‹ Traité pratique des maladies des voies urinairesChapitre 32 sur 241 · LEÇON XIV · texte numérisé non relu

LEÇON XIV

TRAITEMENT DtS CALCULS VÉSICAUX PAR LES DISSOLVANTS

HISTORIQUK ET APPLICATION (i)

liiiportunrf! de l'élude des dissolvants. — Historique de la question. — Dans les tmf» uficieiiN. — 1^ médecine des Arabes, recette d'un ancien médicament. — BoerhaiT^. Basilius, Crollius, Sennart, Rivière. — Joanna Stephens et ses formules achetées par k Parlement an^çlais. — Kn France : Darcet, Desault, Morand, Foureroy, Vauquelia, C. Petit. - F.poque actuelle : i° remèdes empiriques; 2° recherches scientifiques. — En quoi se résume le traitement par les dissolvants. — Nature et composition des cili'uIn. — Doutes sur la gucrison absolue par la méthode des dissolvants. — Horace Waipôle et les malades de M™^' Stephens. — Quelle est la valeur du traitement en queslioii? - Dos injections intravésicales. — Conclusions.

Mkssikiihs,

Uno (l(»s (|uosli()ns qui, sans contredit, offrent le plus d*inrérét à notre /»|M)(|un, est celle de savoir si Ton peut faire dissoudre les calculs vésicaui par des agenis niédie^inienteux, sans employer aucun procédé opératoire pour les extniire de la vessie. Pendant combien de centaines d années ce problème ne s*est-il pas présenté et représenté ! A un certain moment il arrive tpie raltenlion du public se trouve attirée sur ce sujet par un accidenl ipieleonque ; on dit et l'on écrit I)eaucoup, on ne fait que peu ; on réalise

(!) Colin loçon, publiée en avril 1873 dans Me LnHcet, a été traduite par M. Êdoavd I.Atiirraque.

Leçox XIV.] HISTORIQUE. clxxtii

encore moins sur un point qu'il est si désirable d eclaircir; après quoi vient une période d'indifférence. El pourtant il parait y avoir une sorte de progrès dans la somme de ces efforts réitérés. Toutefois c'est à peine si Ton trouve ce point discuté dans les traités classiques de chirurgie, bien qu'il soit, pour nous tous, rempli d'intérêt. Pour mon propre compte, je confesse qu'il a toujours exercé sur moi un haut degré de fascination. II y aurait là, messieurs, un si grand triomphe pour notre art, si nous parvenions à faire dissoudre un calcul sans endommager les tissus mous où il prend naissance et élit domicile ! Voilà pourquoi non-seulement j'ai fait allusion à ce sujet dans mes divers ouvrages, mais je l'ai même discuté tout au long, il y a plusieurs années déjà, dans l'un d'entre eux (i).

Aussi ai-je l'intention de vous dire ce qui a été fait, et à quels résultats on parait pouvoir arriver au moyen des agents usités jusqu'ici ; en un mol, je compte esquisser devant vous l'historique des dissolvants du calcul vésical, depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'époque actuelle.

I. — Vous savez que l'existence des calculs était connue, et que l'on pratiquait avec le bistouri une opération pour les extraire de la vessie, au moins chez les enfants, plusieurs siècles avant l'ère chrétienne. Avec le temps, on essaya de les faire dissoudre, plus particulièrement chez les adultes. — 11 semble que ni Ilippocrate, ni (jalien, n'aient cru la chose possible. C'est dans Pline que nous trouvons une des plus anciennes allusions à cette pratique ; il dit que « les cendres des coquilles d'escargots brûlés sont bonnes pourchasser la pierre ». Arétée (ii* siècle) recommande, dans le même but, a la chaux vive dans de Teau miellée ». Des auteurs moins anciens, cités pr Paul d'Egine (vu* siècle), parlent avec confiance de l'efficacité du sang de bouc; mais déjà ils font observer que certains dissolvants favorisent l'accroissement du calcul, quand ils sont administrés mal à propos.

Arrivons à l'époque où la médecine brillait d'un vif éclat en Arabie. Là nous trouvons de nombreux remèdes et des combinaisons compliquées qui' l'on donnait d'une façon systématique. Le célèbre Avicenne (vers le X* sièch*) «»numère un grand nombre de substances réputées alors efficaces. Av<v d'autres médecins de son temps, il employait parfois un carbonate d<' jM)lasse impur. Mais, pour vous offrir un exemple des sortes de prescriptions ayant cours à cette époque, voici l'une d'entre elles, transcrite lit r.rfenso d'Avicenne, par curiosité. Elle vous donnera une bonne idée du mélanirt' très-complexe qui constituait un ancien médicament : « Prenez partii's égales de sel de nitre, de cendres de scorpion, de cendres de racines dr chou vert, de cendres d'un lièvre, de cendres de coquilles d'œufs érios, de pierres trouvé<*s dans des éponges, de sang de bouc desséché et pulvérisé, de pierres judaïques (2 ; ajoutez-y mêmes quantités de persil»

< I . Voyoz Traité pratique fies maladies des voies urinaireSy U* partie : Maladies de la fj,o<t>itp, p. 549 et suiv.

1*2 • On donne ce nom à des pointes fossiles d'oursins qu'on trouve en Palestine. (Jour» «la II. Phnriiincopée universelle^ 1840, t. I, p. 403.)

H THoMpsoH. — Leçons cliniques. • /

CLiXTiu TIUITEM err des calculs VÊSIGâCX par les DISSOLTAHTS [Leços in

carottes sauvages, semences de'^iniauve et gomme arabique. — Faiteni un élecluaire avec du miel (i,. •

Entre cette époque et le xv* siècle, nous voyons qu*il n*a été fait auca pas vers la solution du problème. Ost alors que, sur l'autorité de Boerhaave (2;, Basilius recommanda, à rintérieur, l'emploi d'au sel alcab retiré des petites branches provenant de la taille des vignes au printemps. Crollius, dans son Basiiica chymica (Francfort, 1608), conseille au miiade un s€'l qui existe dans les cendres (carbonate de potasse; dans une infîisid de [M^rsii, ainsi que certaines solutions dont la chaui était le principe adii{. En 1650, Daniel Sennart indique Tusage interne des mêmes remèdes et kor injection dans la vessie au moyen d'une sonde. Presque à la même êpafDe, Rivière, médecin à la cour de France, conseille, comme beaucoup d'aativs lavaient déjà fait, les cendres de coquilles d'œufs calcinés. La dose était de k grammes en [Kiudre poudre composées principalement de chaux', ^ prendre en dissolution dans du vin blanc ou dans un liquide quelconqw; deux fois par jour. 11 dit que ce remède « chasse parfaitement ie caicol logé dans les conduits urinaires (3) ». Je vous citerai encore un gnmé nombre d'autorités qui reproduisent toutes ces recettes, avec peu ou point de' variantes.

.Nous arrivons maintenant, suivant Tordre chronologique, à la fameuse .M"** Joaniia Stepheiis. Kll<* avait îicquis une telle réputation dans la première moitié du sitMîle dernier, que le Parlement anglais, en 1739, apit* une en(juéte régulière, lui acheta, au prix de 125 000 francs, son sêcwt {K>ur la dissolution d(' la pierre. Cette circonstance favorisa, depuis cetir épo(|iie jus(|u'à nos jours, ta production de nombreux et remarquahies travaux, et elle stimula vivement les recherches sur ce sujet. Le docunieot obtenu à ce prix commence ainsi : « Mes médicaments sont une poudiv. un(; décoction et des pilules. — La poudre se compose de coquilles d'œufs rt escargots, calcinés Pun et l'autre. — I^ décoction s'obtient en feisinl bouillir dans Teau certaines herbes, avec une boule composée de savon, de cresson de pourceau calciné à blanc, et de miel. — Les pilules sont composées d'escargots calcinés, de graines de carotte sauvage et de hardane, d«; saniares de frêne et baies dVglantier sauvage, le tout calciné à blanc, de savon et de miel [h) » La dose était d'environ k grammes de poudr<% trois fois par jour, dans du cidre ou quelque autre liquide, avec 125 grammes de la déa>ction. Si l'estomac ne supportait pas la décoction, on substituait les pilules à celle-ci. Peu à peu on trouva ces composés nauséabonds, et d'autres agents vinrent les détrôner. Le docteur Whvtt, professeur de médecine à ri-niversilé d'Kdimbourg en 1761, mit à la mode le savon et l'eau de chaux. 11 domiait 30 grammes de « savon d'Alicanteu

(i) Aviccnna, lib. lit, fi;ii. xviii, tract. H, cap. xix.

(2) Hocrliaavo, EhmenUi chemiti', 1732, vol. H, p. 73.

(3) « IN>teiiter «'xpcllit calculiiin in urinœ incatibus lia^rentcni. » (Riverius, Praxis maiio. Lujçd., 1G57, p. 381.)

(4) Oentleman's Magazine^ juin 1739, vol. XIX, p. 298.

XIT.] HBTORIQUE. CLxxix

lilre et demi d'eau de chaux par jour. Il eut, dans sa pratique, un ou cas très-remarquables, par Temploi de ces moyens (1). Ire les mains de Blackrie (1766), de Chittick (qui se faisait envoyer lui, chaque jour, par ses malades, des vases fermés à clef, remplis de Ion de veau, afin d V ajouter le dissolvant lui-même, et de garder ainsi ecret), et de plusieurs autres, l'emploi des solutions mixtes de potasse

chaux devint général ; et il y eut, par là même, une reconnaissance que bien manifeste de leur efficacité à adoucir les souffrances des les. Des savons, à divers degrés d'alcalinité, fournirent la potasst* certains cas; dans d'autres, on administra du carbonate de chaux, tousous une forme très-diluée.

bonne heure, en France, les alcalins trouvèrent de chauds défenseurs, que Pierre Desaull (1736) (2), Daroet ;i826). Morand, le célèbre rgien de Paris, qui vint à Londres étudier le procédé de taille de Chen, pour en faire un rapport à l'Académie de médecine, observa aussi

grand soin quarante malades traités par la méthode de M"*- Stes. Il ne put certifier un seul cas de guérison par les dissolvants, mais

que quatre malades « se trouvaient eux-mêmes guéris » . Beaucoup lard la question des dissolvants fut reprise par Fourcroy et Vauquelin, is récemment par Ch. Petit (183/i). Le premier et le dernier nommés oyaient l'eau de Vichy. — En Italie, Girardi (i 764) conseillait l'usage lissolvants; mais il exaltait surtout, en ce cas, la vertu dune décocl'iiro- ttrsi (3 : .

même temps on a largement puisé dans le règne végétal pour arriver éme but. Il vous suffira d avoir la liste de quelques-unes des princi-

plantes ainsi employées pendant les deux ou trois derniers siècles :

vous citerai que celles qui ont joui d'une grande réputation. — Les •cules du rompt-pierres [Saxifraga) bouillis dans une décoction de ident, à la dose de U grammes de tubercules. — La teinture de persil >uc [Pimpinella saxifraga). — La teinture des semences du gremil, erbe aux jjerles {Lithospetinum ma jus], — La décoction de genêt. — linture de semences du dictame blanc [Fraxinella). -^ La teinture du rt cultivé, ou radis noir (Baphanus sativus). — La teinture de semences )rtie commune. — La guimauve, et la mauve des marais, le chiendent, rsil, la carotte sauvage, entraient aussi comme ingrédients dans les ctions composées que Ion employait.

