LÉSIONS TRAUMATIQUES DES PAUPIERES
de haut en bas, on détache la peau du tissu sous-jacent dans toute l'étendue de la paupière supérieure jusqu'à proximité du bord libre, de façon à y faire une véritable poche ouverte en haut. Après que l'hémorrhag^ie est arrêtée, on pique, d'avant en arrière, trois fils armés de deux aiguilles, environ au milieu de la paupière, c'est-à-dire à égale distance du sourcil et du bord ciliaire; l'une des anses de hl est au milieu, les deux autres aux extrémités latérales du lambeau cutané. Les aiguilles sont alors glissées sous le lambeau, puis poussées dans la lèvre supérieure de l'incision sourcilière jusqu'à 2 centimètres au-dessus du sourcil : les fils sont noués deux à deux sur de petits rouleaux de gaze. Avant de faire le nœud, on tire sur les fils de façon à faire remonter jusqu'au sourcil la partie de la peau palpébrale où ont été introduits d'abord les lils. Le but poursuivi est le même que dans l'opération de Pagenstecher, seulement la large cicatrice assure ici un effet durable. On enlève les lils après huit à dix jours. L'auteur compare son procédé à ceux qu'on a déjà imaginés. Dans dix cas, il a obtenu des résultats très encourageants, même là où d'autres méthodes avaient échoué.
Lorsque, par une raison quelconque, aucune opération n'est admise on peut maintenir la paupière relevée par de petites
Fig. 255. — Pince à ptosis.
pinces à ptosis (fîg. 255), ou à l'aide d'appareils spéciaux formés par un ou deux crochets attachés à une monture de lunettes.
ARTICLE XYIII Lésions traumatiques des paupières.
Les plaies par incision ou déchirure des sourcils et des paupières varient dans leur siège et leur étendue, qui déterminent leur gravité. Une plaie horizontale, par instrument tranchant, qui n'a pas pénétré jusqu'à la conjonctive, guérit généralement avec facilité et sans défigurer le malade, à moins que le muscle
releveur de la paupière supérieure n'ait été détaché, ce qui amènerait la chute de cette paupière.
Les plaies superficielles en sens vertical, lorsqu'elles n'ont pas intéressé le bord palpébral, ne présentent pas de dangers. Lorsque la blessure atteint la paupière dans son épaisseur, il faut craindre la blessure simultanée du globe oculaire ou la formation ultérieure du symblépharon.
Les déchirures des paupières peuvent, d'ailleurs, suppurer, et amener, par une cicatrisation irrégulière, la déformation de la paupière. Lorsque la lésion a atteint le nerf sus-orbitaire, on en a vu résulter la cécité de l'œil correspondant (voy. p. 385).
Le traitement de toutes ces blessures exige souvent de grandes précautions. Une plaie simple produite par un instrument tranchant peut être réunie par une suture. Après une déchirure, il faut nettoyer la plaie, exciser le tissu lacéré et réunir les lèvres de la plaie aussi exactement que possible par une ou plusieurs sutures. Dans tous les cas, le bandeau compressif est le meilleur pansement.
Les piqûres des paupières par des guêpes, des abeilles et d'autres insectes, produisent parfois un gonflement et une irritation considérables. Si le dard de l'insecte est resté dans la plaie, il faut chercher à l'extraire, frotter la région enflammée avec de Thuile d'olive, et la couvrir d'une compresse trempée dans une solution d'hydrochlorate d'ammoniaque.
Nous avons déjà parlé plus haut (p. 672) de \r pustule maligne des paupières.
Les brûlures profondes sont souvent dangereuses par la rétraction cicatricielle, qui peut devenir la source d'ectropions graves. Le meilleur moyen préventif consiste dans la blépharoraphie suivie de greffes cutanées (voy. plus haut).
ARTICLE XIX
Anomalies congénitales des paupières.
Goloboma et épicanthus.
1° Le coloboma consiste dans une fissure des paupière que l'on a observée tantôt sur une paupière seulement, tantôt sur