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CHAPITRE IX

BUT DE LA LITHOTRITIE, ET PRINCIPES QUI DOIVENT PRÉSIDER A LA CONSTRCCTION DES INSTRUMENTS NÉCESSAIRES POUR LA PRATIQUER

Tous les résullats malheureux tiennent à des lésions mécaniques. — Lithotrileurs construits pour les éviter. — Deux classes de lithotriteui s : Ies«uns à mors fenêtres, les autres & mors plats. — Leur rôle respectif. — Forces mécaniques adoptées : la crémaillère et la vis. — Lilhotriteurs de difTérentcs sortes. — Valeur de la poignée cylindrique.

But. — Quel est le but de la lithotritie? Telle est la question qui se présente à nous au début de notre sujet et qu'il nous faut résoudre sans plus tarder. Ce but n'est pas seulement de briser la pien*e, bien que ce soit là une partie indispensable de lopération. Non, il ne suffit pas de faire des fragments ; le terme final à atteindre, c'est de réduire la pierre en poussière ou en très-petits débris, dont la plus grande partie pourra ainsi être rendue par le malade sans laide d aucun instrument. Faire des fragments n'est donc qu*un pas vers la solution finale.

On peut admettre comme évident que les principaux accidents de la lithotritie résultent plus ou moins directement d'une lésion mécanique. En d'autres termes, l'inflammation de la vessie et de Turèthre est presque toujours provoquée par le contact de l'instrument ou par la présence de fragments durs et a angles aigus.

C'est pourquoi, bien que nous ne puissions pas absolument réaliser nos désirs, nous devons chercher deux choses : i* à réduire la pierre en fragments qui soient, autant que possible, et inofTensifs pour la muqueuse, et facilement expulsés hors de la vessie, c'est-à-dire en véritable poussière; 2* à atteindre ce but avec le moins de manœu\Tes instrumentales possible.

6ÏC LITIIOTRITIE. {tUO-l

Nous ne devons jamais perdi'e de vue ces deux principes; ce sodI qui doivent nous guider absolument dans le choix des inslrumeDls et àaat les nombi-eux points qui ont trait au manuel opératoire.

Nous examinerons tout d'abord la construction des instruuienls; loC mode d'application viendra ensuite. C'est ici le lieu de faire remnn]uer qai la pratique de la lilhotritie méthodique et réglée ;la seule qui permet dt compter sur le succès] ne consiste pas seulement a obsur\'er deux ou troit principes généraux, mais encora à tenir compte de nombreux d(*taii& dort l'expérience a montré la valeur. Ces détails, pris isolément, envisagés s^trément, peuvent, à preniiùre vue, paraître insignifiants à quelques chirurgiens; mais si on les groupe et si l'on envisage nlors leur influence générale, on est fomé de reconnaître leur importance. Je ne crois donc pK avoir à m'excuser de présenter ici une exposition circonstanciée de en détails, d'autant plus que jo ne connais aucun ouvrage, aucune publication qui en fasse mention. Je tiens pour certain (fue ceux-U sauront les apprécier à leur juste valeur, qui savent pu expérience toutes les diflicultés et tous les dangers duiiililhotritie entreprise sans principes et sans méthode.

Instruments povr brover la pierkk dans l\ vrssw: LiTtiOTBiTEuns. — l.'étude des iiistmmcnts est de haut* importance et mérite un examen attentif do la parld'' quiconque aspire à pratiquer la lilhotritie avec surtvs. Il y a beaucoup plus à gagner qu'on ne le suppose géiièl'iilement à la connaissance minutieuse des disposilion* mécaniques adoptées dans la coiistruclion de.s Itlhnli^ uurs. ^

Ilemai-quons d'abord que fomie, poids, volume^ w sont modifiés successivement au fur et à mesure que let années ont apporté une nouvelle expérience, et quedeC centaines de cas ont montré les desiderata en face d'éventualités non soupçonnées aloi's, mais parfaimiKâl prt'vues aujourd'hui. Aucune étude de la Irlbolritif, <|uVlle ait lieu sur le cadavre ou non, n'.iura gmnd» valeur si l'on ne connaît les principes sur lesquels Mfi ou devraient être construits les lilhotriteurs.

l'our éviter tout malentendu et toutes phrases inuliliv, ou peut établir tout de suite que toullilhotriteur se compose essentiellement des parties suivantes : lea cufll^rt» (désignées souvent sous le nom de «mors », qmuid TiiH strument fonctionne), la lige, le cylindre mobile, et h teurrnintai) ('). poignée. Les cuillères sont au nombre de deux : l'une plus éloignée de la poignée, immobile, continuant h lîge, nommée " cuillère femelle .< ; l'autre, plus voisine du manche, mobile «-l Kfminant le cylindre mobile, connue sous le nom de «cuillèn; mAle •> (lig, 19^'.

