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Kératite interstiticlle

(Camuset) Schéma des kératites

La marche de l’abcès est plus ou moins lente, le pus peut fuser dans les lames de la cornée (ozyx), ou se déverser dans la chambre antérieure (4ypobion). Il se termine ordinairement

par l’ulcère. On peut donc dire que l’infiltration est le premier

stade de l’inflammation cornéenne et que l’abcès et l’ulcère en sont la conséquence, que l’infiltration est seule susceptible de disparaître sans laisser de traces, tandis que l’abcès et l’ulcère sont suivis de taches indélébiles. Les abcès peuvent affecter une marche aiguë ou lente, une forme inflammatoire ou torpide. Ils sont précédés, comme nous avons dit plus haut, d’une simple infiltration grisâtre, dans un point quelconque de la cornée, ils résultent d’une mortification des éléments cornéens, causée par une gêne de la nutrition, résultant elle-même d’un apport trop abondant ou trop rapide de cellules lymphoiïdes déversées dans la cornée. Au niveau de l’abcès, qui offre une teinte jaunâtre, on remarque une zone grise qui indique en même temps l’infiltration.

L'épithélium est soulevé en avant, la cornée perd son poli, elle est raboteuse. Il existe de la photophobie et des douleurs, dans les cas aigus, inflammatoires ; et peu, ou point du tout, daus les formes lentes, torpides.

L'abcès, à mesure qu’il évolue, élargit la cavité qu'il forme, en surface et en profondeur, et finit par se faire jour à travers l'une des parois de la cornée. Il peut fuser dans les lames de la cornée, ou perforer la cornée par en dedans et déterminer l'hypopion, le plus souvent, il se fait jour au dehors en créant l'ulcère. Les abcès peuvent survenir à la suite de conjonctivite purulente, de maladies générales, telles que : la variole, la scrofule, la fièvre typhoïde, les fièvres puerpérales ; ils sont dus à une paralysie de la cinquième paire, à une infection

directe par un corps étranger, septique, qui ouvre les portes à une infection provenant des voies lacrymales.

Ces abcès ne diffèrent entre eux que par la cause qui les produit, ils offrent à peu près tous la même apparence, et tous peuvent conduire à la perte de l’œil par perforation cornéenne, staphylome ou panophtalmite.

Dans l’ophtalmie purulente, Y'abcès cornéen résulte d’'infiltration périphérique, d'infection directe de cocci à la suite d’érosion de l’épithélium, et aussi des troubles nutritifs, dus à la compression exercée par le chémosis.

L'abcès variolique se déclare vers la période de dessication, c'est une métastase, ça peut être aussi une infection du feuillet conjonctival. Ces abcès, au début de la maladie, sont d’un pronostic très grave, vu l'état général, qui crée un obstacle sérieux à la guérison.

L'abcès, résultant d'une paralysie de la cinquième paire, est dû à un manque de protection de la cornée, causé lui-même par l'abolition de la sensibilité cornéenne. L’épithélium se dessèche, s’érode, par défaut de clignement des paupières, et la porte est ouverte aux infections du dehors.

Les abcès qui surviennent au cours de la scrofule, sont généralement ceux de ia kératite phlycténulaire, qui fera l’objet d’une description à part. Les abcès qui résultent d’une infection, provenant du dehors, sont mieux désignés sous le nom d’ulcères infectants, forme qu'ils affectent dès le

début, et seront décrits sous ce titre. :

Le traitement des abcès de la cornée en général, consiste dans l’emploi de l'atropine, de l'ésérine, et de la cocaïne. Pour combattre l’état congestif de l'iris, l’atropine est indiqué ; dans les cas où l'iris n'offre pas de symptômes inflammatoires

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marqués, l’ésérine rend des services signalés. Enfin, la cocaïne convient avec l’un ou l'autre de ces médicaments, pour calmer l'état d'irritation. Si l’abcès est indolent, on aura recours aux compresses boratées chaudes appliquées sur les paupières.

L'état de congestion sera combattu par des sangsues à la tempe.

I1 peut être nécessaire de donner issue au pus, en ponctionnant la cornée avec une aiguille à paracentèse.

KÉRATITE PHLYCTÉNULAIRE. — Cette maladie trouve sa place parmi les infiltrations, les abcès et parmi les ulcères ; au moment où on l’observe elle peut offrir l’un de ces trois caractères ou plusieurs à la fois.

Cette forme de kératite est caractérisée par la formation de pustules ou vésico-pustules sur la cornée,

AN accompagnées de larmoiement, de pho- N tophobie et de blépharo-spasme. C’est ? une affection très commune chez les enfants, ceux surtout qui présentent

(Kératite FO aire) les attributs d’une mauvaise constitution: engorgement des glandes, épaississement des lèvres, maladies des os et des articulations. La maladie paraît aussi intimement liée au catarrhe nasal, à l’hypertrophie du tissu adénoïde de la voûte du pharynx et à la carie dentaire. Elle éclate très souvent à la suite de la rougeole ou de la scarlatine.

