‹ Traité pratique des maladies des yeux, des oreilles, du nez et du pharynx [microforme]Chapitre 90 sur 154 · EN RAPPORT AVEC MALADIES DU PHARYNX · texte numérisé non relu

EN RAPPORT AVEC MALADIES DU PHARYNX

HACK, il y a la névralgie sus et sous-orbitaire. Les douleurs réflexes peuvent se localiser dans les paupières, le globe de l'œil ; il peut exister de la photophobie, du blépharo-spasme, de l’asthénopie musculaire, un rétrécissement du champ visuel, de l’amblyopie, du goître exophtalmique.

La plupart de ces troubles proviennent de l'irritation d’une des branches du trijumeau.

ARTICLE III

Troubles oculaires dans les affections des sinus avoisinants, et les maladies du pharynx

Sinus frontal.—La rétention du pus dans le sinus frontal entraîue à sa suite une périostite et une ostéite de la région sourcilière. Le pus peut se faire jour à travers une fistule au sourcil ou pénétrer dans l'orbite et causer l’exophtalmie. Le champ visuel peut être rétréci (BERGER).

Sinus maxillaire,—Des troubles reflexes analogues aux précédents ont été signalés dans les maladies du sinus maxillaire. Parmi les complications oculaires de nature infectieuse, on a signalé dans ces cas, l’abcès orbitaire et la dacryocystite ; l'exophtalmie, dans les cas de tumeurs volumineuses.

Sinus sphénoidal.—IL,a limite supéro-externe du sinus sphénoïdal est en rapport avec le canal optique. Ce proche voisinage explique comment un processus inflammatoire peut se propager du sinus vers le nerf optique et les meninges. La rhinite aigue cause la névrite rétro-bulbaire par participation du sinus sphénoïdal (BERGER). La carie et la nécrose du sphénoïdal peuvent produire des troubles oculaires variés.

Pharynx nasal,—Dans une thèse récente, TÉTEAU de Paris, a mis en évidence le fait que les affections conjonctivales et

kératiques sont souvent causées et entretenues par des affections naso-pharyngiennes. Pour nous, qui traitons conjointement ces maladies, cette coexistence est devenue banale tant elle est commune, Les tumeurs adénoïides, en favorisant la respiration buccale et irrégulière, constituent un obstacle à l'hématose, et maintiennent les patients dans un état précaire de santé qui les prédispose aux affections nasales et oculaires, Il est reconnu que l’hypertrophie du tissu adénoïde de la voute est une des causes les plus effectives de catarrhe du nez et de l'oreille moyenne.

ARTICLE IV

Troubles oculaires ea rapport avec la pathologie générale

Système nerveux.—Les rapports de l’œil avec le système nerveux sont illustrés à profusion. Citons parmi les plus communs, les paralysies intra-cérébrales des nerfs moteurs de l'œil, les troubles papillaires et pupillaires d’origine cérébrale, les troubles variés de l’œil, d'origine cérébrale et médullaire, et parmi ces derniers, la dyschromatopsie, le rétrécissement du champ visuel, les scotomes, l’hémiopie, la diminution ou la perte de l’acuité visuelle par inflammation ou atrophie du nerf optique.

Certaines affections oculaires ont aussi leur retentissement sur le système nerveux : l’astigmatisme provoquant la migraine etc.

Il n'existe guère d'affection du système nerveux qui soit exempte de manifestations oculaires.

Les troubles oculaires dans les maladies de la peau sont très communs. On sait déjà que la conjonctive et les couches

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superficielles de la cornée sont en rapports anatomiques et embryologiques, rien de surprenant que les affections cutanées soient aussi très souvent liées à des affections oculaires.

Pour les mêmes raisons embryologiques, (le cristallin étant un diverticulum de l’épiderme) on pourrait expliquer la coïncidence fréquente de la cataracte avec des maladies chroniques de la peau (MOOREN, FŒRSTER),

Les affections dentaires sont une cause fréquente de kératites, de dacryocystites, de conjonctivites et d’épiphora. En rapport avec la carie des dents, SCHMIDT a signalé la parésie de l’accommodation, du blépharo-spasme et l'iritis.

Les maladies de l'estomac et du tube intestinal provoquent des complications oculaires par l’affaiblissement général, résultant d’une nutrition impartaite, par absorption d’élémerts toxiques, par congestion cérébrale, par réflexes des plexus sympathiques intra et extra-intestinaux.

Parmi les affections qui ont été observées le plus souvent au cours des maladies de l'estomac ; il y a le glaucome aigu et sub-aigu (FŒRSTER), l’amaurose à la suite d’hématémèse (ARLT), et d'embarras gastrique (GALEZEOSKI) ; les vomissements provoquent quelquefois des hémorrhagies de la rétine et de la conjonctive.

