‹ Traité pratique des maladies des yeux, des oreilles, du nez et du pharynx [microforme]Chapitre 146 sur 154 · SINUS FRONTAL · texte numérisé non relu

SINUS FRONTAL

voûte de l’orbite se distend et produit le déplacement du globe de l’œil (fig. 185) ; le pus peut s'échapper de ce côté et causer

Fig, 185 (Duplay et Reclus)

un abcès de l'orbite. Il peut aussi se faire jour du côté du

cerveau et déterminer une méningite.

Les principaux signes de la maladie sont : une douleur locale, très vive, exagérée par la pression, et, à un degré plus avancé, une déformation caractéristique.

Le traitement consiste à modifier la cause nasale, à nettoyer le nez et à faire le cathétérisme par la voie nasale ou à ouvrir extérieurement le sinus. Cette opération se pratique à l’aide de tréphine ou mieux de la gouge et du maïllet. Le point choisi est immédiatement en dessous du sourcil près du pont nasal. La peau et le périoste incisés, on relève ce dernier ; après avoir pénétrer dans la cavité, il faut curetter, établir une communication dans le nez par l’orifice naturel, à l’aide d’une sonde recourbée telle que proposée par PANAS,

et introduire de la gaze iodoformée.

CATARRHE NASO-PHARYNGI. N 425

CHAPITRE XI MALADIES DU NASO-PHARVYNX ARTICLE I Catarrhe naso-pharyngien

Cette maladie, au sujet de laquelle il règne encore une certaine confusion parmi les auteurs, se présente sous deux formes : aiguë et chronique.

Æiguë : elle ressemble au coryza aigu, dont elle accuse la plupart des symptômes. L'attaque est soudaine, il existe de la fièvre, la gorge est sèche, les douleurs sont localisées à la voûte du pharynx, dans les muscles du cou, la déglutitiou est pénible.

Après quelques jours il s'échappe du pharynx nasoi une sécrétion muco-purulente que le malade expectore, avale, ou expulse par le nez, en se mouchant. La voix est rauque, il n'est pas rare d'observer des troubles de l'audition.

Chronique ; c'est la maladie de TORNWALDT. Pour ce dernier, la maladie se manifeste de deux manières, par une inflammation de la bourse pharyngée, par une dégénérescence cystique de cette bourse avec occlusion de son orifice. Quelles que soient les divergences d'opinion au sujet de l’interprétation à donner à la bourse de LUSCHKA, c’est-à-dire, que cette bourse soit une structure anatomique spéciale, (TORNWALDT) ou seulement une partie de la tonsille pharyngienne (SCHWA- BACH) il est admis que c’est une inflammation glandulaire de la voûte qui donne généralement lieu à la sécrétion exagérée

qui adhère sur place et dont le patient ne réussit à se débarrasser qu'avec difficulté, en raclant en graillonnant pour se servir d’une expression usitée. Cette maladie, improprement désignée sous le nom générique de catarrhe est une cause de désordres multiples que nous avons déjà signalés en partie, plus haut, en parlant de l'état aigu. Ce sont ceux que nous étudirons plus loin sous le titre de végétations adénoïdes.

Le diagnostic sera établi à l’aide du miroir : en divisant la tonsille à l’aide d’un stylet, on verra s'écouler une quantité plus ou moins considérable de pus.

Traitement.—Contre l’état aigu on peut recourir au traitement déjà indiqué à l’article coryza aigu. Contre les maux de tête, l’antipyrine. Contre l’état chronique, diviser et curetter l'amygdale pharyngée, faire usage de la pommade

boriquée au #.

ARTICLE II

Végétations adénoïdes du pharynx

Cette affection est aussi désignée sous le nom d'Aypertrophie glandulaire du pharynx supérieur, hypertrophie de l'amygdale pharyngée, hypertrophie de la glande de Luschka. ,

L'étude des végétations adénoïides est de date relativement récente, MEYER un des premiers a signalé leur importance clinique en 1873. Elles se présentent sous plusieurs formes macroscopiques : dans un cas, il existe une infiltration hypertrophique du tissu adénoïde sur tous les points du pharynx

nasal, dans un autre, les végétations se présentent tantôt

agglomérées en masses, tantôt appendues à la voûte à la façon

de stalactites, tantôt enfin sur la paroi postérieure, médiane ou latérale du pharynx nasal, sous forme de tumeurs arrondies,

sessiles à larges bases (fig. 186). Au point de vue microsco-

piques, ces tumeurs présentent un revêtement épithélial à

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Fig. 186

1 Cornet supérieur.—2 Hypertrophie du cornet moyen.—3 Végétation adénoïde,— 4 Cornet inférieur.—6 Ouverture de la trompe (Sciler),

cellules vibratiles. La tumeur est formée par un tissu plus ou moins dense, selon l’âge du sujet, et à son centre cheminent de nombreux vaisseaux. La surface mamelonnée de la tumeur est due à la présence de nombreux follicules clos. Chez l'adulte, la tumeur devient plus consistante, les éléments ronds se résorbent et font place à un tissu fibreux.

Cette affection est très commune, elle se rencontre à tous les âges et particulièrement au cours de la seconde enfance. Elle est commune chez les sujets à cheveux roux.

L’'étiologie en est encore obscure, cependant, les fièvres exanthématiques, les coryzas, les maux de gorge répétés et un certain état constitutionnel, l'hérédité et l'imperforation du voile du palais jouent un rôle étiologique important.

