ABCÈS
Traitement. — On administre g^énéralement un émétique ou une purgation. On recouvre les paupières d'une couche de collodion et d'ouate. Tout abcès doit être ouvert largement, et il faut prescrire alors l'emploi de cataplasmes chauds, émollients,
ARTICLE III Phlegmon des paupières, abcès.
Diagnostic. — La paupière est rouge et tumétiée, et sa température considérablement augmentée; la conjonctive est généralement injectée, et fréquemment il existe un chémosis notable. Au toucher, on découvre dans la paupière un point dur, douloureux, qui s'agrandit progressivement, se ramollit et donne alors la sensation de la fluctuation, en même temps que son sommet prend une coloration jaunâtre. La douleur est généralement très forte, empêche le sommeil et s'accompagne, chez des personnes délicates, de céphalalgie et de fièvre. Enfin l'abcès s'ouvre, le pus s'échappe et la paupière se dégonfle.
Lorsqu'un abcès siège vers l'angle interne [anchilops)^ il n'est pas toujours facile de le distinguer d'une inflammation aiguë du sac lacrymal.
Etiologie. — Les causes les plus fréquentes du phlegmon des paupières sont des contusions ou des traumatismes analogues. Il accompagne aussi le phlegmon du tissu orbitaire, paraît se produire d'autres fois sous l'influence de refroidissements ou sans qu'on puisse en reconnaître la cause exacte.
Traitement. — Tout au début, on peut tenter d'arrêter l'inflammation par l'application du froid. Aussitôt l'induration reconnue, il est préférable d'employer des cataplasmes chauds et d'ouvrir l'abcès le plus tôt possible, par une large incision parallèle au bord libre de la paupière. Il faut continuer alors les compresses chaudes pour lesquelles on se sert avec avantge d'acide borique 30 grammes, eau distillée 1,000 grammes, et appliquer un bandage compressif pour éviter le décollement étendu de la peau.
Le furoncle et V anthrax des paupières se présentent avec
tous les symptômes du phlegmon et se distinguent de celui-ci par la gangrène du tissu sous-cutané et de la peau. La peau est livide et son épidémie soulevé en vésicules, les parties affectées forment une masse pultacée, et il résulte de cette destruction gangreneuse des pertes de substance considérables. — L'anthrax s'observe principalement sur des sujets âgés, épuisés par la misère. — Le traitement consiste dans une incision en forme de croix, pour débrider largement les parties atteintes, des injections ou pulvérisations de sublimé, et dans l'emploi de cataplasmes chauds pour favoriser l'expulsion des matières gangrenées. Un régime fortifiant et une médication tonique sont indispensables pour soutenir les forces du malade.
La pustule maligne résulte du contact des paupières avec des matières animales en décomposition, le virus du farcin ou de la morve. On l'a observé chez des corroyeurs, des tanneurs, des bouchers, etc. Sur la paupière^ gonflée et légèrement enflammée, s'élève une pustule remplie de sérosité, qui s'ouvre rapidement et devient le siège d'une gangrène disposée à s'étendre aux parties environnantes. Les souffrances sont très vives, le malade est pris de fièvre, frissons, nausées. Bientôt survient une grande prostration des forces et le malade succombe. Dans les cas où le malade ne meurt pas, la gangrène peut s'arrêter, et il résulte de la maladie une destruction de la paupière, souvent de l'œil et d'une partie de la face.
En même temps qu'un traitement général apte à soutenir les forces du malade, on a conseillé des incisions profondes suivies de l'application du cautère actuel [Mackensie),
hes pustules de V éruption variolique^ qui se présentent tantôt isolées, tantôt en rangée sur les paupières ou le long du bord ciliaire, peuvent provoquer une destruction du derme, des glandes de Meibomius et des follicules pileux de cette région. Il en résulte la perte des cils [madarosis)^ une rougeur persistante du bord des paupières, enfin, par rétraction cicatricielle, l'ectropion et le déplacement des points lacrymaux inférieurs avec son influence fâcheuse sur le passage des larmes. — Poui éviter l'éruption variolique sur les paupières, on recommande] l'application incessante de compresses froides [Hebra) ou d'une! légère solution de sublimé (5 à 10 centigrammes pour 1000 gram-