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Chap, 1.] * ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE ET STRUCTURE. 31i
fc sillon qui sépare les deux parties en arrière au contact du corps même de I la glande (1 j. » Malgré cette remait|ue, plusieurs anatomistes faisant auto* f rite à celte époque avaient déjà indiqué que les canaux déférents s'enfon- ^ cent dans la partie postérieure du tissu prostatique, comme E. Home Ta f reconnu depuis, cinq ans plus tard (2). Au sujet des cinq dissections dont * il est question plus haut, lauteur dit « qu'il n'y en avait même pas deux qui présentassent la même apparence ». La première préparation semble i- provenir d'un sujet âgé, « qui a succombé parce que l'organe était malade; t la saillie mamelonnée du troisième lobe était très-proéminente ». Dans le second cas, « il n'y avait pas trace de substance glandulaire apparente » à l'endroit indiqué. Tout ce que l'on dit de la troisième pièce est qu* t il y avait un lobe soudé latéralement sur les oCAés de la prostate » ; mais il est clair qu'il n'y avait réellement aucune partie distincte indiquée comme un lobe, ce que nous concluons de l'imporlance que l'on attache à la découverte d'une pareille conformation dans les deux cas suivants. On remarque une apparence beaucoup plus ne(te chez deux sujets, l'un de vingtquatre et l'autre de vingt-cinq ans ; c'est sur l'état des organes de ces deux sujets (et non de cinq) que sont basées les conclusions de son mémoire, et c'est sur l'existence de ces deux cas qu'il a fonnulé bien hâtivement une loi. Sous quelque aspect qu'elles se présentassent (et ici nous devons admettre dans tous les cas qu'il n'y avait, ni chez l'un ni chez l'autre, rien de semblable à Taugmentation de volume résultant de l'âge avancé), l'existence d'une partie distincte de forme sphéroîdale, située entre les canaux éjaculateurs et le veiiimontanum, au niveau du méat interne de l'urèlhre, s'offre assez peu souvent pour constituer un étal anonnal, congénital ou acquis. Si les recherches avaient porté sur un plus grand nombre de cadavres, certainement ces cas ne se seraient présentés que très-exceptionnellement, comme je l'ai établi par mes propres investigations. On doit regarder tout semblant de lobe en cet endroit comme ressortissant à l'anatomie pathologique et non pas à l'anatomie normale, parce qu'un faible développement de cette partie s'accompagne d'ordinaire des signes d'un obstacle à la fonction de la miction. Bien loin d'écarter ce point de vue, c'est de cette manière que la chose a été considérée, après de mûrs examens, par les principaux anatomo-pathologistes, qui nous ont laissé leurs notes et leurs observations. Ainsi Morgagni, dans cette vaste collection de cas qui compose son ouvrage Desedibuset causis morborum^ y fait allusion en plusieurs endroits, comme à un accroissement morbide qui entraîne la rétention d'urine ; pour un de ces cas, qu'il décrit d'une façon bien nette d'après ses propres dissections, il s'exprime avec une précision remarquable dans les termes suivants : a Une saillie arrondie de la grosseur d'un petit grain de raisin recouverte par la tunique interne de la vessie. Je supposai promptement ce que pouvait être cette saillie ; en y enfonçant le scalpel, je Tin-
(1) Philosophkal Transact., 1806, VHI® mémoire : Everard Home, F. R. S., An Account of a smalt Lobe of the Human Prostate Gland, which has not before been taken notice of by Anatomistf.
(2) Everard Home, Diseases of the Prostate, vol. I, 1811.
3i2 MALADlhLS DE H l'IlO&TAlE,
cisai ainsi ipie lu parik- voisine <ie la prosUite, d'un st'ui cuup ol l'ti I et je fis voir ainsi qu'elle était du lui^ini; iiatui'C qiiL' la glande ; cllfs se c fondaient évidemment ensemble, et aucun doute i{ue si la saillie eûl p un plus grand accroissement, elle eût apporté une grande génc à la sortie ' de l'urine (1 ). » Dans un autre cas, il décrit la même apparencu et lappelle « saus aucun doute une exciiiissnnce de la pnislnle » (2j. Il cite quelques cas semblables tiivs de Valsaiva, Thomas Bailholiu [de Padou«>) ei Vallisneri. O dernier parle d'un ai^eroissenienl de volume, « un serablauit de lol)e fourni par le tissu glandulaire e de l'organe, s'élevant dans l'inlérieur de la vessie, du la ionue et du volume d'une noix, et situé non à b partie antéricui-e, mais du calé qui repose sur le rectum. Il en énuinèn. daulres tirés surtout du Sepu/c/iivtum (3) de Bonet, fait atlusiou jar avance à un autre cas qui se trouve dans la lettre suivante de soi vrage (A), et généralise le tout comme il suit :
« Si vous scruter attentivement les exemples que je vous ai indiqués vous ubsei-vercz qu'ils apparLenaient Ions à des vieillards; et de méatsi vous étudiez mes observations, du moins celltis qui mentionnent otf commencement d'excroissance, vous ti-ouvei-e^ que la saillie sÏBge pnfcJ vtsément au milieu de la circonfén'nce interne et supérieure de la gjaudw en arrière; que ce soit le résultat du hasard ou autrement, c'est iv. tjw nous moutrcrcinl les observations il venir (â;. »
Longtemps apiès, cet avenir se réjilisa. Morgagui reprit la recherche i ce sujet, et son niotil' |K>ur y revenir est três-inléiTs^anl dans la qu«^slt<a actuelle. Il parait qu'un « célèbre anatoniiste ■> de l'époque (Mur^agni l ' allusion sans doute à Lieutaud, bien qu'il ne fasse pas mention du noi eoutume invariable qu'il avait adoptée lorsqu'il trouvait un c<)nteni}>orftitt dans l'erreur) allirniail qu'une saillie au coi de la vessie n'est pas » excroissance morbide, mais bien uu petit corps tout â fait normal, qu'j désignait sous le nom de luttte vésicale. .^orgagni alors consacre la ploi grande partie de la soixaiile-sixit-me lettre et la totalité de la -soixant» dixièpue à réfuter cette opinion. Dans la première, il établit que dumi^ quarante-quatre années, comme professeur d'nnatomie, il a disséqué Wt^ le plus grand soin à l'adoue soixante ou soixante-dix cadavres, et qu'il M l'a rencontré que quatre fois; qu'il a fait une vivisection sur un chien exfiriÉ pour le rechercher, et c«>1a inutilement; et cnlin que décidémeul il wi voyait là qu'une ■ exci-oissance morbide de la glande chez les vieillards....^ non pas très-rare, mais pas non plus irès-fréqucnle <>. Valsalva, PohltiM et son ami Santorini te voyaient sous le même aspect. Ce dernier M
l'eprésente par le dessin comme un corps <■ proé^iineul dans les vei mabides > ; il v fait encore allusion comme à une « circonstance i
(i) Morgagni, De atdiltia tt eautîl morhorum /«r anatomen indngalîi, 2 vol. tn-ftifl' Veuiie, 176), IcUre xu, .irl. 31.