— AlM)rdons maintenant la pratique actuelle. Je suppose (jue vous lisiez : Quelles sont, à Theure présente, les ressources d'un malade qui

essayer de faire dissoudre son calcul dans sa vessie? Je diviserai ces ts en deux classes : d'abord les remèdes empiriques, qui ont une line réputation ; en second lieu, ceux qui résultent des plus récentes

CLXXX TRAITEMENT DES CALCULS VÉSICADX PAR LES DISSOLVANTS. [Leçoii xit.

i« Remèdes empiriques, — Dans presque tous les Etals de l'Europe, fait curieux à étudier, il y a des gens qui se font un revenu en fabriquant et eu) vendant des remèdes pour dissoudre la pierre. Les formules employées constituent en général un patrimoine de famille, d'où résulte pour ses membres une sorte de réputation. Chaque génération conserve avec soi» le secret dans toute sa pureté, aussi bien que les traditions laissées par les ancêtres. 11 en est de même pour les reboutcurs, dont la renommée, vous le savez, s'associe à certains noms et à certaines localités. C'est une pratique que Sir James Paget a si justement discutée et appréciée dans une de ses admirables Leçcnis cliniques , il y a cinq ans environ. Toutes ces solutions médicamenteuses (car le plus souvent elles affectent cette forme) se vendent dans les campagnes sous le nom « d'eau constitutionnelle », ou quelque autre analogue. En outre, on en garantit Teflicacilé dans toute espèce de maladie des voies urinaires.

J*ai été mis à même, par des circonstances particulières, d'observer et d'étudier ces agents un certain nombre de fois. Je les ai rencontrés en Angleterre et en Fi-ance, dans des localités diverses. Je me rappelle fort bien une vieille Française et son fils, voyageant à pied du midi de la France jusqu'à Bruxelles, il y a une dizaine d'années : ils transportaient un panier fort lourd chargé de bouteilles remplies d'un remède de famille, et destinées à un royal malade. Je puis ajouter que leur attention fut largement récompensée. A celte époque, de toutes les parties de l'Europe, afflua en Belgique, sans sollicitation aucune, toute espèce d'offres de ce genre, en nature comme dans le cas présent, ou sous forme d'insinuations quelconques. Tel est toujours le cas en pareilles circonstances.

Je puis vous avouer que j'ai reçu dernièrement, sur ce sujet, de nombreuses communications de correspondants connus et inconnus ; chacune d'elles me vantait l'efficacité des remèdes de son inventeur. J'en choisis deux que je vais vous citer; elles diffèrent entièrement l'une de l'autre, et chacune possède un intérêt particulier. — La première vient d'un Français, qui donne son nom, et offre un remède infaillible, dont il ne révèle pas la composition, mais qu'il consentirait à faire connaître moyennant la modeste somme d'un million de francs. Et je n'hésite pas à proclamer que son secret serait digne de ce prix, s'il accomplissait les étonnants résultats qu'il attribue à son pouvoir. — L'autre est envoyée par un laboureur anglais du Bedfordshire ; il veut m'apprendre avec quoi a été guéri, il y a quelque temps, un de ses amis dans son voisinage. 11 me donne la formule purement et simpfement : c'est un bel exemple d'une boime recette de la campagne pour faire dissoudre la pierre. J'en ai vu beaucoup de semblables, et il y a là pour nous un certain intérêt, comme vous le verrez tout à l'heure. Je n'ai pu m'empêcher d'adresser mes remercîments à ce brave homme, et j'ai éprouvé quelque peine à m'expli(juer pourquoi son remède peut être utile dans certains c^s, nuisible dans d'autres. Voici sa noie eu propres termes : « Prenez 9 litres de cendres de bois, et versez dessus h litres et demi d'eau bouillante. Laissez infuser vingt-quatre heures, et filtrez. En prendre un verre le matin, à jeun. » Il y a là une forte dose

Leçon xit.] HISTORIQUE. clxxxi

9 de carbonate de potasse; c'est le sel alcalin que nous connaissons bien, I «t qui reparait toujours. J ai eu la curiosité d'en rechercher la quantité. Une couche de cendres de bois de pin, ainsi traitée, donne une solution •de 3 grammes de carbonate pour 30 grammes d'eau, de façon que la <|uantité prise chaque fois est d'au moins 5 grammes et demi à 8 grammes. Les autres ingrédients solubles sont des sulfate et silicate de potasse et du -chlorure de potassium.

Quant à ces composés prétentieux que l'on vend en Angleterre comme 'dissolvants, j'en ai soumis les principaux à une analyse chimique sérieuse, «t c'est ce dont je vais vous donner les résultats. \on pas que j'eusse le moindre doute sur leurs caractères généraux et leur composition, ni sur la similitude presque complète de leur nature, mais je désirais en avoir une connaissance exacte fondée sur l'analyse. Après examen d'un de ces remèdes bien connus et réputés en Angleterre, j'ai reconnu que nous avions affaire à une simple solution de bicarbonate de potasse dans Teau : vous en avez ici deux bouteilles devant vous, et vous pouvez en faire vous-mêmes l'analyse, si vous le désirez. Vous voyez que ce sont deux bouteilles de litre ordinaire : chaque bouteille contient 3i» grammes de bicarbonate de potasse, et environ 7 grammes et demi de chlorure de sodium ; la présence de ce dernier parait être due à l'eau de source au moyen de laquelle la dissolution a été faite. Il est indiqué d'absorber chaque jour la moitié d'une bouteille, ce qui équivaut à 15 ou i6 grammes.

Arrêtons-nous ici, messieurs, pour jeter un rapide coup d'oeil sur celte longue et curieuse histoire des efforts pénibles, lents et quelque peu maladroits de l'homme pour se débarrasser de la pierre, cet ennemi redoutable, avec le secours des agents médicamenteux. Remarquez que ceux-ci se sont toujours trouvés être alcalins : tout d'abord, et au-dessus de tout, c'est la base terreuse, la chaux. En effet, elle est l'agent actif des coquilles d'escargots calcinés de Pline et des coquilles d'œufs d'Avicenne ; du reste, elle reparait purement et simplement dans la dispendieuse recette de M"* Slephens, en 1739. Mais, du temps d'Avicenne, on lui adjoignait la potasse, base essentielle du règne végétal, comme vous le voyez d'après la quantité de plantes calcinées qui entrent dans sa formule. M"* Stephens ajoute aussi la potasse et la soude au moyen de son savon, de ses plantes et de ses graines calcinées. Plus tard devinrent à la mode le savon et l'eau de chaux, combinaison des trois agents alcalins que je viens d'indiquer. A l'heure qu'il est, on vend par bouteilles, fort cher, un remède bien <x>nnu, et l'on indique d'en prendre chaque jour une grande quantité pendant trois mois (c'est là la dose et le temps minimum) ; ce remède est, comme vous venez de le voir, une simple dissolution de bicarbonate de potasse dans l'eau, et, actuellement, son prix est inférieur à celui de la bouteille et du bouchon qui le renferment. Le remède secret de notre laboureur se présente sous une forme presque aussi bonne : il a exactement le même pouvoir dissolvant, et il a l'avantage d'être fort bon marché.

Il est un autre remède populaire, l'eau de Vichy, largement employée par ^ceux qui souffrent du côté des voies urinaires ; elle a joui, dans son temps.

4 j:.- jr<.:, i- fiv-j/ <^>^fj!Ur diT^v.-ivajDi ie la pien^, par c* Eut qu'elle ut< •^j' 'ï-'y.'ijjxi-' -l'i lâij'- ^ïs*«jluU*^n a5^<7 {pui^suzU' de carhMuie de soudr.L

r« /.v.^ y^ffifii-^ a m^mr dr f'-rmuler k dCiDclasîoD suivanle, la seé ;#'/*-'i/*: da.Ilrur*-. c«î qur l«>a> Irs prnj<drs empiriques el soi-diss f-^'f'A'i. rfrjpioy*^ dnpui^ uo îeiop^ îiiiii]K*iiK*râl jusqu'à aujourd'hui. i(V d*-- >/J'jt;'/.'iS d^ cbaîi\. dr soud»r. iiu de f^>Usâ*'. soîl seules, soit cook- ? i*->'r. 7'/ii;<-î l*r> piantes. apnrs combustion, ne foomisseot qu'un s«l t^ ^, /i**'-;ji-: a^-î*l actif, la p-Va^s*-: toiit^ 1rs coquilles d'crafs et les cendres da;iim;i;j\ ffi;iriris oa trrr*r>treï Dr produisent qu'une seule et même^ob- ^Uiià'-J: a/:ti%'c, la chaux.

2- /f^//<^'/*'ï tci^'ifififftei, — ^Lrs divr-r> dissolvants oonsetUês jusquki par la FacijIU: vjfit : U p'^tii^w- h)drat^. ou en dissolution : le bicarbonale. W cilral", 1 a'>-:atc <:l le tartralr dr p»'itasMr. Puis \irunent la soude et la lilki» v>u- div-i**r-î formas: inais rllrs sont moins ^enèralemeat employées.

0'{><:ridarjt, a vaut d'en arriver à étudier, à un point de Tue scieDÙfique et uofi p.'i> ernpiriquem^'nt. >i tous ces corps sont utilisables comme di*-i/lv;uit-, nous devons passer brièvement en revue les suktanoes sur le->ïju«-lle'> ils doivent ai:ir, et qu'ils sont destines à dissoudre, j'entends les cal<:uU rénaux et vésiraux. Tout d'abord, le premier fait qui doive vous frapper, c»! qu'il ) en a de diverses s«>rtes. et que certains ont descanclère- di:irn«'ti-al« ment op[K>S4'*s â ceux de certains autres. Ici se pose natur<'!l<'riient c<'tlequ''>tion : Est-il p^jssible qu'un seul remède, raient alcalin. pui>>e dissoudre des calculs dont la composition est si variable? Je vou> nipix-lliiai, en termes ;:énéraux, ce que je vous ai dit dans ce sens dans une réeenle leeon sur la manière de classer les diflereutes variétés df calculs des voies urinaii'(.*s. Les trois cinquièmes des calculs que l'on rencontre chez les adultes de tout âge sont foimés d'acide urique ou d'unites ; deux c!inquiêmes, à peu de chose près, sont des phosphates : trois ou quatre cas sur a.»nt sont formés d'oxalate de chaux. La cystine est si rare, quelle iK* saurait entrer en ligne dv compte. Ainsi, trois cinquièmes des calculs, au inriins, pritimenl naissance dans une urine trop fortement acide, et cVsl de celle aeidilé exœssive qu'ils résultent. Les deux autres cinquièmes sont les produits d'une urine alcaline d'ordinaire, ammoniacale le plus souvent, et c\îsl dans ce milieu qu'ils rencontrent les conditions favorables à leur formation. Les urales, les oxalîites et quelques rares phosphates s'observent dans les reins, sous l'influence de divers états constitutionnels; mais la plus grande partie d(^s matériaux phosphatiques, dans les calculs mixtes ou formés de phosphates purs, ne se trouvent que dans la vessie, où ik sont 1rs produits d'une affection locale, el non pas d'une maladie générale. Pour l'acide urique, vous savez expérimentalement qu'il est soluble dans les dissolutions alcalines ; mais, sous ce rapport, il en est de plus énergi(|m's les uih»s que les autres ; les s<ils qui en résultent ont aussi une soluhililé variable. Ainsi, l'urale de chaux est un sel assez soluble. L'urale dr seude l'est moins, et voilà poun|uoi il entre dans la composition de cer- Uiins calculs. L'urale de potasse est le plus soluble de tous. La potasse est

