‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 126 sur 167 · ECZÉMA DES PAUPIERES, HERPÈS ZOSTER FRONTAL, ETC · texte numérisé non relu

ECZÉMA DES PAUPIERES, HERPÈS ZOSTER FRONTAL, ETC

mes d'eau). L'imbrication des paupières avec les bandelettes de taffetas de Vigo est plutôt nuisible, car elle occasionne une grande chaleur locale [Skoda). La ponction des pustules, l'emploi du collodion et des cautérisations avec le nitrate d'argent ne sont d'aucune utilité [Hehra). Mais il faut surveiller attentivement l'emplacement du bord des paupières, et surtout des points lacrymaux pour éviter le larmoiement (voy. plus loin Maladies des voies lacrymales).

' ARTICLE IV

Eczéma des paupières. Zona frontal ou ophtalmique. Affections syphilitiques des paupières.

1° h' eczéma se propage sur les paupières dans les cas d'eczéma général de la face, où il est provoqué par le contact des sécrétions morbides de la conjonctive, qui irritent la peau Une de la paupière inférieure. Si cette affection dure quelque temps, la peau se rétracte et produit réversion du bord palpébral. Le point lacrymal étant alors dévié de sa direction normale, le larmoiement s'ajoute encore aux causes d'irritation déjà existantes.

Le traitement de l'eczéma consiste d'abord dans l'emploi de poudre d'amidon que l'on peut mélanger avec une petite quantité d'oxyde de zinc. En saupoudrant les paupières avec cette poudre, il faut prescrire des soins de propreté pour éviter la formation de croûtes sur le bord palpébral. Une fois par jour, on étend sur la peau de la paupière malade une faible solution astringente (sulfate de zinc, acétate de plomb ou nitrate d'argent, 1 gramme pour 300 grammes d'eau). On obtient aussi de très bons résultats avec l'huile de cade et une pommade de sous-nitrate de bismuth. L'éversion du point lacrymal, si elle persiste, demande à être combattue par une petite incision du conduit lacrymal (voy. plus loin).

2^ Le zona ophtalmique débute généralement par une névralgie violente sur le parcours des nerfs frontal et naso-ciliaire ; après quelques jours, la peau rougit et se tuméfie; on y cons- MEYER, 4*^ édit. 43

tate une éruption de vésicules herpétiques en groupes qui se réunissent, se couvrent de croûtes adhérentes et produisent des cicatrices souvent assez profondes dont on retrouve les traces pendant toute la vie. La région affectée, atteinte pour long-temps d'anesthésie, reste cependant le siège de névralgies très intenses. L'affection décrite ne dépasse jamais la ligne médiane de la face. Elle se complique souvent d'ulcérations de la cornée et d'iritis. — Le traitement du zona palpébral consiste dans remploi de la poudre d'amidon dont on recouvre les vésicules et les croûtes, en même temps qu'on protège l'œil par un bandeau occlusif; le traitement de l'affection oculaire est celui de la kératite et de l'iritis. Contre les névralgies violentes qui persistent après la guérison du zona, on emploie une pommade morphinée, le courant constant ou enfin la névrotomie sous-cutanée proposée par Boivman. On prescrit avec avantage l'usage interne de salicylate de quinine.

3° Les ulcérations syphilitiques des paupières se rencontrent comme symptôme primaire aussi bien que comme symptôme secondaire. Ces ulcérations ont une tendance prononcée à s'étendre en largeur et surtout en profondeur; -elles peuvent ainsi gagner la conjonctive, mais il est rare qu'elles y débutent primitivement (voy. p. 119).

Le traitement de ces ulcérations exige l'emploi énergique et prolongé de la médication antisyphilitique; localement, des cautérisations avec le nitrate d'argent, et un pansement soit avec la poudre ou la pommade d'iodoforme, du calomel à la vapeur, soit avec une solution de sublimé (5 centigrammes pour 500 grammes d'eau distillée). Lorsque les ulcères commencent à se cicatriser, on emploie avec avantage une pommade au précipité rouge (5 centigrammes pour 8 grammes d'axonge).

ARTICLE V Séborrhée des paupières. Éphidrose et chromidrose.

