‹ Traité pratique des maladies des yeux, des oreilles, du nez et du pharynx [microforme]Chapitre 122 sur 154 · LH · texte numérisé non relu

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tiers des terminaisons fatales des otites purulentes au développement de cette tumeur.

Diagnostic.—Hn injectant l'oreille, on obtient des grumeaux jaunes ou blancs n'ayant rien de commun avec les bouchons de cérumen.

Si la maladie siège dans la caisse, on peut apercevoir la tumeur à travers une perforation du tympan. Il faut penser à la possibilité de cette complication, dans les cas de suppurations rebelles, surtout lorsqu'il existe des symptômes de compression, des douleurs persistantes dans la moitié correspondante de la tête.

Le traitement consiste à éliminer ces masses à l’aide d’injections en s’aidant de sondes ou de curettes pour les mobiliser. Lorsqu’elles siègent dans la caisse et surtout dans l’attique, les injections ne peuvent être faites qu'a l’aide de la canule de HARTMANN ou de la seringue de BLAKE. Ces injections sont d’une exécution délicate et exigent une certaine sûreté de main, Si le cholestéatome ne peut être enlevé par ces moyens ou s’il se reproduit constamment, il faut recourir à l’opération de STACKE qui consiste à décoller le pavillon de l’oreille, séparer le conduit cartilagineux du conduit osseux, enlever le marteau, l’enclume, et ouvrir une voie large vers l’attique et en même temps vers l'antre mastoïdien, si la tumeur s'étend de ce côté.

CARIE ET NÉCROSE.—La wécrose des osselets de l’ouiïe résulte de l’inflammation de leur attache et d’un manque de nutrition. L'enclume est celui qui se nécrose le plus facilement à cause de la faiblesse de ses liens d’union. Le marteau, solidement attaché à la membrane du tympan, résiste plus longtemps, parcequ’il reçoit une meilleure nutrition. L’étrier se nécrose

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rarement ; dans le cas où la chose a lieu, les fonctions de l'oreille interne en souffrent à un haut degré, parceque cet organe fait partie de la paroi du vestibule et que sa disparition entraîne à sa suite une perte de liquide labyrinthique.

La perte du marteau et de l’enclume n'implique pas une surdité complète, au contraire, on a recours à l’ablation üe ces organes pour améliorer l’état de l'audition dans l’otite scléreuse. Les fonctions de l’étrier sont beaucoup plus importantes.

Carie et nécrose du rocher.—L,a muqueuse de la caisse est si intimement unie au périoste que les deux n’en font qu’un, que toute inflammation de l'oreille moyenne constitue une véritable périostite. Envisagée à ce point de vue, il est surprenant que les otites purulentes ne soient pas plus souvent suivies de lésions osseuses. La muqueuse s’ulcère, l’os se dénude, il s'ensuit une carie superficielle; privées de l'apport du sang nécessaire à leur vitalité, les parois osseuses se nécrosent, et il se présente alors pour le patient le plus grave danger auquel l’expose l’otite suppurative.

La carie est plus fréquente que la nécrose, elie atteint surtout l’apophyse mastoïde, la paroi postéro-supérieure du conduit auditif externe, plus rarement le promontoire et la voûte de la caisse. Ie labyrinthe est quelquefois carié ou

nécrosé en partie ou en totalité. L'observation suivante, très

intéressante à cet égard, nous a été fournie par un patient que nous avons opéré et qui est mort récemment dans notre

service à l’hôpital Notre-Dame. ,

Observation. —(Rédigée par M. le Dr Larue, interne de service.)

O. L., barbier, 32 ans, admis à l'Hôpital Notre-Dame, le 21 janvier 1893. Histoire antérieure : A l'âge de 14 ans, il a souffert d’un écoulement à l'oreille droite qui a persisté depuis avec des alternatives de mieux et de rechütes et des exacerbations aiguës qui l’ont forcé parfois à garder le

lit. Depuis quelque temps le patient est pris, par moments, de vertiges qui le font marcher comme un homme ivre. Ie 24 décembre dernier, de fortes douleurs de tête se sont déclarées, accompagnées de vomissements et de vertige rendant la station debout impossible, Le médecin de la famille prescrit des injections tièdes dans l'oreille, des calmants à l’intérieur, mais la maladie persiste toujours avec la même intensité. Le 19 janvier nous somines appelé en consultation.

Etat actuel : Nous constatons l’état de prostration du malade, il existe une parésie du facial, un gonflement, un empâtement un peu douloureux à la région mastoïdienne. Le conduit est gonflé à son extrémité interne, il existe un écoulement infecte, peu abondant, des granulations à la région de l’attique, le tympan est perforé dans une assez grande étendue, le diapason appliqué sur le sommet de la tête est entendu distinctement et complètement dans la mauvaise oreille.

L'examen à l’ophtalmoscope ne révèle rien d’anormal, le pouls est presque normal, le thermomètre appliqué à l’aisselle le soir, indique 99°.

On prescrit des applications locales de glycerine phéniquée, de la glace sur l'apophyse mastoïde et des calmants à l’intérienr.

Le pronostic est déclaré très grave. Le 21 janvier le patient entre à l'Hôpital dans les mêmes conditions que nous l’avions laissé deux jours auparavant. La température est prise le soir et indique de nouveau 99°. Soupçonnant l'existence d’une lésion de l’attique et de l’antre mastoïdien, nous décidons de trépaner l’apophyse mastoïde le lendemain matin. L'os est attaqué avec la gouge et le maïllet d’après les indications de HART- MANN.

Les cellules sont gorgées de sang, la curette enlève des débris osseux d'une odeur fétide, cependant après avoir pénétré au-delà de un centimètre, aucune collection purulente ou cholestéatomateuse n’est découverte. En introduisant le stylet pour explorer les parois de la cavité une hémorrhagie légère a lieu et on termine l'opération par un pansement à la gaze iodoformée.

Dans l'après-midi, le patient est calme, il accuse ses maux de tête habituels. Le soir il devient agité. Température : 9812° le pouls est régulier, normal. A minuit, il repose bien. Le 23 janvier le patieut a défait son pansement pendant la nuit, n’accuse pas de grandes souffrances. Il vomit, Vers le soir, les douleurs surviennent très vives dans le front sur le dessus de la tête. Ie malade ne peut uriner qu’avec la sonde. Le 24 au matin, température: 99°, pouls 88 et régulier; le patient délire par moments, les douleurs augmentent, elles sont toujours localisées dans le front. Le patient est plus agité ; le soir, température 991%, poul 80, petit, régulier. Glace sur la tête continuée et injections sous-cutanées de morphine. Le 25 au matin, pouls 75 et température comme la journée précé-

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dente, le délire et l'agitation augmentent. Ie 25 vers 8 heures du soir le pouls est rendu à 60. Le 26, la nuit a été très mauvaise, le patient a éprouvé de grandes douleurs, le pouls est rendu à 50, il est faible, petit. A 7 heures du soir, au moment de lui soulever la tête sur son oreiller, le patient meurt.

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