‹ Traité pratique des maladies des voies urinairesChapitre 150 sur 241 · TAILLE. [PUT. IL · texte numérisé non relu

TAILLE. [PUT. IL

Age. Nombre Je eat.

De 1 à 5 ans (iuclusivemciil) . . . A73

6 à il :. 377

ftO à 58 191

Morti>.

l^roportMB.

ii i/3

: 10 ift,

Il est facile, en jetant les yeux sur ce tableau, de se rendre compte d» effets de la taille latérale aux différents âges. Dans les plus jeunes années (la première exceptée), on trouve 1 décès environ sur 14 opérés, tandis qu'on va n*en compter que 1 sur 23 de sept à onze ans. Si nous passons à la période comprise entre douze et seize ans, nous commençons à voir les effets de la puberté se faire sentir ; avec Tactivité sexuelle qui s'éveille, la mortalité s'élève d'abord à 1 sur 9 cas, et bientôt, entre dix-sept et vîd^ ans, à 1 sur 7. Depuis cette époque jusqu'à la trentième année, la mortalité s'abaisse légèrement à 1 sur 8 opérés. Puis, la virilité bien établie, le corps étant dans toute sa vigueur, elle diminue de nouveau et tombe à i pour 10 cas et demi, de trente à trente-huit ans. Mais de trente-neuf à quarante-huit ans des modifications morbides organiques commencent à apparaître en même temps que la constitution est souvent plus ou moins usée par des habitudes déréglées ; aussi 1 malade sur six va-t-il succomber. L'inBuence de ces causes se faisant sentir de plus en plus à partir de cet ftge et la puissance vitale diminuant de plus en plus, la mortalité va aller grandissant progressivement avec les années : si elle peut être i*eprésentéc par la proportion 1 : & 3/& de quarante-huit à cinquante-huit ans, elle le sera par 1 : 3 3/4 entre cinquante-huit et soixante-dix, et finalement elle devient presque un tiers, de soixante-dix à quatre-vingts ans.

Revenons un moment sur ces deux grands groupes séparés Tuu de l'autre par l'époque de la puberté. Le premier, celui de lenfance et de la jeunesse*, finit avec la puberté, soit à seize ans, et comprend plus de la moitié du nombre total de nos cas et n'offre qu'une mortalité de 1 sur 15 1;2. Faisons abstraction de cette première partie^ et nous aurons ainsi ce qui cou-» cerne les adultes. Plaçant dans ce dernier groupe tous les sujets ayant plus de seize ans (et il importe peu de compter à partir de cet âge ou seulement à partir de vingt ans), et nous trouvons juste 800 opérés, sur lesquels 161 ont succombé, c'est-à-dire un peu plus d'un cas de mort sur cinq opératioM. C'est bien là le résultat véritable donné par la taille chez Thomme adulte, puisque nous avons écarté avec soin cette grande cause d'erreur : la taille avant la puberté ; c'est ce résultat qu'il faudra mettre en parallèle avec celui que donne la lithotritiei puisque cette dernière n'est applicable qu'à ladulte.