12) Uor^agni, ibiit., lelLrc xxxvil.
1») Thenjiliilus Bunokit, lieiiulrhrelum, siit Anntoutiii in-aclku. Lutlguui.ljaO, I III. |1| Noi^aeni, De $eilil/us, etc., lollra U.!!!, ai'l. II. (5l Uem, ibiil., letlri: %u, arl. 19.
Cjiap. 1.] ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE ET STRUCTURE. 313
lenant à la maladie, et qui ne mérite pas une démonstmtion habituelle et constante, ce qui ne sei-ait qu au grand détriment et pour la plus grande envur des jeunes praticiens (1 ) ». La soixante-dixième lettre de Morgagni contient les résultats sur ce sujet de sa quarante-cinquième année d'enseignement anatomique; elle établit qu*il a disséqué en public cinq sujets, et ([uaucun d'eux, malgi'é ses minutieuses recherches, n a présenté la moindre trace de cette « protul)érance arrondie » ou « luette ».
John llunter pensait de même, après avoir examiné lui-même cet organe ; il disait qu'une a petite portion de la prostate, qui est située derrière la naissimce même de l'urèthre, se tuméiie d'arrière en avant, en reprèsenlant une sorte de cône qui s'enfoncerait dans la vessie, et joue le rôle d'une vaU-ule à l'orifice interne de l'urèthre » (2).
H est étonnant, vu les motifs peu sérieux donnés par Everai-d Home, de l'existence distincte d'un troisième lobe comme partie intégrante normale et ordinaire de la prostate, qu'une pareille opinion ait été aussi généralement acceptée sans discussion, jusqu'à ce jour, par les anatomistes anglais. Elle n'est pas admise par le plus grand nombre des observateurs français. Cruveilhier exprime l'opinion générale quand il dit que les canaux éjaculateurs, reçus dans une gouttière ou un canal formé par la substance de la prostate, laissent derrière eux une certaine épaisseur de tissu, mais qu'il Ji'y a aucun motif pour donner à cette partie le nom de lobe. Ce n'est pas, dit-il, une portion isolée, et l'on devrait l'appeler la portion médiane (3j.
Voici les i*ésultats que j'ai obtenus, après avoir pratiqué de nombreuses dissections.
Premièrement, je ne puis trouver chez les sujets sains, au-dessous de cinquante ans, aucune fonnation à l'endroit indiqué, que l'on doive reconnaître distinctement comme un troisième lobe ou lobe médian, et je suis forcé de conclurc qu'on doit considérer connue anormale et morbide toute proéminence marquée en cet endroit, laquelle paraîtrait posséder des caraolères indépendants sous le rapport du volume et de la forme.
Secondement, il y a incontestablement une épaisse couche unissante de tissu enti*e les lobes latéraux, et elle devient prfois un peu plus épaisse jsur la ligne médiane, à l'extrémité vésicale ou Ikisc, que sur les cotés, où elle se confond avec ces lobes. C'est à la partie la plus épjiisse, 6 ou 8 millimètres, au-dessous de la face uréthrale, qu'il y a un trou destiné à recevoir les canaux éjaculateurs. Mais, dîins un grand nombre de cas, cet épaississemenl sur la ligne médiane n'existe pas, et il faut se rappeler que la partie c'U question hiége immédiatement au-dessous de la luette, qui n'est pas une portion de la prostate, mais bien une saillie due à l'entrecroisement des
^1^ Jo. Doiii. Santoriiii, Ob^ervntionf^ nnnlomiçtr. Venclii<, 1724, rhap. ji : De virorum natvralibv.t, explicalion de la pldiiclie H, fig. 2, soct. 20 et 22, p. 201-205.
(2> J. Hunter, Traité des ma/otites vénériennes^ Irail. de G. Riclirlot, S** cdil. Paris, 1859, .cliap. VIII, p. 303.