Chap. IX.] INSTRUMENTS POUR BROYER LA PIERRE. 647

La lige esl parraiteincnt recliligne el forme la plus grande pailie de l'instrumenl; elle esl calculée sur la longueur moyenne de Turèthre et mesure 5 à 7 centimètres en plus. Le cylindre mobile esl reçu dans un canal creusé toul le long de la tige; il présenle à Tune de ses extrémités la cuillère mâle, •et à lautre il reçoit Timpulsion du mouvement mécanique adopté. Cette parlie supérieure porle de plus une échelle graduée qui pennet à Topéraleur de juger de récartement des mors, alors qu'ils sont, comme dans la vessie par exemple, hors de la vue. La poignée ne l'emplit pas seulement le rôle qu'implique son nom, mais esl encore destinée à renfermer ou à supporter le système mécanique qui fait mouvoir la branche mâle.

[Nous avons tenu à traduire aussi textuellement que possible celte description instrumentale de M. Thompson, mais nous devons faire remarquer tout de suite qu'elle diffère un peu de la description française, ou, pour mieux dire, que les mêmes termes désignent des parties différentes. En faisant usage des dénominations françaises, le lilhotriteur envisagé dans son ensemble, est divisé en corps et extrémités, dont Tune porte le nom de bec et l'autre celui de poignée. Mais ce tout est formé de deux parties mobiles Tune sur l'autre, nommées branches : l'une indépendante de la poignée,creusée dans toute son étendue d'une gouttière profonde et se terminant par un des mors, c'est la « branche femelle » ; l'autre lige, pleine, glissant à frottement très-doux dans la branche femelle, aboutissant d'un bout à la poignée, et de l'autre à l'autre mors, c'est la « branche mâle ». Quelquefois on applique les mots mâle et femelle aux mors eux-mêmes, mais non pas d'une façon générale. C'est d'après cette description, et en conservant aux termes leur valeur admise en Fi*ance, que nous procéderons dans cette traduction.]

Bec du brise-pierke. — Les lithotriteurs se divisent en deux grandes classes naturelles, et celle division est de la plus haute importance pour la praliqlie. Elle est basée sur le résultat qu'on obtient, selon la forme donnée aux mors chargés de saisir la pierre. — Quant aux divers mécanismes plus ou moins puissants (el leur nombre est considérable) destinés à faire mouvoir ces mors, nous ne les examinerons qu'en second lieu.

Dans une première classe on rangera les lithotriteurs à mors femelle fenéfré, instruments destinés à faire éclater la pieiTC, à la réduire en fragments.

Dans la seconde classe se placent les lithotriteurs à mors pleins, c'est-àdire ceux (jui ont pour effet la pulvérisation de la pierre, pulvérisation qui, comme nous l'avons déjà dit, est le but final de la lithotritie (1).

Mais avant de les envisager séparémertt, il sera bon de signaler brièvement cevin'ms principes de construction des mot^s s'appliquant également aux deux classes de lithotriteurs.

(1) Pendant longtemps un certain nombre de chirurgiens anglais n'ont appliqué le nom fiihotriieur qu'à l'instrument fenêtre, désignant celui à mors pleins par le mot scoop ^curette). C'est une erreur, puisque l'un et l'autre ont pour but le broiement de la pierre. <*«lte dénomination venait de ce qu'autrefois on se scr\'ait à Londres des instruments fenêtres uniquement pour broyer, et des seconds seulement pour extraire les fragments. Mais aigour- «l'hui qu'il n'en est plus de même, il faut réunir le toul sous le même nom : liUiotriteurs. ,

6tS LITIlOTRITtE. ^IM. I

1° Les mors foimeiit avec le coqis un angle loujours un peu supérieu à l'angle droit. Mais plus l'angle sera obtus, moins la puissance de l'iDslrnment sera grande, et vice wrsâ. S'il dépasse 120 degrés, on n'obtient ptus que de mauvais effets. D'autre pari, un bec forlenient incliné sur la tig» permet une introduction plus aJsée ; on a plus de facilité à traverser l'urè^ ihre, fait ini|iorlanl dans quelques cas rares où existe une excessri irritabilité.