Diagnostic.—Les végétations adénoïdes se reconnaissent au toucher digital, à l’examen rhinoscopique postérieur, à une modification du son de la voix et à la manière de prononcer certains mots, Les patients dorment la bouche ouverte, leur respiration est irrégulière, bruyante surtout la nuit, l'obstacle apporté à la respiration par le nez donne souvent un air d’hébétude caractéristique à ces patients. Cependant, il existe un grand nombre de cas où la respiration est nasale, quoique difficile par cette voie, où les symptômes extérieurs font défaut. Un symptôme des plus fréquents est l'obstruction d'une ou de deux fosses nasales, accompagnées d'une salivation ou d'une sécrétion exagérée du pharynx nasal. Les patients ont la gorge embarrassée, surtout le matin, et sentent le besoin de dégager le pharynx par un procédé qu’on désigne

communément sous le nom de srnage.

On a accusé les tumeurs adénoïdes de causer des maladies

. LA de l'oreille, de produire et d'entretenir du catarrhe nasal, des

céphalalgies, et surtout de contribuer à affaiblir les patients.

La sténose nasale qui en résulte oblige le patient à respirer par la bouche, or, ce mode de respiration qui n’est pas naturel, est cause d'une hématose incomplète et d'un développement défectueux de la cage thoracique.

Le catarrhe nasal qui en résulte produit un certain degré d'anosmie qui joint à la fatigue éprouvée par le patient pendant son sommeil, lui enlève l’appétit et contribue à l’affaiblir davantage. Les sujets atteints de tumeurs adénoïdes contractent le rhume facilement, et sont peut-être plus exposés que d’autres, dans les mêmes circonstances, à contracter la diphtérie. Nous croyons que l’ablation des tumeurs adénoïdes est un des

principaux moyens prophylactiques pour prévenir cette redou -

table maladie. L'état de fiblesse du patient, l’irritation de la gorge qui résulte d'une respiration buccale, et les surfaces d'absorption que présentent les végétations expliquent cette prédisposition.

En conséquence, le pronostic des végétations adénoïdes est sérieux et exige une intervention.

Traitement :—L;'état constitutionnel nécessite l'usage de toniques et surtout de l'huile de foie de morue,

Pour débarrasser le nez et le pharynx des produits qui y sont accumulés et aussi pour modifier l’état de la muqueuse du pharynx la préparation suivante remplit bien le but :

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En vaporisations dans le nez de façon à ce que le liquide s'échappe par le pharynx. Ces vaporisations peuvent être faites aussi avant l'opération afin d'aseptiser le champ opératoire.

Le traitement curatif consiste à enlever la tumeur et le meilleur moyen d'arriver à ce but c’est de se servir de curettes tranchantes telles que celle de GOTTSTEIN (fig. 187) ou les diverses modifications qu'on lui à fait subir.

Il arrive souvent qu’en employant la curette tranchante, modèle fig. 187 l'instrument glisse des mains ou tourne sur jui-même, enlevant ainsi toute la précision nécessaire pour diriger convenablement l'instrument. Nous avons cru remédier à ce léger inconvénient en modifiant le manche de la façon indiqué sur le modèle fig. 188.

00 D me %

L'opération est généralement pratiquée sous l’influence du bromure d’éthyl. Chez les adultes qui se

prêtent facilement à l'opération, on peut procéder par séances et arriver de la sorte à enlever complètement la tumeur en causant peu d'’irritations et peu de douleurs au patient.

Il est rare qu'il se produise une hémorrhagie sérieuse. Il faut, pendant les quelques jours qui suivent l'opération, mettre les oreilles du patient à l'abri de l’air extérieur, et il est préférable aussi de prescrire des vaporisations de la formue désignée plus haut ou de la pommade boriquée. On a prétendu que l’opération des tumeurs adénoïdes était inutile et même dangereuse, en ce sens qu’elle expo-

serait à des récidives et à une transformation en

tumeur fibreuse. Cette assertion est gratuite, les cas rapportés de récidives sarcomateuses ont été en très petit nombre. Pour notre part, sur un nombre considérable de ces opérations, nous n'avons observé aucune récidive. On peut se demander avec raison si les polypes naso-pharyngiens fibreux ue résultent pas plutôt de végétations adénoiïdes négligées, et ayant subi la transformation fibreuse. On sait déjà que les amygdales subissent de telles transformations, qu'avec l’âge les tumeurs adénoides deviennnent plus dures.

Il serait donc contraire aux intérêts des patients d’abandon-

Fix. 188 ner ces derniers aux conséquences

POLYPES NASO-PHARYNGIENS 431

graves des tumeurs adénoïides, parce qu'un cas ou deux de récidives sarcomateuses ont été relatées, sur des milliers d'opérations. En raisonnant de la sorte, la chirurgie pourrait être rayée d’un trait de plume du cadre des sciences médicales pratiques.

ARTICLE fII

Polypes naso-pharyngiens

On désigne sous ce nom des tumeurs fibreuses originant habituellement sur la voûte basillaire et s'étendant de là vers les cavités voisines.

Elles apparaissent surtout chez les adolescents sans qu'on puisse lui assigner de causes bien évidentes. Leur pronostic est toujours grave et d'autant plus grave que l'accroissement de la tumeur est rapide et accompagné d’hémorrhagies. Le

diagnostic au début pourrait offrir quelque difficulté.

L'existence d’une tumeur unique dure, vasculaire, implantée par une large base sur la région basillaire, fera rejeter l'idée d'un polype muqueux, ou d'une tumeur adénoïde.

Il existe plusieurs procédés opératoires pour traiter les polypes naso-pharyngiens ; ces procédés entrent pour la plupart dans le domaine de la grande chirurgie, ce sont des méthodes composées où l’on s'attaque à la tumeur après l'avoir inise à jour par une opération préalable soit sur le voile du palais, le nez ou le maxillaire supérieur. L'électrolyse, ainsi que l'usage du galvano-cautère, sont deux méthodes qui tendent à

remplacer les moyens graves que nous venons d'indiquer.

PHARYNGITES

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