<3i J. CruveiIlii»T, Anatomie ftathoiogique tlu corps humain, livraison xxvili, p.^ 3. Paris, 183.')-18i2. — Voyez aussi Traité (ranntomie pathologique générale^ par le même. Paris, 18.')G, t. III, p. 46. — Laii^eiit>eck est aussi du même a\is. — Seue Bibliotfiek fur die Chirurgie. Ilannover, 1818, t. I, p. 3C0.
CUAP. I.] ANATOMIE TOPOCRAPHIQUE ET STRCCTIRE. 31^
ronjonclif ou élastique, et que les vaisseaux sanguins sont en moins grand nombre que ceux des portions membraneuse el bulbeuse de l'urèthre, lesquelles offrent par conséquent une coloration plus rouge. Ces couches sous-muqueuses sont composées en grande partie de fibres musculaires pâles, non stri^^s, entremêlées de fibres blanchâtres el de fibres élastiques ^ en petite proportion. Les fibres musculaires s'étendent longitudinalement en suivant l'ax*» du canal, et forment, imnuHiiatement au-dessous de là nmqueuse, une couche mince, mais un |>eu dense et résistante, au travers de la prostate; elles affectent les mêmes rapports sur toute la longueur du canal, bien qu'elles soient alors en moindre quantité qu'en cet endroit. En arrière, elles se continuent avec les fibres de la couche sous-muqueusé de la vessie. C'est par le développement de ces fibres musculaires longitudinales de lurèthre qu'est fonné le vemmontanum ; elles se divisent pour circonscrire l'orifice de l'utricule, et livrer passage aux canaux prostatiques. Ces cavités sont tapissées d'une délicate membrane épithéliale (épithélium cylindrique) semblable à celle de la portion prostatique de lurèthre.
Voici maintenant quel est le mode précis de distribution des vaisseaux, sanguins déliés au-dessous de la muqueuse. Du col de la vessie à la partiela plus élevée du verumontanum, on n'en aperçoit qu'un petit nombre; et la muqueuse a une teinte jaunâtre, en raison de leur rareté. Mais, au devant de la saillie, on voit circuler un grand nombre de vaisseaux déliés, côte à côte; ils cheminent, pour la plus gi'ande partie, en suivant Taxe de Turèthre, mais ils divergent un \\eu obliquement en dehors, à droite et à gauche de la ligne paie du verumontanum, et se continuent dans la portion membraneuse. La muqueuse est donc d'une teinte rouge plus foncée au devant de l'éminence; si vous l'examinez avec un verre grossissant, vous verrez que c«' fait est dû aux vaisseaux déliés qui se ramifient longitudinalement, et que nous venons de décriiv.
L'utricule, ou vésicule prostatique, est un petit sac que nous avons vir s'ouvrir sur la (iice antérieure du verumontanum. Il a une fonne à peu près ovale, et mesui-e ordinairement de 5 à 8 millimètres de longueur, et de /i à 6 millimètres dans sa plus grande largeur; toutefois il peut se présenter plus volumineux ou plus exigu. Son extrémité postérieure est large, Tantérieure est étroite. Il est situé obliquement, avec son grand diamètre dirigé du côté, ou un peu au-dessous do la partie médiane, et sur le trajet des canaux éjaculateurs ; ceux-ci sont compris dans 1 épaisseur de ses parois. L'orifice externe de l'utricule est quelquefois extrêmement fin; il s'est même présenté des cas où il faisait défaut; on trouvait alors, à la partie antérieure du venjmontanum, l'ouverture des deux canaux éjaculateurs.
Le sac de l'utricule est constitué par une muqueuse, recouverte d'un épithélium cylindrique, et par un tissu sous-muqueux qui rattache la mu- (jueuse à quelques bandes de tissu fibreux blanchâtre, et de fibres musculaires pâles, et, par ces dernières, à la masse même des tissus environnants» Il contient des follicules muqueux,qui paraissent sécréter une matière d'un bmn fougeàlre foncé et analogue à de la gelée ; parfois le sac est presque entièrement rempli de cette matière.
311 HALAblE.S DE Ut PROSTATE. {Put. i.
fibres musculaires de la tunique vésicale mterne, disposées parfois à sedéivloppvr iiidùmeut. SJ l'on n'a pas ce faîl présent à l'espril, on peut coofouAf ies deux dispositions, et l'erreur, qui consiste à en bire un seul tissa, conduira l'observateur à attribuer à tort nu 1roisij.*nie lotie à la prostate. Je cnù qu'il est assez souvent arrivé d'affimier l'eiisteiiee distincte d'un lob* moyen sur la simple inspeetion de rintérieur de la vessie; on omet alun de se livrera un examen plus approfondi, qui seul peut déterminer, du' tous le^ cas, si un petit prolongement du c<)té du col de ta vessie est du à rhyjierlrophie des tissus de la luette ou de la prostate, ou à de p*4ili-^ tumeurs enfouies en ce point dans l'organe.
Mais, troisièmement, la commissure postérieure en question possède, il est vrai, un caractère spécial qui la dislingue de toutes les autres partie caractère qui parait avoir moins attiré l'attention peut-être qu'il ne mmtait de le faire dans la discussion de ses litres au i:om de troisième I >bf. •-! qui semble tuî mériter une dénomination particulière. En outre, ce canu*' 1ère paraît lié à la tendance à l'accroissement que possède, sans aumii doute, celle partie de l'organe, et que nous discuterons plus loin tout ou long. C'est que la partie en question comprend indubitablement une plu^ forte proportion de tissu g/andulaire que la plupart des autres portions dr la glande. Des coupes lines de cette partie, pincées sous le microscope, e( comparées avec des coupes provenant d'autres parties, pn.iuveronl netlfmenl fa véracité de celle assertion.