Lecoh un.] HISTORIQUE. CLXUDi

I l'agent le plus actifque Ton puisse employer contre un calcul d'acide urique, /i panni les substances bonnes à prendre pendant longtemps à l'intérieur avec une impunité relative. C'est là un fait qui l'indique comme l'agent ■ le plus applicable, suivant certaines circonstances que je vais indiquer ; i. et voilà pourquoi, depuis longues années, il a été considéré comme tel. B III. — Il y a vingt ans que j'ai appelé l'attention sur la prédominance j, d'action de la potasse, quand j'ai dit que « les citrates et les carbonates ij de |K)lasse ont plus d'action, et une action plus sùre que l'eau de Vichy » j, pour le traitement de la « gravelle urique », et qu'on doit les administrer f sous une forme très-diluée, « l'eau ordinaire étant elle-même un des meilleurs dissolvants » (1). Je puis ajouter que je n'ai jamais prescrit Teau de Vichy dans les affections des voies urinaires, à cause de son infériorité marquée en face des dissolutions de potasse {2). Je crois qu'on peut dire hardiment que le citrate de potasse est le composé qui offre les meilieun»s chances de succès, et cela par un accord unanime de tous ceux qui l'ont étudié. Si, néanmoins, il exerce une action trop diurétique, comme cela se présente parfois, le meilleur à employer après lui est le bicarbonate. Mais, me direz-vous, a-t-il été suffisamment étudié par un observateur compétent pour le traitement de la pierre dans la vessie ? Je suis heureux de pouvoir répondre à celte question par l'affirmative. Un médecin accompli, le docteur Hoberts, de .Manchester, autrefois élève distingué de cette école, a fait des expériences suivies et sérieuses sur des calculs dans la vessie, et en dehors de cette cavité ; il est arrivé, sur ce sujet, à des résultats précis, dont je vous donnerai ici une courte analyse. Il assure que le meilleur dissolvant est le carbonate de potasse, meilleur que la soude, beaucoup meilleur que la lithine. La solution ne doit pas être concentrée, sans quoi il se forme un biurate alcalin qui recouvre le calcul et en arrête la dissolution. — Les meilleurs sels à administrer par la bouche sont le citrate et Tacélate, parce que, comme vous le savez, ils passent dans l'urine sous forme de carbonates. La dose sera, pour un adulte, de 2^', 3 à 3 grammes par iOO ou 120 grammes d'eau toutes les trois heures, c'est-à-dire environ 25 grammes par jour. L'urine qu'on a rendue ainsi alcaline peut se trouver troublée par des phosphates amorphes ; mais cet étal ne s'oppose pas à la dissolution de la pierre, pounii que Turinene soit pas en même temps ammoniaciile; s'il en était ainsi, toute espèce de dissolution cesserait immédiatement, fait important à se fixer dans l'esprit. Aussi est-il superflu d'essayer de dissoudre un calcul d'acide urique, si l'urine n'est pas normalement acide. Si l'urine est alcaline au début, elle est sûrement ammoniacale, et alors aucun dissolvant n*aura d'action, parce que le calcul est revêtu d'une couche de phosphates mixtes. Le docteur Roberts pose en principe qu'il est sans utiliti3 de chercher à dissoudre un calcul volumineux, à quelque variété qu'il appartienne, ou une pierre d'oxalate de

(1) Thr [yincety 1854, vol. I, p. 439.

(2) Henry TtiompsoD, Tratté pratique des maladies des voies urinaires. II* partie, chap. XI, p. 446.

idkaun : «t -^ a -J su} h ntu a inint o.aHî^ mm taieàk phasphitique^ exoefk ««vi^ «dn^ jiLft^tKdi^ JZllJll-T^tiiikaikt«^. EkiSn. iftiim laL les injections alcali» WMàX ^oui^ v.iû'.^au Ojiiilff>e j^ ckknl> é^Mt onqnc. — En résumé, voie dfw^i^ v>Lil ie*' o/udilMjiii' r:séc«itir-lk^ ^< 53BCicès i cntîtade que le caks éM U^nuK 4 4idbàe wiq^àt H i^u'iï ^si it jidûk- Uille : que 1 urine est acilr ««in. ^ «*Gi5Wal. qoe puGùsad^ dlk- u ««a ubOMOMcale. Lorsqu'on se troei» 4atf<^ o(:;v ^.«idil»:4t^ ^ilrèn.tr'iZfrSdl fuTc^-ujiiS^. le meilleor dissolvant codu. bi pfAii*»4ie. iffiiU^ uif^ Yrr^lail^ir ciuiKir de iKanooup diminuer le toIov d^ U ffÂf^rpf' 4u bout d^r qur.'^]iir^ seoiiLÎD^. en sorte que le noyau puisse aiTiV^ ^ Jruiciiir Ir <au^ de I iii>rïiïne. Ttmtriuis le docteur Roberts ii pu *:uf>^r*: juv|u ici <«b?«rn>T an >uiilik$ aussi ahsolo I .

|V, — Tdi^ »ODl k> d<.«niiri^ 1^ ;*3u> oc4npl<ie§> auxquelles est anÎTéi^li t^iti-:^, fUfpi^tWT Mir k* îâit d*- la di>$«[4uli<:4i. liais alors, dites-vous» d; a-l-ii H^iruii r*r-^u]Ut quriCôDque >4.*unii par les mt-tliodes empiriques qw vou'^ 4%>^z ftîjfiïkir^ ' LslKv >aD> but que. depuis deui cents ans, les wis^ rabJ^TÀ r:alcu]eu\ ont englouti toulc^ kr> miitunes dégoûtantes décriiez d^'pui» Mîn'r jusqua J^jauna Slephen>. et- depuis celle-ci en passaot pu i^bittick et >e> vas^rs feraie> a cM jusqu'aux charlatans à remèdes secivis de repCM|ue ar-tuellé? J*: drsirv beauc«:*up ivpcmdre nettement à cette question, et je le f«rrai autant qu'il est en mou pc*uvoir.

Je répliquerai d'abi>ni. messieurs, qu'il n'est point du tout évident quoa ait (ait di>i!i>udre eu entier une pieire dans la vessie au moyen d'un agent alcaliu. Je n'ai pu découvrir une seule observation authentique de calcul rec'iniju après le catbetérisme par un chirurgien compétent, et dont on ait constaté la disparition après un traitement par les dissolvants, soit ae rno\en d un second catbétèrisme. soit à la faveur d'une autopsie. En debi^ de ces conditions d'évidence, aucune observation n a de valeur. Que les s^ilution.*» alcalines soient un palliatif dans certains cas et permelloil t c<.'nains malades, en petit nombre, de continuer à vivre d*une fa^^on à peu pri^'S supfKiftalile, sans être forcés de recourir à Topération, c*est ce dont je n ai jamais douté. D'un autre côté» il peut arriver que le soulagement prrHjuit par ell(*s ne Miit que temporaire; dans certains cas même, coQuHe je Tai vu plus d'une fois, I a^ent alcalin produit une aggravation considérable dans les symptômes. C'est ce que l'on a pu voir souvent autreto\s, à réfKMiue ou floris.^aient le savon et l'eau de chaux. Toutefois la question qui Mt |kim; devant nous n\'st pas le de^Té de Tinfluence palliative, mais bien (Mflle de la dissolution complète de la pierre. Les observations de Moiand, auxquelles j'ai déjà fait allusion, et où vingt-deux malades furent H^iiidés avant d'être soumis au traitement, n'ont pas fourni un seul exemple avéré de ^érison. Panni les prétendus triomphes du traitement par la chaux *'{ la potasse, on trouva, à l'autopsie, chez plusieurs des sujets, de nombreux H volumineux ciilculs (2). Enfin, ce que l'on peut ajouter encon\ c'est (|ue b'S quatre individus dont la ^uérison a été cerliflée par des coin-

(1; Prnrtiral Treatine on lUinnry nnd Henni Diseases^ 4872.

l'A) Li: ihiciAiir J. l*ar5ori rapporte douze autopsies des malades de madame Stephens. <:tw* litMiueUon observa le môme résuUal. (A Description, etc. London, 1742.)

Leçok XIV.] DOUTES. CLXxiv

missaires gouven^ementaux nommés aGn d'examiner les remèdes de Hr* Slephens, sont morts chacun avec leur pierre dans la vessie, où lau- ^ topsie Ta parfaitement retrouvée (1).

^ L'observation d'Horace Walpole, au siècle dernier, est bien connue ; il * la recueillit lui-même pour la « Royal Society ». Il avait presque soixante- ^ dix ans quand il se mit à prendre de 15 à 30 grammes de savon d'Alicantc B <di un litre el demi d'eau de chaux par jour, pendant plusieurs mois de I suite; puis il continua ainsi, avec de courts intervalles, jusqu'à sa mort, » 4\m arriva lorsqu'il avait soixante-dix-huit ans. Il éprouva une grande îi amélioration au bout d'une année de ce traitement, et, en fin de compte, il se crut guéri. A sa mort, on trouva dans sa vessie trois petits calculs. Il est i naturel qu'à cette époque ce cas ait attiré sur lui un intérêt immense : c'est t en eiïet l'un des plus heureux que l'on ait rapportés jusqu'ici. Par malheur, > le fait est que la grande majorité des malades qui ont pris alors ces médi> «aments, et de ceux qui les prennent encore aujourd'hui, sont exempts de Ja pierre de la façon la plus absolue. Ils éprouvent quelques troubles qu'ils preiment plaisir à appeler des signes de calculs, ils prennent des alcalins à hautes doses (c'est-à-dire une des meilleures substances connues pour combattre l'irritation des voies urinaires), et ils se trouvent soulagés. Alors ils répandent dans leur voisinage, et souvent ils affirment, par la voie de la presse, qu'ils ont été guéris de la « pierre, cette dangereuse affection ». Telles sont les guérisons sur lesquelles compte le vendeur de remèdes secrets. Car enfin qu'arrive-l-il au petit nombre de ses malades qui, en -réalité, ont la pierre? Le calcul, quand il est formé d'acide urique, se revêt de biurate qui adhère ou s'en va en écailles, ou bien l'urine devient ammoniacale, en sorte que, dans aucun cas, il ne se fait de dissolution. Néanmoins on voit sortir de grandes quantités d'un sédiment blanc fonné de phosphates terreux et de débris de biurate analogues à des coquilles d'œufs, pour ne rien dire du précipité phosphatique blanchâtre. C'est là ce que Je pauvre malade prend pour les débris de sa pierre; voilà pour lui la preuve de l'efficacité du pouvoir dissolvant. Le fait existe dans la grande majorité des cas, et on le considère presque toujours comme un signe infaillible de la valeur du médicament. En attendant, le calcul s'enveloppe, et assez vite, de nouvelles couches de dépôt, et il augmente inévitablement de volume. Tel est souvent le résultat forcé des médicaments qu'on administre d'une façon empirique, c'est-à-dire sans tenir compte de la nature du calcul ni de l'état de l'urine, et sans que le traitement s'appuie et se règle sur les principes que j'ai indiqués plus haut. Mais, direz- vous, c'est Jâ une simple idée préconçue, qui, sans doute, il est vrai, parait fort plausible; toutefois, comment pouvez-vous savoii* qu'il en est ainsi? Je vais vous en donner un exemple frap[>ant; mais je suis prêt, au besoin, à vous en fournir l)eaucoup d'autres. Il y a quelques années, un individu du Vorkshire vint me trouver. Il me conta qu'ayant depuis longtemps déjà des

■i) Alslon's Uctures m the Materia medica, vol. I, p. 268. London^ 1773. — \\s s*apjpelaicnt Cardiner, Appleton, Norris et Briglily.

