‹ Traité pratique des maladies des yeux, des oreilles, du nez et du pharynx [microforme]Chapitre 144 sur 154 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

TALADIES DES SINUS ACCESSOIRES DU NEZ ARTICLE I Maladies de l’antre d'Higmore

La pathologie des sinus a surtout été étudiée depuis une

dizaine d'années. Parmi les causes les plus communes d’abcès

du sinus maxillaire il faut citer les inflammations nasales et les

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affections dentaires. La périostite alvéolo-dentaire se transmet au sinus par continuité de tissu, il arrive aussi que la carie dentaire atteint l'extrémité des deux premieres molaires faisant saillie dans le sinus. Les inflammations de la pituitaire, les polypes etc., peuvent en être le point de départ.

Pendant de longues années les abcès du sinus n’ont été reconnus qu'à une période avancée de la maladie, lorsqu'il existait des symptômes qui en rendait le diagnostic évident. Aujourd’hui, grâce à des moyens perfectionnés. on peut les reconnaître à leur début.

Symptomes.—La douleur malaire est exceptionnelle, elle se manifeste plutôt au front et au-dessus de l'orbite.

Le gonflement à ia joue est loin d’être constant, au contraire, il constitue l'exception.

L'écoulement fétide par la narine correspondante, est un symptôme d’une grande importance. Il a lieu surtout lorsque le malade se mouche ou penche la tête en zvant. Cet écoulement est jaune verdâtre, ou séreux, souvent mêlé à des masses caséeuses qui sont caractérisques de l'affection (Luc).

Les malades sentent eux-mêmes une odeur fétide. La maladie peut s'étendre aux sinus avoisinants.

Le diagnostic a lieu en s’aidant des symptômes précédents. Il faut inspecter les dents, surtout les deux premières molaires, établir le siège de la suppuration ; une traînée de pus sur la cloison, à la convexité du cornet inférieur, des granulations dans le méat moyen, rendront le diagnostic plus évident.

éclairage du sinus avec la lampe électrique, placée dans la bouche, rendra saisissante la différence de transparence entre le sinus sain et le sinus malade, cependant, ce moyen n’est

pas infaillible.

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Le traitement consiste a donner issue au pus par la voie nasale ou bucco-dentaire.

La voie nasale a été préconisée par HARTMANN, elle offre

l'inconvénient d'atteindre le sinus à sa partie la plus élevée. Pour éviter cet inconvénient MAKULIEZ a suggéré de perforer le méat inférieur à l’aide d’un trocart courbe.

La voie bucco-dentaire proposée par CooPER offre l'avantage de découvrir le sinus à sa partie la plus déclive. Cette opération nécessite l'extraction d’une dent, mais le plus souvent il s'agit d’une dent malade, et il n’y a aucun inconvénient à la

sacrifier. On pénètre dans l’antre à l'aide d’un perforateur

DESAULT ouvre le sinus par la fosse canine. Quel que soit le procédé employé, il faut s'assurer s’il existe des polypes ou des granulations dans le sinus, en faire le grattage avec la curette, nettoyer le sinus et le bourrer de gaze iodoformée.

ARTICLE II Sinus ethmoïdal

Les causes de la sinusite ethmoïdale sont à peu près les mêmes que celles des affections de l’antre d'HIGMORE. Le pronostic offre un peu plus de gravité à cause des dangers de carie et de nécrose ; complications qui pourraient intéresser le cerveau.

En examinant la cavité nasale, on découvre des trainées purulentes en arrière du cornet moyen. Pour différencier la provenance de ce pus et éliminer toute participation de l’antre

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maxillaire, INGALS fait remarquer que dans ce dernier cas, le pus s'écoule en bas, vers le milieu du cornet moyen, tandis que dans les maladies du sinus ethmoïdal, le pus s'écoule surtout à la partie postérieure. Cette différence n’est pas toujours assez tranchée pour permettre un diagnostic certain, pas plus que celle signalée par FRANKEL, et qui consiste à incliner la tête en avant, pour faire couler le pus dans l’antre mastoïdien, et à tenir la tête droite pour faciliter la sortie du pus dans les autres sinus. Le diagnostic s'appuie surtout sur la présence du pus à la partie postérieure du cornet moyen, accompagnée de douleurs profondes, d'exophtalmie, et quelquefois de d’emphysème (BERGER).

