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ANOMALIES DES POINTS ET DES CONDUITS LACRYMAUX

s'ouvre dans le sac. Dès que l'on arrive sur le rétrécissement, on sent une résistance élastique, et à mesuré que l'on pousse la sonde, on voit les téguments externes de la paupière qui avoisinent ce point se mouvoir avec la sonde. J'introduis alors dans le conduit lacrymal, aussi loin que possible, une sonde conique pointue ou une petite sonde creuse renfermant un trocart (voy. fîg". ^58). Dès que j'arrive sur le rétrécissement, je fais saillir la pointe du trocart, et tout en exerçant une forte tension sur la paupière à l'aide des doigts de la main gauche, je pénètre dans le sac. Ayant ainsi franchi Tobstacle, je retire le trocart, et j'empêche l'occlusion de l'ouverture en y introduisant une sonde line.

Si le sondage pratiqué avec soin rencontre trop de difficultés ou n'amène pas le résultat voulu, je fends le conduit en agrandissant son orifice dans le sac, pour établir une communication définitive entre la conjonctive et le sac lacrymal.

Après chaque examen ou opération des voies lacrymales, je pratique, à l'aide d'une très petite seringue (seringue d'Anel modifiée), une injection prudente d'eau tiède ou d'une faible solution de borax. Il faut conduire la petite canule jusque dans le sac conjonctival et employer une très faible pression pour injecter le liquide qui, la tête étant penchée en avant, s'écoule par la narine correspondante et fournit ainsi la preuve de la perméabilité de Tappareil lacrymal entier.

J'ajoute que je voudrais enfin voir abandonner Vincision inutile du conduit lacrymal qu'on a pris l'habitude de pratiquer dans chaque cas d'épiphora. Lorsqu'on peut pénétrer avec une sonde fine dans le sac lacrymal et qu'en pratiquant une injection, le liquide s'écoule librement par la narine, il suffit de renouveler ce procédé quelquefois pour obtenir la guérison. Même lorsque l'exploration du canal nasal (voy. plus bas) exige MEYER, 4e édit. 48

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Fig. 258.

l'introduction d'une sonde, on y arrive très bien sans fendre le point et le conduit lacrymal dont le fonctionnement normal ne me semble pas indifférent pour l'aspiration et l'écoulement des larmes. Pour ces motifs, j'introduis, dans les cas où il était indispensable de fendre le conduit lacrymal, les sondes et la seringue par son extrémité interne dans le sac lacrymal pour laisser le point et la partie contiguë du conduit se cicatriser. On y réussit parfaitement et ces petits organes peuvent alors reprendre leur fonctionnement normal.

ARTICLE II

Catarrhe du sac lacrymal et du canal nasal. Dacryocystoblennorrhée.

Cette affection se développe, dans la majorité des cas, très lentement et d'une façon insidieuse. Les malades s'aperçoivent d'abord d'un larmoiement plus ou moins prononcé, qui augmente lorsqu'ils s'exposent au froid ou à l'humidité, ou sous l'influence d'une cause irritante pour les yeux. Bientôt, la région du sac lacrymal gonfle périodiquement, et sous une légère pression on voit jaillir des points lacrymaux un liquide muqueux ou une sérosité ressemblant au blanc d'œuf. D'autres fois, ce liquide passe par le nez, lorsqu'on exerce une pression sur le sac lacrymal. Dans le premier cas, le contact du cul-desac conjonctival avec ces matières devient une cause fréquente de conjonctivites ou de blépharites.

La quantité de cette sécrétion anormale que l'on doit attribuer à un gonflement catarrhal de la muqueuse du sac lacrymal est proportionnée au degré d'irritation et à son étendue.

L€s produits sécrétés amènent petit à petit une distension dit sac lacrymal, qiii peut devenir assez considérable pour établir une tumeur très gênante pour le malade [hernie du sac lacrymal). Tant que la distension du sac n'est pas très notable, le catarrhe des voies lacrymales peut guérir spontanément. Cette distension survenue, la guérison spontanée peut encore s'établir à la suite d'une complication avec un phlegmon aigu (voy. plus loin).