CLIXTTI TRAITESICrr DES CALTXLS VÊSICAUl PAR LES DISSOLVANTS. [LiCMU

signes de calcul, il s'était laissé conseiller de prendre.iin dissolTanl Im connu. Il le pril donc, et vous serez d'accord avec moi, j'espère, poorfr ^. qu'il poussa l'expérience assez loin, car il absorba pour une valeur 1* 625 francs de leau que vous voyez sur cette table. Il éprouva d'abord Dr certaine amélioration : mais il avait, par nécessité, une vie très-aetive. (^f pouvait pas s'accorder le repos et tous les adju^'anls luxueux, que se donu Horace Walpole: aussi, finalement, la maladie s'aggrava. Alors il s^adrrs à moi, et je lui broyai un gros calcul mixte. S'il était venu plus tût b pierre aurait été moins volumineuse. Tout se passa bien, et aujourd'hui V malade est en état de dire son histoire, et de la redire, si besoin il y a.

Je ne veux point affirmer pour cela qu'on n'a jamais dissous de cdrvL ni qu'il est impossible de dissoudre un petit calcul d*aeîde urique pff l'usage des agents alcalins à l'intérieur. Au contraire, j'irai plus loin: cr j'espère qu'étant donnés du temps et un soin suffisants, on doit pooT» y arriver. Et encore je ferai plus : le premier cas semblable qui entrera ic. à l'hôpital, si le malade y consent, je serai heureux de le soumettre à cf mode de traitement, et de faire ainsi devant vous une expérience camplîM. Mais ce que j«' puis vous dire avec certitude, c'est que, à l'époque acfiiei/e. il n'est pas sur qu'il y ail encore une seule guérison authentique snr 100 cas de pierre traités par les dissolvants. Un malade qui prend avec résoVaûoD ces agents médicamenteux contre un calcul dont les caractères n aurai«it pas été déterminés avec soin ne saurait espérer une chance meilleure (fo^ la suivante : il y a cent à parier contre un qu'on échouera, et il est pnv bable, au conti-aire, que la pierre augmentera de volume. Si le calcul ^ volumineux, la dissolution est impossible.

V, — Quelle est maintenant , messieurs , la valeur du traitement en question? J'affinne hautement qu'il en a une, non pas peut-être contre le calcul logé dans la vessie, mais contre la période initiale de cette affection, je veux dire contre le calcul rénal. C'est là I époque à laquelle on doit attaquer la pierre au moyen dos dissolvants. On peut faire beaucoup dans l« cas où il y a de petits calculs d'acide uriquequi se frayent un chemin d'une favon périodique ou accidentelle : en premier lieu, et chose principale, je pense, on emploie le traitement préventif, basé sur les principes que je vous ai exposés dans une leçon sur ce suj«»t ; si ce traitement, employé seul, ne suffit pas, on aura recours à la nnklication alcaline. Avec cette association d'actions, il devi«»ndra rare que Ton ait à redouter la naissance d'une pierre dans la vessii». Je prévois avec confiance Tépoque où Ion n'aura plus (jue très-rarement, dans ce cas, de graves opérations à pratiquer. Seuls, les calculs d'ar-ide urique, vous le savez, sont modifiés par notre médication, et, par bonheur, ils forment la très-grande majorité des calculs rénaux.

Je dois dire ici quelques mots de certains agents à employer d'une façon locale, dans la vessie, pour la dissolution des calculs phosphatiques, qui ne disparaîtraient point, mais piulcU augmenteraient de volume par les remèdes internes (jU(; je viens d'indiquer. C'est là, on peut le dire, un sujet de pratique journalière. Vous savez qu'il y a beaucoup de malades, et en

Leçon xiv.] CONCLUSION. CLxxxn

; particulier ceux qui ne peuvent vider leur vessie sans cathétérisme, qui ? ont une ^rrande tendance à la formation des pierres phosphatiques compoi sées, et cela dans un temps fort court. Dans ce cas, les solutions acides t. en injections dans la vessie sont d*un grand secours. On peut apprendre H aux malades à faire leurs injections eux-mêmes. Je lai enseigné à un I grand nombre d'entre eux dans mes salles. Une ou deux fois par jour, i après avoir laissé écouler la totalité de Turine au travers de la sonde, le I patient appliqut^, à l'extrémité de celle-ci, un vase d'une capacité de !f 120 grammes, muni d'un robinet, et contenant une solution d'acétate de f plomb Mf) à 20 milligi*ammes pour 30 grammes d'eau distillée) ou bien I une ou deux gouttes d'acide chlorhydrique dilué pour 30 grammes d'eau. ^ Il chasse la moitié du contenu dans sa vessie, et le laisse ressortir au dehors I par la sonde : il peut arriver que cela entraîne au dehors quelques petits débris. Puis, remettant en contact la sonde et le robinet du vase, il injecte la seconde moitié du liquide qu'il laisse séjourner quelque temps. Cette manière de faire exerce une action favorable contre la formation de calculs phosphatiques, ou, en tout cas, contre l'agrégation de ces éléments dans la vessie. Je n'ai pas le temps de vous décrire en détail toutes les extensions de ce procédé sous le rapport des quantités possibles, etc., quand nous avons plus encore à faire. 1^ principe est le même, et il est facile de s'entendre: ailleurs je suis entré, à ce sujet, dans des détails minutieux.

Je ne dois pas omettre l'emploi local de l'électricité, tenté à la fois dans les cas de calculs d'acide urique et de phosphates. Prévost et Dumas (1823) ont essayé la dissolution directe de la pierre dans la vessie, au moyen du courant galvanique, idée qui, depuis, a été plus complètement développée, en Angleterre, par le docteur Bence Jones (1852). Mais le volume des instruments nécessaires pour porter les pôles au contact de la pierre et les y maintenir pendant le temps que réclame la dissolution de celle-ci, est de beaucoup supérieur à celui de ceux qu'on emploie pour broyer les calculs par la méthode moderne de la lithotritie. Nous devons donc jusqu'ici les H'garder comme inapplicables.

M. — Ici se présente la conclusion finale iné>itable, inévitable parce qu'elle est vraie. Je vous ai montré qu'on n'a aucune chance de dissolution, sauf si la pierre est fort petite, et encore seulement si les circonstances sont favorables; enfin, pour accomplir cette tâche, il faut y consacrer une période de temps très-considérable.

Avec une pierre semblable, messieurs, une ou deux, rarement trois séances sont nécessaires au moven de la lithotritie. Ainsi limitée, aucune opération du cadre chirurgical n'est très-certainement plus sûre, plus rapide et plus heureuse. Je répéterai que, dans tout le cours de ma pratique, je n'ai pas une fois perdu un malade dans un cas semblable. Et pourtant il faut écouter la voix du malade, qui choisit le traitement à lui faire suivre. Il réclame le droit de choisir, quoiqu'il ne manifeste pas toujours une grande sagesse en agissant de la sorte. A nous appartient le devoir de lui bien montrer les mérites respectifs des deux méthodes. C'est ce que j'ai essayé de faire avec impartialité devant vous.

CiJkULwui

CYtTiTE ET IfiOBlAinX I&A«>

IJEX»> XV

n >TITE ET VSiOy^kTm

Mutile ^ Ni» If^jgueuut- — Si»l eiiolope. — Cê/xtitr mgmt.. — For^e C^^^^ — *■* liéiii^ue. — ^.'ystd*- rhr-iomfm . — Mmiite, — cuitBniiJile. ^ Traileaieiil. — ùAt^ rÎMiKT *rvtocu4il»:ur. — Lwkçt^t. — kvictiûinif médicaniffuieiiBeE. — EiDoUiftits. — TïïWS-

|ii6iu»rt.

Olui <^ui fe'adoiJiK' â l>xerck*sf d** la nxidraDe géoérale peot fort ki* duraijt Wul k ofiurs d'uu^ louj^e praUqae. Dotisenrer que pea ou poioli^ i-Â*b ai^Hclionts qui vif*juj«^iit d'ofx^ufier nos sept dernières cmifiêreiices. Jl^ dfrb riftf^«:)(;ffib qui d4f l^^ur vj<' ue ivfieoDtrent |»as un seal cas de pierre \y^ i'jàit^: et \^rmi of^UK qui f*» reric<»Dtrent. tous ne se charpcBl pis euirn^fieb d«? Ie»> traiter.

i>^ bujet qui be présente à dous aujourd'hui nous offre des conditioiis tout a lait iiiverv^f». Inspiraut au chirurgien beaucoup idoîds de ce quon e^ ctfifiveriu d'appeler de « l'intérêt >«. la cystite s'impose pour d'autres moti^ à l'atti^ntion de IVtudiant. L'inflammation de la vessie e^ en effet la pte fr/M|U''nU' de tr>utes les maladies de cet organe, elle vous attend sûremcfll dans les év^'utualité^ de la pratique, et la mission de la traiter vous inoatt' l>era même assi'z souvent. Toute lésion, tout motif de souffrance de Tap- |Kireil urinain* est une cause suffisante de cystite. Qu'un homme soit atteint d'une stricture M'?vèreou d'un calcul, qu1l ait une maladie des reiib ou de la prostate, ti>t ou tard la cystiti' finit par entrer en scène, et phL> d'une fois, ai^ué ou chronique, elle masque à son profit l'expression symptomati<[ue de l'afTection initiale.

Ne fxîrdez pas d«; vue que la cystite relève presque toujours d'une cause KaisisKiible, et qu'en fait, la forme idiopathique doit être pour nous de la plus ^nuide rareté, lue <ronorrhée, un rétrécissement, une maladie df Ih prostate, une rétention d'urini* ou une altération des caractères de ce liquide, «^tc, sont autant de conditions étiologiques, actuelles ou éloignées <|u*il vous sera toujours possible de découvrir. Si vous arrivez rapidement à conclure que l'afleetion 4;st idiopathique, craignez fort de n*en avoir fês su trouv4T la cause riH^lle, et cela, sans doute, faute de recherches suffisamment soi^iieus(*s (^t approfondies.

Ç\i et là e^*|)eiidant, rinterprétatii)n palhogénique du mal échappera à vos plus louables efforts, oX il peut bi<»n se faire, ma foi, que vous soyez obligés, vous aussi, dc^ vous rabatlni sur la diathèse goutteuse... Messieurs, délie*vous de la f/ouitf et surtout de la fjoutte rentrée, vi*ai refuge, dans les cas 4>nibarrassants, pour les praticiens d'une faible puissance diagnostique. S'il (*si vrai qu*un ceilaiu nombre de phlegniasies urélhro-cysliques doivent

I XV.] CYSTITE A1CUE, CLXXXii

considérées comme ia localisation d'un état morbide général, j'espère ce n'est que dans des circonstances extrêmement rares. I cystite peut encore être causée par certains poisons irritants, parmi uels je dois citer en première ligne les cantharides : j'ai vu de violents ptômes d'inflammation vésicale persister pendant dix à vingt heures, suite d'un simple vésicatoire (1 .