2" La largeur des mors lacilite la prise du calcul ou des fragments, rend l'échappement moins facile quand une fois l'instrumenl est chai^. Ajoutons que si un des mors, ou surtout si les deux sont étroits, ou éproovera des difHcullés bien plus grandes pour saisir un petit débris que si l'on a un bec large. Mais, d'un autre côté, on obtient ainsi une puissance tnoindrc : uu mors mitle étroit pénétrera dans une masse qu'un mors lai^in'aurait pu entamer.

3 Le m ors mâle est rugueux sur la face qui regai-dc le mors femelle : ers rugosités rendent plus siirc la saisie du calcul et transmetlciit une pression bien fuite pour détruire la cohérence des parties. Les surfaces unies tendent à transformer ce qu'elles serrent en une masse unique plus ou moins compacte. S'il s'agit d'attaquer une pierre dure, ce ne seront plus seulement des rugosités, mais de véritables dents dont il faudra armer la branrhi' mâle, chacune de ces dents devant agir à la façon d'un coin sur la surfacr l'ésistanle. Mais II ne faut pas transformer tout le mors mâle en uu coin unique. Bien qu'il agisse puissamment et brise facilement de durs et volumineux calculs, un tel instrument est défectueux; car, comme il est (tcife de le démontrer par l'ex-périencc. et comme je l'ai moi-même souvent vêriâé,

les fragments obtenus ainsi sont prajetéa k angle droit avec force et vont

léser plus ou moins les parois vésicales. Aussi ne faut-il jamais employer

un mors mile trop étroit.

1" classe : lilbotrîtetirs fniètrés. — Nous en donnons ici deux modèles,

ligures 196 et 197.

lus

Fie. ige. — Util

teaèlT& ■ larges donts, inslrameul volumînGux e

Leur nJle est de réduire la pierre en fragments et non en poussière. I rendent des services quand la pierre est très-dure ou très-volumineuse; t» 1 sont eux dans ces cas dont il faut se servir tout d'abord, car seuls ils peu- f vent les attaquer avec succès. Comme puissance, les litholriteurs fenêtres 1 l'emportent sans nul doute sur les autres brise-pierres, mais il faut se sou- I

ClAP. IX.]

INSTRUMENTS TOOR BROYER LA PIERRF.

venir d'autre part qu'ils sont plus dangereux. II faut apporter grand soin dans leur emploi et cela pour les raisons suivantes : i*I^s dents nécessairement anguleuses et quelquefois même effilées, les bords des becs s'embot* tant exactement, sont autant de conditions qui rendent facile le pincement de la muqueuse vésicale (1\ 2" Les fragments qu'ils font, s'échappant à tra-

FiG. 197. — Lithotrileur fcnètré à petites dents, moins puissant que le précédent.

vers une grande ouverture, sont fatalement, pour la plupart, volumineux, rugueux, anguleux, et, par suite, fort capables d'irriter la vessie par leur présence. 3** Le bec est plus long que dans les autres lithotriteurs, ce qui peut rendre les diverses manœuvres plus difficiles et moins sûres.

[L'inconvénient d'une large fenêtre laissant passer de gros fragments peut être évité en faisant, non plus une fenêtre unique, mais plusieurs fenêtres à la branche femelle, chacune d'elles répondant à une saillie dii mors mâle. Nous en représentons ici deux modèles différents. Mais c'est

Fie. 198. — Mors fenêtre de Robert et Mercier.

FiG. 199. — Mors fenêtre de Reliquet.

surtout celui de M. Reliquet qui est aujourd'hui accepté comme présentant tout à la fois et les avantages du porte à faux^ et une sorte de tamis sur lequel sont broyés les fragments produits par le premier éclîitement.]

2' classe : lithotriteurs à mors pleins. — Les uns sont de véritables instruments de broiement à proprement parler ; les autres ne sont employés que pour pulvériser les fragments. Les premiers ou les plus forts, si l'on préfère, peuvent servira briser un calcutde moyen volume, c'esl-à-dire de 25 millim. de diamètre en moyenne, pourvu qu'il ne soit pas très-dur, ou même plus

^1) Tout en conservant aux mors .leurs bords tranchants et à engrènement parfait, rien n*empéche de les tailler en biseau. On risquera moins ainsi de léser la vessie. Cette modification récemment faite par Weiss, d'après mes indications» ofSre certeinemeDt un aTaDta^e*

