‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 117 sur 167 · E. MARCHE ET TERMINAISON DU STRABISME · texte numérisé non relu

E. MARCHE ET TERMINAISON DU STRABISME

Dans certains cas de strabisme la déviation peut disparaître spontanément ; ce sont des strabismes périodiques, consécutifs aux spasmes et paralysies musculaires, ou survenus à la suite de l'hypermétropie, strabismes périodiques qui peuvent cesser d'eux-mêmes après la correction du défaut de réfraction ou après la guérison de TafTection qui les avait causés. Mais le strabisme devenu stable et établi d'une façon permanente ne guérit pas sans l'intervention du médecin.

Une autre terminaison qui peut arriver est la transformation en strabisme alternant, dont nous avons indiqué le développement et les symptômes. Cette terminaison est assez favorable, en ce sens que, par l'emploi alternatif des yeux, elle prévient l'afTaiblissement de la vue, l'amblyopie dite par exclusion. Dans tous les cas où l'on doit retarder l'opération, nous cherchons même, pour cette raison, à changer le strabisme simple en un strabisme aliernant, en couvrant méthodiquement l'œil sain, pour forcer l'autre au redressement et à l'activité musculaire nécessaire à la fixation des objets. Dans ce but, nous prescrivons de faire porter plusieurs heures par jour, soit une lou-

chette sur l'œil qui ne louche pas, soit des lunettes qui placent devant cet œil un verre dépoli et devant l'autre un verre neutre (en cas d'emmétropie), ou un verre qui corrig-e convenablement le défaut de réfraction.

Une troisième terminaison peut encore avoir lieu : c'est le changement dans la structure du muscle contracté et dans celle de son antag^oniste, qui est relâché. Le premier subit peu à peu une modification fibreuse qui peut atteindre même le tissu cellulaire environnant. Cet état se reconnaît facilement, parce qu'il change Tactivité musculaire, de façon que l'œil ne se tourne plus dans la direction du muscle atteint avec un mouvement uniforme, mais bien par de petites secousses, produites par les contractions réitérées du muscle. L'antagoniste, relâché de plus en plus, devient de moins en moins puissant, et, comme conséquence, la mobilité de l'œ^il dans la direction de ce muscle diminue également.

r . TRAITEMKNT DU STRABISME.

Lorsque le strabisme concomitant est récent, qu'il est encore purement dynamique et que l'on peut trouver sa cause déterminante, c'est à cette dernière que Ton doit s'attaquer d'abord. Ainsi, si le strabisme est le symptôme d'un état anormal de la réfraction, tel que la myopie ou Thypermétropie, on doit neutraliser ces affections par l'emploi rationnel des verres concaves ou convexes. Dans l'hypermétropie on prescrit d'abord les verres qui permettent de voir distinctement à distance, et au besoin des verres un peu plus forts pour le travail. Si le strabisme survient néanmoins, on peut pendant quelque temps mettre l'accommodation tout à fait hors d'usage par l'emploi de l'atropine ou de la duboisine. Il faut alors prescrire l'emploi des verres qui corrigent totalement l'hypermétropie, et' une autre paire de lunettes qui permet le travail à la distance de 35 à 40 centimètres.

En cas de myopie, on ordonne des verres pour la lecture et l'écriture à la distance convenable de 35 à 40 centimètres. (Les détails sur le choix et l'emploi des verres dans la myopie et l'hypermétropie ont été exposés dans le chapitre des anomalies de réfraction.)

622 MUSCLES DE l'oEIL.

Page 1