DUS allons considérer d'abord la cystite aigué, puis la cystite chrtmique^ quelle nous nous arrêterons particulièrement.

1 cystite aiguë se présente à nous sous deux formes : Tune grave et ^creuse, l'antre d'un pronostic beaucoup moins sérieux. 1 Tonne dangereuse est celle qui accompagne les lésions les plus redoups auxquelles la vessie soit exposée. La segmentation spontanée d un nnineux calcul, une première séance de lithotritie laissant dans la poche laire dr gros et durs fragments, les violences exercées sur l'organe par 0])ération de taille, et généralement tous les grands traumatismes, en [ les causes les plus ordinaires. Des frissons, des urines sanglantes, des leurs Irès-vives et une extrême irritabilité de l'organe, annoncent Tinon de la maladie, et le patient succombe en peu de jours. A l'autopsie, s tn)uvez la membrane muqueuse d'un rouge foncé dans toute son étenou à peu près ; et de plus, apparaissent par places des ulcérations ganleuses au fond desquelles se montre la tunique musculaire dénudée. a forme comparativement bénigne de la cystite aiguë est assez comle. Ici nous sommes fondés à admettre que c'est le col de la vessie out qui est en cause. Ce que nous désignons, en effet, sous le nom de île n'est le plus souvent en réalité qu'une phlegmasie affectant princiment la prostate ou la portion d'urèthre engagée dans cette glande. Il même probable qu'au début , le siège de l'imtation est exclusivement ,hro-prostatique, la muqueuse vésicale ne se trouvant envahie qu'ultéirement et par pnipagation. D'un autre côté, il n'est pas facile, anato- [uement parlant, de tracer une ligne de démarcation entre l'origine de èthiv et la cavité du réservoir urinaire, en sorte que l'expression « inflamion du col de la vessie » est souvent parfaitement légitime. DUS l'influence d'une blennorrhagie, du froid, de l'humidité ou d'autres onstances nombreuses sans grande importance apparente, un homme s<'S mictions devenir fréquentes et pénibles; il éprouve une douleur rde et aiguë au-dessus des pubis : en même temps son urine se trouble, non ,n'niaiquez-le bien, jiar la prés4^nce decx?tte matière épaisse et filandreuse t je vous |)arlerai à propos de la cystite chronique, mais unitiuement le fait de rhy|M»i*sécrt*Hion du mucus normal de la vessie. A ces désordres

; H ne sera peut-être pas inutile de faire remarquer que le cantharidisme vésical n'ar-* jamai:^, selon moi, lorsque la surface cutanée sur laquelle on applique le vésicatoire ! de tonte son intégrité ; en d'autres termes, qu*une effraction éptderroique préalable a condition indispensable du développement de la cystite cantharidienne. Le cas auquel I fait allusion dans le texte, le seul, du reste, que j'aie pu ol>server, fut occasionné rapplioation d'un vésicatoire sur l'articulation du {;enou dont l'enveloppe tégumeni Tenait d'être profondément modifiée par des badigeonnâmes avec la teinture d'iode. >mpson.)

,^^,. .:...r.- ...î,i:. -:i-ii.-:.i tii -."-iî: •''-r"iu=-s^fnt-;ii -vTia»i::i';ii'l.

^., .1 ....itin.- 'i....I .:i . .':Kit'- liJiL-îulls m lt-:'MMi C.-- ri-.i.

./;*l*.:ii..:il .:.:éiI.1.î.- U- ii • •■r- - 'l.- r- r-ru "HllliUll-'- i lU l ^r^i^ f'.i i.fli- ! «I- •■•— I :t t.<r f ' :n"'ni:ii'.K • i.r ■ •*% — Ittt '«ti"ll»- 1- iâ OM-

îf4»;i. •ii> ■•viiMii- «II.* ii-:-Ufrn •' 1» • -'HK". 'î i\v'^- m puis "t?;- ciar4 ,.],. ...1.. Il i,. ,i* ■..:.- ui'î-ii* i('iir. L "l'iii- •::ai''i&. if- i i-.' w4."tirt-

T,M.^!. •■ •..«..•:••!• •:- ■.•...;•..-•: . »L- 1 j^-i'-î^-iir^ioa ir iL-i-:;;? '7u"eu- ^.. .. .., ••.-X..; ... ,•'..- .1 •..-:.'- ■ •: i ;l'' !•- Tieiu*- .i-i/" s- itniduit

'..1 ... .1 v. •....- -..;t.i- :a.«.'. -.-- -' . ;-"':i»- -r^ •.•îLu-j:*r «i- rr^ius. ta»

V. ,♦■ .4 -...'■...■.•'i.-.i- •■■.•:.•■ --.I. -■'.■.-■" :> .- -r-rîiTilJi»- Diir i»* pf».«:rs>uj iu- .'.-i.v. -M... •■ ■.. •-> .t ••- / .' : '''•:■- :ii.' . uir'.LZL'iiïitit.a «It \ iT\ur\ rll»

^.•,;. ... . ■ ■ \ ..\ ..: '• ■ . -r:. •" 'îr'r Vi ■ i;. .Cl*.

rr. .• . ;. '■ ■ ■> :-■■ ■> t- ■-- .:.■." : > .> :•-' ''liîi ^ l^rf-rc;: ilem»!»! *!-: ',/'.! /'-/^ </> , — ,-..'^ — -:..■■■;- ..." :- .1-- i;'>-iui£i-.tii> malh'-uivust^

;'|ii;ifjt *:*. . ,:-ï i 'i:. ■- /. 'r-ir.-. ir*-: i i:i:.r 'iu îu-ihiilr-, on vnit d'abiinl ^ <://,'..-; . *....■■ :#•/:#:- rr.-r/ •: •-. j,'*.* - -.v. r^r. .n.i-rnui ::iair>.'U\ H otilaiil '|rji h/i.' ^#-:r • ''.itr^i.i'-r •n :?!;»•-•:.

' #M :*.'.' ;, t/* '/ (/i ♦ jVir j»'!;. <^:r';iiM- :.ii.d'î^^ eii r»-LiiJti*iit oiniliiiuell**tii' h> ;** h'\if,* 'î' iii'n <^ / «--t .| I<-iir .i:T-»:*.i'ii •|Lir > appiiqu»>. nota ni meut .1 I **i'Mi'/*i .* '*»• -Mi 'I* ';l^•».'/h<■ <!»■ Il v.-..s;iH. : rvpivssion qui e-vi-ille. (#f<M-.' //iM»t 'J;iri: W |M • . '/•! *ll* * >f .id'ip:p."»-. l'idet* d un»'- k-siuii danirt*p ij :*■ i\ I* ' H* ih* ni m* •ii.iM»- '•. ^ iir«'iiii-iit. d.ir à uii riranirer qu'il a uu *;»I;imIi« 'I' l.i >* f * « » I .il;iMii<r .m d»*rii:'-r[»iiiiit. IVninjuoi. im!ssii*urs? I';»f" qii« I.i i/mI;i'Im 'A ''#ir>id»Ti'«' ronuiK- uiif alTi*clioH essiMilioUe, el

ffOff t'tltlttt* Mff . 'Ml|»l'»llf< .

r.t |i<»iirl.iiit t*- (»p'l< n<)ii <-;itîii-r!i(* u'ot ])ii> plus a lui tout soûl uiio malatU*' *\ut iif 1 4 I iiip' Iiwli<i(ir ,i4', |*ar i-\4*iii|>lt'. Aulivfois, vous le savez, nous piirhon . <I«- l'Iiwliopi u- rttnuufdtiw inaiadi*^ fonnidahle; oVst enroro. du n't\\*\ I o|)inioii du \iil;.Min'. .Mai.-^, aujoniiriiui, j'aime à croire que le preiiiM r i|«'v«! ifih'lli;.'<'iil vi'iMi iw l'acrepir qu'à litre de symptnnie dont il < lii'nlii' ifironiiiHMit la (Niu.se, soit dans une lésion caixliaque, soit dans une

K.,EÇO!V XV.] CYSTITE CHRONIQUE. CXCi

Anectioii rénale, soil dans une allération hépatique, etc. Eh bien, telle est ^ussi la nature du catarrhe vésical. Cherchez la cause : neuf fois sur dix ^ous en trouverez une bien évidente, et, le plus souvent, justiciable de vos g moyens d'action.

^ Ne venez donc pas, à la manière de ceux qui se payent de mots, me ^demander (juel est le traitement qui convient au catarrhe ; mais, portant ,plus loin vos regards, eiïorcez-vous d'arriver à la notion précise des condi- ^ lions qui lui ont donné naissance.

-j Or, de toutes ces conditions, la plus commune, et souvent aussi la plus ignorée, c'est l'impuissance de la vessie à se vider entièrement de son contenu, soit à raison de latonie de ses parois, soit par le fait d'une obstiniclion prostatiijue. Néanmoins la sécrétion muco-purulenle caractéristique du catarrhe ne se montre pas toujours en pareille circonstance ; et je ne puis vous dire, quant à présent, comment il se fait que dans certains cas l'urine contienne seulement quelques flocons de mucus, tandis que dans d'autres, analogues sous tous les rapports, elle renferme une forte proportion de matière visqueuse ;1).

Eu égaitl au traitement, !a premièi^e chose à faire, c'est de vider soigneusement la vessie, une, deux ou trois fois par jour, à laide de la sonde, toujoui's avec la plus extrême douceur et eq suivant les errements que je vous ^ ai exposés dans la cinquième leçon. C'est là une précaution indispensable, ' car l'urine t*n décomposition est une cause active et iiicessante d'irritation '■ pour la nmqueuse. L'urée,. produit normal de séci'étion, n'est pas encore

* altérée quand l'urine débouche des uretères, mais bientôt après elle se dé- €om[K)se en carbonate d'ammoniaque, substance acre et irritante s'il en fut.

'■■ Ex|»liquez à votre malade que sa vessie, n'ayant pas été complètement

• vidée depuis ies mois peut-être, se trouve en quelque sorte dans les mêmes cou'dilions de malpropreté qu'un vase ordiuaire qu'on ne nettoierait jamais — com|mraison suffisamment exacte pour frapper utilement l'esprit d'un profane, et qui sera, du reste, mieux appréciée encore lorsque, après quelques jours de cathétérisine, la proportion de mucus dans l'urine aura probablement diminué d'une manière sensible.

Admettons cependant que cette déplétion méthodique et journalière de l'organe ne produise pas les résultats avantageux que vous en attendiez, ou bien ne procure qu'une amélioration insignifiante. Que ferez-vous?

(1, La inatÙTC jrlaireusc, spéciale au catarrhe vésical, parait n'indiquer autre chose que la Mippiirattun de la muqueuse vésicale et la fermentation alcaline de Turiue.

Tanl i|ii«' la r\slite se borne à exagérer la sécrétion muqueuse de la vessie, l'urine parait îiiinpl^riienl floconneuse; mais, dès que le processus suppuratif s'établit, dès que la membran<' interne du réservoir s'exulrère et devient granuleuse, l'urine se charge de pus. Alors, si l'urée \ient à se décom{>oser, i\ se produira du carbonate d'ammoniaque qui transformera lo pus on une masse filandreuse et opaline.

