‹ Traité pratique des maladies des yeux, des oreilles, du nez et du pharynx [microforme]Chapitre 113 sur 154 · OTITE MOYENNE CATARRHALE AIGUE · texte numérisé non relu

OTITE MOYENNE CATARRHALE AIGUE

l’épiderme, il devient trouble et se recouvre de dépôts grisâtres. La moitié postéro-supérieure du tympan bombe vers le conduit, mais d'ordinaire, lorsque la rupture a lieu, elle se fait à la partie antéro-inférieure. La perforation est rare dans l’otite catarrhale simple, la sécrétion, si elle est très abondante, s'échappe par les trompes ou se résorbe sur place. Lorsqu'il existe un exsudat qui remplit la caisse à moitié, on voit le tympan affecter deux couleurs différentes ; il y a une ligne de démarcation tracée par le niveau de l'épanchement (voir fig :,4). La maladie peut se borner à une simple hypérémie sans épanchement.

La rétraction de la membrane du tympan en dedans, existe généralement et résulte de la raréfaction d'air dans la caisse (voir fig. 138).

Symptomes subjectifs.—/ouleur. I,es douleurs sont vives, lancinantes, isochrones au pouls, mais n’atteignent pas le degré de violence qu’on leur trouve dans l’otite purulente. Ces douleurs sont plus vives la nuit, s'étendent de la gorge à l'oreille et s’irradient sur le trajet de la cinquième et septième paire. Les douleurs d'oreille chez les enfants, à l’époque de leur dentition, sont attribuables à cette maladie.

La douleur résulte de la raréfaction d’air dans la caisse qui entraîne une compression sur le tympan et les parties enflammées de l'oreille moyenne.

Surdité. —I,'audition diminue graduellement, la surdité est proportionnée à la quantité d'épanchement, mais dans tous les cas, elle est plus marquée que dans la myringite et moins que dans l’otite purulente aiguë. La surdité résulte du gonflement de la muqueuse, de l’effusion de sérosité, qui gênent les mouvements vibratoires des osselets de l’ouie et des fenêtres

rondes et ovales.

Bourdonnements. —1,es bruits subjectifs de l'oreille manquent rarement au cours des affections de l’oreille moyenne. Leur intensité n’est pas toujours en rapport avec la gravité de la maladie.

I,'otite catarrhale s'accompagne généralement d’'affections catarrhales des voies respiratoires supérieures.

Marche, terminaison.—IT/'affection a une tendance à passer à l'état chronique, à récidiver sous l'influence des moindres causes, et à se terminer définitivement par l'otite sclérémateuse.

Symptomes objectifs. —OTITE MOYENNE PURULENTE AIGUE. —T,es symptômes de cette affection sont ceux décrits précédemment à propos de l’otite catarrhale aiguë, ils n’en diffèrent que par leur intensité.

Le conduit auditif est gonflé, enflammé, surtout à son extrémité interne, il en résulte une plus grande difficulté pour examiner le tympan. Cette membrane passe successivement par toutes les phases de la congestion, de l’inflammation, du ramollissement. La perforation a lieu, amène une détente dans les symptômes subjectifs et donne issue à du pus. Cet écoulement est d’abondance variabie, en général très profux, il tombe goutte à goutte. I,’existence d’une perforation se reconnaît à la présence d’un reflet lumineux pulsatile au fond du conduit à la surface d’une gouttelette de pus ; au sifflement de l’air comprimé dans la caisse par le procédé de POLITZER.

L'étend: de la perforation varie. Petite, insuffisante, l'écoulement se fait difficilement jour au dehors, les douleurs persistent ; large, comprenant la totalité ou les deux-tiers de la membrane, la chaîne des osselets se détache et s’élimine au dehors. En dépit des perforations larges, les douleurs ne sont

Page 1