‹ Traité pratique des maladies des yeux, des oreilles, du nez et du pharynx [microforme]Chapitre 129 sur 154 · FRÉQUENCE, ÉTIOLOGIE ET PROPHYLAXIE DES MALADIES DE L'OREILLE · texte numérisé non relu

FRÉQUENCE, ÉTIOLOGIE ET PROPHYLAXIE DES MALADIES DE L'OREILLE

Les maladies de l'oreille sont très fréquentes. Des statistiques nombreuses, recueillies dans les maisons d'éducation, ont démontré qu’il existe un fort percentage de surdité, et que le développement intellectuel des enfants, est en rapport direct avec le degré d'acuité auditive. TRŒLSTCH a émis l'opinion qu’à l’âge moyen de la vie, il y a un sujet sur trois qui n’entend pas bien, au moins d’une oreille. Ces faits démontrent la nécessité de bien connaître les causes qui produisent ces maladies, et les moyens de les prévenir et de les guérir.

Etant donné la fréquence des otites catarrhales et purulentes, relativement aux autres affections de l'oreille, on peut dire que les refroidissements jouent un rôle des plus importants dans l'étiologie de ces maladies. À part les cas où le froid agit directement sur l'oreille (courants d'air, introduction d’eau froide dans l'oreille) il y a les cas beaucoup plus nombreux où la maladie résulte d’affections de voisinage (coryza, maux de gorge) causées elles-mêmes très souvent par des refroidissements.

Les maladies du nez et du pharynx nasal constituent une des causes les plus communes des maladies de la caisse du tympan. Le coryza se propage à la caisse par la voie des

trompes d’Éustache.

La sténose nasale, quelle qu’en soit la cause, s'oppose à la ventilation de la caisse et entretient un état inflammatoire qui a son rétentissement sur l'oreille moyenne, les tumeurs adénoïdes, si fréquentes dans l'enfance agissent de la même manière. Les relations qui existent entre le nez, le pharynx nasal et l'oreille sont si intimes qu'aucun examen de l'oreille ne saurait être complet à moins de comprendre en même temps celui du nez et du pharynx. Les plus grands progrès réalisés dans le traitement des maladies de l'oreille depuis une quinzaine d’années sont dus en grande partie au plus grand soin apporté au diagnostic et au traitement des maladies du nez et du pharynx.

Plusieurs maladies générales prédisposent aux affections de l'oreille, en premier lieu il faut citer les fièvres exanthématiques et surtout la rougéole et la scarlatine; viennent ensuite la

tuberculose, la syphilis, le diabète, la diphthérie et les affections cardiaques.

Enfin, il peut s'établir dans l'oreille des désordres de nature

réflexe comme ceux causés par des dents cariées, la grossesse

ou la menstruation. L/hérédité existe souvent en rapport avec certaines maladies de l'oreille.

Les impressions sonores violentes peuvent déterminer des déchirures du tympan : c’est ce qui a lieu chez les artilleurs. Un bruit violent et continuel comme celui auquel sont exposés les chaudronmniers, les forgerons finit par développer des lésions de l’appareil auditif nerveux.

Le sens de l’ouie supporte difficilement les sons éclatants et intenses. Les personnes nerveuses se sentent impressionnées péniblèment par les sons bruyants des instruments de

cuivre.

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Les violonistes sont presque tous plus où moins sourds de l'oreille la plus rapprochée de l'instrument, c'est-à-dire de la gauche (M10T-BARATOUX ).

Des bruits confus, qui sans être violents, sont continuels, comme ceux qu'on entend dans les moulins, dans les salles de musique, ou plusieurs pianos résonnent ensemble, en discordance, dans les salles de récréations, où un grand nombre d'élèves s'amusent bruyamment, agissent d'une manière fâcheuse sur l’acuité auditive ; ils produisent sur les expansions

du nerf auditif ce qu’une impression lumineuse vive et persis-

tante produirait sur le nerf optique et la rétine.

Les salles de cours ne doivent pas être trop grandes ni situées dans les endroits bruyants. Dans le cas contraire, la voix fait écho ou elle est couverte par le bruit qui se fait au dehors ; l'élève entend mal, la voix du maîtie doit se faire plus

forte et s'épuise inutilement.

Ceux qui, par profession, sont obligés de demeurer au milieu

du bruit doivent porter de la ouate dans leurs oreilles afin

d'amortir le son ; dans les institutions où l’on enseigne la

musique à :.. grand nombre d'élèves, il faut isoler les instru-

ments. De cette façon, les £lèves pratiquent avec plus de

goût et leur oreille découvre plus facilement les beautés de la musique.