L'<>xpérience peut être faite directement en versant du carlionate d'ammoniaque ou de l>ota>se sur du pus provenant d'un abcès.

/y catarrhe vésical n'est donc qu*une cystite suppurée avec fermentation alcaline de l urnip ; il permet d'affirmer Tulcération et l'étal granuleux de la muqueuse en même temps quir la décomposition de l'urée : à ce double point de vue, c'est un précieux élément de «liagnoftlic et de pronostic.

eiar CYSTITE ET PHOSTAflTt [LqNf

Messieurs, il est un Tait qui n'a peut-i-ti-e jamais été observé ou ihUt. I mais dont i) est Iros-im portant que vous soyez ioformés; ce fait le mi: r fl existe des vetsies que l'on ne fniit vider com/itéffment au moyen âtlené 't Je m'explique : Quand la prostate présente une cuniîguration irré^mi! ' qu'elle envoie des prolon;;emcnt.s dans In vessie, les reliefs formés {oro' { différents mamelons circonscrivent des sinus, des excavations qui sw- i Iraient à l'action évacuatncc de la sonde quelques drachmes d'uriv. li *' n'est pas tout : les parois vésicales elles-mêmes sont souvent ciwsHïdf nombreuses petites ampoules ou cellules qui produisent le mémerèKilbl Lorsqu'un obstacle siéjîe depuis un certain temps déjà au col de bv^sr. les efforts quotidiens d'e\pulston, fussent-ils m^me peu considénkk amènent toujours, en fin de compte, l'hypertrophie des faisceaux qihqlaires qui entrent dans la composition des prois vésiciiles. Vous aw d'autre pari, que toute pression exercée sur un liquide se transmet i*- ^lemcnt dans toutes les directions. Qu'arrivera-t-il donc à un rnooMl donné? — Il arrivera que les puissances ex pu I tri ces comprimant leliqnilt avec plus d'énergie qu'à l'état normal, la muqueuse reçoit le wiifre-awf de celte compression refoulée, herniw en quelque sorte, enln- kibuidelettes musculaires, et donnera ainsi naissance aux vacuoles, aiu saccules dont je viens de parler.

Il n'est pas très-rare de voir se déposer dans ces cellules des précipili^

calcaires qui plus tard priuhiironl des calculs enkystés ; mais ce qui adviendra inimanquablemeni, c'est que l'uiinc tmuvera dans ces diverticuir>

ijEçoîi X¥.] CYSTITjE CHRONiQLE. cxan

autant de petits ivceplacles au fond desquels, faute d*un renouvellement suffisant, elle se décomposera, et partant deviendra irritante. Il peut même arriver que ces diverticules atteignent de grandes dimensions, conune le i-eprésente la figure 22.

11 est évident qu en pareil cas le cathétérisme ne peut suffire à Tévacuation totale du réservoir, et qu'il reste toujours, dans les poches ou dans les cellules, assez de liquide altéré pour entretenir Tétat phlegmasique de la muqueuse.

Voici alors ce que vous devez faire : une fois par jour au moins, lavez rinlérieur de la vessie avec un peu d'eau chaude, avant de retirer votre sonde. Mais je suis très-minutieux, je l'avoue, sur la manière de procéder. C'est (|u*en effet les lavages de la vessie, suivant la façon dont ils sont exécutés, peuvent constituer un e.vcellent mode de traitement ou un moyen infaillible d'imter sérieusement l'organe. Le prociklé usuel, celui du moins que j'ai toujours vu employer jusqu'à ces dernières années, consiste à adapter un cathéter, le plus souvent d'argent, — et vous connaissez ma manière de voir sur les inconvénients des sondes métalliques, — à une grosse seringue de cuivre, puis à pousser avec force 180 à 240 grammes d'eau dans la vessie.

Je désire que vous ayez une horreur salutaire de cetle fa^on d'agir, que rien ne jiistifie el qui est fort susceptible, selon moi, d'ap|K)rler le trouble et la doult'ur dans une vessie saine, à plus forte raison dans un organe rendu plus irritable par la maladie. Le réservoir de l'urine est un viscère délicat, habitué à une distension graduelle par le fait de la filtration lente v{ continue de la sécrétion rénale. Que nos actes s'inspirent donc des pro- <!«*dés de la nature î Jamais, au grand jamais, n'injectez à la fois plus de 60 iininiines de liquide, et encore vaut-il mieux ne pas même atteindre celle dose.

Voici conunenl je vous conseille d'opérer. Vous introduisez d'abord dans la vessie une sonde flexible. Vous prenez ensuite une bouteille de r'aoutchouc d'une capacité de 120 grammes, et nmnie d'une canule et d'un robinet: la canule doit être suffisamment longue et eflilée pour pouvoir s'adapter à tout cathéter dont le calibre oscille entre le n° 5 et le n*" 10 de nolii' filière. Vous remplissez la bouteille avec de l'eau tiède à 100 degrés Faiirenheit environ (37 à 38 degrés centigrades) ; vous en adaptez sans secousse la canule au pavillon de la sonde ; enfin, vous injectez lentement le quart «*nviron du contenu. Le premier quart ressortira bien certainement épiiis «'t sale ; mais le second, injecté avec les mêmes précautions, ressortira moins charrié - le troisième reviendra plus clair encore, et le quatrième enfin sei-a vraisemblablement rejeté pres^iue limpide. Ces quatre lavages séparés, de 30 gi-ammes chacun, auront été certainement plus efficaces que i\*u\ de chacun 60 grannnos, et vous aurez satisfait à mon invariable recommandation : réduire au nn'ninmm la somme d'irritation instmmentale. Aussi, sur dix malades, neuf i*egai-deronl-ils votre op«'ration comme un adoucissement à leurs souffrances.

Il y a d'autres manières d'effectuer ces lavages ; celle que je viens de

fl. THOXPM)?f. — Leçons cliniques. m

cr:^-ii x=:^£^ ix i#--ifr >- ru i^:«r ir^àApr à loutes les mancettYresè

S. -'T* ii-""n^ .Ci jLirkT.r5i..-:i,--s ?**jSr-.: sks» effet, TOUS pouirex cap»

Lr z>:::r'ir, ;^irt*:rv- i*i< isîrjLTrfio é:ms^ lorsque Turine estilafc H j*->5c d-:ç*:r5-:f Cr< ji -^çc-i:':^. : ■'^ .V>îtfcle de plomb, à la do6«(p* iicîârc i-c ? ■:ti.::.^TirLz.-->. ^t* ;i^. ;^.-3r î^O srunmes d*eau tiède.

Vieiii ^n^'.r 1 m:.'>: n.*^»r>: i^>r. à k dose de 1 ou 2 minimes f);

Voos poorez ei>xr»: r^>::irT i ui>e i&iUe r*ihition d'azotate d'amt S ■i^ti/7arr.rr,-?>s Ai:ï< 1î'> fTi"! '^'irs^ dr îk^oîde pooT ooDunenoer. VûOSII^jb^QicArz prjcrei-?^i^*rn>ri.t /j-^MA ^.5 ctstùxuiimes, ou 5 oentijmnië ji-ài^u ^'a-T par -i*) .pTtni.'ii.ï -ir: v-rhi-ruk.

Lâ/..2t p:--rL:-p-r 5 i Iv ctL'^froniiiw* pi>BLr 120 grammes d'eau, (âi iu?>4 ^i. IL >ii3<:atr:<ir Â^?sa«<er. ih'Ummeiit qfuaud rurine est fennentêtH

ilTîUlitr:.

Eiiân. OQ^ iD^«ection ddodissantc que je tous recomoMJMie d'une ïïAr uikt*: *^jui^ paniccii-!^. cV^t la >>ldtioD fhcénnée de bibonlede soude. Vo.ii j^jijjTrrz Iririp^jjnrr lo:>que rii.dîcition des astringents ne sera ^« encofr tres-^vidirQtr. ou bien l'assockr aux aslrinâents. Les hemeoi eSob dr -a w:lw:^ri*r bi ralé« dan^ Ie< aSeciions de la bouche moat coudd à : ^-r^ayirT contre rînflaamiati.>n de la vessie, et Texpérience a répoo'i 4 iiiou ^i:»rnte i . Voici ma f«^nnule :

f5i>.ra.c Jr =<;ude 1 i^nce [30 p^un.].

O:.. .crin.. .tîigUi» , ^^ P

Deux ou trois cuilltrrées k soupe de cette solution dans 120 jiTaiiuus i'eau chaude, pour injections intravésicales.

Je vous «jouue loujours les proportions pour 120 grammes de liquide parce i«ue la poire de caoutchouc de cett»: contenance, dont je vous ai d€ji donné la de:>cnDtion, est riustrument îe plus c\)mmode et le plus portali/.

Plus récemment, on a beaucoup vanté, pour neutraliser TacUon nodir d«i l'urine altérée et chargée de murus, une injection composée de 5 à 10 ce»tir^rammes de quinine tenus en dissolution dans 30 grammes d*eaa k la

(1, [Dans les affections mfl:miniatoires de la boucherie biborate de soude, ou boraXt*^ âuriout coin iT^e alcalin. Il est probable que ses heureux effets dans la cystite tiennent pMlt à ées firopriétés intifermentescîbles démontrées par Dumas. Dans ces derniers teinpi, ^ docteur Alphonse Dubreuii, à^TÙ^t t la tucuUc de nu-decine de Paris, a reconnu expciimeiitali;ineiit au silicate de soude une action antifermentescible encore plus pronoooii; d'où il résulte que ce sel préviendrait plus sûrement que le borax la transformation de V^ en carbonate d'ammoniaque. Chez un homme âgé, atteint d'hypertrophie de la prostate et de paralysie de la vessie, les injections à l'eau tiède n'avaient produit aucun résoîut* Dubrcuil injecta alors une solution à 1/200' de silicate de soude; immédiatement rorâ devint acide et le muco-pus disparut. [Bulletin de la Société de chirurgie^ séance du t2 U" v«mbre 1872.; ]

UçoH lY.] CYSTITE CHRONIQIE. acv

faveur d'une ou deux gouttes d'acide acétique. Je Tai souvent employée moi-même, et peut-être en ai-je retiré quelque avantage.

Lorsque la cystite s'accompagne de vives douleurs, il vous sera licite de recourir, si cela vous platt, aux injections narcotiques^ mais n'en attendez pas grand effet. Ne vous inquiétez pas de la dose, car la muqueuse vésicale, lûen diiïérente en cela de sa voisine la muqueuse rectale, parait dépourvue du pouvoir absorbant (1). Celle-ci (la muqueuse rectale] sera votre véritable lieu d'action, si le malade est tourmenté par des spasmes et des dou-

(1) Quelqu'un a ju^ à propos, dans un journal de médecine, d'élever des doutes sur l'exactitude de mes assertions relatives à l'effet des injections narcotiques dans la vessie, et même d'avertir mes lecteurs qu'ils feraient sagement de ne pas toujours me croire sur IMTole. Sans cette mise en suspicion, il eût été, je crois, superflu de dire que l'assertion ÛDcriminée repose précisément sur des observations et des expériences nombreuses. D'ailleurs, ne déplaçons pas la question : mon seul but, en niant le pouvoir absorbant de la vessie, était de révoquer en doute l'utilité des injections narcotiques, et, par suite, de ne les point recommander. J'ai répondu tout simplement à mon critique en injectant 4 drachmes (16 grammes) de « Liq. opii sed. » dans la vessie d'un malade atteint de cystite. Cette expérience a été répétée'quatre fois dans mes salles de « Universitj Collège Hospital » , en présence des étudiants, qui ont pu se convaincre par eux-mêmes de l'absence de tout symptôme annonçant le passage de l'opium dans l'économie. Et cependant une dose de 20 minimes (1 gramme), administrée par la bouche^ provoquait tous les symptômes du narcotisme à un degré très-prononcé. (Thompson.)