El maiuleuant, si je considère tous les lennes propos«-s pour dési^^KT l'organe eu question, je ne vois pas de motif suflisant pour maintenir l'appellation de loèe. Au contraire, il parait désirable de prendre celle qu'ont adoptée les anatomistes français, je veux dire la portion médiane, puisqu'eltr est suflisamment précise ; peut-être aussi n'est-il pas sage, sans une plus ample justification, de changer un terme usité jusqu'ici dans celte langtK moderne qui, à l'époque actuelle, en littérature scientifique, est peut-Ar la plus généralement comprise. Si, conservant les termes de loàes latéraui comme admis par tous, nous appliquons à la partie située en avant d« l'urèlfire (dans la station debout) le terme Ae commiaure onlériture, partir qui a environ 3,5 cenlim. en longu(<ur, et le terme de commissure postérieure à la partie qui lui correspond sur une même longueur, en arrière da canal, il ne nous reste plus que celte épaisse porlion de l'organe situer derrière le verumontanum, que traversent les canaux éjaculateurs, que parcourent en tous sens des tmctus glandulaires, et qui a de la tendance k augnieriler beaucoup de volume avec l'âge, à désigner sous lé nom dr porlion médiane, suivant la pratique adoptée jusqu'ici. Il faut ajouter qtiC ■ c'est à celte partie que Mercier (de Paris) a proposé de donner le nom ds ■ portiott siis-montanalf, pour indiquer sa position en arrière du verumonla-l num. Les raisons ci-dessus d'adopter le terme simple, et jusqu'ici mieuiT connu. Av. portion médiane, s'appliquent peut-être également aussi hi&f positioir, bien qu'il n'y ait point d'autre objection à ce qu'elle soit adop par ceux ijui la pi-éfèrent, car elle indique assez clairement la partie qtM l'auteur a en vue.
Chap. I.] ANATOMIE TOPOOKAPHIQUE ET STRCCTIRE. 31^
conjonclif ou élastique, et que les vaisseaux sanguins sont en moins grand nombre que ceux des |)oi1ions membraneuse el bulbeuse de lurèthre, lesquelles offrent par conséquent une coloration plus rouge. Ces couches sous-muqueuses sont composées en grande partie de fibres musculaires |>àles, non striées, entremêlées de fibres blanchâtres et de fibres élastiques en petite proportion. Les fibres musculaires s étendent longitudinalement en suivant l'axe du canal, et forment, immikliatement au-dessous de lâ muqueuse, une couche mince, mais un peu dense et résistante, au travers de la prostate ; elles affectent les mêmes rapports sur toute la longueur du canal, bien qu elles soient alors en moindre quantité qu'en cet endroit. En arrière, elles se continuent avec les fibres de la couche sous-muqueusé de la vessie. C'est par le développement de ces fibres musculaires longitudinales de lurèthre qu'est formé le verumontanum ; elles se divisent pour circonscrire l'orifice de Tutricule, et livrer passage aux canaux prostatiques. Ces cavités sont tapissées dune délicate membrane épithéliale (épithélium cylindrique) semblable à celle de la portion prostatique de lurèthre.
Voici maintenant quel est le mode pnk'is de distribution des vaisseaux sanguins déliés au-dessous de la muqueuse. Du col de la vessie à la partie la plus élevée du verumontanum, on n'en aperçoit qu'un petit nombre; et la muqueuse a une teinte jaunàtœ, en raison de leur rareté. Mais, au devant de la saillie, on voit circuler un grand nombre de vaisseaux déliés, côte à rôle; ils cheminent, pour la plus grande jmrtie, en suivant Taxe de Turèthre, mais ils divergent un peu obliquement en dehors, à droite et à gauche delà ligne pâle du verumontanum, et se continuent dans la portion membraneuse. La muqueuse est donc d'une teinte rouge plus foncée au devant de l'éminence; si vous l'examinez avec un verre grossissant, vous verrez que vr fait est dû aux vaisseaux déliés qui se ramifient longitudinalement, et que nous venons de décriiv.
L'utricule, ou vésicule prostatique, est un petit sac que nous avons vu s'ouvrir sur la face antérieurt* du verumontanum. Il a une forme à peu prèsovale, el mesure ordinairement de 5 à 8 millimètres de longueur, et de 4 à 6 millimètres dans sa plus grande largeur; toutefois il peut se présenter plus volumineux ou plus exigu. Son extrémité postérieure est large, l'antérieure est étroite. Il est situé obliquement, avec son grand diamètre dirigé du coté, ou un peu au-dessous de la piirtie mtMliane, et sur le trajet des canaux éjaculateurs ; ceux-ci sont compris dans l'épaisseur de ses parois» L'orifice externe de rulricule est quelquefois extrêmement fin; il s'est même présenté des cas où il faisait défaut; on trouvait alors, à la partie antérieure du verumontanum, l'ouverture des deux canaux éjaculateurs.
Le sac de l'utricule est constitué par une muqueuse, recouverte d'uD épithélium cylindrique, et par un tissu sous-muqueux qui rattache la muqueuse à quelques bandes de tissu fibreux blanchâtre, et de fibres musculaires pâles, et, par ces dernières, à la masse même des tissus environnants» Il ccmtient des follicules muqueux, qui paraissent sécréter une matière d'un brun fougeâtre foncé el analogue à de la gelée ; parfois le sac est presque entièrement rempli de cette matière.
