INFLAMMATION DU BORD PALPEBRAL
physème disparaît spontanément en peu de jours, surtout si les malades évitent les grands efforts d'expiration, par exemple de se moucher violemment, etc. 11 est d'ailleurs facile de faire disparaître instantanément le g"onflement des paupières par quelques mouchetures pratiquées avec une petite aiguille.
3° Les ecchymoses palpébrales surviennent après des. contusions des paupières, après des opérations pratiquées sur la conjonctive et dans le tissu sous-conjonctival (strabotomie), après des lésions des parois orbitaires, après des fractures intracrâniennes, et très rarement d'une façon spontanée comme prodromes d'apoplexies cérébrales [Desmarres). Ces ecchymoses se résorbent facilement, un peu plus vite lorsqu'on emploie des fomentations avec la teinture d'arnica (20 gouttes pour un verre d'eau), et surtout par une compression méthodique à l'aide d'un bandeau un peu serré.
ARTICLE YII
Inflammation du bord palpébral, blépharite marginale ou ciliaire.
L'inflammation du bord palpébral se caractérise au début et dans sa forme la plus bénigne, par une rougeur du bord et surtout des angles palpébraux, accompagnée de sensations de chaleur, de brûlure, de picotements et de démangeaisons. Ces symptômes s'aggravent si les yeux sont exposés à la poussière ou à la fumée, et lorsque les malades s'appliquent à un travail assidu et minutieux. L'affection peut conserver cette forme, ou elle s'aggrave par l'hypersécrétion des glandes sébacées et par l'apparition de petites pustules d'acné.
La partie du derme qui supporte les cils est alors légèrement tuméfiée, couverte de croûtes qui recouvrent des excoriations, et à côté desquelles on distingue encore les petits boutons d'acné remplis de pus et dont la dessiccation a produit les croûtes. Ces pustules se trouvent entre les cils ou à leur base. Le voisinage de ces parties présente une grande quantité de pellicules fines et molles qui enveloppent les cils et en forment des faisceaux plus ou moins larges. Le matin, au réveil, les bords des paupières sont collés ensemble et empêchent les ma-
ladcs d'ouvrir leurs yeux. Lorsqu'ils arrachent les croûtes sans précautions, les bords saig-nent, les cils tombent, et au bout de peu de temps les bords palpébraux sont couverts de nouvelles croûtes.
Lorsque l'inflammation aug'mente encore, le bord palpébral tout entier se tuméfie, s'ulcère, les cils tombent et ceux qui les remplacent deviennent de plus en plus faibles et fins; ceux-ci prennent une mauvaise direction, et, à lalong-ue le bord palpébral peut se trouver tout à fait dépourvu de cils [madarosis) ou l'on n'y trouve que quelques cils très pâles, isolés, très longs, recourbés dans un sens ou dans l'autre. Dans ces conditions, les follicules pileux sont atrophiés, le tissu cellulaire qui les entoure est hypertrophié, tout le bord palpébral est épaissi et induré par du tissu cicatriciel qui s'est formé à la place des ulcérations {tylosis). Les cicatrices des commissures produisent en outre un raccourcissement de la fente palpébrale.
L'épaississement du bord palpébral éloigne celui-ci du globe oculaire et fait dévier les points lacrymaux qui cessent de fonctionner; les larmes s'arrêtentalors sur la conjonctive, qui d'ailleurs participe facilement à l'inflammation des bords palpébraux ; les glandes de Meibomius s'oblitèrent, et dans ces formes extrêmes de la blépharite on voit la paupière entière ou en partie se renverser progressivement.
La marche de la blépharite est essentiellement chronique. Elle débute par des symptômes peu manifestes, s'aggrave plus ou moins vite, selon les conditions d'existence de la personne atteinte. On y observe des périodes de rémission et d'exacerbation. Un traitement approprié peut arrêter la marche de la maladie et obtenir un résultat favorable, aussi longtemps que les glandes de Meibomius fonctionnent et que leurs orifices ne sont pas oblitérés. Ce moment passé, on peut encore soulager les malades, améliorer l'état de leurs paupières ; mais une restitution complète de l'état normal n'est plus a espérer.
Ètiologie. — La blépharite est surtout fréquente chez les sujets lymphatiques, chez ceux dont la peau est très irritable et délicate, chez ceux qui manquent de propreté. Enfin, cette affection survient à la suite de la conjonctivite chronique et surtout à la suite d'anomalies dans les voies lacrymales. On a