MALADIES DES YEUX CHAPITRE XXIV
LES MALADIES DES YEUX, DANS LEURS RAP- PORTS AVEC LES MALADIES DES OREILLES, DU NEZ, DU PHARYNX ET AVEC LA PATHOLOGIE GÉNÉRALE
Ces rapports, constatés depuis longtemps déjà, n’ont été étudiés d'une manière sérieuse, que depuis une cinquantaine d'années. Il reste encore un champ vaste à exploiter da s ce domaine ; c’est en l’explorant avec soin, qu'on se fera une idée exacte de l’étiologie des maladies des yeux, de la manière la plus rationnelle d'y apporter remède.
Tous les tissus du corps humain sont réprésentés dans l'appareil visuel, établissant ainsi des liaisons intimes entre l'œil et les autres organes. On rencontre le tissu osseux dans les parois orbitaires, le tissu conjonctif dans la sclérotique, les gaines du nerf optique, la membrane de DESCEMET, la membrane hyaloïde, les couches limitantes de la rétine, la couche interne de la choroiïde et la cornée. L'épithélium, sous toutes ses formes, abonde dans la structure de l'œil. Le tissu nerveux s'y distribue à profusion, le fait est que sur douze paires de nerfs crâniens, il y en a quatre qui sont destinés exclusive-
ment à l’œil et deux autres qui lui fournissent encore quelques
rameaux. Le système musculaire, sous ses deux formes lisses et striées, y est représenté ainsi que les systèmes artériel, veineux, lymphatique et glandulaire. Rien de surprenant alors que les maladies qui affectent tel ou tel système se déclarent aussi sur * ‘il qui les représente à peu près tous.
ARTICLE I
Troubles oculaires dans les maladies de l'oreille
Parmi ces troubles, il y en a qui remontent à l’époque de la vie intra-utérine. Il existe des cas de cécité et de surdi-mutité congénitale (SICHEL) (1). Ilest reconnu que la rétinite pigmentaire est fréquente chez les sourds-muets, ainsi que l’hypermétropie à des degrés élevés (DESJARDINS, E.) (2). Lorsque la surdité n'atteint qu’une seule oreille, HARTMANN a remarqué que la rétinite pigmentaire ne se développe aussi que d'un seul côté, homonyme à l'oreille atteinte. La fréquence de la cécité par glaucome, signalée par DE WECKER, chez les Juifs, coincide avec la surdi-mutité aussi très commune chez cette nation (HARTMANN).
KIES“LBACH et autres ont signalé le rétrécissement du champ visuel, la diminution de l’acuité visuelle et l’héméralopie en rapport avec des maladies de l'oreille moyenne ; ces maladies ont été améliorées par le traitement des 1ffections de la caisse.
La surdité résultant d'oreillons est souvent accompagnée de névrite ou d’atrophie du nerfoptique, or, la surdité provoquée par les oreillons, tient à une lésion terminale du nerf labyrinthique.
D'ARSONVAL a rapporté un cas de surdité produit par une excitation de la rétine.
L'intoxication par la quini:e développe également des troubles visuels et auditifs.
Une affection cérébrale causée par une otite purulente, s’ac-
(1) Annales d'oculistique, 1865, (2) Annales d'oculistique, 1880,