DES RÉTRÉCISSEMENTS DE LTRÈTHRE CHEZ LA FEMME
Les rétrécissements organiques de l*urèthre chez la femme sont très-rares. — Anatomie de l*iirèthre chez la femme. — Longueur. — Diamètre. — Muqueuse. — Dilatabilité. — Fibres élastiques et musculaires. — Siège le plus fréquent des rétrécissements. — Cas de M. Earle. — Observations de Sir B. Brodie. — Cas de M. Curling ; — du docteur Blundell. — Deux cas observés par Tauteur. — Cause. — Déchirure. — Inflammation. — Polypes et excroissances. — Traitement. — Rétrécissement spasmodique.
On rencontre pai'fois des rétrécissements organiques de Furèthre chez la femme; mais celle affection est si rare, que les faits relatés sont très-peu nombreux. Il n'est pas difficile de se rendre compte de ce peu de fréquence. Ce canal est si court, comparé à celui de Thomme, et si bien protégé par sa position contre les lésions de tout genre (qu'elles succèdent à un traumatisme ou à rinflammation) qu'il est presque exempt des causes qui jouent le rùle principal dans la production des rétrécissements organiques de l'urèthrechez Thomme. Ainsi, ce canal n'est pas le siège primitif de la biennorrhagie chez la femme, ce n'est pas lui qui est atteint de la forme chronique de cette affection. Cependant, comme on a observé quelques cas de celte maladie chez la femme, je vais donner un aperçu rapide des rapports anatomiques du canal, puis mentionner les faits qui ont été rapportés sur l'affection qui nous occupe.
Anatomie. — L'urèthre, chez la femme, est un canal formé par une muqueuse, d'une longueur de 3,5 eentim. environ, plongé dans les tissus qui forment la paroi antérieure du vagin ; il conslitue un canal pour le passage de l'urine qui sort de la vessie. Comme il ne possède aucune fonction en rapport avec la génération, contrairement à la portion interpelvienne de Turèthre chez l'homme, il n'est pas complètement son homologue ; il lui manque ce qui forme la portion prostatique et les conduits qui s'ouvrent en ce point chez l'homme. Ce canal décrit une légère courbure, dont la concavité regarde en haut et en avant; il traverse les deux feuillets de l'aponévrose moyenne, et vient s'ouvrir sous l'arcade pubienne, dans l'intérieur de la vulve, entre les petites lèvres, et à 2,5 eentim. en arrière du clitoris; son diamètre varie de ^ à 6 millimètres au niveau du méat externe, qui est la portion la plus rétrécie, jusqu'à^ 8 ou 10 millimètres au niveau du col de la vessie, où il se termine en entonnoir.
La muqueuse est disposée en plis longitudinaux qui s'effacent tous par la dilatation, sauf un seul, situé sur sa paroi inférieure, et qui présente quelque ressemblance avec le verumontanum. Le canal se laisse distendre considérablement ; ce caractère le distingue de l'urèthre chez l'homme. Des glandes
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en tube très-nombreuses se remarquent près de son extrémité vésicale ; elles forment des lignes entre les replis que nous venons de décrire, tandis qu'aux deux extrémités du canal on remarque un grnnd nombre de petits cryptes dans lesquels pénètrent de nombreux follicules, surtout à la partie inférieure. Près du méat externe, on aperçoit une légère dépression ou sinus situé sur la paroi inférieure.
La couche épithéliale de la muqueuse est composée, pour la plus gmnde partie, de la variété d'épithélium stratifié; elle devient sphérique lorsqu'on se rapproche de la vessie. Au-dessous de cette couche, c'est-à-dire en dehors d'elle, existe une couche de fibres élastiques et de fibres musculaires lisses entremêlées, qui se continuent avec les libres longitudinales de la vessie. En rapport avec cette couche, on remarque de petits vaisseaux, en bonne partie veineux, disposés en plexus, et ressemblant beaucoup au tissu érectîle. Une masse de tissu cellulaire et de tissu élastique entoure la portion du canal située en arrière du feuillet profond de l'aponévrose moyenne; c'est dans cette couche que Ton remarque les cryptes glandulaires et les ibllicules que nous avons déjà dit exister en grande abondance en ce point. Quelques auteurs ont voulu trouver, dans ce corps, l'analogue de la prostate chez l'homme. Entre les deux couches de l'aponévrose, on remarque une disposition des fibres musculaires striées tout à fait semblable à celle que l'on trouve chez l'homme, et que l'on décrit comme les muscles compresseurs de l'urèthre [transverses profonds).
Siège des rétrécissements. — Le siège le plus fréquent des rétrécissements chez la femme, est rorifice externe, ou la portion voisine du canal. Rarement le- rétrécissement occupe] toute l'étendue du canal, ou est limité à sa partie postérieure.
M. Earle décrit un cas très-intéressant de rétrécissement, situé à U millimètres de l'orifice, lequel gênait tellement la miction, et occasionnait de si vives douleurs, que l'on crut à la présence d'un calcul dans la vessie. La section de ce rétrécissement avec un instrument tranchant, suivie de l'usage des bougies, amena une guérison complète. Le rétrécissement consistait en « une bride membraneuse, de 3 millimètres d'épaisseur, en arrière de laquelle le canal était entièrement libre ». Les symptômes ressentis parla malade, depuis quatre ans, étaient les suivants : « Envies constantes et pressantes d'uriner; parfois écoulement involontaire de l'urine; celle-ci, depuis quelques mois, est chargée d'un dépôt abondant de muco-pus. Sensation continuelle de pesanteur, chaleur brûlante au niveau de Turèthre, et vive douleur après la miction, accompagnée d'envies pressantes d'uriner,
immédiatement après avoir vidé sa vessie La souffrance augmenta peu
à peu jusqu'au moment où survint une strangurie peimanente (1). »
Sir B. Brodie dit qu'il a observé « quelques cas de rétrécissement de Furèthre chez la femme », et il pense que « c est toujours la partie antérieure du canal qui est atteinte » (2). En parlant d'un de ces cas, il dit que,
(1) London, Médical Gazette, 1829, vol. III, p. 470-471.
(2) Sir Benj. Bro^e, Leçonxsit publiée dans le Médical Times, sept. 1844, vol. \y p. 460