3IÛ MALADIES DE LA PROSTATE. [Pam. u.
Portion pbostatiole dk lubkthbe. — l'reucz une vessie d'udiillc- atcc <^iiviraii 7 ceiilinièli'i-s el demi de rurèlbra, la proslale et autres lissiu avoiâinaiils ; placcx-les sur uin; table, la face pubienne tournée en haut.Bl vous aperceviez l'iu'èlhre en iueisaulluules les pari i«s qui, dans celle posilioiit se trouvent au-dessus de lui, et eu écartant les deus lèvres de rincisioit. Vous trouveit^z aloi's les parlirularilés suivantes dons la portion de l'ur^ ihi'e soumise a votre examen.
Du cMÎ: de la vesâio, la limite de la portion proslali(|ue de l'urêlbra est h luette vésicale, (]ui apparaît cuintue une saillie légèrement ai-rondie sur If plaïKrher du cul de la vessie. A partir de ce point, le canal s'uvouce grtrduellement en s'élargissanl un peu, el se creuse, ou se déprime sur sa paroi inférieure ; cette dépression se trouve divisée par une saillie lougitudinalr médiane, le verumonlanum. Celte éminence prend naissance d'une fa^ou {)resiiue iniperc^^ptilile, par une ligne blanclidtiv, juste au devant de % Juelle; puis, s élevant peu îi peu pendant 12 à 13 millimètres, elle atleiqt alors sa hauteur la plus grande [environ 3 millimètres et demi), et form^ une crête longitudinale sur la ligne médiane de l'urèltire. Elle s'élargil «I s'arrondit jusqu'à son point culminani, puis, s'amoindrissant tout d' coup (]uel({ue |h'u dans son trajet en avant, elle oITre, sur sa pciile auté^ rieui'e, une ouverlui'e que nous allons étudier en détikil. Le faite, qui TU ^graduellement en s'nmuindrissanl, abandonne la |>orlion prostatique dé i'urèthre et pt-nèti-e dans la poilion membraneuse de l'organe, 1a dépreS* sion de la podion proslatique, sinus proslutique, se trouve ainsi divisée deux silliiiis latéraux situés de iliaque ci'ité du venmionlauum; c'est là i|u'oii (M'ut idiserver un grand nombre de petites ouvertures, orifices dtt conduits prostatiques. Lorsqu'un les examine avec mie lentille ordinaiff -d'un faible {muvoir gi-ossissant, ou peut les compter sans diriîcullé : df cfUe façon un eu peut distinguer jusqu'à 20 ou '1<\, [mrfois 30. ils s'aliguoBl principulement de chaque ctJlé du vermnonlanum; mais on en voit ausd ^luelquus-uns soit en avant, soit en arriére.
La longueur de la portion pnislaliqui' de I'urèthre est comprise eitlm 28 et 32 niillinièires. ijon diamélie s'exprime oi-dinairemenl |)ar un chlKf iixe; mais comme les surlaces sont en contact l'une avec l'autre, sauf dant la distension qui résulle d'un acte fonctionnel, il est difficile à'té' figuier le calibre avec exactitude. Les parois el les tissus envirnuiuinU soil; eitlensibles, en sorte que ce ealiliiv est fureémetit variable, suivant la IbnS de la pression exeicée, du muiiis ihius oui' i rrlaine limite. Sans souiueUM les parties à une trop forlecxliiisii'ii, le dimnclre du canal, vis-ii-vîsdelà', wéle du vei'unioulanum, urmht iiniiuii K ii y millimètres et demi 4'alculé de la même façon à iliaqi»' ixtu'iiiili- de la |>orlion prostatique^ ce diamètre se trouve être un |ii-ii muiiis iiiiisiilirabie.
Lasurfaw de l'umllire, aiuai uonsidéié, présente une nmqueuse, n>cottveile d'mi épilbétium cylindrique toujours dispos*^ en deux couches, l'i superficielle, l'autre profonde. A l'état frais, cette membrane olTre i teinte d'un jaune pide et d'une couleur rusée, parce que les conciles sooj^ jacenles sont formées de libres nmsculaires, piites, non striées, et
Chap. 1.] ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE ET STRCCTl'RE. Zil
ronjonctif OU élasti(|ue, el que les vaisseaux sanguins sont en moins grand nombre que ceux des i)ortions membraneuse et bulbeuse de lurèlhre, lesquelles offrent par conséquent une coloration plus rouge. Ces couche» sous-muqueuses sont composées en gi'andc partie de fibres musculaires pales, non striées, entremêlées de fibres blanchâtres et de fibres élastique» en petite proportion. Les fibres musculaires s'étendent longitudinalement en suivant Taxe du canal, et forment, immédiatement au-dessous de la nmqueuse, une couche mince, mais un peu dense et résistante, au travers de la prostate ; elles affectent les mêmes rapports sur toute la longueur du canal, bien qu'elles soient alors en moindre quantité qu'en cet endroit. En arrière, elles se continuent avec les fibres de la couche sous-muqueusé de la vessie. C'est par le développement de ces fibres musculaires longitudinales de l'urèthre qu'est formé le verumontanum ; elles se divisent pour circonscrire l'orifice de l'utricule, et livrer passage aux canaux prostatiques. Ces cavités sont tapissées d'une délicate membrane épithéliale (épithélium cylindrique) semblable à celle de la portion prostatique de l'urèthre.
