ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE
trouvent tout près du tarse, se renouvellent, comme tous les poils, dans l'espace d a peu près cent cinquante jours.
cl. Les tarses ou fihro -cartilages des paupières forment la base solide des paupières. Ils se terminent vers la fente palpébrale par un bout épais et s'amincissent à leur périphérie où ils se perdent dans le fascia orbitaire. C'est à cet endroit que dans la paupière supérieure s'insère le muscle releveur. Ce muscle naît au fond de l'orbite et envoie ses faisceaux au-dessous de la voûte orbitaire. Le tendon se recourbe alors en bas sur un faisceau aponévrotique tendu de la trochlée du grand oblique à l'extrémité externe du bord orbitaire supérieur. De là il se répand sous la forme d'une membrane peu épaisse, au-dessous du fascia orbitaire, et s'insère, comme nous l'avons dit, au bord mince du fibro-cartilage de la paupière supérieure. Dans chaque fibro-cartilage se trouve une série de glandes sébacées disposées verticalement, les glandes de Meihornius, Leurs orifices excréteurs se trouvent près de la lèvre postérieure du bord épais des tarses et fournissent une sécrétion graisseuse qui enduit les bords libres des paupières.
e. La conjonctive s'applique à la face postérieure des tarses et du fascia tarso-orbitaire.
Les artères palpébrales, branches de l'artère ophtalmique, se trouvent le long du tarse près du bord libre des paupières et entrent en anastomoses avec les artères angulaire, lacrymale, temporale superficielle, en formant ainsi des cercles artériels qui entourent la fente palpébrale. — Les veines, réunies dans les veines palpébrales supérieure et inférieure, se rendent dans les veines de la tempe et de la face.
Les nerfs cutanés des paupières viennent de la cinquième paire ; le muscle releveur de la paupière supérieure reçoit une branche de la troisième paire ; l'orbiculaire des paupières une branche du nerf facial.
3° L'appareil lacrymal se compose des organes qui servent à la sécrétion du liquide lacrymal : la glande lacrymale et la conjonctive, et des voies qui conduisent ce liquide dans le nez : les conduits lacrymaux, le sac lacrymal, et le canal nasal.
.7. La glande lacrymale est divisée en une grande et une petite portion. La première occupe une dépression située à la partie supérieure et latérale externe de la voûte de l'orbite, à laquelle elle est rattachée par une aponévrose qui vient du fascia tarso-orbitaire. Au-dessous de cette aponévrose se trouve la petite portion. La glande se compose d'une agglomération de glandes en grappes dont la structure ressemble aux glandes salivaires et mammaires. Elle communique par un certain nombre de petits conduits, six à douze.
avec rextrémité externe du cul-de-sac conjoiictival supérieur. /). Les conduifs lacrymaux ont une longueur de 8 à 10 millimètres. Ils commencent par deux fines ouvertures, \es points lacrymaux situés aux angles saillants du bord libre des paupières, près de la caroncule. A partir des points lacrymaux, le conduit supérieur monte, le conduit inférieur descend perpendiculairement dans l'épaisseur des paupières ; puis ils se coudent brusquement pour suivre une direction horizontale et longent le bord interne de la fente palpébrale. Ils convergent ainsi vers le grand angle pour atteindre le sac lacrymal, à peu près au niveau du ligament palpébral, et se jettent ensemble ou séparément dans le sac.
c. Le sac lacrymal est situé entre la crête lacrymale de Tos unguis et Tapophyse maxillaire, de sorte que sa moitié inférieure se trouve au-dessous du niveau de l'angle interne et inférieur du bord de l'orbite. L'extrémité supérieure du sac est formée par une sorte de coupole qui dépasse d'à peu près 4 millimètres le ligament palpébral interne qui est tendu horizontalement au-devant du sac. Celuici est donc environné de parties molles partout, sauf du côté interne, où il est adossé à Tos. Ce côté descend perpendiculairement vers le canal nasal, sans qu'il existe souvent entre l'un et l'autre aucune ligne de démarcation; quelquefois ils sont séparés par un repli muqueux.
d. Le canal nasal est renfermé dans un conduit osseux de la paroi qui sépare le sinus maxillaire des fosses nasales. Il ne se porte pas directement de haut en bas, mais un peu obliquement de dedans en dehors, en même temps qu'il dévie d'avant en arrière. D'ailleurs, il existe dans la convexité de cette courbure des variations assez notables qui dépendent de la conformation inviduelle du nez. A l'extrémité inférieure du canal osseux, le canal nasal muqueux continue souvent encore entre la paroi externe de la cavité nasale et la membrane pituitaire qui la recouvre. L'orifice inférieur du canal est quelquefois très petit, tantôt de forme ronde ou ovale, tantôt de la forme d'une fente dont la lèvre externe ou, à sa place, un pli saillant de la muqueuse, représente une valvule qui s'ouvre vers le nez et ferme le canal de bas en haut, tandis que les liquides venant du sac n'y rencontrent aucun obstacle.