La diarrhée continue et la constipation prédisposent au glaucome (FŒRSTER, WIECHERKIEWIEZ), à la kératomalacie.

Les hémorrhagies intestinales de même que les stomacales peuvent produire l’amaurose. Nous avons observé un cas de ce genre qui a été suivi d'une atrophie complète des deux nerfs optiques.

Les vers intestinaux peuvent déterminer l’amblyopie, l'amaurose, la paralysie des muscles de l’œil, ces troubles sont

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d'ordre nerveux et peuvent être envisagés comme une manifestation de l’hystérie traumatique (BOREL).

Maladies du foie—L,ANDOLT a observé deux cas de rétinite pigmentaire dans la cirrhose hépatique. HENNING (1) a rapporté deux cas de xantñhopsie avec héméralopie chez un ictérique.

Organes respiratoires. — Les efforts de toux déterminent souvent des hémorrhagies sous-conjonctivales, elles sont communes surtout au cours de la coqueluche.

Chez les emphysémateux, on a remarqué la thrombose de la veine centrale de la rétine.

Maladies du système circulatoire. — Les hémorrhagies en général favorisent l’amaurose par ischémie de la rétine.

‘ Dans la dégénérescence graisseuse du muscle cardiaque, comme du reste dans quelques autres maladies (méningites par exemple), on observe un phénomène connu sous le nom de phénomène de CHEYNE-STOKES. Voici en quoi il consiste : les mouvements respiratoires s’accélèrent par série, puis ils se ralentissent graduellement et cessent tout à fait jusqu’à une nouvelle série, et ainsi de suite. Pendant l'arrêt de la respiration, qui dure de douze à trente secondes, la pupille est rétrécie et insensible à la lumière ; les yeux subissent des mouvements rotatoires dans le sens horizontal, qui sont d’autant plus accélérés que l'arrêt de la respiration est plus long (BERGER).

Les hémorrhagies rétiniennes résultent quelquefois de thrombose des veines de la rétine de l’’hypertrophie du ventricule gauche.

L'embolie de j’artère centrale de la rétine est le résultat

) Annual of the medical sciences—Sajous.

d'altérations valvulaires, d’endocardite, d’anévrisme, d’'artériosclérose de l’aorte. Certaines maladies du cœur retentissent

sur les vaisseaux centraux en rendant leur pulsation appré-

ciable à la vue.

Les vaisseaux peuvent être atteints d’'artério-sclérose, et l’atrophie du nerf optique en résulter. La cataracte elle-même (MICHEL) serait le résultat d'artério-sclérose du tractus uvéal.

L'endartérite syphilitique peut provoquer les mêmes troubles que l’artério-sclérose. Les anévrismes de la carotide primitive, du tronc commun de la crosse de l'aorte, déterminent le rétrécissement de la pupille du côté de la lésion. Un anévrisme de l'artère basillaire, comprimant le chiasma, détermine une amaurose et quelquefois l'exophtalmie.

Les troubles oculaires sont communs au cours de la cAlorose, de l’anémie, de la leucocythémie, de l'hémophilie a. i que dans les maladies adynamiques, par affaiblissement général.

On les rencontre encore dans les :.fections de la g/ande thyroïde, des glandes lymphatiques et de la glande rénale. Dans l’albuminurie, l’œdème débute par les paupières, la rétinite et la cataracte albuminurique sont des symptômes qui font reconnaître la maladie longtemps à l'avance, avant que le malade accuse d’autres symptômes marqués. La rétinite se rencontre , dans sept pour cent des cas d’inflammation des reins, le plus souvent, dans la néphrite interstitielle infectieuse (scarlatine) dans l’albuminurie de la grossesse.

Organes génitaux.—Pendant la menstruation, les troubles oculaires sont nombreux et variés. PLIMPTON (1) a relaté un cas de névralgie ciliaire accompagnée de photophobie dûe à la suppression des règles ; l’iritis, coincidant avec chaque époque

(1) Journal of ophtalmology and otology.

menstruelle, une varalysie de la troisième paire, disparaissant à l'époque des règles (HASNER). On a invoqué, pour expliquer ces cas, une intoxication périodique menstruelle.

Plusieurs désordres oculaires surviennent à l’époque de la ménopause ou à la suite de dysménorrhée, entr’autres, le glaucome, la névrite optique (UHTHOFF).

Les excès vénériens ont déterminé la photophobie, l’asthénopie musculaire, des conjonctivites. Nous avons observé un cas de kératite ponctuée lié à cette cause. Pendant la grossesse, pendant les couches, au cours de la fièvre puerpérale on a observé l’embolie de l'artère centrale de la rétine, la choroïdite septique entraînant la perte de l'œil.