Le traitement consiste à nettoyer et désinfecter la cavité nasale, à faire usage de la cocaine pour contracter les tissus et obtenir un accès plus facile au sinus, à faire usage de la poire. (POLITZER, HARTMANN). Le traitement chirurgical, qui consiste à établir une ouverture artificielle, est d’une exécution difficile, délicate et dangereuse.

Z1EM conseille d'enlever préalablement le cornet moyen et d'ouvrir les cellules ethmoiïdales postérieures, à l’aide d’une sonde, dirigée obliquement, le long de l’union osseuse et car-

tilagineuse du septum. SCHECH conseille d’y arriver en ouvrant le nez par l'extérieur.

ARTICLE III Sinus sphénoïdal

Le diagnostic de l’'empyhème de ce sinus repose sur des symptômes communs aux autres sinusites. Le pus tombe dans le pharynx et peut être confondu avec celui du catarrhe nasopharyngien ou celui qui résulte de tumeurs adénoïdes. Il

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peut aussi se faire jour par le nez. Les douleurs sont profondes, il existe parfois de l'exophtalmie, des lésions du nerf optique et une parésie des nerfs moteurs qui passent dans la fissure sphénoïdale. Le pronostic de cette affection et surtout de la carie et la nécrose du sphénoïde est très grave en raison

de proche voisinage du çerveau et du nerf optique.

BARATOUX cite un cas exceptionnel de maladie du sinus sphénoïdal où le corps du sphénoïde a été expulsé par le nez. Nous avons nous-même observé un cas chez une jeune fille syphilitique chez laquelle la nécrose du corps du sphénoïde s'est opérée par la voie buccale. Cette élimination s'étant opérée subitement, la malade a failli être suffoquée et s'est débarrassée elle-même du séquestre, à l’aide de ses doigts. Voici les principaux détails de son observation.

Observation.—(Nécrose du sphénoïde.)

C. P., âgée aujourd'hui de 23 ans, a été déflorée à l’âge de 15 ans, inoculée en même temps d’un chancre syphilitique. La patiente vient nous consulter en 1889, quatre ans après l'accident primitif. Elle porte les traces extérieures d'une syphilis tertiaire grave, chûte du nez, odeur fétide s’échappant de la bouche ct du nez, carie des cornets, pharyngite ulcéreuse, destruction presque complète du palais mou, la paroi visible du pharynx est recouverte de bourgeons charnus recouverts d’une matière jaunâtre abondante, les amygdales et les piliers sont déchiquetés. La sonde fait reconnaître la dénudation des os de la voûte, Un traitement constitutionnel est prescrit et suivi avec soin; localement, la malade se vaporise diverses solutions antiseptiques. Après quelques semaines de traitements variés la malade élimine par la bouche le corps du sphénoïde nécrosé. Le morceau, de forme irrégulière, mesure à peu près un pouce dans ses principaux diamètres. (Za pièce a été transmise au Dr Sajous de Philadelphie). Une hémorrhagie violente, accompagnée d'un accès de suffocation par le corps étranger, s'est produite au moment où le séquestre s’est détaché,

Le 24 avril 1891 la patiente est beaucoup mieux, la sécrétion fétide a cessé, les ulcères sont comblés en grande partie, il persiste un perthuis de la grosseur d’une fève à l'endroit où s'est éliminé le sphénoïde. Les dents de la malade sont visibles jusqu'à leur racine, elles tombent d’ellemêmes sans effort et sans douleurs. Plusieurs autres manifestations

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