Voici maintenant quel est le mode précis de distribution des vaisseaux sanguins déliés au-dessous de la nmqueuse. Du col de la vessie à la partiela plus élevée du verunjontanum, on n'en aperçoit qu'un petit nombre; el la muqueuse a une teinte jaunâtre, en raison de leur rareté. Mais, au devant de la saillie, on voit circuler un grand nombre de vaisseaux déliés, côte à côte; ils cheminent, pour la plus gi'ande partie, en suivant l'axe de l'urèthre, mais ils divergent un \\e\x obliquement en dehors, à droite et à gauche de la ligne pâle du verumontanum, et se continuent dans la portion membraneuse. La muqueuse est donc d'une teinte rouge plus foncée au devant de léminence; si vous l'examinez avec un verre grossissant, vous verrez que r«' fait est dû aux vaisseaux déliés qui se ramifient longitudinalement, el i\nc nous venons de décrire.
L'utricule, ou vésicule prostatique, est un petit sac que nous avons vu s'ouvrir sur la face antérieure du verumontanum. Il a une forme à peu près ovale, et mesure ordinairement de 5 à 8 millimètres de longueur, et de 4 à 6 millimètres dans sa plus grande largeur; toutefois il peut se présenter plus volumineux ou plus exigu. Son extrémité postérieure est large, l'antérieure est étroite. Il est situé obliquement, avec son grand diamètre dirigé du côté, ou un peu au-dessous de la partie médiane, el sur le trajet des canaux éjaculateurs ; ceux-ci sont compris dans l'épaisseur de ses parois. L'orifice externe de l'utricule est quelquefois extrêmement fin; il s'est même présenté des cas où il faisait défaut; on trouvait alors, à la partie antérieure du veinimontanum, l'ouverture des deux canaux éjaculateurs.
Le sac de l'utricule est constitué par une muqueuse, recouverte d'u» épithélium cylindrique, et par un tissu sous-muqueux qui rattache la muqueuse à quelques bandes de tissu fibreux blanchâtre, et de fibres musculaires paies, et, par ces dernières, à la masse même des tissus environnants» Il contient des follicules muqueux,qui paraissent sécréter une matière d'un biiin fougeàtre foncé et analogue à de la gelée ; parfois le sac est presque entièrement rempli de cette matière.
318 MALACrES DE LA PROSTATE. [P.m, n.
A l'étal de i-opos, les parois de la portion prostatique dt l'urèlbre s'appliquonl assez exaclcmenl l'une contre l'autre, et la muqueuse forme de lugm plis longitudinaux, séparés par de petites rainures. Une section transversale nous montre que le canal aiïecte une forme qui se rapproche beaucouji d'un triangle à sommet supérieur.
TnAJET DES CANALiX ËJACL'LATEITBS DANS I.* PROSTATE. — Le COnduîl POin-
mun, formé par la réunion du canal déférent et du conduit excréteur de ii vésieule séminale, s'enfonce tout contre celui du cfllé opposé, dans la bay de la prostate, à environ 6 à 8 millimètres de l'ouverture qui donne passa^ au canal de l'uréthre ;la prostate a été enlevée et placée dans la position qor j'ai déjà indiquée). Il y a, vers la base de l'organe, une dépression bien marquée, de forme pyi-amidale, à sommet dirigé vers l'intérieur ; elle « confond avec la partie la plus élevée de la rainure qui sépare les deux lobe* latéraux. Cette dépression s'enfonce dans l'épaisseur de la |>ortîon postérieure ou Iroisicme lobe, de fagon que les trois quarts de la glande restent entre les conduits et l'urèthre, el que le dernier quart forme une coucbt mince entre les canaux el la face inférieure de la prostate. Cette proportiou varie selon les sujets; chez tous, néanmoins, la plus forte partie de la glande est entre les conduits et l'urèthre. Une mince couche de tissus de 1 millimètre k i millimètre et demi d'épaisseur sépare les deux canaux, lorsqu'ils pénètrent dans l'organe l'un à cMé de l'autre. Ils marchent aloi| dire*rtement vers l'utricule, el poursuivent leur trajet dans l'épaisseur da parois de cette cavité, l'un d'unciMé, l'autre de l'autre; ils viennent s'ouvrilv* en forme de fente, k la partie antérieure du vcrumonlnnum, k ciilé del'oftf fice de l'utricule. En pratiquant avec soin une section longitudinale i^ rutricuie, on peut aisément se rendre un compte exact de leur trajet, j
Le canal éjaculaleur, depuis son entrée à la liase delà prostate jusqu'à M terminaison, k côté de l'orifice de l'utricule, a une longueur de 12 ■nîOI> mètres environ. Sa structure se compose d'une muqueuse nu luniqiV interne, de quelques libri'S musculaires pâles qui en font le tour el de lii conjonctif interposé; ces tuniques sont beaucoup plus minces et moi résistantes que celle du canal déférent. Les libres musculaires sont li giludinales el suivent l'axe du conduit; elles se' continuent, au aivew de l'orifice de l'utricule, avec celles qui entourent la muqueuse urélhral^ el que nous avons déjfi décrites.
A^ATOMiB MICROSCOPIQUE DE i.A PROSTATE. — Des tissut çui entrent dam h composilion de la prostate, et de leur agencement. ■ — Nous avons déjà dîl q^: les libres musculaires pâles, non striées, entrent largement dans la oomp^t sition de la pivislate. La vérité de ce fait a été reconnue pnr bon nomîi^; d'observateurs indépendants, et, parmi ceux qui en ont parlé les premierl^r se trouve le docteur Handiield Jones, qui a inséré pour la première Khs vîf mémoire sur ce sujet dans la Médical Gazette pour août 1847.