L'accouchement, chez les femmes atteintes d’écoulements vaginaux, expose les nouveau-nés à l'ophtalmie purulente. Nous avons observé un cas de paralysie de la troisième paire causé par l'application des fers. La lactation peut entraîner l’amblyopie, la paresse de l’accommodation, la conjonctivite catarrhale et pustuleuse.

Les affections de l’utérus s’accompagnent de phénomènes oculaires d'ordre réflexe et infectieux, ce sont des conjonctivites, des kératites, des iritis (DE WECKER), de l’amblyopie,

Chez l’homme, i’hypertrophie de la prostate détermine sur l'œil des phénomènes nerveux réflexes. Nous avons déjà signalé les rapports qui existent entre les affections osseuses de l'orbite et l’œil. Dans le mal de Por, l'examen de la pupille et de la papille offre une grande importance. Le rachitisme s'accompagne souvent de catarncte zonulaire.

Le rhumatisme est en relation intime avec l’iritis, la choroidite, la rétinite, la névrite optique, la blépharite, l’épiscléritis, la ténonite et la paralysie des muscles de l’œil.

Dans le diabète, on remarque des troubles de l'accommodation, des affections cornéennes, la cataracte, la rétinite, l'hémiopie, des paralysies des muscles de l’œil et des furoncles.

Les /umeurs malignes se développent dans l’œil et le cerveau, dans le foie et la choroïde (Mé/anome).

DENTI (1) a observé un cas de contraction pupillaire résistant aux mydriatiques qui a guéri par l'expulsion d'un tænia.

La frichine a été signalée dans les muscles de l'œil, la filère de Médine dans la conjonctive, l'échinocoque dans les kystes de l'orbite, le cys/icerque dans le corps vitré, la chambre antérieure. Les poux du pubis dans les cils, les Poux de la tête déterminent une irritation du trijumeau sur l'œil.

Le charbon peut se déclarer sur les paupières.

La seplicémie envahit l’œil sous forme de rétinite, de choroidite, de phlegmon orbitaire et de kératite suppurative.

L'érysipèle commence rarement aux paupières, mais s’y propage facilement ; il détermine le phlegmon de l'orbite, des

affections cornéennes, la névrite optique et l’atrophie du nerf

optique.

La blennorrhagie s'inocule facilement à l’œil et produit la conjonctivite purulente ; elle agit aussi sur l'iris par le rhumatisme qui l'accompagne. PANAS a observé un cas de névrite optique double sur un sujet atteint de gonorrhée.

La scarlatine et la rougeole sont deux causes très communes de maladies conjonctivales et cornéennes ; dans la scarlatine, il peut exister une rétinite albuminurique, on a signalé des cas d’amaurose urémique.

La diphtérie s'attaque rarement à l'œil, cependant elle s'y rencontre quelquefois sous forme de conjonctivite et offre une gravité exceptionnelle.

() Bulletins de la Poliambulanza de Milano.

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On a signalé des paralysies musculaires en rapport avec la pneumonie lobaire, ainsi que des kératites et des choroïdites suppuratives.

L'influenza s'attaque à l'œil d’une façon assez générale.

La fièvre typhoïde s'accompagne quelquefois d’amaurose transitoire, de névrite rétro-bulbaire. PANAS (1) cite un cas d’angiome de l'orbite ayant suppuré au cours de la fièvre typhoide, l'examen du pus a révélé la présence du bacill: de EBERTH.

La variole s'attaque à la conjonctive, à la cornée, à la muqueuse du conduit lacrymo-nasal.

La fuberculose de l’œil est plus fréquente qu’on le ne croyait jusqu’à ces derniers temps, on l’a constatée sur la conjonctive, la cornée et l'iris, la rétine et le sac lacrymal. Les tubercules de la choroïde sont connus depuis longtemps.

La scrofule et la syphilis se manifestent dans l’œil de toute manière, la syphilis y apparaît à toutes les périodes : chancre induré des paupières, plaques muqueuses, iritis, choroïdite, rétinite, névrite optique, lésions osseuses des parois orbitaires.

Les maladies microbiennes existent déjà en grand nombre dans l’œil ; nous en avons üécrit ies principales variétés, au cours de cet ouvrage, de nouvelles sont encore à trouver.

Les 2ntoxications diverses agissent sur l’œil de différentes manières, le plomb, le tabac, l’alcool comptent parmi les plus fréquentes et s’attaquent surtout au nerf optique, à la rétine et aux muscles de l’œil.

(1) La Semaine médicale.

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