Voy. Archiv fur Ophtalmologie, 1866, XII, 1, p
peau, parallèlement au bord ciliaire et dans toute Tétendue des cils déviés. Arrivé au point c, on fait sortir l'aiguille, pour l'introduire de nouveau à ce même point, et l'on fait descendre le fil verticalement pour le faire sortir définitivement dans le bord intramarginal au point d. On attache les extrémités du fil à la joue, et l'on recouvre l'œil du bandeau compressif. On enlève le fil aussitôt que de petites taches jaunâtres, signes de la suppuration, apparaissent aux points de ponction. Ce procédé ne donne pas toujours un résultat certain.
Dans les cas où un seul cil ou plusieurs cils isolés ont pris une mauvaise direction, on fait bien de détruire directement, avec le galvanocautère, le follicule pileux de ces cils.
M. Snellen place, dans ces cas, dans la peau, à côté du cil dévié, une anse de fil destinée à recevoir ce cil ; les deux extrémités du fil sortent sur la peau tout près du bord palpébral ; en tirant sur elles, elles entraînent le cil dévié à travers le trajet suivi sur le fil.
ARTICLE XIV Entropion.
L'entropion désigne le renversement du bord palpébral en dedans, vers le globe oculaire. Il peut exister dans une partie de la paupière (entropion partiel) ; mais, le plus ordinairement, l'entropion est total ; il peut affecter une paupière seulement ou les deux. Nous distinguons, d'après Tétiologie de l'entropion, deux formes différentes : 1° l'entropion dû à la contraction spasmodique de Forbiculaire ; 2° celui dû à la rétraction de la conjonctive et à la déformation du cartilage tarse.
La première forme s'observe de préférence à la paupière inférieure ; celle-ci est enroulée sur elle-même, et quelquefois à un tel point que le bord ciliaire se trouve placé dans le cul-desac conjonctival. Si l'on applique le doigt sur la partie extérieure de la paupière, et que Ton abaisse un peu la peau, le bord de la paupière et les cils reviennent à leur place, et y restent jusqu'à ce qu'un clignement les fasse brusquement reprendre leur déviation. Le relâchement des téguments de la paupière, qui se rencontre surtout chez les vieillards [entropion
ENTROPION
sénile)^ favorise le développement de cette anomalie et en assure ensuite la permanence.
Sa véritable cause est une contraction de la portion ciliaire du muscle orbiculaire, comme elle se produit, par exemple, dans les ophtalmies accompagnées d'un gonflement œdémateux des paupières, ou sous un bandage compressif applique pendant un certain temps.
La seconde forme est souvent la conséquence de conjonctivites granulaires ou de blépharites chroniques ; on y trouve la conjonctive altérée dans sa structure et raccourcie, le cartilage épaissi, rétracté, recourbé et raccourci, le bord de la paupière épais et irrégulier. Cet état peut résulter aussi de cicatrices conjonctivales après des traumatismes, et surtout des brûlures. La paupière supérieure est, aussi bien que Tinférieure, sujette à cette aff'ection. Souvent les deux paupières sont prises à la fois. -
L'entropion produit une irritation considérable du globe oculaire avec photophobie, larmoiement et blépharospasme. A sa suite, la cornée peut devenir le siège d'inflammations et de pannus, avec des conséquences graves pour la vision.
Le traitement de l'entropion doit varier nécessairement avec la nature et le degré de cette anomalie.
Lorsqu'on a à combattre une inversion du bord de la paupière, résultant d'une cause passagère, telle que l'application prolongée d'un bandage sur les paupières fortement contractées ou de causes analogues, il sufïit d'un pansement avec des bandelettes de taff'etas gommé pour renverser la paupière en dehors. Un moyen utile, dans ces cas, est de placer entre le rebord orbitaire et la paupière une boulette de charpie et de la fixer dans cette position à l'aide de quelques bandelettes de diachylon.
M. Arlt^ conseille le pansement suivant : Il prend une bandelette de toile de 4 centimètres de longueur sur un centimètre de largeur, en fixe une extrémité par une couche de collodion au-dessous de l'angle interne, entre le rebord orbitaire et le bord adhérent du tarse. Gela fait, il tend assez fortement la bandelette, en la tirant horizontalement de dedans en dehors^