‹ Traité pratique des maladies des yeux, des oreilles, du nez et du pharynx [microforme]Chapitre 121 sur 154 · POLYPES · texte numérisé non relu

POLYPES

pes sont une complication fréquente des otorrhées. Les polypes muqueux ont la même structure anatomique que les granulations ; de sorte qu’on peut les considérer comme une seule et même maladie. Le point d’origine de ces tumeurs est généralement la muqueuse de la caisse, quelquefois le tympan ou le conduit auditif externe. On les reconnaît à leur début par les saillies en relief qu’elles forment au point où elles apparaissent. Ces saillies sont variables de grosseur, elles offrent le volume d’une tête d’épingle ou se développent au point de remplir complètement le conduit auditifexterne et d'apparaître au méat auditif. Les granulations sont tantôt d’un rouge vif, tantôt pâles et rosées, elles sont isolées, implantées ça et là, ou elles sont agglomérées et framboisées. Elles saignent facilement, leur surface est le siège de reflets lumineux. Leur degré de consistence est établi à l’aide du stylet. Les granulations sont mollasses, croissent rapidement, et compliquent souvent une périostite, une carie ou une nécrose. Elles correspondent aux granulations fongueuses que l’on trouve autour des os malades.

Les polypes sont généralement divisés en trois classes :

1° muqueux ; 2° fibreux ; 3°

myxomaleux.

Les polypes muqueux sont les plus communs, ils sont mous et de couleur rosée ; les polypes fibreux sont durs, ils sont

formés d'un tissu conjonctif dense ; les myxomes sont rares.

Le diagnostic en est généralement facile, surtout lorsqu'ils ont atteint un certain degré de développement. Au début, il faut s'aider du stylet ; les dépressions, les déplacements qu’on y opère, joints à l'apparence de l’excroissance, lèvent tous les doutes. Lorsque le polype a envahi une partie ou la totalité

du conduit, on peut le confondre avec la saillie d'un fursnele ;

ur

[er

CHOLESTÉATOME 351

le stylet circonscrit le polype, le mobilise sans causer de douleur, la saillie du furoncle est sessile et douloureuse au toucher.

Les symptomes subjectifs des polypes sont ceux de la cause qui les produit, c'est-à-dire qu'ils s'accompagnent de surdité, de bourdonnements, de vertiges, de poussées inflammatoires douloureuses, dues à la retention du pus.

Traitement.—I[,es granulations sont cautérisées avec l’acide chromique. On a proposé de les détruire à l’aide d’instillations d'alcool absolu. Ce mode de traitement est lent et peu effectif. Le galvano-cautère n’est pas à la portée de tous les médecins, les cautères doivent être très fins et appliqués avec beaucoup de précautions. L'acide tannique et le perchlorure de fer sont peu employés.

Les polypes seront enlevés avec un serrenœuf (fig. 161) ou

Fig. 161 une curette tranchante fénêtrée; le pédicule sera cautérisé à

l'acide chromique.

CHOLESTÉATOME. — Le cholestéatome est l'accumulation dans le conduit, ou l’oreille moyenne Ge produits de desquamation épidermique. Cette maladie résultant de suppurations chroniques, apparaît sous forme de masses pâles, jaunâtres, analogues au fromage, et répandant une odeur infecte. Ces produits ont une tendance, par leur développement progressif, à envahir les structures environnantes. L'extension du cholestéatome vers le toit du tympan, l’antre mastoiïdien ou le sinus latéral conduit à une issue fatale par méningite, abcès du cerveau ou thrombose des sinus (POLITZER). VIRCHOW attribue un

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