]Pai

tïTOs, s'il est Triable. Mais, iI'uik^ façon gém-rali', les lithotrileurs i (liasse ont puur fonction spéciale de l'éduire en jioussièrp la matière c leusb, que ce soit pierre, que ce soit fraginenls Taits avec l'insln fenétré-

Ud litltotriteur non fenêlré, deslinc à briser des pierres de petit cl u iralibiv doit, lorsqu'il est bien construit, avoir une branche Temelle | large que ta branche niiïlp, de sorle que la pivssion transmise par eelle-i porie sur une petite surFace. et délermine ainsi un effet qu'elle n'eùl f donné, disséminée sur une grande étendue. Tn coup d'œil jeté sur t

fi^i-es 200 et 201 fera bien saisir celle construction. La brandie mftie êlroîk de la figure 300 jiéiiélrera lacilenient dans tout calcul ou fragment sai^i «iilre elle et la branche femelle, dont la largeur rend la prise plus srtr'

l«rgc.

lim.

Quant à ta figure 301, elle nous montre un morsuiàlc pivsque aussi laïf* que le mors femelle, parfaitement capable de réduire en grains de pctîb fragments, mais incapable d'agir sur tout corps dur a} ant plus de 1 5 inillim. de diamètre. Dieu plus, si l'on ii'ussissait dans ces cofiditioiis, il 9«nil è^ craindre de voir se produire un tel engorgement des cuillèi-es par les i Irilus calculeux, qu'on éprouve de la difReulté à les dégorger.

Cet ic engorgement » peut éliv évité en avant soin d'avoir une brandi màle êlroite qui, griice îi une manœuvre que nous signalerons à propof du manuel opératoire, permettra de déblayer les mors autant qu'il pkîn au chirurgien. Mais il est important, d'autre part, que la branche (enfile ne soit ni trop creuse, ni (ce qui revient au même) à bords trop relc surtout il sa base, c'est-à-dire au point de réunion du mors et du corp Il est Irés-iliflicile en effet d'expulser les fragments de ce pi>iul: et si u litis il esl engorgé, il génr le jru régulier de I iustrunicnt <■[ i'oinpftihe dsl

Ckat. 11.) (.tSTRUHENTS POUR BROÏEA U PIERRE. 6S1

donner de bons résuilals. C'est là un vice de construction trop souvent

observé sur les litholriteurs tant anglais que français. Dans tous les cas,' il

serait bon, [)0ur prévenir rpl engorf^ment, que la branche femelle présentât

à ce niveau un petit orifice {voy. lig, 137, pajçc 54Ô). [On a construit dans ce but plusieurs becs pUis ou moins ingénieux (bec

dcGuItlon, modifié par Mathieu). Cc^lui

qui parait devoir répondre le mieux

nu désir du chirurgien, s'il redoute

l'engorgement, malgn!' la |)etite fenêtre

de la branche femelle et lamana'u\Tt?

finale qui sera exposée plus loin, nous

semble être celui de .M. Voillemier

(lig. 202), In petit ressort caché dans

U lige se meut avec la branche mâle,

vient saillir entre les mors et nettoyer

les cuillères.] Les litholriteurs de cette classe sont des inslrunienls sûrs et donnent des

résultais certains dans tous les cas où ils sont applicables; leur puissance

est considérable, quoi([ue inférieure de beaucoup à celle des brise-pierres â fenéti-es. Les bords de leurs mors ne sont pas tranchants, mais taillés en

biseau. De plus, sur l'inslniment fermé, les faces seules des mors, el non les bords, arrivant nu contact parfait, il est pivsque impossible de pincer la muqueuse vésicale, grâce à cette disposition. D'un autre côté, ce lithotrileur remplira aussi bien que tout autre instrument le rôle de l'nacienni' •■ scoop " (voy, la note de la pagofi^i7), quand il sera nécessaire. Beaucoup de débris |K>uvcnl en effet rester entre ces mors plats sans que le calibre du bec en soit considérablement augmenté : leur capacité sous ce rapport est fort n-marquable. Toutefois la brièveté des mors, comparée à celle des puissants litholriteurs fenéln-s, les expose à glisser plus facilement sur une grosse pieire, qui pourra fuir leur atteinte. Il est facile de comprendre qu'il en soit ainsi avec un bec court, car l'effet de la vis tendra précisément à «"xpulser tout calcul trop gros qui s'échappera comme le noyau de ceriw pressé entre les doigts.

