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CHUTE DE LA PAUPIERE SUPERIEURE, PTOSIS

OÙ l'on a disséqué le lambeau, on attire en bas et en dedans le lambeau constitué par le pont sectionné.

Pour la commissure externe, on procède d'une façon tout à fait analogue, en disséquant le lambeau dans la région de la tempe (voy. fig. 251 et 252).

ARTICLE XVII Chute de la paupière supérieure, ptosis.

On appelle ptosis le relèvement insuffisant ou la chute de la paupière supérieure qui empêchent le malade d'entr'ouvrir ses paupières plus ou moins, selon le degré de l'aifection.

Il peut survenir par suite de la paralysie du muscle releveur (paralysie de la troisième paire, voy. p. 595) et on le combat, en ce cas, par les moyens indiqués contre les paralysies en général, surtout par Télectricité. Le ptosis paralytique ne devient le sujet d'une intervention chirurgicale que lorsqu'on n'a en aucune façon à espérer le rétablissement de l'innervation, et que TafTection est dans un état de stabilité parfaitement caractérisé.

La chute de la paupière supérieure se produit en outre lorsque celle-ci devient trop lourde, par exemple à la suite d'inflammations chroniques (granulations, etc.). Enfin, elle provient d'une défectuosité congénitale ou de l'absence complète du muscle releveur, souvent accompagnées du même état du muscle droit supérieur et d'autres muscles d'un œil et même des deux yeux. Le défaut d'action du muscle releveur peut aussi avoir pour causes des traumatismes et des suppurations.

Lorsqu'il existe seulement un excès des téguments de la paupière de sorte qu'elle forme un large pli, on peut y remédier par l'excision de ce repli cutané. De même, lorsque la paupière s'est allongée par le relâchement de la peau et Thypertrophie du tissu cellulaire, comme on le rencontre chez des personnes très âgées ou après des affections palpébrales chroniques avec turgescence des tissus. Dans ces cas, la paupière devient pour ainsi dire un fardeau trop lourd pour le muscle releveur, lors même qu'il aurait sa force normale.

On saisit alors, à l'aide des pinces de Graefe^ un pli horizon-

tal des téguments assez grand pour faire disparaître la chute de la paupière, lorsque le malade regarde devant lui, tout en prenant garde de ne pas lui donner des dimensions telles que rocclusion de Tœil en soit gênée. Ce repli est excisé, et l'on réunit par quelques points de suture les lèvres de la plaie.

On reconnaît que le ptosis dépend d'une insuffisance du muscle releveur lorsque la différence des fentes palpébrales disparaît si le malade abaisse le regard. Pour ces cas, où l'excision d'un pli cutané serait assurément nuisible, de Graefe ^ a recommandé une opération qui tend à diminuer autant que possible la résistance que le releveur rencontre dans les contractions de son antagoniste, le muscle orbiculaire, et d'augmenter en même temps l'action du releveur par le déplacement de son insertion vers le bord libre de la paupière.

On pratique une incision transversale dans la peau de la paupière supérieure, à la distance de 5 millimètres de son bord libre, d'une commissure à l'autre. On écarte alors fortement les lèvres de la plaie par des tractions en haut et en bas, et dissèque légèrement le tissu sous-cutané près des lèvres de la plaie. Le muscle orbiculaire ainsi mis à découvert, on en saisit avec des pinces à griffes une portion large de 8 à 10 millimètres qu'on excise avec des ciseaux courbes ou avec le bistouri, en prenant garde de ne pas inciser l'aponévrose sous-jacente. Immédiatement après l'excision de rorbiculaire, on procède à la réunion des lèvres de la plaie par deux ou trois sutures qui doivent comprendre les bords de la plaie musculaire aussi bien que ceux de la plaie cutanée.

L'application de ces sutures doit être pratiquée de la manière suivante : On enfonce d'abord l'aiguille dans la lèvre inférieure de la plaie cutanée, puis on saisit la lèvre inférieure de la plaie musculaire avec des pinces, et l'on y enfonce l'aiguille, qui pénètre ainsi dans la profondeur de la plaie. Ensuite, on prend avec les pinces le bord supérieur de la plaie musculaire, on y enfonce l'aiguille de dedans en dehors, et, après avoir traversé la lèvre supérieure de la plaie cutanée, on ferme la suture. Il suffît d'en appliquer trois de cette manière, et, en cas de lésion, de réunir encore par quelques autres la plaie cutanée seulement.

l. Archiv fur Ophtalmologie^ 1863, IX, 2, p. 57.

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