Nous avons déjà dit que nous ne pouvions pas actuellement envisager la

CflAP. VU ] RÉSULTATS DE U TAlLLË. 639

taille comme elle Tétait autrefois. Aujourd'hui, en effet, toutes les fo^s que la pierre est petite, toutes les fois que le malade a un bon état général, on tente avant tout la lilhotritie. On peut regarder la taille comme réservée dans l'avenir , ainsi qu'elle Test déjà depuis quelques années, spécialement pour les gros calculs et les malades plus ou moins épuisés. Au lieu de 1 mort sur fi ou 5 opérés, ce que nous avons vu être le résultat général chez l'adulte, nous trouverons une proportion funeste plus forte. Cette proportion pourra varier encore suivant les cas que le chirurgien choisira pour l'un ou l'autre procédé. S'il applique également et le broiement et ilncision, il comptera moins de décès parmi ses taillés que s'il ne fait cette opération qu'une fois sur cinq cas donnés. S'il agit de la sorte, il pratique, il est vrai, la lithotritie dans quelques conditions diffidies et sur des sujets peu robustes, mais il aura épargné le couteau à k sur 5. La taille n'est faite alors que pour des cas choisis mauvais et se trouve nécessairement plus mortelle. La lithotritie aura, il est vrai, enregistré plus de décès par 100, mais il y a de grandes probabilités pour admettre qu'il y a eu, en somme, mains de cas malheureux sur l'ensemble des calculeux ainsi choisis. Aussi est-il clair qu'avant d'apprécier et de juger les résultats des deux méthodes, il faut être instruit de ce dassement des malades et de son motir. Quelques points intéressants de cette question ont été mis en lumière par sir William Fergusson dans ses remarquables leçons Taites en 1 865 au « Royal Collège of Surgeons » et reposant sur l'ensemble des tailles et des lithotrities qu'il avait pratiquées. 271 calculeux, dont 52 enfants, avaient reçu ses soins. Sur les 219 adultes, une moitié juste (110) avait été soumise à l'instrument tranchant et l'autre (109) traitée par le broiement. Sur les 110 cas de taille, il comptait 33 morts, soit 1 pour 3 13, tandis que les 109 lithotrities n'avaient donné que 12 décès ou 1 sur 9. Sans nul doute, aujour^ d'hui que la lithotritie est plus répandue et que la taille n'est plus le seul traitement connu, sir William trouverait un plus grand nombre de cas propres au broiement

Je puis en dire autant du docteur Keith, d'Aberdeen, qui voulut bien mettre à ma disposition toutes les notes recueillies jusqu'en 1863 sur les trois cents calculeux qu'il avait rencontrés dans une pratique de vingt-sept années. Les tailles y sont en bien plus grand nombre que les lithotrities, et présentent cependant une moindre proportion de morts, les cas hors ligne étant seuls traités parle broiement. Si nous retranchons sur ces 300 opérés 24 cas appartenant, soit à des femmes^ soit à des enfants, il nous reste le chiffre de 216 hommes adultes. Des 160 qui subirent la taille, 33 succombèrent, ou 1 sur U 1/5. 116 furent lithotrities, dont 7 morts, soit une pnn portion dei sur 16 1/2. Et comme il arrive toujours pour les chirurgiens de grand renom, M. Keith compte parmi ses opérés un grand nombre de cas mauvais et de sujets âgés.

Mais pour bien juger entre l'opération sanglante et le broiement, il Taut attendre l'avenir; alors seulement une véritable appréciation sera possible* Nous ne faisons que commencer à concevoir à combien de cas la lithotritie peut s'appliquer* .\iiisi, tandis que ddns les relevés précédents -^ et poui*

le molir ({lie j'ai iiidiiiué — nous voyons la taille appliquée là à lamoîli^dei t'Jis, ici aux trois cinquièmes, j'ai pour ma pari une moyenne de cinq Htktrilies sur lix cas d'adulte». J'ai tout sujet d'élre satîsrait du résultat fiemnl de cette pratique, mais je ne saurais toutefois poser des conclusions cajubles de déterminer même approximativement la valeur respective des deui méthodes. Il nous faut encore plusieurs amiêes d'expérience et de rechirches pour arriver à lixer ce qu'on peut espérer de la taille dans celte spbnv toute nouvelle où elle n'est plus appliquée que pour des cas si graves le des pierres si volumineuses, que la lithotritie paraît impossible.

La solution aussi complète que possible de ce problème peut être espêrr* pour un temps peu éloigné. Quelques années de plus nous apporteront dr> centaines de cas traités dans cette même proportion que nous signalinu plus haut.