Il nous faut faire enfin une dernière rcmar(|ue : La construction de ces litholriteurs est telle que si, jiar suite de l'emploi d'une force supérieure à leur résistance, ils viennent par malheur à se briser, cette roplure doit se foire à l'angle de la branche mâle, au point d'union du mors avec la tige. On peut ainsi retirer l'instrument, et il ne reste dans le n'-servoir urinaire qu'un morceau peu volumineux, capable de traverser l'iirèthre. Il ne faut pas cependant n-douler cet accident plus avec ce brise-pierre qu'avec tout autre, si on le manie .ivec prudence; il n'en est pas moins bon de savmr que tout a (''lé prévu admïi-ablemenl en vue de cette éventualité.

MovE^î! MÉcvNiyrES mis e\ jei". — Telles sont les considérations que nous avions à exposer sur wHte partie de l'instruznent qui s'applique directement sur la pierre et lui transmet la force mise en jeu. Il nous faut maintenant «nvisager celle autre portion où cette force est accumulée et appliquée. -

552 • UTHOTRITIE. [Pak. m.

La crémaillère et la vis sont les moyens mécaniques généralement mis eh usage; loutefois on peut avoir recours aussi, soil à une simple pression faite avec la main, soit à la percussion.

Pour que celte partie de Tinstrument soit bien faite, il faut qu'elle metif à la disposition de l'opérateur une grande puissance, tout en le laissant libre de la régler à son gré; qu'elle lui permette d'ouvrir et de ferinerle bec du brise-pieiTe rapidement et facilement ; enfin, que toutes ces ccNiditions soient remplies par un instrument peu volumineux et sans nécessiter des mouvements brusques, capables de retentir sur l'urèthre ou la vessie, et par suite de léser ces organes.

Le lithotriteur à pignon nous montre l'emploi actuel de la crémaillère, et répond parfaitement à certaines nécessités de la lilhotritie. C*est sir William Fergusson qui le premier y eut recours en 1836, l'ajoutant au brise-pienr primitif de Heurteloup. 11 a appliqué depuis ce système dans tous les cas et quel que soit le volume de la pien^e. La figure ci-jointe (fig. 203) représente le modèle le plus récent de ce genre, construit avec grand soin ptr M. Matthews.

Fig. 203. — - Lithotriteur anglais à pignon et à crémaillère (dernier modèle).

Plus on augmente le diamètre de la poignée du pignon, plus on augmente la puissance, et vice versa ; aussi celte poignée devra-t-elle être calculée uonseulement d'après la résistance des branches, mais aussi d'après la force de celui qui doit la manœuvrer.

Cette remarque sur le rapport constant entre le levier de la puissance et non-seulement la force des branches, mais encore la vigueur musculaire de l'opérateur, s'applique également à tous les systèmes de lithotrileurs. Si le chirurgien a une main puissante, le labric^mt ne devra en aucun cai donner à ce levier une longueur su[}érieure à la moyenne, taudis qu'il faudra au conti*aire une large poignée pour une main débile. Cette disposition à crémaillère avec pignon est utile, parce qu'elle met ropérateuri même, lorsqu'il le désire, d'agir par secousses, c'est-à-dire d augmentei brusquement la pression, action que les lithotrileurs à vis permettent bief moins. Or il est des cas où l'on réussit ainsi à briser une pierre qui a résisté à une pression lente et progressive. On a ici un terme moyen entre V percuteur et la vis. La sensation perçue par la main permet peut-être raieui qu'avec l'instrument à vis de contrôler et de régler l'effet obtenu, niaiî d'autre part on n'obtiendra ici d'action continue qu'au moyen d'un effor soutenu.

La vis est la puissance mécanique la plus communément employée ei lilhotritie; elle donne une pression graduelle, uniforme et continue, et pa

CbM-. IX.] tNSTRUHEirrS l'OtR BROVER l\ PIERRE. fôS

suite énergique. Ici la puissance est en raison de la longueur du levier qui meut la vis. Ùneaction brusque et la percussion sont toutes deux compatibles en pratique avec l'emploi do la vis. Un ccrou muni d'un long levier (roy. fi^. 208, p. 657) fut le premier système employé dans les lilhotriteurs il vis, et en Angleterre, jusqu'à ces derniers temps, c'est encore de lui qu'on se servait. It en résultait une perte de temps par la nécessité de dévisser cet écrou chaque fois qu'on voulait rouvrir le bec fermé dans la manœuvre d'écrasement. Autant de tours on a bit pour briser la pierre, autant de tours il faut faire pour écarter les mors eu ^'ue d'une nouvelle recherche du calcul. Or la question de temps est, comme nous le venons, de haute valeur dans la lithotrilie, et tout ce qui peut l'économiser est une condition matérielle de succès. La suppression de toute manœuvre inutile est un bénéfice, puisqu'elle diminue nécessairement d'autant les chances de léser la vessie. Trouver un instrument dont le principe fût la vis, et où cependant il ne fût pas nécessaire de dévisser, permettant en même temps une impulsion rapide et même l'emploi de la percussion. Ici a été longtemps le desideratum.

