MUSCLES MOTEURS DE L'ŒIL A L'ÉTAT NORMAL ET PATHOLOGIQUE
ARTICLE 1
Anatomie et Physiologie des muscles de l'œil £
Les muscles moteurs du globe de l’œil sont au nombre de six, ce sont les droits interne, externe, supérieur, inférieur, le petit et le grand oblique.
Les droits internes sont des adducteurs, les droits externes des abducteurs, les droits supérieurs des é/évateurs et adducteurs, les droits inférieurs des abarsseurs et des adducteurs, les petits obliques des élévateurs et abducteurs, les grands obliques des abaïisseurs et abducteurs.
Les insertions antérieures des 4 muscle
groupées autour de la circonférence de L:
Iroits de l’œil sont
A6e, de la façon
suivante (fig. 55) : le droit interne n’est distant de la cornée que de 5 millimètres, le droit inférieur de 6, le droit externe de 614, le droit supérieur de 7.
En traçant sur la cornée un axe transversal et un axe vertical (fig. 55), nous constatons que l'insertion de quatre muscles correspond aux extrémités de ces axes. De leur insertion mobile, ces quatre muscles se portent en arrière vers l'anneau de ZINN, où ils ont leur insertion fixe. Les droits interne et externe sont compris dans le plan horizontal ; les droits supérieur et inférieur se dévient en dedans du méridien vertical, pour gagner l’anneau de Zinn et forment avec l’axe vertical ur angle de 20". C'est ce qui explique pourquoi ces deux derniers n’élèvent pas et n’abaissent pas directement la pupille, mais l’attirent au contraire vers l'insertion fixe, c’'està-dire en bas et en dedans (A), ou en haut et en dedans (F). Quant au muscle grand oblique, l'insertion mobile étant située
en arrière, en dehors et en bas du globe oculaire, cette portion
du globe de l’œ:l est attirée vers la poulie de renvoi située à la partie interne de l'orbite, et le globe se trouve renversée en bas et en dehors (E) ; le petit oblique, large et court, part du plancher de l’orbite, contourne la demi circonférence de l’œil, se dirige en arrière, en dehors et en haut, et vient se fixer sur la surface externe et postérieure du globe oculaire, au-dessous du tendon de l’oblique supérieur ; par son action il tourne par conséquent la pupille en haut et en dehors (B).
Pendant ces contractions musculaires l'œil est empéché d'opérer un retrait en arrière par la capsule fibreuse de TENON.
Les mouvements de l’œil s’exécutent autour de 3 axes principaux : l'axe vertical, horizontal et antéro-postérieur. Pour les positions diagonales, autour d'axes secondaires intermé-
diaires aux précédents. Les droits interne et externe font tourner l'œil autour de son axe vertical, soit en dedans en K, soit en dehors en H. Ce sont par conséquent des adducteurs ou des abducteurs purs et simples.
Le droit supérieur fait tourner l'œil autour de son axe horizontal, mais en plus, à cause de sa situation en dedans du diamètre antéro-postérieur de l'œil, il fait aussi tourner l'œil sur son diamètre antéro-postérieur et sur le diamètre vertical. En résumé, le droit supérieur est un élévateur de la pupille, un adducteur et un rotateur en dedans.
Il en est de même, en sens inverse, pour le droit inférieur, ce dernier est abaisseur, adducteur et rotateur en dehors.
Le petit oblique élève la pupille et l’attire en dehorsenB ; de plus, c’est un rotateur en dehors.
Lorsque le droit supérieur et le petit oblique associent leur action, la pupille est attirée directement en haut en D. S'ils sont congénères dans l'élévation, ils deviennent antagonistes comme adducteurs et abducteurs, rotateurs en dedans et rotateurs en dehors.
Le grand oblique est abaisseur (1), abducteur et rotateur en dedans. Lorsque le droit inférieur et le grand oblique entrent simultanément er action, la pupille est abaissée directement en bas, en C, ce sont donc deux abaisseurs, mais leur antagonisme apparaît dans l’abduction et l’adduction, dans la rotation du globe de l’œil en dedans ou en dehors. Les positions intermédiaires entre l'élévation directe et l'abaissement direct, sont le résultar d'une prépondérance d'action de l'un ou l’autre de ces muscles.
Si nous considérons que la vision s'effectue à l’aide des deux yeux, on conçoit les actions multiples des muscles de l’œil dans
les mouvements variés qu'ils exécutent à chaque instant, ces mouvements sont d'autant plus complexes que les six muscles de l’œil appartiennent à trois paires nerveuses différentes ; ainsi,
la troisième paire se distribue au droit interne, inférieur, supérieur, au petit oblique, au releveur de la paupière et à l'iris ; la quatrième paire innerve le grand oblique, tandis que la
sixième paire se distribue au droit externe.
Pour être normaux, les mouvements associés des deux yeux exigent une action nerveuse intacte, un équilibre parfait des muscles de l’œil, alors seulement les deux lignes visuelles concourent au même point de mire pour le faire apparaître en relief, autrement la vision est monoculaire, ou il se forme double image (d/plopie).
Il est important de ne pas confondre, dans les rapports des deux globes de l’œil, l’axe de figure et l'axe visuel ou ligne visuelle. L’axe de figure À B (fig. 56), est celui qui passe par le centre de la cornée et du globe oculaire, il aboutit en dehors du nerf optique. La ligne visuelle, est celle qui passe par le centre optique de l'œil et se rend à la macula € D’ (fig. 56). Cette ligne s’extériore en dehors du centre de la cornée en croisant l’axe de figure. Le point d’intersection de ces deux axes est au centre de l'œil, il en résulte un angle qui varie avec la position relative de ces deux axes: cet angle a été désigné sous le nom d'angle alpha (fig. 56). La valeur de cet angle n’est pas la même chez tous les individus, ainsi chez l’hypermétrope elle peut excéder cinq degrés, tandis que chez le myope elle peut décroître à 3°, 29, r° et zéro degré, et même, dans certains cas de myopie excessive, l'axe optique au lieu de tomber ei dedans de l'axe de figure, tombe en
dehors,
Fig 56
(Camuset) l'hypermétrope regardant de loin paraît loucher en dehors, et