norwieli Hospilal «, comprenant, outre te 669 cas publiés par M. Cross dans son ouvrage justement célèbre, une sérv de 124 autres opérations faites depuis, sans une seule variation dans le procédé mis en usage et qu'a bien voulu me ti'ansmellre mon ami M. Oïl^, de Norwich.

Les faits observés jusqu'à ce jour à n Radcliffe Iniirmary, Oxford, ■ dontjf suis redevable à M. E. L. Hussey, d'Oxford.

Tous les opérés, depuis les temps les plus reculés, k a rnîversîtv Collège Hospital, London »; Je prie ici chacun de mes estimés collftgues d'en reoevoir tous mes rf merci ments.

Tu résumé détaillé des tailles faites à « Leicesterinfirmary • et que je don ù mon nmi M. Thomas Paget.

Les statistiques de " Leeds Infirmary n que me donnait mon recette «mi M. Nunneley; — de • Birmingham General Hospilal n dans ces dix demi^re» années, misesâmadisposition par M. O.Pemherton; — de i Guy'sHospital-, préparées jtar les soins de M. Thomas Itryant, qui me laissa libre d'en userJ mot! gré; — dé «Saint-Thomas's Hospilal "dont je suis redevable^ MM.Sollr, te Gros CiarketBrislowe, qui m'aida puissamment dans mes recherches ()}; — de « Addenbrooke's Kospita] ■>, compulsée avec grand soin par M. Geocfft Mun-ay Humpliry, de Cambridge, et qui présente 13 morts seulement sur un ensemble de 183 cas, soit 1 sur 13, résultat plus heureux que nul «utPB et que je me plais k enregistrer ici séparément, hie» qu'il doive trouver place dans notre tableau général.

.>lais je liens à établir, une fois pour toutes, qu'à l'exception dos chiffres empruntés comme je lai dit aux ouvrages de Cross et de South, il n'est aucun des faits dont je me sers qui ne m'ait été transmis avec une note précise rédigée par des hommes compétents.

Le nombre total, y compris Cambridge, est de 1827 tailles latérales, comprenant 229 décès, soit 1 mort sur 7,977, ou en chiffres plus ronds, 1 sur 8. Si Tonne fait pas entrer en ligne les faits de Cambridge, on trouve 216 morli snr 16/i4 opérés, soit 1 sur 7,6S, on simplement 1 sur 7 1/2.

(I) La plupart du fuiu de Saint Thomaa's Hospilal sont rieenti el auisî complète ip» pouible, je Ici aiempninlti an tnvail de M. ivnilli dnni non MiUon de Ctwliat' Snwn, vol. Il, p. 636,

Chat, vil] RÉSULTATS DE LA TAILLE. 687

Voici d'ailleurs le détail :

Norwich, 1«' relevé 669 cas, doot 91

— 2« relevé 124 —

Oxford 110 —

Lcicester 90 —

Leeds 29 —

Birminghaiu 102 —

Guy*8 Hospital 230 —

Saint-Thomas's Dospital. . 200 — Univertity Collège HospiUl 90 —

91 Borts,

Mit^

l décès poar 7 1/3 opérés.

l pour 8 1/4

l pour 8

1 pour 11

i pour 7 1/4

l pour 10

L pour 7

l pour 7

l pour 7 1/2

Cambridge 183 cas, dont 13 morts, soit 1 décès pour 14 opérés.

Il est bon de se rappeler que celle proportion de morts n'est qu'un chiOre brut qui n'indique pas suftisaniment quelle fut la suite de l'opération dans les diverses conditions possibles. Or il faut avant tout tenir compte de l'âge des sujets, puisque la mortalité est si différente, comme nous le savons» aux deux extrêmes de la vie ; c'est là un point qu'on perd trop souvent de Tue dans les appréciations sur la taille. Sur nos 1827 opérés, la moitié au moins n'ont |)as treize ans. Appliquons cette donnée de l'âge à nos divers relevés^ et nous pourrons arriver ainsi à la solution que nous cherchons.

Dans les hôpitaux de notre capitale, où viennent un certain ncmibre de malades de la campagne, adultes pour la plupart, le nombre des taillés déjà d'un certain âge est relativement plus considérable que dans les hô|Htaux de provinces. C'est ainsi qu'à a University Collège Hospital », lesenAmls au-dessous de treize ans, bien loin de former la moitié des 90 cas, en constituent à peine les deux cinquièmes, tant on y trouve de sujets âgés. De même à a Norwich Hospital », la proportion des adultes est supérieure à la moyenne, tandis que c'est Tinverse à Cambridge. Disons toutefois que « Guy 's Hospital » fait exception à la règle générale des hôpitaux de Londres et présente un chiffre élevé de très-jeunes sujets.

Mais ces considérations générales ne sauraient nous suffire, il nous but peser la question de l'âge avec beaucoup plus de soin et de détails; nous avons • .établir la proportion des morts après la taille latérale ma: dwene$ époques de la vie. Je n'ai pas suivi dans l'étude de ce point la marche oidi* naire, consistant à faire rentrer, bon gré mal gré, les faits dans un cadre artificiel. Bien vite en effet je reconnaissais que les résultats obtenus en classant dans des périodes de convention telles que de un à dix ans, de dix à vingt, de vingt à trente, etc., étaient parfaitement trompeurs. Ce qu'il fallait, c'était examiner séparément année par année, puis alors céder aux faits et faire des groupes naturels. Le tableau suivant me parait être, après plusieurs tentatives, celui qui est le plus simple et qui permet le mieux de tout embrasser d'un seul coup d'oeil :

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