MARTIN, de Bordeaux, a prétendu y trouver comme cause, des erreurs de réfraction, et surtout de l’astigmatisme. Enfin, on a prétendu aussi qu’elle était le résultat d’un micro-organisme.

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Symptomes objectifs: Au début, on voit apparaître sur le bord de la cornée une petite élevure grisâtre ou jaunâtre, d'un volume variant entre celui d'un grain de millet et d’une tête d’épingle. Cette pustule se vascularise, se brise, en laissant un ulcère de profondeur variable. La conjonctive est congestionnée, souvent, il n'existe aucune proportion entre l’irritation conjonctivale et le degré de photophobie, entre le volume de la phlyctène et le degré d'injection péricornéenne, Les ulcères qui en résultent sont quelquefois assez profonds pour entraîner une perforation de la cornée.

Symptomes subjectifs.—La photophobie est le symptôme dominant, elle est généralement intense, et force les enfants à se tenir la tête continuellement cachée avec les mains ou dans leur oreiller. Cette crainte excessive de la lumière les porte à tenir la tête penchée et il faut user de force pour la leur redresser ; en entr'ouvrant les paupières, il s’en échappe un flot de larmes et le malade éternue.

Cette maladie tire sa gravité des taies qu’elle détermine et de la difficulté d’opérer une guérison prompte.

Traitement.—Il faut d’abord traiter l’état général : huile de foie de morue à l’intérieur, phosphate de chaux, ce dernier trouve une indication chez les enfants, à l’époque de la dentition. Il faut enlever les dents malades, traiter le catarrhe nasal par la pommade boriquée au +, enlever les tumeurs adénoïdes, placer le malade dans les meilleures conditions hygiéniques, surveiller l’état des intestins et des pieds, activer

les fonctions de la peau.

Localement, on pourra prescrire des collyres à l'acide borique et l’atropine, et pour calmer la photophobie, la cocaine sera indiquée. Le collyre à l’ésérine donne souvent des résultats satisfaisants 1à où l’atropine n’exerce aucune action.

À une période avancée de la maladie, la pommade jaune sera employée, seule où combinée avec l’atropine.

Dans quelques cas, il est nécessaire de pratiquer la cantoplastie pour combattre le blépharo-spasme, et de toucher les fissures palpébrales avec le crayon de sulfate de cuivre. I faut aussi s'assurer s’il existe une conjonctivite folliculaire et danÿ ce cas, la traiter. Lorsque la photophobie est disparue et permet l'examen de la réfraction de l'œil, il faut prescrire ies verres appropriés, mettre les yeux au repos et à l'abri de la

lumière vive.

ARTICLE IV Ulcère

L'ulcère est caractérisé par une perte de substance, limitée à l’épithélium cornéen, on s'étendant aux couches profondes. Il est d'étendue variable, et se reconnaît facilement à l’e&amen direct des reflets lumineux sur la cornée, ou encore à l'examen oblique de cette membrane.

L'ulcère peut être irrégulier, coupé à pic, dentelé, rempli de pus et accompagné d'une zone d'infiltration. Les bords peuvent être ronds, le fond lisse et transparent, il peut n’exister qu’une érosion transparente superficielle (ulcère à facette). De même que l’abcès est suivi d'ulcère, de inême l’ulcère, en se cicatrisant, est suivi de cicatrices indélébiies.

Dans la Première phase de l'ulcère, la perte de substance n'offre aucun contour régulier, le fond est rempli de détritus cornéens, À mesure qu'il gagne en surface, il gagne aussi en profondeur, et peut ainsi atteindre la couche la plus interne. Dans une deuvième phase, on assiste au nettoyage de l’ulcère, les bords s’arrondissent, le fond s’éclaircit et des vaisseaux

apparaissent, dans un certain nombre de cas. La /roisième phase est celle de la réparation, le fond se comble, reprend son niveau avec le reste de la cornée, l'épithélium se reforme et la cicatrisation a lieu en laissant une tache blanche indélébile.

L'ulcère en se cicatrisant, peut laisser des surfaces inégales

par irrégularité dans la superposition des cellules épithéliales.

Les ulcères ne suivent pas toujours cette marche, s'ils atteignent la membrane de DESCEMET, on peut observer un kératocèle, c'est-à-dire, une proéminence de la couche interne de la cornée, poussée dans l’ulcère par la pression intra-oculaire. Le kératocèle peut se rompre et donner lieu à une fistule cornéenne. L'iris peut s'accoler aux bords de cette perforation et donner lieu à des synéchies antérieures qui, la cicatrisation étant opérée, contribuent à former le /excome adhérent.