1. On appelle ^eAorrAee une augmentation de la sécrétion sébacée qui couvre alors la peau des paupières (et en même temps les sillons naso-labiaux et les commissures des lèvres)

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crunc couche huileuse ou de petites pellicules jaunâtres. Cette allection devient facilement le point de départ d'une inflammation des bords palpébraux. 11 importe donc d'enlever soigneusement toutes les masses sébacées par des lotions avec de l'eau de savon chaude, après avoir appliqué sur les croûtes jaunâtres un peu de glycérine ou d'huile. Après ces soins de propreté, on prescrit des douches ou des lotions avec de l'eau fraîche et quelques g'outtes d'eau de Cologne.

2. L'éphidrose consiste dans une hypersécrétion des g-landes sudoripares. Les paupières se couvrent d'une couche de sueur qui, aussitôt enlevée, reparaît toujours de nouveau. Il s'ensuit une excoriation des angles et des bords de la fente palpébrale, et enfin une conjonctivite catarrhale. Cette anomalie se rencontre rarement, et de préférence, chez les personnes sujettes aux transpirations. Comme traitement local, il faut soigner les excoriations à l'aide d'une solution de nitrate d'arg-ent (50 centig-rammes pour 100 g-rammes d'eau), et combattre la prédisposition générale par l'hydrothérapie et par un régime toniliant.

3. Dans la chromidrose^ on observe une coloration bleu foncé ou brunâtre des paupières que l'on enlève facilement avec de Fhuile ou de la glycérine, mais qui résiste à Teau pure. Le pigment enlevé reparaît au bout d'un temps plus ou moins long. Cette affection curieuse a été observée presque toujours chez des femmes dont le plus grand nombre étaient hystériques. Souvent on a pu se convaincre qu'il s'agissait d'une coloration artificielle ; cependant, dans d'autres cas, la réalité de l'affection paraît hors de doute. La maladie disparaît d'elle-même; les traitements se sont montrés toujours inefficaces.

4. On a noté aussi la présence de poux dans les cils et dans les sourcils comme étant la cause d'irritation et de prurigo. On peut les reconnaître quelquefois à l'œil nu ou à la loupe et les détruire par l'emploi prudent de l'onguent mercuriel.

ARTICLE VI

Œdème et emphysème des paupières. Ecchymoses palpébrales.

P L'œdème des paupières accompagne souvent les affections de la conjonctive, les inflammations du globe oculaire et des tissus orbitaires. Cette affection se rencontre aussi à la suite de contusions des paupières ou de troubles de la santé générale (affections du cœur et des reins, trichinose) et chez des sujets faible». Enfin, on la trouve sans qu'il soit possible d'en reconnaître la cause directe. Tantôt, cet œdème est localisé à la paupière inférieure qui forme alors une sorte de poche pendante, plus prononcée le matin et diminuant de volume pendant la journée ; tantôt, les deux paupières sont tellement gonflées que la fente palpébrale ne peut s'entr'ouvrir.

L'œdème symptomatique d'iine affection oculaire disparaît avec cette dernière ; l'œdème idiopathique est souvent rebelle à tout traitement.

Après avoir rempli les indications fournies par l'état général du malade, on combat l'œdème des paupières par l'emploi du bandage compressif pendant la nuit ou par des sachets chauds remplis de camomille, par l'application répétée de la teinture d'iode, ou d'une pommade iodurée. Si l'œdème persiste et gêne le malade, on peut diminuer le gonflement des paupières par l'excision d'un pli horizontal ou de quelques plis verticaux de la peau palpébrale.

2° Uemphysème des paupières, c'est-à-dire la pénétration d'air dans le tissu cellulaire, est facile à reconnaître par la crépitation que la paupière gonflée présente à la pression des doigts. Le gonflement est souvent considérable et étendu, la peau intacte ou violacée par des ecchymoses simultanées. — La cause de l'affection est généralement de nature traumatique; elle doit être recherchée dans une fracture de la paroi osseuse du nez ou des sinus frontaux qui laissent alors pénétrer l'air en même temps dans le tissu cellulaire de l'orbite; ou, enfin, dans une déchirure des conduits et du sac lacrvmal. — LVm-

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