[ Depuis nombre d'années, le professeur Kiiss (de Strasbourg) niait le pouvoir absorbant de la vessie, et considérait l'épithélium de cet organe comme un vernis réfractaire à tout phénomène d'osmose. Cette conviction, née chez lui de faits cliniques, avait été sanctionnée par de nombreuses expériences sur les animaux et était devenue un des intéressants sutjets de son enseignement original. Kùss enseignait l'imperméabilité non-seulement de l'épithélium vésicai, mais aussi de l'épithélium cutané, de l'épithélium des plèvres, de l'épithélium de l'estomac. Pour ce physiologiste, les cellules épithéliales pavimenteuses constituaient des barrières infranchissables tant qu'elles étaient saines et vivantes, et leur .altération ou leur mort se marquait par leur perméabilité. C'est ainsi qu'un vésicatoire permet la dessiccation du derme, que l'urémie se m<mtre dans les cystites avec exulcération de la muqueuse vésicale, qu'un tubercule pleural amène un épanchement pleurétique, etc. Kiif^ comparait l'épithélium pavimenteux aux cellules de l'épicarpe des fruits en général et des raisins en particulier, cellules qui préviennent l'évaporaiion du contenu liquide du fruit, même sous le plus ardent soleil. {Cours de physiologie (fnpt'è^ renseignement du pro/eiseur KûiSy publié par le docteur Mathias Duval, professeur agrégé à la Faculté de médecine, 2^ édit. Paris, 1873, p. 232.)

Les expériences du maître ont été reprises et confirmées, en 1867, par un de ses élèves, le docteur Susini [Thèses de Slrashourg ^ 1867, 3* série, n* 30). Ce jeune expérimentateur, dans le but d'élucider déflnitivement la question du pouvoir absorbant de la vessie, s'est Ihrré à une double série d'expériences, la première sur les animaux, la seconde sur l'espjce bumaine :

1** Expériences sur les animaux, — Une solution de ferro-cyanure de potassium «s( iiqectée dans la vessie de lapins, grenouilles, cabiais. On badigeonne ensuite la surfac«* extérieure de l'organe avec une solution concentrée de perchlorure de fer. La coloration bleue caractéristique ne se montre qu'après un intervalle qui varie de vingt minutes à deux heures après la mort de l'animal. Si l'on veut faire apparaître la coloration itnmédtatemenf, il suffit, à l'aide d'un fil de fer introduit par l'urèthre dans la vessie, de détruire la sur- Aice épithéliale; il se forme instantanément une tache bleue en regard du point gratté.

2* E rpériences sur Chomme, — Susini, se prenant lui-même pour sujet de ses rechercbes, s'injecte dans la vessie 10 grammes d'iodure de potassium, 5 grammes de ferro-cyaoore de potassium, une infusion de h grammes de feuilles sèches de belladone, sans éprouver le moindre symptôme qui indique l'absorption de ces substances toxiques, sans pouvoir en saisir la plus légère trace dans la salive à l'aide des plus sensibles réactifs. Ainsi, l'infusion de belladone, après trois heures de séjour dans la vessie, n'a pas màme

mtïj CYSTITE ET l'tlOSTATITE.

luurs violentes : un siipjmsiloire au IM-Hirre de caïao additionné à'ua* ^1^0(2,5 <y!nligr-)ou d'iingi'ain [5 wnligr.jde niorphine est sou vent fn ^rand secours.

Les révulsifs n'auront qu'une importance bien secondaire dans t« uiédication. Le plus sQr et probablement aussi le plus inoffensif des cobIbirritants que vous puissiez mettre en usage, c'est un cataplasme de In lie graine de lîn bien chaud, largement saupoudré de fRrine du maOïà \l appliqué au-dessous des pubis. Je passe à dessein sous silence l'huiltli ii-oton, le nitrate d argent, elc. Les fomentations sèches : sachets de Ma« de sable, flanelles chaudes, etc., calment toujours un jk-u le symplûit ' douleur. Il en est de môme des bains de siège.

Viennent ensuite une foule d'infusions el de décodions réputées salolaiw dans la cjstite. Je vous en citerai quelques-unes dans l'ordi-eque jerefvt approximativement comme celui de leur valeur. Ce sont ies tisunes ; ir /iuchu{i), de Trilicum repens, d'Atc/iemilla aitiensi», de Partira bni*'^. el de busserole. Ici nos cnillerées traditionnelles deviennent tout à hit »suflisantes pour indiquer les doses. Des première, quatrième et cinquièiiK.

(iroJuil In ililalalian de l.i |iLi|iille. Ces expériences, remarquables d'uUMn p >r \e «■ ••Ntiânie avec lequel ellea ont été conduîles et In description minutieuse des pneMéi feituuLion, ruinent complètement celles de HH. Ségalaaet îlartineau, et étoblissenl, f une &(■ .jui parait iliaormaÎF irrél\itable, l'imperméabilité de l'êpitbéliuui v&sical sain.

Dans une camaïunicElion écrite qu'il a bien voulu nous adresser, ûr Brnr; Tlmy noua dit que ce sont les fuils cliniques qui l'ont conduit, lui aussi, â dénier à la teswM pouvuir iibsorbant; les n expériences et abiervatiuns Irûs-aombreuaes • donl ïlulfiaV J^us sa note, ont eu le malade pour sujet. Dans le but de laulager les (oulfraaeM it»luins malades, Thompson leur a injecté dans la vessie, tantôt 25 cenligranidies de Wphine, d'autres fois i grammes d'extrait de belladone, sans obtenir le mmudre cftu afeiM logique ou thérapeutique . La uliquor opii >ed. n, emplajiée dans ces deraières A • IJniversil; Collège Hospïtalji, eiL un peu plus acUiie que le laudanum ; on ta p iiaircmcnt â la dose de 20 i 30 gouttes. Tbompson en a administré 15 grau conaidère-t-il la vessie comme un simple réservoir qui, phjsiolugiqucinenl {Hulaut, pas aulremenl partie de l'orEaniume binnain ; réservoir qui manque chei cerlaiact cte^ ■raninuux [les poisions, les reptiles), et qui, cbci celles où il existe, n'a d'aulie Itma» gue de retenir l'urine temporairement et de lui permettre d'alleadre un uiomcnt tMmtéti peur l'écouler, — une mesure de propreté prise par la nature.

Comme on le voit, tes expériences de Kiisi, de Susini et de Tbompson se eompléleal « se corroborent mutuellemenl. Hais il ne Tout pas perdre do vue que l'épiUi«!uap léun n'est absuluineol ïnipcrmé.ible que tout auLaiil qu'il est loi'n; bien dïlTé^(^nt» wrûcol 1* résultats, si un sondage maladroit ou loute autre cause l'avaient lésé et avai«at laniiq»» ment aboli ses propriétés physiologiques, ]

(1) [Le bûcha ou bucco est une plante de la famille des rulacées, qui croit im cif tf Bonnc-E«pérance et qui jouit d'une grande réputation dans plusieurs contrées, ipiâtktM .1UX Btals-Unis. Les feuilles sont les seules parties employées* elles exhalent Htw 6t0B aromatique asseï aualogue à celle de la menthe, et doivent leurs propriétés iltrnnlank* ** balsamiques i une huile volatile et à une résine. Comme les autres balsamiques, le !■(*> i"st contre indiqué dans la phase aîgue des pblegmasies de l'appareil urinaùt) ; nuiiv m^ lu dé(i.-rvescencc, il contribue h tarir la sécrétion muco-purulcnte de la muqaeiiM *Wâl» On emploie l'iurusion (pp. 16 grammes pour 750 grammes d'eau) et la Leinture i ladMek 1 0 à tO grammes. 1

(2) [Le Pnivira brava est une ménispermce qui ornll au Brésil, et dont la volumnir racine est trés-usitée eu Angleterre k titre de diuri-iiquE. Elle reiirorme une mitable V tilé d'aiolate de potasse, qui explique son action diurétique, et une réûno niolkqiâ donne également des propriétés balsamiques ou aidii'alarrbales. On l'admiaiilre, ml infusion {20 pour 1000), soit en extrait, depuis 50 centigrammes jusqu'à i grammes ]

lEçoy \\.] CYSTITE CHROMQLE. CXCfii

donnez par jour un quart de litre ; — des deuxième et troisième, administrez an demi-litre (1). Vous ferez bouillir, ou simplement infuser, suivant le cas.

Le rhizome du Triticum repens^ ou chiendent vulgaire^ a été introduit par moi depuis quelques années dans le traitement de la cystite (2). C'est un remède réellement utile dans. beaucoup de cas et qui continue à jouir de la confiance des praticiens. On en fait bouillir 30 ou 60 grammes dans un quart d'eau (un litre) jusqu'à réduction à wne pinte ;un demi-litre) ; on filtre, et Ton administre au malade en quatre doses dans les vingt-quatre heures. Remède populaire des anciennes flores médicinales, le chiendent formait la base du traitement de la « strangurie », expression qui, dans les siècles passés, alors que Tart du diagnostic était encore dans son enfance, servait à désigner toute difficulté de la miction, quelle qu'en fût la cause.

Le parsley-pert ^ ou Alchemilla arvensis (3) (dérivé de « percer la pierre »», et non pas synonyme de « parsley » ou persil, qui est une ombellifère) , constitue, suivant mon expérience, un admirable remède dans les cas obscurs. Je l'emploie en infusion, à la dose de 30 grammes pour une pinte d'eau.

A côté de ces tisanes, il convient de réser\'er une place pour les résines qui ont une certaine influence sur la muqueuse de la vessie, telles que le copahu, l'huile de bois de santal, la térébenthine de Venise, etc. Il ne faut pas les prescrire aux mêmes doses que pour la blennorrhagie : 5 minimes (25 centigrammes) de copahu ou d'huile de cubèbe, délayés dans un mucilage et administrés trois ou quatre fois par jour, suffisent parfaitement et rendent parfois d'incontestables services.

Vn mol sur les alcalins.

En thèse générale, les alcalins, neutralisant l'excès d'acide que peut contenir l'urine, sont des adjuvants précieux dans le traitement de la cystite. J'emploie la liqueur de potasse [h] aussi volontiers que les bicarbonate, citrate et tartrate de même base, qui me semblent avoir une action diurétique plus prononcée, et auxquels je reproche d'activer la sécrétion de l'urine, alors que c'est précisément le contraire que l'on désire, en vue de diminuer la fréquence des mictions.

i\ ) La pinte anglaise équivaut à 0,56 793 litre.