Etiologie. — Le catarrhe du sac lacrymal résulte souvent

d'une inflammation catarrhale ou ulcéreuse de la muqueuse du nez ; d'autres fois il survient après des rétrécissements du canal nasal ou des conduits lacrymaux. Dans bien des cas où il paraît exister à l'état idiopathique, il peut être attribué à une étroitesse naturelle des voies lacrymales, qui coïncide tantôt avec un aplatissement prononcé du dos du nez, tantôt avec une forte saillie des os propres du nez. — On Tobserve aussi chez les nouveau-nés, où il paraît dû à une occlusion temporaire du canal nasal près de son embouchure. Il guérit souvent spontanément ou par suite de compressions fréquentes du sac lacrymal pour le vider; rarement on a besoin de passer une sonde.

Traitement. — La première indication de ce traitement est de combattre l'état morbide de la muqueuse du nez, lorsqu'il est la cause de la maladie.

11 suffit, dans beaucoup de cas, d'employer des injections d'eau dans les narines, ou de faire pratiquer, pendant un certain temps, des douches nasales avec de l'eau salée ou de l'eau boriquée, et de prescrire en même temps un traitement général apte à faire disparaître chez les malades une disposition générale au catarrhe des muqueuses.

Cependant, il ne faut pas oublier que le larmoiement seul peut avoir provoqué l'irritation de la conjonctive et empêche sa guérison. De .là résulte une autre indication non moins importante, celle de rétablir la perméabilité des voies lacrymales, et de prévenir la stagnation des liquides.

Dans ce but j'emploie en premier lieu la dilatation du conduit lacrymal suivie d'injections comme je l'ai décrit dans l'article précédent. Si le liquide injecté s'écoule par le nez il faut continuer ce traitement, recommander au malade d'exercer fréquemment avec un doigt une pression sur le sac et com-^ battre directement le catarrhe par des injections astringentesJ (sulfate de zinc ou de cuivre, nitrate d'argent). Lorsque le liquide ne passe pas ou difficilement (goutte par goutte) j'introduis par le conduit dilaté (sans le fendre) une sonde à bout olivaire pas trop fine (Bowman n° 2) dans le sac et de là (voy^ plus loin) dans le canal nasal. On réussit ainsi, en y ajoutant les injections, lorsqu'il n'y a qu'un gonflement général modéré ou des rétrécissements isolés légers. Mais si le premier sondage me démontre la présence d'un rétrécissement considé-

rable dont la guérison exigera des sondages prolongés ou un autre traitement, je passe immédiatement au procédé que Bowman a exposé dans les Ophtalmie Hospital Reports d'octobre 1857 K

Ce procédé est le suivant : On commence par ouvrir le conduit lacrymal inférieur, comme nous l'avons décrit plus haut, page 751 ; la communication que l'on établit ainsi avec le sac lacrymal permet de le vider facilement par une pression exercée extérieurement, et d'empêcher ainsi l'accumulation des matières.

Pour pénétrer dans le canal nasal, on choisit une des plus fines sondes de Bowman, dont la série comprend six numéros. Ces sondes faites d'argent malléable ont leur calibre gradué, de telle sorte que le numéro 1 présente les dimensions d'un crin très fort, tandis que le numéro 6 a un peu plus d'un millimètre de diamètre. Je me sers de préférence des sondes à bout olivaire, qui me paraissent pénétrer plus facilement, et qui sont peut-être moins sujettes à déchirer la muqueuse et à faire fausse route. On donne à la sonde dont on veut se servir la courbure jugée utile pour pénétrer à travers la continuité des voies lacrymales.

L'introduction de cette sonde par le conduit lacrymal inférieur se fait de la manière suivante : De la main gauche on tire le bord palpébral en dehors, puis on introduit la sonde dans le canal du conduit fendu dans lequel on la fait glisser doucement vers le sac, en dirigeant son extrémité en dedans et un peu en haut. On s'avance ainsi, sans secousses, jusqu'à ce que la sonde rencontre une partie ferme et résistante. La sonde a pénétré alors dans le sac, et il est temps d'en changer complètement la direction. Son extrémité restant dans le sac, on imprime à la sonde un mouvement circulaire, jusqu'à ce qu'elle se trouve en ligne droite avec la direction du canal nasal. En même temps, on ne quitte pas la paroi postérieure du sac le long de laquelle la sonde doit glisser dans le canal.

On cherche alors l'orifice supérieur de ce canal, et dans la plupart des cas, si Ton a bien suivi les règles que nous venons d'indiquer, on n'aura pas de difficulté à y pénétrer. Cependant, lorsque la muqueuse est fortement gonflée, la sonde s'égare

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