‹ Traité pratique des maladies des voies urinairesChapitre 28 sur 241 · I- examinées jusqu'ici. Je m'explique · texte numérisé non relu

I- examinées jusqu'ici. Je m'explique

ruffitclioD calculeuse, une période anté-

CLVUi AVENIR DE U CHIRHKGIE [UçMi.

nombreux signes, puisse jamais arriver à un certain volume sans avoirék découvert et reconnu? Ce n'est que trop vrai cependant; mais qu'il vm ainsi ignoré jusqu'à un très-gros calibre, voilà ce que je ne puis tm prendre, ce qui me surprend profondément, i'aftirmç cependant que jb de moitié des calculs que j ai opérés existaient chez des malades doni <i n'avait pas soupçonné la véritable affection jusqu'au jour où le calhélénar k fut fait. I

Or, tout en respectant profondément le savoir de mes collègues, j' vous dire, basé sur une conviction profonde tirée de ma pratique, qu, l selon moi, les premiers symptômes de raiïection calculeuse ne sont fi l sufiisamment connus et appréciés. Dans le cours de ma carrière, je iù l pas rencontré plus de deux ou trois cas où le calcul ne se fui pas réxëèik I le début par des signes précis. L'évidence de ces signes me semble absobt I Us peuvent exister plus ou moins, il est vrai, sans qu'il y ait calcul ;iiih^ lorsqu'on les rencontre, il ne faut pas hésiter à pratiquer le cathétérisM.

Aussi loin que nous étendons nos recherches sur l'histoire de la picfR. nous trouvons toujours dans les livres classiques qu'elle est une aflecliw surtout de l'enfance. Il n'en est rien. Elle est rare, au contraire,. c/vei j'enfaut, comparativement à sa fréquence chez l'adulte avancé en àf;e. Je saii très-bien que, dans le plus grand nombre des statistiques hospitalières, phi» de moitié des calculeux n'ont pas encore atteint la puberté; c'est même b oe qui permet d'arriver à ces résultats surprenants de la taille laténk, oomme j'ai déjà eu occasion de le signaler. Cela ne nous dit qu'une chote, c'est que chez les pauvres la pierre est relativement fréquente dans Tofance. Dans la classe aisée, au contraire, il est bien rare de rencontrera jeune sujet calculeux, et c'est elle cependant qui donnera le plus gnà nombre de calculeux à l'autre extrême de la vie, et c'est à celle époqitf que nous trouvons le plus grand nombre de calculs.

Quelle est \ évolution ordinaire et pour ainsi dire type de Taflection alculeuse? — J'entends parler ici, comme bien vous le pensez, des conciètions d'acide urique et d'oxalate de chaux. Les dépots phosphaliqoes sont le plus souvent une production toute locale, née dans une vessie paresseuse et incapable de se vider complètement; aussi constituent-ils une cJasse diiïérente de celle que j'examine ici. — Un homme robuste, bien porUat compte dans sa famille de nombreux cas de longévité, mais aussi un on deux goutteux, voire même un ancéti-e graveleux ou calculeux. Vers k milieu de sa vie, ce malade voit ses urines se charger d'acide urique, comme on peut le reconnaître à un dépôt l'ouge-brique plus ou moins persistant. Peu après, il rend avec ou sans douleur rénale une petit gravier. Il peul à ce moment être considérablement soulagé par un traitement médical: mais souvent ce moment critique passe sans qu'on institue ni régime ai traitement pour arrêter la dialhèse nettement développée maintenant. Aussi, quelque temps après, rend-il de nouveau un gravier, puis dautI¥^ Un jour arrive où il reste plusieurs mois sans en voir passer aucun. Il va bien quelques petits symptômes suspects, mais on n'y attache pas d'importance, surtout si depuis dix ou douze mois déjà le malade n'a plus