La vis, dans son emploi primitif, n'était applicable, comme le pignon, qu'aux insiruments fenêtres, pour agir sur des pierres et des fragments durs ou volumineux ; mais, pour pulvériser les petits débris, il était à sou- ha i 1er d'avoir un mécanisme différent.

Le desideratum signalé plus haut fut comblé d'abord par Charrière, le célèbre fabricant de Paris, qiii construisit l'ingénieux instrument connu sous le nom delitholrileurCharrière, et aussi lilhotriteur Civiale (fig. 205). Le fait capital est ici qu'après avoir agi sur la branche mâle au moven de la vis, on n'a rien à dévisser pour pouvoir la retirer au degré voulu. On peut décrire de la façon suivante le principe de cet instrument :

[A la partie interne de l'armature de la branche femelle sont situées deux piè-ces élastiques munies ù leur extrémité libre d'un pas de vis. On a ainsi un écrou brisé qui pourra, au gré de l'opérateur, tantdt être largement ouvert et laisser la branche mâle parfaitement mobile, tan tôt venir mordre sur la vis. Ces alternatives, on les obtient facilement au moyen d'un chapiteau qui coiffe l'armatun- et dont la face iiilcme présente deux saillies et deux dépressions alternatives (Mg. 20Ù). Il suffit de faire tourner ce chapiteau d'un quart de cercle dans un sens, pour laisser l'écrou s'ouvrir en vertu de son élasticité, et d'un quart de cercle en sens inverse, pour que la branche mâle se trouve de nouveau fixée et engrenée.] On peut, on le comprend, faire intervenir, si l'on veut, la pression ou la percussion sur l'exlréniité de la branche mile ;

• •} A.brKicbcfaBella: H. nuoruloiiatiil r«en»; C. ckpilMnlKliUa.

' HiUd. de» «oM!* btIb. tl*

il suffit pour ixh d'

LITHOTKITIK. IPabt. li

)uvrir l'écrou par la petite manœuvre indiquée, sau avoir à craindre de voir le calcul s'échapper. Celt constiiiclion du litholrileur offre de grands avantage sur tous ceux qui avaient précédé.

DemiëremeDl, MM. Coxeter et Weiss ont chercb à perrectionner ce système. Le premier dégage la vi au moyen d'une sorte de détente placée sous la poi gnée, ce qui peut être fait par un doigt de la mtii gauche qui tient le Hthotriteur et ne requiert |w l'aide de l'autre main, comme dans l'iustrumeDl di Charrière (1). M. Weiss, un peu plus tard, conçol l'idée plus simple de régler la prise de la vis parmi mouvement de glissement, régi par le bouton qu'M voit sur la poignée [Kg. 206). Si celle-ci est cylindrique,

comme je l'ai conseillé, l'operateur est dès lors en possession d'un instrument dont le maniement se fail avec plus de facilité, de dextérité el de rapidité, que pour tout autre lilhotrileur antérieurement counu.

[ En Kraiice on a adoplé avec emprcssemeni et d'uoe façon pi'esque générale cette poignée cylindrique qui, cooinie Je dit fort justement U. Thompson, constitue un des plus grands pi'Ogrès des litholriteurs inodernes ; seulement, au lieu da boulon de Weiss, c'est la bascule de Rol>ert et Collio qui régit les mouvements de la branche mâle. Il suffit d'abaisser la partie libre de cette bascule, en forme de fer à cbevil, vers l'armature, pour que l'dcrou brisé vienne mordre sur la vis, et vice wrsd. Cette bascule peut d'ailleurs *tre mue,

soU par le pouce de la main qui embrasse la poignée de l' instrument, sort par ie

pouce de celle qui tient la vis (flg. 207).]

Fjc. SOS. — l'oîgiiée du lUhotriteur de Charrière, el bec» divers.

- Litholrileur à tiascuii

Avantages de la poignée cijlindritjue.

C'est la possibilité de tenir et de

rer cet lustrumenl simplcclavcllen figuraîl déjii en 1855 iianiii loi iustrumi-nts u)K>s«i

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