‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 149 sur 167 · ANOMALIES CONGENITALES DES PAUPIERES · texte numérisé non relu

ANOMALIES CONGENITALES DES PAUPIERES

les deux à la fois. Cette fente est souvent combinée avec d'autres anomalies du même g^enre, comme la fente congénitale des lèvres, de la voûte palatine, etc. Pour le coloboma des paupières, on avive ses bords et on les réunit avec le plus grand soin par des sutures, dont une au moins doit traverser le cartilage.

2° luépicanthus^ anomalie congénitale qui consiste dans l'existence d'un pli cutané recouvrant l'angle interne des fentes palpébrales, est souvent compliqué d'un aplatissement des os propres du nez et de l'élargissement de l'espace qui sépare les grands angles des yeux. En même temps que l'épicanthus, on rencontre souvent la microphtalmie (parfois seulement apparente et causée par le rétrécissement de la fente palpébrale), la chute de la paupière supérieure, le strabisme et les affections des voies lacrymales.

L'opération de l'épicanthus a pour but de raccourcir la partie du tégument située entre les angles internes des yeux. Il n'est pas nécessaire de pratiquer cette opération dans les premières années de l'enfance, parce qu'il arrive que le raccourcissement se fait spontanément, et que le repli disparaît à mesure que le nez de l'enfant devient plus proéminent. Cependant, si ceci n'a pas lieu, que la difformité soit très prononcée, et qu'il en résulte une gêne véritable pour le malade, il faut pratiquer l'opération, qui consiste à exciser un lambeau ovalaire et vertical de la peau du dos du nez (rhinoraphie A'Ammon], Ce procédé doit être employé lorsque l'épicanthus existe des deux yeux; on l'exécute de la manière suivante :

Pour déterminer la grandeur du lambeau cutané à enlever, on saisit entre les doigts ou entre les branches d'une pince à entropion un pli de la peau assez grand pour faire disparaître l'épicanthus, et l'on circonscrit d'un trait à l'encre la base de ce pli. Cela fait, on peut placer immédiatement les aiguilles munies de fils de soie, qui seront nécessaires pour réunir les lèvres de la plaie après l'excision du lambeau cutané. Dans cette excision, faite au moyen d'un bistouri pointu, il faut disséquer soigneusement les angles de la plaie, pour que le rapprochement de ses bords se fasse sans difficulté.

Lorsque l'épicanthus n'existe que d'un côté, on excise le lambeau cutané latéralement et plus ou moins près de l'œil affecté.

ARTICLE PREMIER Anomalies des points et des conduits lacrymaux.

Les anomalies des points et des conduits lacrymaux sont surtout le déplacement, le rétrécissement et l'oblitération. Elles empêchent le fonctionnement de ces org-anes, et il en résulte le larmoiement de l'œil, à un degré plus ou moins prononcé, ou seulement une irritation ou inflammation de la conjonctive produites par le contact des larmes.

L'orifice du point lacrymal peut subir un déplacement dans un double sens. Nous pouvons le voir dirigé en avant, comme dans les cas d'éversion du bord palpébral, ou nous le trouvons refoulé à une distance plus ou moins grande du globe oculaire. Les causes d'éversion sont les mêmes que celles qui produisent l'ectropion; celles du refoulement sont le g"onflement de la caroncule ou l'épaississement de la paupière et de la conjonctive palpébrale.

L'oblitération des points lacrymaux résulte de leur déviation, de l'action des brûlures, des ulcérations ou des lésions traumatiques qui frappent ces points ou leur voisinage immédiat. Elle peut survenir aussi à la suite de conjonctivites ou de blépharites.

Le rétrécissement ou l'oblitération des conduits lacrymaux doivent aussi être attribués à la propagation des maladies inflammatoires de la conjonctive, à des brûlures et à des déchirures du voisinage, enfin à des corps étrangers (cils, concrétions calcaires ou dacryolithes, champignons filiformes), qu'on retrouve dans ces conduits.

Traitement. — Lorsque les anomalies que nous venons de décrire deviennent la source d'inconvénients pour le malade, il faut avant tout rétablir l'écoulement normal des larmes.

Un simple rétrécissement du conduit lacrymal peut toujours être franchi, si l'on se sert d'un stylet conique assez fin. Son

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