‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 151 sur 167 · Archiv fur Ophtalmologie, 1861, VIII, 4, p · texte numérisé non relu

Archiv fur Ophtalmologie, 1861, VIII, 4, p

sectionner le conduit lacrymal, il importe beaucoup de n'inciser la muqueuse que dans l'étendue où l'on coupe toute l'épaisseur du canal. Sans cela, on pourrait produire un rétrécissement traumatique qui obstruerait pour toujours le passage. Il faut aussi sectionner le canal de manière que la fente artificielle soit tournée, autant que possible, en dedans, c'est-àdire vers le globe de l'œil, ce à quoi on réussit facilement en renversant, comme nous l'avons dit plus haut, le bord palpébral en dehors et en dirigeant le tranchant vers l'œil.

Si, malgré cette précaution, l'épaississement de la paupière et le gonflement de la muqueuse refoulent tellement les parties, que, même après avoir été fendu, le canal reste renversé en dehors, et que les larmes qui ne pourraient arriver jusqu'à lui s'échappent encore sur la joue, il faut suivre le conseil de M. Critchett^. Ce chirurgien saisit, en pareil cas, une portion de la paroi postérieure du canal et la retranche d'un coup de ciseaux. Ceci permet d'atteindre le triple but, d'attirer le canal plus en dedans vers la caroncule, de faciliter aux larmes l'entrée dans le sac lacrymal et d'empêcher la réunion des parties.

Lorsque le point lacrymal est fermé, le traitement est plus compliqué. Il est alors quelquefois bien difficile de découvrir l'orifice, qu'il faut cependant rechercher soigneusement, même avec une loupe, et si on le retrouve, on peut généralement y pénétrer à l'aide d'une sonde fine. Si l'on n'y réussit pas, on doit, suivant M. Juengken^ enlever d'un coup de ciseaux la portion de la conjonctive qui recouvre le conduit lacrymal et chercher dans la plaie l'ouverture, pour y pénétrer avec une sonde. D'après M. Bowman^ on courrait moins de risques de voir se fermer l'orifice, en faisant cette incision obliquement. Après avoir pratiqué ainsi une nouvelle ouverture, il devient facile de fendre le conduit comme d'habitude.

Lorsque jle conduit a été converti en une gouttière permanente, si les larmes coulent encore sur la joue, c'est une preuve qu'il existe une obstruction dans un point plus éloigné des voies lacrymales. Le siège de cette obstruction est parfois près de l'origine interne du conduit lacrymal, à l'endroit où ce dernier

1. Voy. Leçons sur les maladies de Vappareil lacrymal (Annales d'oculistique, t. LI, p. 79).

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