(2j [ Cette assertion de Thompson ne peut évidemment s'appliquer qu'à la pratique anglaise, car depuis bien des années, en France, le chiendent est un médicament pour ainsi dire banal dans la thérapeutique des maladies urinaires. ]

(2 [VAb:hemUla nrvensU linn. est une espèce du genre Alchemilla ou Alchimille, d*r la famille des rosacées; elle est encore désignée sous le nom de perce-pierre des champs. On en emploie la racine ou rhizome. Comme toutes les rosacées, l'alchimiUe renferme une certaine proportion de tannin qui explique les propriétés diurétiques et anticatarrhales de la plante. ]

(%) La liqueur de potasse, liquor potassœ, des pharmacopées anglaises se prépare ainsi :

Eau 400 grammes.

Potasse 50 gram.

Chaux vive 25 gram.

Le produit est d'une densité de 1,075, et peut être administré à dose plos ou moins âerée, auivant le but qu'on se propose ; mais il faut toujours l'étendre dans une grande quantité d'eau, afin d'éviter une action topique trop intense sur la muqueuse gastro-intestinale.

cxcvnî CYSTITE ET PROSTATITE. [Leçon xt.

L'ancien usage d'associer la jusquiame à la liqueur de potasse, bien qu'on ait affirmé rincompatibilité de ces deux substances, me parait devoir être maintenu dans la pratique. Que la belladone et la jusquiame perdent de leur activité spécifique par le fait de leur mélange avec la potasse, je le veux bien : chimiquement, c'est peut-être vrai; mais ce dont je suis également convaincu, c'est que cette association des narcotiques et des alcalins calme la douleur et modère la fréquence des mictions. Voilà pourquoi je suis revenu depuis quelque temps à l'ancienne formule.

Vovons maintenant les acides.

Pénétrez-vous bien d'abord de cette vérité, que les acides ne sont en aucune façon les correctifs de l'alcalinité de l'urine. Gardez-vous de cette croyance vulgaire qu'il soit possible de communiquer à l'urine une réaction acide en administrant par les voies digestives des acides minéraux. Au moyen des alcalins, vous rendrez lurine neutre ou alcaline tant qu'il vous plaira; mais la réciproque, c'est-à-dire l'acidification des urines par les acides, est une illusion thérapeutique, soyez-en sûrs. J'entends dire constamment : (( L'urine du malade est très-alcaline, ne ferions-nous pas bien de recourir aux acides ?» — A quoi je réponds : « Si vous y tenez tant, donnez-en une once ou deux par jour, mais vous ne changerez certainement pas la réaction de l'urine. » J'ai moi-même essayé ces doses, bien diluées, naturellement, sans obtenir le moindre efTet. En quoi les acides sont utiles, c'est par leur action tonique et vaso-motrice, mais n'attendez pas d'eux qu'ils agissent directement sur l'urine.

Je dois faire cependant quelque réserve en faveur des acides benzoîque et citrique; mais encore, pour obtenir de ces substances un résultat sensible, faut-il les donner à de telles doses, qu'on peut, en vérité, se demander si le remède n'est pas pire que le mal. L'acide benzoîque, grâce à ses propriétés quelque peu balsamiques, se trouve indiqué dans certains cas de cystite chronique; comme il est insoluble dans l'eau, c'est sous forme pilulaire qu'il convient de l'administrer : 15 à 20 centigrammes d'acide, cimentés par une goutte de glycérine, constituent une bonne préparation pour une pilule. Mais il faudra en donner jusqu'à douze par jour, en tout cas pas moins de six, pour avoir le droit de compter sur un résultat, ce qui représente une dose quotidienne minima de 120 centigrammes de substance active.

Le jus de citron exerce, lui aussi, une action acidifiante sur l'urine, et, si Testomac s'en accommode, on peut le prescrire en grande quantité.

En résumé, le fait important à retenir, celui qui domine l'histoire clinique des altérations chimiques est le suivant :

L'excès d'acidité est la manifestation d'un trouble constitutionnel, l'expression d'une erreur de tout l'organisme, le produit d'un abus de sécrétion qui vicie (1) la réaction de l'urine à partir du moment où celle-ci est formée dans le rein. Le traitement à lui opposer doit donc être général, et viser plutôt les fonctions assimilatrices que l'organe éliminateur. Réformez en conséquence les habitudes du malade, surveillez son régime; veillez surtout

(i) Voy. Leçon XUI.

!▼.] PROSTATITE.

ccompiissement régulier des fonctions hépatique et intestinale. — 4u raire, Talcalinité habituelle de l'urine constitue, dix-neuf fois sur vingt, ccident purement local, une altération secondaire de provenance vési-

Pour vous en convaincre , tâchez de recueillir un spôcimen d'urine rienne directement des reins, je veux dire qui n'ait pas été viciée par son ir dans la vessie, vous verrez qu'il est suflSsamment acide. Voilà pour-

l'alcalinité de Turine indique, non une médication interne, mais un ïment local par le cathéter et les injections. Il est vrai que vous renrerez parfois, comme conséquence d'une dyscrasie constitutionnelle, urines neutres ou alcalines, troublées par des dépôts de phosphate rphe, mais ces cas sont très>rares en comparaison de ceux dont je viens ous parler (i).

terminerai cette leçon par quelques courtes considérations sur la fatite aiguèeX sur hprostatite chronique.

i prostatite aiguë présente différents degrés de sévérité; en général, elle 'offre à l'observation du praticien que lorsqu'elle a produit une rétend'urine en obstruant le col de la vessie. Je vous ai exposé avec assez de ils, dans la sixième leçon, quelle devait être votre conduite en pareil L'organe est souvent le siège d'un gonflement considérable et d'une ibilité extrême. Le processus inflammatoire peut aboutir jusqu'à la mration de la glande elle-même ou des tissus ambiants. Ces sortes ces finissent par s'ouvrir, soit dans l'urèthre, — ce qui est le cas le plus lient, — soit dans le rectum.

[ n est malheureiuemeot des cas de cystite qui résistent à tons ces moyens : malgré ▼âges les mieux faits et le traitement médical le mieux combiné, les urines restent les, ammoniacales et irritantes; les envies d'uriner se renouvellent à chaque instant; legmasie se communique de proche en proche par les uretères jusqu'aux reins, et le le, épuisé par un ténesme sans rémission non moins que par la suppuration vésicale, »nbe lentement au milieu des plus pénibles angoisses.

n nombre de ces cas peuvent cependant être sauvés. Os le seront par la chirurgie, à ition que les ressources opératoires soient appliquées en temps opportun, c'est-à-dire t Tenvahissement du parenchyme rénal. En effet, le symptôme le plus douloureux et le néfaste, celui qui oppose le plus sérieux obstacle à la guérison, c'est la contraction ne continuelle du muscle v^ical luttant à chaque instant contre cette matière visle qui remplit le bas-fond et dont il reste toujours un résidu irritant et offensif au prechef. Non-seulement ces contractions épuisent le malade par déperdition nerveuse, elles tendent encore à accroître constamment l'hypertrophie des parois vésicales, à luer la capacité du réservoir, à dilater les uretères ; enfin et surtout, elles s'opposent "éalisation de la condition siae guâ non de toute cicatrisation et de l'apaisement de toute nnation : le repos et l'immobilité.

est en s'inspirant de ces faits, c'est pour réduire au repos le muscle vésical, que des irgiens de l'école américaine ont eu l'idée aussi heureuse que hardie d'opposer la cysto- 5 à certains cas de cystite absolument réfractaires au traitement médical. An profes- William Parker, de Hew-Tork, revient, croyons-nons, la priorité de l'idée (3juinl84S) » l'exécution (23 novembre 1850) de cette opération ehei l'homme. L'honneur du pre-

succès appartient au professeur Eve, de Nashville (1866). L'idée de ce mode de mient chez la femme est due à Marion Sims (1858), et l'exécution à son élève illustre, (las Addis Emmet (1861).

cystotomie pour les cas de cystite très-rebelles s'aecompagnant de ténesme et de ne est aujourd'hui passée dans la pratique courante de l'Hôpital des femmes de New- ., oft l'un de nous a été à même d'en apprécier les heureux effets cbei ces malades qui, 'waent, étaient vouées à une mort aussi misérable que certaine. ]

ce CYSTITE ET PROSTATITE. [Leçon xv.

Une maladie moins connue et surtout plus rarement diagnostiquée, c esf V inflammation chronique de la portion prostatique de Purèthre, s'étendani plus ou moins au tissu propre de la glande. L'affection est cependant fréquente et, par suite, importante à connaître. Elle résulte le plus souvent, mais non toujours, d'une blennorrhagie opiniâtre, et je vous Tai déjà citer comme une lésion dont les symptômes peuvent le plus aisément êivo confondus avec ceux d'un calcul d'un caractère bénin. Ainsi, un homme de vingt à trente ans vient vous dire qu*il a vu appai*attre chez lui et d'unc^ façon graduelle les sjinptômes suivants : mictions fréquentes suivies dr douleur à l'extrémité du pénis; de temps en temps un peu de sang vient rougir les dernières gouttes d'urine; la sécrétion elle-même se trouble et renferme un dépôt muco-pulurent ; un sentiment de chaleur et de pesanteur s'accuse vers le périnée et le rectum; peut-être y a-t-il aussi un peu d'écoulement par Turèthre ; enfin, tous ces malaises s'aggravent par l'exercice et la fatigue.

Convenez que celte esquisse est bien faite pour donner le change sur la présence d'un calcul. Comment parviendrez-vous à dissiper l'équivoque. — Par les anamnestiques et par la sonde.

Les anamnestiques vous apprendront que le patient n'a rien éprouvé (lut ressemble aux douleurs que provoque la descente d'un calcul rénal ou l'expulsion d'un gravier, mais qu'il souffre, depuis plusieurs mois peut-être, d'une gonorrhée rebelle à tous les moyens de traitement.

La sonde, dont l'introduction devient alors une nécessité de circonstance. ne vous fait rien trouver dans la vessie; elle vous révèle seulement uni^ sensibilité insolite de la portion prostatique de l'urèthre; et le résultat hplus clair de votre exploration est souvent d'aggraver la position du malade pendant un jour ou deux.

Quel traitement mettrez-vous en œuvre?

D'abord et avant tout, vous vous abstiendrez de toute intervention instrumentale, car, dans la majorité des cas, l'instrument ne peut faire que du mal. Faites ici ce que vous feriez pour une inflammation chronique de Vœil ou de l'oreille. Au moyen du Uniment épispastique de la pharmacopée et d'un pinceau, établissez tous les quatre ou cinq jours un vésicatoire volant de chaque côté du raphé périnéaJ, — avec beaucoup de précaution, bien entendu, afin de ne pas torturer le malade ni de l'empêcher de se lever, — et continuez ainsi pendant quatre à six semaines. J'ai obtenu les meilleurs effets de cette méthode combinée avec un régime approprié el une médication tonique. Le patient se trouve bientôt heureux d'échanger ses sourdes et continuelles souffrances au périnée contre les cuissons passagères des vésicatoires, et il cx)nstate avec joie combien les premières cèdent gi'aduellement aux secondes.

Dans les cas exceptionnels ou Técoulement chronique du canal constitue le symptôme dominant, il peut être très-avantageux de porter sur la région prostatique de l'urèthre une solution de nitrate d'argent, à la dose maxinia de cinq à dix grains (25 à 50 centigr.) pour 30 grammes d'eau.

Levox \m.] paralysie. — ATONIE. ca

Dans notre prochaine conférence, nous continuerons Tétudedes maladies de la vessie.

Page 1