L'aniu''(!suivante,K6lliker{l] publia un compte roadu sur ses examens di la prostate, et il y dMarail que le tissu musculaire paie constituait la
(f ) Kullikcr, ZeiUchrift fur wissenachnflliche Zoologif. \jâfù%.
Chap. I.] ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE ET STRUCTURE. 319
jeure partie de Torgane, et que le tissu glandulaire ne se trouvait qu'en proportion moindre. Plus récemment, le professeur Ellis, de University Collège, a repris et creusé le même sujet, et il est arrivé aux mêmes conclusions (1).
On trouvera la deniière description de Kôlliker dans les Eléments d'hit" tdogie (2). Il confirme ses premières observations aussi bien que les vues de Fobser^ateur que j'ai cité plus haut (3).
J'ai déjà donné (page 301) une description anatomique de l'agencement des fibres qui entourent immédiatement la muqueuse de la portion prostatique, couche de fibres musculaires, connectives et élastiques, entremêlées, suivant la direction de Taxe de Turèthre. J*ai aussi montré qu'elles sont entourées d'une couche de fibres transversales disposées circulairement autour de Taxe, et par conséquent placées à angle droit par rapport aux précédentes. Enfin j ai dit que cette couche est plus épaisse que la première, surtout à son extrémité vésicale, où elle se confond avec la couche des libres circulaires de la vessie. Les autres tissus qui entrent dans la composition de l'organe, et que j'ai soumis de plusieurs manières à une étude approfondie et njinutieuse, vont être maintenant l'objet d'un examen détaillé.
Tout d'abord les deux couches de fibres musculaires et autres que je viens d enumérer sont traversées par un grand nombre de canaux excréteurs venant des glandes, et dont la structure nous reste à décrire. Ces
(i) Ellis, Tranmciions of ihe Metlko-Chirurgical Society, vol. XXXIX, 1856, et illustré des dessins de ses pièces aiuitomiques. « La prostate est un corps e:>sentielleinent musculaire, formé de ûbres circulaires ou orbiculaires non soumises à l'action de la volonté, avec un large trou central pour le passage de l'urèthre. et une autre ouverture oblique, plus petite, dirigée en haut au dessous de la première, et destinée à frayer le chemin des conduits éjaculateurs jusqu'au canal urinaire qui occupe le milieu de Torganc. C'est à peine si l'on peut considérer comme faisant partie de ce corps les quelques fibres longitudinales qui recouvrent la face supérieure de la prostate, et qui dérivent de la tunique musculaire externe de la vessie.
» Ses fibres circulaires sont en continuité directe en arrière, sans ligue de st'^paration, avec les fibres musculaires de la vessie. En avant, une couche mince de ers fibres musculaires, d'une épaisseur de 3 millimètres environ, se prolonge autour de la portion membraneuse de l'urèthre, comme pour l'isoler du constricteur soumise l'action de la volonté
En dedans, et complètement distinct des fibres circulaires, se trouve le canal de l'urèthre, renfermé dans sa couche sous-muqueuse de fibres longitudinales. Du côté de la face postérieure et inférieure, les fibres sont moins bien accolées les unes aux autres, surtout à Tendroil par où entrent les vaisseaux, et elles semblent surajoutées à celles qui rejoignent les tuniques de la ve»sie.
» Comme il n'y a qu*unc aussi faible partie de la prostate qui soit glandulaire, il est douteux que l'on puisse ai>pelcr ce corps une glande; car les petites glandes sécrétantes qui y sont contenues ne sont que des appendices de la muqueuse qui se prolongent au milieu des fibres musculaires, de la même façon que les autres glandes de l'urèthre s'étendent au milieu des tissus sous-muqueux environnants. » (Trans, ofMed.-Chir. Sociefi/t vol. XXXIX, p. 330 )
(2) Voyez KùUiker, Éléments d'histologie humaine, 2* édition française, revue et corrigée d'après la 5' édition allemande, par le docteur Marc Sée. Paris, 1869.
(3) a La prostate, selon nos propres observations, confirmées- par V. Ellis, et en partie aussi par Jaijavay iRechetxhes anatomiques sur furèthre de t homme j Paris, 1856), est un organe très-musculaire, dans lequel la substance glandulaire ne forme guère qu'un tiers ou une moitié aa plus de l'organe. »
329 NALiDIES DE LA PROSTATE. [Pin. l.
canaux excrél'^urs suifcnl une direction conrenlriqoe et s'oavreni à Fintérieur de rurêlhre de chaque côté du veruroonlanom. Ensuite, au mifini des fibres externes ou circulaires, on rencontre quelques petits culs-desac glandulaires simples, appendus aux canaux excréteurs qui se difi^fH Ters Turèthre. Ces petites glandes sont en grande partie situées au-dessoos de Turèthre, près du point où il s'unit au col de la vessie, en arrière et m en avant du venimontanuni.
Voyons maintenant la structure de la partie de Torgane qui manque it res deux couches musculaires et qui est située en dehors, qui fonne ks lobes latéraux, partie qui donne à la prostate sa forme particulièie et se caractères constants : qui, en somme, en fait un oi^ane indépendant et in organe mâle.
Là nous trouvons une combinaison du tissu musculaire et de ses oongénères, je veux dire lenchevéîrement de fibres musculaires, connectî?«s et élastiques 'avec prédominance des premières}^ et de tissa ^bndolairp.
