DE L'ÉDITION FRANÇAISE
La réputation légitime dont jouit Sir Henry Thompson comme praticien, l'étude approfondie que depuis vingt-cinq ans il a faite de la pathologie de tout le système génito-urinaire, les perfectionnements apportés aux moyens mécaniques par ce chirurgien expérimenté, les récompenses accordées à ses travaux par le Collège royal des chirurgiens d'Angleterre et par la Société de chirurgie de Paris, le succès de ses publications plusieurs fois récompensées en Angleterre et en Amérique, devaient inspirer à un éditeur attentif le désir de réunir sous une forme accessible l'ensemble de l'œuvre de Henr\' Thompson.
Le professeur de « University Collège Ilospital » accueillit avec la plus parfaite courtoisie la demande de MM. Baillièrc. Il a bien voulu donner à la mise au jour de cette exposition la plus complète de ses recherches et de son enseignement clkiique une assistance dont nous le remercions.
Le Traité pratique des maladies des voies crinaires de Sir Henrj Thompson est divisé en trois parties : 1° Des rétrécissements de Cuf^thre et des fistules urinaires; — 2° Maladies de la prttstaie; — 3' Taille et Lithotritie,
La PREMIERE PARTIE comprend l'étude des lésions importantes et variées comprises sous le nom de rétrécissements, et aussi des autres lésions sous la dépendance immédiate de ces rétrécissements. Comme chacune des parties suivantes, elle débute par des recherches d'anatomie et de physiologie.
Dans le chapitre II, Anaiomie patholagigue^Sivlleurv Thompson s'appuie, pour cette étude, sur un grand nombre de faits observés dans les principaux musées appartenant aux Ecoles de médecine de Londres, Edimbourg et Paris (pages 73 à 82).
Nous signalerons, dans le chapitre IV, un tableau de 220 cas, contenant chacun un résumé succinct des principaux accidents, de Thistoirc du malade, de son état actuel. Le traducteur a réuni à la suite de ce tableau 226 obser\*ations recueillies à l'hôpital Necker.
Dans les chapitres VI, VII, VIII et IX consacrés au traitement, nous trouvons étudiés tour à tour la dilatation, l'emploi des agents chimiques et la section par les instruments tranchants ; mais nous devons surtout y signaler
\iii PRÉFACE.
les passages relatifs à Texploration du canal, aux rétrécis^^nents difficiles à Tranchir, et établissant l'utilité incontestable de Turéthrotomie interne. Signalons aussi, dans ce même chapitre IX, une étude complète de la question si controversée de Turéthrotomie externe.
Sir Thompson termine cette première partie par une étude pratiqué des fistules urinaires envisagées au point de vue du traitement qui lear est applicable.
La DEUXIÈME PARTIE est consacrée aux maladies de la prostate. Les idées que Sir Henry Thompson soutient sur Tanatomie de la prostate normale, et en particulier sur laugmentation de volume de cet organe avec Tàge, différaient beaucoup, à l'époque ob elles furent publiées (1860), de celles qui avaient cours. Les conclusions auxquelles il est arrivé (chap. II) sont basées sur des recherches anatomiques étendues, sur des dissections originales, dont le nombre ne s'élève pas à moins de 70, et qui forment des pièces conservées en dehors de celles qu'il a pu étudier dans les musées.
Il nous sera permis d'appeler l'attention sur les points suivants de cette deuxième |)artie :
Une étude approfondie des diverses discussions auxquelles a donné lieu l'existence du lobe moyen prostatique, existence que Sir H. Thompson vient appuyer de toute son autorité, — examinée au chapitre I.
L'analogie entre l'hypertrophie et les tumeurs de la prostate et celles de l'utérus, — examinée au chapitre VI.
Les causes, les effets, les symptômes de l'hypertrophie sont passés en i*evue dans les chapitres Vil, VllI, IX.
L'examen des causes indiquées jusqu'ici de l'augmentation de la prostate conduisent sir Henry Thompson à des idées neuves sur l'étiologie de cette affection. Plus loin il reconnaît, avec L. Auguste Mercier, qu'un obstacle organique, et non iine paralysie locale, est la cause presque constante des états divers décrits sous les noms de rétention et d'incontinence ; il érige en axiome qu'un écoulement involontaire d'urine indique la rétention et non l'incontinence.
Le chapitre X est consacré au diagnostic des obstacles prostatiques, à l'examen par le rectum, à l'examen par l'urèthre, et se termine par le diagnostic différentiel, si important au point de vue pratique, entre l'hypertrophie de la prostate et le rétrécissement de l'urèthre, le calcul vésical, les tumeurs de la vessie, l'atonie simple ou l'inertie des tuniques de la vessie et la paralysie.
Le traitement occupe le chapitre XI, il se trouve naturellement subdivisé en trois grands paragraphes : hygiène et régime général, traitement de l'hypertrophie prostatique elle-même, soins réclamés par l'obstacle qu'elle apporte à la miction. Le chapitre XII traite de sa complication fréquente : la rétention d'urine.
Les chapitres XIV et XV sont consacrés à des affections rares, mais moins sans doute qu'on ne le suppose généralement, le cancer et le tubercule de la prostate. On trouvera, pages 504 et 507, le tableau des cas connus.