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I -chap. xu.] Rétrécissements de l'uréthre chez u femme

I rorifice e\tei*ne de Turèthi^e était tellement rétréci, que, pendant la vie, il

I laissait seulement passer une petite bougie. La malade mourui d'une autie

f maladie. On put faire une préparation de ses organes, et Ton vit que le

rélrt'îcissemenl siégeait à Texlrémité de l'urèthre, et occupait environ 12 mii-

liniètres de longueur (1).

M. Curling a été une fois obligé de « ponctionner la vessie dans la direction du canal, au-dessous du pubis » ; il n avait pu remédier à la rétention d*urine au moyen de la sonde. Le rétrécissement provenait d'une « contusion de Turèthre survenue à la suite d'un travail prolongé vingt-huit ans auparavant ». Dans ce cas, le rétrécissement siégeait à plus de 3 centimètres du méat .2).j

Le docteur Blundell rapporte deux cas dans lesquels il a obser\'é un rétrécissement de toute letendue du canal, a d'une extrémité à Vautrer. Dans Tun de ces cas, il existait une fistule vésico-vaginale par laquelle passait toute Turine. Dans l'autre, il n'existait pas de fistule, et l'on observait tous les signes d'un rétrécissement ; c'est à peine si une bougie pouvait le franchir (3).

Je n'ai observé, pendant mon séjour à University Collège Hospital, qu'un seul cas dans lequel la rétention d'urine reconnaissait pour cause un réti'écissement organique du méat. La malade avait déjà souffert plusieurs fois de rétention d'urine depuis quelques années, et avait été soulagée par Tintroduction de sondes peu volumineuses; elle urinait à petit jel, et avec difficulté. Les symptômes s'étaient aggi*avés, et elle racontait que, lors de la précédente rétention d'urine, on n'avait pu introduire une sonde qu'en la découvrant. Après des essais répétés par la méthode ordinaire, il me sembla nécessaire de la découvrir de nouveau, et il me fut impossible de distinguer le méat après un examen approfondi. Au lieu et place de l'ouverture, on remarquait un petit faisceau d'excroissances pâles, résistantes, plissées et insensibles, du volume d'une graine de moutarde, ou un peu plus, au milieu desquelles je réussis avec peine à faire pénétrer dans le canal, d'abord une bougie, puis uiîe sonde de gomme du n* i [n*» 5 de la filière françaisej : cette dernière était très-serrée. Depuis lors j'ai perdu cette femme de vue, et je ne l'ai jamais revue. On ne trouvait dans ses antécédents aucune cause capable de produire un pareil rétrécissement.

.Vu printemps de l'année 1856, j'en ai observé un exemple à Marylebone Infirmary : c'était chez une femme âgée de quarante-trois ans. — Le rétrécissement occupait la moitié antérieure de l'urèthre et donnait lieu à des symptômes angoissants. Il paraissait reconnaître pour cause un accouchement par les fers quelques années auparavant. Après l'avoir soulagée, mais seulement passagèrement, au moyen de la dilatation avec des sondes des n** 1 à 5 [n°* 5 à 12 de la filière française], je la traitai par l'uréthrotomie interne, et j'introduisis un n° 12 11** 23 de la filière française] après l'opération.

<1 • Brodie, On the Vn'nnry Organs, p. 91.

<2i John Adams, Cyclop*pd. of Anaioniy and Physiologyy vol. IV, part. 2, 1852, article Crethra, p. 1267.

/3» Blundell^ Uciures on the Diseases of Women(Lancety 21 febr. 1829, vol. XV, p. 643).

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Pendant deux mois, je passai de temps à autre unn"* 10 [n» 21 filière franc.], qui pénétrait avec facilité. Elle fut très-soulagée par ce traitement, mab pas entièrement guérie, car elle ressentait parfois de nouvelles atteintes passagères de son mal sans cause apparente, du côté des organes urinaires, qui pût expliquer ces sjTnptômes.

