ATROPHIE DU GLOBE DE L'ŒIL
l’exentération, par le procédé de WECKER, à l'exception que dans le procédé avec conservation de la cornée, le moignon est plus gros, et offre une meilleure apparence. Il a de plus l’avantage d’une exécution rapide et facile, il dispense du dégagement de la conjonctive, de son attache cornéenne et scléroticale. On ne s'occupe pas davantage de la suture cornéenne. Quoique l’exentération semble rationnelle et suffisante pour prévenir l’ophtalmie sympathique, il existe des cas (VENNE- MAN) (1) ou des accidents sympathiques se sont déclarés et ou il a fallu enlever l'œil complètement.
ARTICLE III
Atrophie du globe de l’œil
C'est particulièrement à ia suite de cyclite ou de choroïdite suppurative que l’on voit survenir la phthisie du globe oculaire. L'œil commence d’abord à devenir plus mou, et ses diamètres diminuent, en même temps ses enveloppes se plissent. La réduction de volume a lieu dans toutes les directions, mais semble porter de préférence sur le diamètre vertical. La cornée se flétrit, se rapetisse, la conjonctive s’épaissit, et il se produit des dépressions, des sillons, au nombre de quatre qui correspondent à l’axe de traction des quatre muscles droits de l' il. A mesure qu’il s’atrophie, le globe de l’œil durcit et opère un retrait au fond de l'orbite. La paupière supérieure, par suite de l’affaissement de l'organe qui lui sert de support, s’abaisse peu à peu et se dévie cn dedans.
Des douleurs peuvent persister dan: l:s moignons d’yeux atrophiés, et devenir le point de départ d’ophtalmie sympa-
(1) Annales d'oculistique, mars 1893,
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thique, dans d’autres cas, la douleur n’apparaît qu’à la pression exercée sur l'œil.
La microphtalmie ne peut être confondue avec l’atrophie du globe de l'œil, il y a, dans ce dernier cas, une histoire de traumatisme, de cyclite ou de choroïdite, la cornée perd sa transparence et le globe de l’œil se déforme ; la microphtalmie, au contraire, est souvent congénitale ; la cornée reste transparente et l’œil, quoique réduit de volume, ne présente pas les quatre dépressions caractéristiques de l’atrophie bulbaire.
Le traitement de la phthisie du globe oculaire est chirurgical ; 11 consiste à enlever le moignon atrophié, mais seulement lorsqu'il est douloureux et qu'il constitue un danger pour l’œil sain.
ARTICLE IV
Choroïdite suppurative.—Panophtalmie
Parmi les choroidites qui donnent lieu à des symptômes appréciables, sans le secours de l’ophtalmoscope, nous avons la choroïdite purulente, dont la description va suivre immédiatement. Quant aux autres formes de choroïdites, elles entrent dans le cadre des maladies du fond de l’œil et seront décrites plus loin.
La choroïdite suppurative est le plus souvent généralisée, et débute par les couches les plus internes de la choroïde, la chorio-capillaire ou, pour être plus exact, dans le tissu conjonctif périvasculaire. De là, la suppuration s'étend à toutes les parties avoisinantes : rétine, corps vitré, iris, procès ciliaires, cornée et sclérotique.
Symptomes.—L,a maladie débute par une conjonctivite et une iritis violente, la conjonctive devient œdématiée ainsi que les
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paupières, la cornée s’opacifie, le liquide de la chambre antérieure se trouble, l'iris se décolore, du pus se répand dans la chambre antérieure. Le globe de l’œil devient dur, sensible au toucher, il perd sa mobilité, à cause de l’infiltration du tissu cellulaire de l’orbite.
A une période avancée de la maladie, la sclérotique ou la cornée se perforent et le pus s'écoule au dehors, en produisant du soulagement au malade.
Dès le début, les douleurs sont vives, lancinantes, localisées au pourtour de l’orbite et même au delà. La vision diminue et se perd rapidement. Les symptômes généraux offrent habituellement une grande intensité, il y a de la fièvre, de l’insomnie, parfois du délire et des convulsions. Au début, le pouls est plein et fort, plus tard, il devient faible et fréquent. La terminaison peut être fatale, et le malade succomber aux complications d’une méningite.
L'état antérieur de santé du patient influe sur la marche de la maladie, pouvant prendre une tournure plus rapide et plus sévère, sur un sujet débilité par des maladies antérieures.
La cause habituelle de la choroïdite suppurée, est un traumatisme de l’œil, une opération chirurgicale. Un état infectieux de l’organisme en est aussi la cause ; on l’a remarquée au cours de la variole, du typhus, de la méningite cérébro-spinale, de la fièvre puerpérale etc.
Le pronostic est toujours grave, l’œil se perd presque fatalement ; il y a fonte purulente aiguë et phthisie consécutive du globe oculaire.
Traitement. —Au début, appliquer de la glace sur l’œil, pratiquer une saignée à la tempe, faire usage de frictions mercu-
rielles, injecter une solution de bichlorure de mercure sous la