eu AVENIR DE LA CHIRURGIE iPPLIUl'ËE AU TR&ITBHETJT DES CALCCLS [Liwi

ronilénient queliiues-iins lie iups auditeurs. S'il en »'sl ainsi, je letp d'avauce d'agréer mes regrets bien sincères. Mais quicouquo a iinep ^ fonde conviclion et porte dans ses œuvres une bonne foi à toute èpirr sait très-bien que se rendre agréable et plaire à autrui n'«sl pa& le sful» de cette vie. — L'importance même de diagnostiquer les premiers s« ptùmes de l'alTeetiiin calculeuse m'oblige à dire bautenient que w' peut soigner corwenabletnent le* affectiont urinaires qui ne se sert ii' thélpr et de la soiide. Je sais que, parmi nous, l'babilude et l'usage v«M que nos confrères " les médecins ■■ n'agissent pas de la sorte. Ji* ne i&p qu'ils ne le fassent pas. Je ne parle du muniement decesinslruiueuts^a point de vue diagnostique et nullement opératoire. Souvent le dtaoteb précis d'une maladie uriiiaire dépend de l'emploi de l'un de ces ta iaslmmenls et ne peut être fait sans son aide. Dans tous les cas, An s'en servir (c'est-à-dire les manœuvTer avec douceur fl facilité) quoi est nécessaire, est vraiment essentiel pour qui veut arriver à une coanû sance sérieuse de ces aiïections; tout aussi essentielles sont les uolin chimiques et microscopiques de l'urine, tant normale que patboliunqiK notions sans lesquelles, je pense, nul ne saurait aujourd'hui se cunsid^ connue habile en l'art chirurgical. On m'objectera, il est vrai, que le médecin, quand il soupçouue l'existenee d'une pierre vésicale, peut Voujours adresser son malade à un chirurgien pour être sondé. Je l'accunle , W reux s'il l'envoie assez tôt. Mais pourquoi cette division de IcMmen?!/ médecin n'emploie- l-il pas le stéthoscope, invention mécanique qui pilonge l'oreille comme la sonde prolonge le doigt? Qui voudrait de iw jours diagnostiquer une affection de poitrine sans le secours de cet insWmeut ? Pourquoi le médecin n'enverrait- il pas aussi son malade à an chirurgien pour être soumis à l'examen siélhoscopique, puisqu'il s'a^t dr manier un instrument, et n'allend-il pas sa consultation pour 3<fiT?Vourquoi le médecin qui examine avec soin les svmptrtnies objectifs des allMtions urinaires, qui les explore par la vue, le palper, la percussion, cninl^ de joindi-e à cet examen le fait capital : l'exploration intei-ne? Qoefemront de nous et de notre intelligence nus descendants, quand ils appreodml qu'en plein xix* siècle il fallait deux docteurs pour porter un diagnotli'' sur les voies urinaires : l'un chargé des signes extérieurs et des sjTDplftni*= fonctionnels, l'autre de l'examen profond, vésical ! Nalurellenicnl je n'ai pas besoin de vous dire que |»eu m'importe dans ([uelle brajiclie de notrt science, médecine ou chimrgie, l'usage veut qu'on fasse rentrer ces fait*. Mais, au point de vue de l'avenir, au point de vue du progrés à accomplir, je désire vivement qu'ils soient du domaine d'un seul, de celui qui saun et qui pourra faire l'examen complet et entier. S'il n'en est ain^, il arrivera, comme je ne l'ai que trop souvent constaté, que la pierre ne sen ' pas découverte alors qu'elle est encore petite; et c'est le cas de dire, pour me servir d'un proverbe vulgaire : «Entre deux selles, on tombe à terre.» Je crois vous avoir démontré que pour un petit calcul le succès de U lithotrilie est -■ chose sùrc ", et aussi vous avoir prouvé, sinon absolumeul, du moins en grande partie, que l'on peut toujours découvrir une pierre

^Mçm Xlii] TRAITEIIENT PRÉVENTIF DE U PIERRE. CLiu

alors qu'elle n'est encore que peu volumineuse. Si vous acceptez ces faits <el ces données, vous êtes fatalement conduits à reconnaître que désormais c'est de la lithotritie que seront relevables les cas de calculs chez l'adulte.

Il est tout aussi impossible de nier l'influence de connaissances plus précises en hygiène et en thérapeutique. Le temps ne me permet pas "d'aborder ce sujet,- mais je puis vous dire qu'il n'est moyen plus puissant 4|u'un régime sobre pour lutter contre les premières tendances aux pro- ^luctions d'acide urique. A cette époque, on peut, je pense, grâce à un traitement approprié, faire beaucoup plus qu'on n'a fait jusqu'à ce jour pour prévenir le dépôt calculeux.

-■ Tel est donc l'avenir que j'ose espérer avec confiance pour cette terrible maladie qui a si cruellement éprouvé Thumanité, et qui a, plus peut-être que pas une, exercé l'habileté et la sagacité de toute une série de chirurgiens depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. Ce n'est là qu'une -question de temps et de perfectionnement, et nous aurons eu une vie utile, si nous pouvons en quelque chose hâter l'arrivée de cet avenir dont je |iarle. Pour moi, je ne vois pour personne un but plus louable et plus noble k poursuivre.

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