Vivement encoui'agé par le passé à poursuivre la voie que je in<- sw tracée, je ne doute pas de pouvoir sous peu apporterd'asseï amples diinn'.'»^ pour marquer le chemin à suivre dans cette diflicile question. lilon plan ni tracé dès longtemps et je ne m'arrêterai que quand je serai arri\é au nombre de faits que je crois nécessaire pour pouvoir en déduire une conctusiix sérieuse. C'est là, et rien ne m'en fera dévier, le but incessant de merecherches, l'objet constant de mon travail.

11 nous faut dire maintenant quelques mots de la mortalité daus h autres procédés de taille.

7'aiV/e médiane. — Sur 139 de ces opérations faites k tout ige et dint M. Allarlon me communique le résumé, on ne trouve que 13 morts, soil I pour 11. Ilemarquons, tout de suite, pour éviter toute objection que t? procédé, réservé en général pour les calculs que l'on sait ou qm- l'on cfoil petits, devait parla même donner un meilleur résultat que la taille latérale. Cette remarque ne saurait toutefois s'appliquer aux quarante ou cinquaiil'opérations (]ue mon ami M. Cadge me dit avoir été pratiquées à <■ Norwich • pendant ces dernières années. Elles ont donné sensiblement la même mur talité que la taille latérale; mais il est juste de dire qu'on y trouve uu nombre peu ordinaira de cas défavorables.

Procédé de M. Buchanan. — Son auteur cite plus de soixante opératioib ■ de ce genre faites par divers chirurgiens avec un résultat analogue à celui donné par M. Allarton (1 pour 11).

Taille bilatérale. — On sait que Dupuytren et ses contemporains l'appliquèrent h S5 malades avec un résultat de 19 morts, soit 1 sur h l/'i. On dit qu'en d'autres mains elle donna des résultais plus heureux.

Taille médio-èilatérale. — Celte opération n'a pas été sufKsamnient pratiquée pour pouvoir élre jugée. Je l'ai employée plusieurs fois, croyant à cette époque qu'elle pouvait présenter quelque avantage sur la 1aill« lalêla'e; mais il n'en est rien, autant que je puis en juger. J'y avais eu recours comme à uu procédé exceptionnel pour de très-gros calculs, qu'on «<" pouvait attaquer pai- la lithotritie, et toujours chez des sujets Agés el débiles.

Lex|R'jiencc m'a appris, ce que j'étais loi» de aoup^vnnier, qu'où s'expu-

Çhap. vni.] INTRODUCTION A LA UTHOTRITIE. «41

sait par ce procédé à des hémoirhagies souvent abondantes et difficiles à arrêter, et aussi que l'intestin, très-voisin de Tincision, risquait fort d'éUre lésé. dans le cas de pierre volumineuse. Non pas peut-être que le bistouri latteigne alors, mais parce que le calcul, pendant les manœuvres d'extraction, déchirera facilement la mince paroi qui le sépare de la cavité rectale. Pour ces motifs j'ai cessé de pratiquer cette opération, que je fis pour la dernière fois en janvier 1868, et je lai remplacée pour les cas précités par la taille latérale.

Taille recto-vésicale, — En étudiant son histoire, nous trouvons que dans un cinquième des cas elle fut suivie de mort, et qu'un cinquième des survivants gardèrent une fistule urinaire.

Taille stis-pubienfie. — La plupart des auteurs s'accordent à rec(Hinattre que la mortalité y est environ d*un quart. Le docteur Murray Humphr\% d'Addenbrooke's Ilospital, à Cambridge, la fit avec succès chez un jeune garçon de quatoi*zc ans. Sur 10^ cas recueillis par ce chirurgien à des sources certaines, on en compte 31 funestes, soit 1 sur 3 1/3. Il faut remarquer que cette opération, comme la précédente, est tout particulièrement i'éser\'ée pour les énormes calculs et n'est guère pratiquée que chez l'adulte. « Ijes dangers de la taille sus-pubienne, fait observer M. Murray llumphry, ne sont pas régulièrement proportionnels au volume de la pierre, comme pour la méthode latérale (1). »

Page 1