La procidence de l'iris, dans les lèvres de la plaie, donne lieu aisément à la production d'une ectasie de l'œil, désignée sous le nom de s/aphylome. Lorsque la perforation a lieu brusquement, il peut se produire une dislocation du cristallin, ou une rupture de la capsule, déterminant une cataracte et l'irruption des masses corticales dans la plaie, ou dans la chambre anté-

rieure.

Le traitement des ulcères en général doit avoir pour but d'en limiter la marche, d'en hâter la cicatrisation et de prévenir la perforation.

On active la cicatrisation des ulcères indolents par l'usage des compresses boratées chaudes, en projetant du calomel à la vapeur sur le fond de l’ulcère, ou en faisant usage de la pommade jaune. Dansl’ulcèreinflammatoire, l’atropine ou l’ésérine seront données alternativement, selon l’état de l'iris. Toucher le fond de l’ulcère avec la teinture d'iode, ou avec une solution au 54,

d'acide phénique. Si l'ulcère tend à s'agrandir, à marcher en profondeur, la paracentèse ou l'opération de SOEMISH, qui consiste à ouvrir l’ulcère dans toute son étendue, sont indiquées. Lorsqu'il y a metace de perforation périphérique, il faut donner la préférence à l'ésérine ; si la perforation est imminente vers le centre, on emploiera l'atropine. Dans tous les cas, il sera bon de soutenir la cornée amincie, par un bandeau compressif. Lorsqu'il n'existe pas de suppuration, GAMA PixTo, de Lisbonne, traite les ulcères de la cornée par l'iodoforme et l'occlusion de l'œil.

Dans les cas d’ulcères cornéens, accompagnés de conjonctivite purulente, il faudra se garder d'ouvrir la cornée, afin de ne pas livrer les parties profondes de l'œil à l'envahissement des ci. S'il existe déjà une hernie de l'iris, il faudra en faire l'excision. Cependant, dans les cas de hernie récente, résultant d'un traumatisme, on pourra tenter la réduction avec la spatule et l'usage de l'ésérine.

ULCÈRE RONGEANT.—L,'ulcère rongeant ou infectant, mérite une description à part. Il est dû à une infection de la cornée par des matières putrides où en fermentation, il résulte de corps étrangers septiques, de produits végétaux, tels que paillettes d'avoine, de blé et de grains de mil. Il est surtout fréquent chez ceux qui souffrent de dacryocystite chronique, il suffit alors de la moindre érosion de l'épithélium pour que la porte soit ouverte à l'infection.

L'ulcère rongeant reconnaît aussi pour cause, prédisposante au moins, un affaiblissement constitutionnel, créé par l’albuminurie, le diabète, la fièvre typhoide, la scarlatine, l’état

puerpéral, la méningite cérébro-spinale etc. L'aspect de l'ul-

cère est le suivant : au début, on voit apparaître un point

d'infiltration grisâtre, le liquide de la chambre antérieure perd sa transparence normale, l'iris est vu comme à travers un voile, la pupille est contractée. Si on apprend en même temps que l'infiltration est le résultat d'un traumatisme, et surtout, si en pressant au niveau du sac lacrymal on constate l'existence d'une dacryocystite, on devra craindre que cette infiltration ne soit le début d'un uicère infectant. Un peu plus tard l'erreur est moins à craindre, ils'est formé une ulcération à bords saillants et boursoufflés, à côté, en dehors, ou en dedans, on remarque un croissant d'infiltration. Les troubles de l'humeur aqueuse sont plus manifestes, et à la partie inférieure de la chambre antérieure on voit un commencement d'hypopion. À mesure que l'ulcère s'étend, la cornée se voile, des dépôts plastiques épais se coagulent dans le fond de l'ulcère. Si la perforation survient, on voit la cornée s'éclaircir dans une grande étendue, que l'on croyait envahie par la suppuration. Ceci est dû à la sortie, de la chambre antérieure, de produits plastiques qui s'étaient accolés à la face postérieure de la cornée. Après la perforation, il s'opère une détente de l'œil, mais qui peut être de courte durée, la panophtalmite se

déclare ou la guérison a lieu par la formation d'un staphylome,

Le pronostic est généralement grave. Pris à point, cet ulcère peut guérir, non toutefois sans laisser des cicatrices défectueuses. Au début, s'il s'agit d'une infection par corps étranger, on ne peut espérer obtenir la guérison qu’en nettoyant le fond de l'ulcère, avec une solution de bichlorure de mercure,

avec :a teinture d'iode, ou encore en faisant usage du galvano-

cautère. Le galvano-cautère, dans ces cas, ne nous a paru

efficace qu’à la condition de perforer l'ulcère de part en part.

Il importe de faire usage d'un cautère très fin, afin de ne pas

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