I^e tissu musculaire n'a plus aucun agencement bien défini. Il semble qu'un certain nombre de faisceaux partent des fibres circulaires les plus éloignées du centre pour se diriger en dehors, jusqu'à la capsule. En agissant ainsi, elles procèdent un peu irrégulièrement, s'entrecroisent bckement entre elles et ménagent ainsi de nombreux interstices. KôHiker piétend que ces faisceaux rayonnent en dehors dans toutes les direetions, en prenant pour centre les ccités du verumontanum. Pour moi, je ne distmgiif rien d'aussi précis qu'une irradiation générale, et certainement il n*y a jm une irradiation régulière sans entrelacement : mais peut-être n'est-ce pis là ce qu'il veut dire. Ces bandes divergent toutes du centre vers la ciroon- Térence: mais il semble qu'il y ait aussi quelques bandes à direction diflereote, de façon qu'elles s'entrecroisent et se réunissent avec les autres t angles plus ou moins aigus: ces bandes ne partagent pas beaucoup les caractères de divergence et d'irradiation, mais elles s'entremêlait avec les éléments glandulaires qui nous restent à décrire, s'unissent à eux, eofeloppant et enserrant, pour ainsi dire, les lobes de la glande. Tout autour de la prostate, les fibres du tissu musculaire et ses dérivés se continuent en partie dans l'épaisseur de la capsule de la glande et font partie de si structure.
Les interstices mentionnés plus haut sont remplis de tissu glandulaire: celui-ci, dans les parties latérales de l'organe, entre pour une forte proportion dans la sul^tance prostatique, et lui donne à l'œil nu une apparraee de couleur variée. Lorsqu'on pratique une section longitudinale sur on lobe latéral, on distingue aisément ces grains glandulaires à leur coloration jaunâtre, et, par suite, on se trouve à même d'examiner approximativement par des coupes leur siège, leur direction et leur proportion par rapport au stroma fibreux. L'agglomération de glandes qui siègent à h portion médiane, avec les canaux éjaculateurs au-dessous, et, à côté, les glandes des parties postérieures et inférieures, se distinguent aisément, parce que leur ligne de divergence en dehors, en arrière et en bas, à partir du verumontanum, se trouve marquée par le tissu glandulaire que je viens
€h\p. I.] ANAT0M1E TOPOGRAPHIQCE ET STRUCTURE. 321
<le mentionner; les bords inférieurs, quelque peu arrondis, n'arrivent qu'à environ 2 millimètres de la circonférence de Torgane, le reste se composant de la capsule associée à du tissu fibreux.
Les glandes sont eh quelque sorte particulières à la prostate, et caractérisent cet organe. Elles consistent en grains multilobaires ou ramifications composées, dont le type le plus frappant se trouve dans les glandes salivaires et le pancréas ; mais elles différent quelque peu de ces dernières. Après examen sérieux au microscope, sur des pièces fraîches ou sur des pièces durcies, voici quel parait être lagencement des glandules prostatiques.
Dans un but de précision, je vais énumérer les termes employés dans leur subdivision, en commençant aux parties terminales de la glande ellemême, et en procédant par ordre jusqu'à leurs canaux excréteurs : !• vésicules ou culs-de-sac; 2* follicules; 3® canaux; /i" lobules.
!• Par vésicules ou culs-de-sac, on entend les enfoncements les plus petits de tous; ces cavités ont une forme en partie sphéroîdale et leur diamètre varie, dans les premiers temps de la vie^ de 126 à 8^ p (1). Parfois il n'en existe qu'un ou deux à l'extrémité d'un conduit très-fin; mais d'ordinaire il y en a plusieurs d'agglomérés, en nombre et de grosseur très-variables, pour former un groupe, avec une cavité centrale commune à tous ou à un certain nombre d'entre eux. Les vésicules ont une forme plus ou moins sphéroîdale ou ovoïde; quelques-unes apparaissent au milieu des tissus voisins sous la forme de simples coupes, tandis que d'autres sont pédonculées et ont même la forme d'une bouteille. Les mesures données ci-dessus sont celles que Fon rencontre le plus au début de l'âge adulte. Chez les vieillards, et même au milieu de la vie, ces cavités augmentent de volume et semblent dilatées.
2* Les parties excavées, plus ou moins complexes, qui résultent de l'association d'un groupe de vésicules, peuvent être nommées follicules, et ne sont pas moins variables en volume. D'ordinaire, leur diamètre atteint :211 à 253 fi. Avec l'âge elles augmentent de volume, jusqu'à devenir trois fois ou même cinq fois plus volumineuses. Chaque follicule a son conduit propre, ce qui se présente le plus souvent; ou bien il s'ouvre en même temps que plusieurs autres dans un conduit commun, mais qui se rend au canal excréteur propre du lobule dont fait partie le follicule. Les glandes prostatiques offrent cela de particulier que les follicules varient beaucoup "de volume, et sont placés irrégulièrement le long du canal. Ils ne sont point pressés autour de lui, comme dans les autres glandes ramifiées, mais ils sont dispersés sur toute sa longueur, à de grands intervalles irréguliers. Il suit de là que le tissu ne se trouve uni que lâchement, et qu'il est par conséquent plus difficile à isoler, à découvrir et à étudier avec exactitude.
3* Les petits canaux sont extrêmement nombreux. Chaque follicule, ou petite collection d'acini, possède son conduit, qui a souvent une certaine
(1) [Nous avons adopté, pour la numération microscopique, le type de Kôlliker, le millième de miUimètre, (& : ainsi 8& (a = 0"",084. ]