Les blessures de l’oreille sont assez communes surtout chez les enfants. On ne saurait trop se récrier contre les habitudes

barbares des parents et des maîtres qui tiraillent les oreilles des enfants et y appliquent des soufflets. Cette pratique peut

être suivie d'accidents graves. L'usage de cure-dents, de

broches à tricoter et autres instruments du même genre pour

nettoyer les oreilles est souvent cause de perforation acciden-

ez les les ut de

ur

telle du tympan. On ne doit faire usage d'aucun instrument pointu, le coin d'une serviette, une petite éponge conique, un peu de ouate solidement enroulé autour d’une allumette remplit le but.

Afin d'enlever le cé:umen plus facilement ou peut mouiller les parois du conduit avec une solution tiède de bicarbonate

de soude au 51.

Il faut éviter, à moins d'y trouver des indications précises, de mettre l’huile dans l'oreille, d’y appliquer des vapeurs chaudes ou des cataplasmes.

A l'état normal, l'oreille n’a pas besoin d'être protégée contre l’action d’un degré ordinaire de froid, c'est contre les degrés excessifs et surtout contre les froids humides qu’il convient de protéger cet organe. Ces précautions s'imposent à plus forte raison à ceux qui souffrent déjà de leur oreille. Ceux qui se baignent et qui plongent dans l’eau doivent fermer leurs oreilles avec du coton absorbant.

Hygiène de l'oreille chez l'enfant. — Conserver : 1e audition intacte, c’est non seulement se mén:ger les services d’un organe d’une grande utilité, mais c’est encore s'assurer un concours absolument nécessaire au développement intellectuel. Il est reconnu qu’on s’instruit autant par les oreilles, parcequ’on entend, que par les yeux parceque l’on voit. Aussi doit-on examiner les oreilles des enfants arriérés dans leur classe, afin de savoir si la paresee, la distraction ou la surdité sont en cause. Dans ce cas, il faut les soumettre à un traitement s’il y a lieu, dans le cas contraire, placer l'élève près du professeur. Les surdités datent généralement de la première enfance. L'oreille, au moment de la naissance, contient dans la caisse un bourrelet muqueux, que les premières inspirations doivent

faire disparaître. Il se passe donc dans l'oreille du nouveauné un phénomène physiologique important qui, s’il est entravé, peut produire des désordres graves et conduire à la mort. Au moment de la naissance, le conduit auditif est rempli par un enduit caséeux analogue à celui qui recouvre le reste du corps, et par l’eau de l’ammios, ces corps étrangers agissent comme cause irritante, il importe donc d’en débarrasser le conduit le plus tôt possible. Il suffit de verser quelques gouttes d’eau tiède dans l'oreille, de pencher la tête de l'enfant sur le côté et de sècher le conduit avec du coton absorbant.

L'impression du froid, toujours à craindre chez les emfants, l’est surtout après la naïssance, au moment où l'enfant passe d’une température de 37° centigrade à 20° en moyenne, ces refroidissements sont augmentés par l’humidite du corps et de l'oreille.

Les prescriptions hygiéniques qui conviennent pour l’accouchée servent aussi les intérets du nouveau-né, un air pur, une température modérée sont nécessaires à l’entant non seulement pour conserver sa santé générale, mais aussi pour prévenir des coryzas, des maux de gorge et des maladies de l'oreille.

Quand l'enfant commence à pousser ses dents, il se fait généralement un travail inflammatoire du côté des oreilles ; supprimer l’irritation dentaire, c’est aussi aider les oreilles à traverser intactes cette phase critique.

Nour avons déjà indiqué les mauvais effets du froid sur l'oreille ainsi que des violences qu’on y exerce, nous avons aussi signalé l'effet produit par des bruits violents ou longtemps prolongés, ajoutons ici {ue les enfants doivent être élevés dans des milieux tranquilles, il faut les habituer de bonne heure aux

sons rhythmés, aux harmonies du chant et de la musique, en

un mot il faut faire leur éducation pour l’oreille comme on la faitæour l'œil à l’aide des couleurs, c’est le moyen de développer l’oreille musicale.

S'élever contre l'habitude de porter des pendants d'oreille, c'est prêcher dans le désert, mais il n'en reste pas moins vrai qu’il y a là une cause fréquente de déchirures, de déformation et de tumeurs du lobule de l'oreille. Puisque le mal existe et qu'il est impossible de le prévenir, il faut s’efforcer au moins d'en atténuer les mauvais effets. Aïnsi, chez les enfants délicats, scrofuleux, lymphatiques il est préférable de retarder la perforation du lobule, l'opération ne devrait être pratiquée que par le médecin et jamais avant que les enfanis aient atteint l'âge de huit à dix ans. Cette opération doit être pratiquée juste au milieu du lobule.

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