La muqueuse des voies lacrymales présente dans les conduits une couche simple d'épithélium pavimenteux ; dans le sac et dans le canal un épithélium vibratile comme la muqueuse du nez; on y trouve aussi de petites glandes en grappes. Le sac lacrymal étant généralement très étroit, la muqueuse des parois interne et externe se touche à l'état normal. La muqueuse du canal nasal est intimement unie à l'os et ne peut pas s'adosser à elle-même, de sorte que le canal est constamment rempli de liquide.
ERYTIIEME DES PAUPIERES,
h' innervation de la glande lacrymale se fait par le rameau lacrymal de la première branche de la cinquième paire. C'est à son influence qu'il faut attribuer la sécrétion copieuse de larmes qui survient sous le coup de certaines émotions générales ou après irritation de l'œil. En temps ordinaire, la glande sécrète peu ; le liquide qui lubrifie constamment le globe oculaire est en grande partie un produit de la conjonctive.
Le mécanisme d'après lequel les larmes passent du sac conjonctival dans les voies lacrymales n'est pas parfaitement connu. Cependant il paraît hors de doute que les contractions du muscle orbiculaire et les mouvements des paupières qui en résultent, chassent le liquide renfermé dans le sac lacrymal et l'obligent à pénétrer dans les points lacrymaux, lorsque la fente palpébrale est fermée, au moment du clignement des paupières.
ARTICLE PREMIER Éry thème des paupières.
Diagnostic, — La peau des paupières est d'un rouge écarlate et brillant qui disparaît sous la pression du doigt; les paupières sont légèrement gonflées. Les veines superficielles paraissent plus dilatées et plus apparentes qu'à l'état normal. Les malades n'accusent pas de douleur, tout au plus une légère sensation de chaleur.
Etiologie. — Cette aff'ection, d'ailleurs assez rare, coïncide fréquemment avec des troubles de la circulation générale. Elle a été observée aussi comme conséquence d'une insolation.
Traitement, — On obtient les meilleurs résultats par l'application de compresses imbibées d'une solution d'acétate de plomb (1 gramme pour 100 grammes).
On observe fréquemment chez des personnes ayant subi une fatigue physique ou morale une coloration bleu grisâtre des paupières,, surtout de la paupière inférieure et au-dessous d'elle.
Cette teinte plombée, qui n'est souvent que passagère, occupe parfois tout le pourtour de l'orbite, en même temps que l'on y reconnaît un léger œdème du tissu sous-cutané.
Les personnes sujettes à ces symptômes ont g-énéralement une peau fine et une santé générale délicate. Pour les débarrasser du phénomène en question, il faut les engager à éviter tout écart d'une vie régulière, les excès de travail, et prescrire, comme moyen local, une solution de tanin (1 gramme pour 100 grammes d'eau) ainsi que des lotions avec de l'eau de Cologne.
ARTICLE II Érysipéle des paupières.
Diaffnostic. — Les paupières sont très gonflées, d'une teinte rose et luisante. L'épiderme est parfois soulevé par places, sous forme de vésicules remplies de sérum. Le gonflement des paupières, qui se complique le plus souvent d'un gonflement plus ou moins étendu de la face, empêche le malade de les entr'ouvrir; la conjonctive est injectée et chémotique. Toutes les parties atteintes présentent au toucher une chaleur très sensible. L'affection n'est pas douloureuse, mais elle s'accompagne souvent de troubles de la digestion, de frissons et de fièvre.
Marche et terminaisons , — L'érysipèle peut se terminer par résolution ou par suppuration. Dans ce dernier cas, il s'établit un phlegmon diffus de la paupière donnant la sensation d'un empâtement et d'une fluctuation incertaine. La peau prend alors une coloration rouge foncé et devient le siège d'une distension fort douloureuse. L'abcès abandonné à lui-même peut amener des destructions très étendues du tissu cellulaire. L'inflammation peut aussi s'étendre au tissu cellulaire de l'orbite (voy. plus loin), devenir dangereuse pour l'œil, et même mortelle, en se propageant sur les enveloppes du cerveau.
Étiologie, — L'érysipèle des paupières, qui peut avoir son origine dans un refroidissement, résulte cependant le plus souvent d'une lésion traumatique, d'un foyer purulent du voisi nage (orgelet, etc.) ou d'une affection du sac lacrymal.