Causes. — Il est probable que la plus grande partie de ces rétrécissementft, si ce n'est tous, peuvent tenir à deux causes. D'abord aux déchirures et am autres lésions du canal, auxquelles les femmes sont exposées au momeiil de l'accouchement. En second lieu, à une extension de rinflammatioD (gonorrhéique en particulier) du vagin à Turèthre, et plus particulièrement sur les cryptes et les follicules, qui sont très-nombreux et réunis autoir du méat externe, comme nous Tavons déjà indiqué. C'est dans ces cas smtout que Ton peut comprendre facilement que l'inflammation puisse devenir chronique. Les ulcérations chancreuses peuvent aussi être une cause de rétrécissements ; car la partie externe du canal est celle qui est le plus exposée. On fait mention, dans la Gazette des hôpitaux du 6 avril 1846, d'un cas de rétrécissement étroit qui avait produit de la rétention et de l'incontinence. La malade, àgéede vingt- neuf ans, fut traitée par la dilatation. Elle avait eu des chancres dix ans auparavant, chancres qui avaient détruit presque les deux tiers antérieurs du canal ; la cicatrisation avait produit le rétrécissement. Il n'est pas difficile de comprendre, d'après les faits que nous venons de mentionner, comment il se fait que la partie antérieure de Turèlbre, chez la femme, soit le siège habituel des rétrécissements.

PoLWES URÉTHRAUX. — Indépendamment dcs rétrécissements proprement dits, la présence de végétations au niveau du méat externe est fréquemment la cause de rétrécissement du canal, et d'une difficulté à uriner accompagnée de vives douleurs. Ces excroissances sont connues depuis Morgagni, qui les a décrites comme une aflection beaucoup plus fréquente chez la femme que les rétrécissements proprement dits. La forme que l'on rencontre habituellement est celle d'une tumeur vasculaire, ayant l'apparence d'une petite framboise, et d'un volume variable, entte la grosseur d'un pois et celle d'une petite noix. Elle est formée d'un tissu mou et délicat ; elle saigne facilement, et elle est tellement sensible, qu'elle est la cause de souffrances continuelles. Elle est en général implantée sur la muqueuse de l'urèlhre immédiatement en arrière du méat, et apparaît seulement à son début comme un petit point rouge; parfois on en trouve plusieurs au voisinage les unes des autres.

La ressemblance que possèdent ces polypes avec les tumeurs vasculaires que nous venons de mentionner, comme causes de rétrécissement de l'urèthre chez l'homme, est bien remarquable.

On peut aussi employer avec succès le même traitement dans les deux cas. Si c'est possible, on coupe la tumeur tout près de son implantation avec une paire de ciseaux, et, lorsque le sang a cessé de couler, on cautérise vivement le point d'implantation. On peut le faire< suivant Sir B. Brodie, soit avec de la potasse caustique, soit avec de l'acide nitrique; en protégeant les parties avoisinantes, dans le premier cas avec un acide, dans le

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second avec une solution alcaline. Le nitrate d'argent suffit, si i on a bien enlevé tout le polype ; il est beaucoup plus facile à employer dans la majorité des cas.

Il n*est pas facile d'indiquer quel degré de rétrécissement peut produire le spasme du transverse profond et des autres muscles du périnée chez la femme. Les conditions anomales dans lesquelles se trouve la femme hystérique surtout, au point de vue de la sécrétion urinaire, sont habituellement fort obscures dans leur nature et leur origine, et ne peuvent être que mentionnées en passant dans cet ouvrage. Quelques auteurs disent que l'on a de bonnes raisons de croire que l'urèthre chez la femme est soumis à l'action de contraction des muscles involontaires comme chez l'homme. Il v à peut-être quelque avantage à se souvenir de ce fait. Il faut aussi se rappeler, pour le traitement, que les caractères de l'urine influent sur la difficulté de la miction et les douleurs qu'elle procure.

Quant au traitement des rétrécissements organiques chez la femme, il consiste dans la dilatation aidée, lorsque cela est nécessaire, de la division des portions qui font obstacle, comme dans les cas que nous avons cités. Ce traitement suffit en général pour les faire disparaître.

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