‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 155 sur 167 · Annales d'oculislique^ 1875, t. XXIV, p · texte numérisé non relu

Annales d'oculislique^ 1875, t. XXIV, p

dans la peau et on la décolle, particulièrement à la paupière inférieure jusque contre le bord palpébral, pour lui rendre sa mobilité.

Dans une autre série de cas, les paupières sont relâchées ; elles semblent avoir de trop grandes dimensions et forment des plis cutanés nombreux. L'œil larmoie continuellement. — Si le relâchement porte uniquement sur le bord palpébral, on excise tout contre la commissure externe une demi-lune dont la concavité regarde en dedans et qui comprend la peau, l'aponévrose et le tendon. La largeur et le contour de la demilune seront plus ou moins prononcés, selon le degré de tension de la paupière qu'il s'agit de produire. On réunit les bords de la plaie dans la direction primitive par des points de suture qui comprennent la peau et le muscle. — Veut-on exercer une tension sûr toute la largeur de la paupière, on excise de la même façon et au même endroit un lambeau en forme de V ouvert en dedans.

Dans une troisième catégorie des cas les paupières sont tellement relâchées que la commissure palpébrale externe s'est abaissée, la paupière supérieure recouvre un segment cornéen et la paupière inférieure laisse à découvert une plus grande partie de la sclérotique au-dessous de la cornée, particulièrement vers l'angle externe. — Pour y remédier^ on excise tout contre la commissure externe un rectangle comprenant la peau, le muscle et l'aponévrose. Le ligament doit rester absolument intact, et la situation du rectangle doit être telle que son côté inférieur corresponde au bord inférieur du ligament palpébral. Selon TelFet à produire, on fera plus ou moins longue la diagonale du rectangle qui part de la commissure et se dirige en haut et en dehors. La réunion des bords de la plaie se fera de telle sorte que l'angle du rectangle situé contre la commissure vienne se placer à l'angle diamétralement opposé.

Ces opérations de Weber indiquent seulement les principes généraux que le praticien doit modifier et combiner, selon les conditions de chaque cas particulier.

Lorsque le larmoiement persiste malgré le traitement rationnel de sa cause, ou dans les cas où la cause ne peut être reconnue ou n'est pas accessible à nos moyens, on peut avoir recours à l'ablation de la glande lacrymale (voy. plus loin).

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ARTICLE III Phlegmon du sac lacrymal. Dacryocystite aigué.

La maladie se manifeste par une routeur de la peau voisine du grand angle de l'œil, et par une tuméfaction localisée à la région du sac lacrymal. La rougeur elle gonflement se propagent le long des paupières^ et la conjonctive bulbaire même devient le siège d'hyperhémie et de chémosis. Cet état s'accompagne de douleurs intenses au niveau du grand angle de l'œil.

A ce moment, il est facile de confondre le phlegmon du sac lacrymal avec un abcès difl'us du tissu cellulaire qui l'entoure [anchilops). Ce qui facilite le diagnostic de la dacryocystite, c'est que le malade indique généralement l'existence antérieure d'un larmoiement ou d'un catarrhe du sac.

D'ailleurs, au bout de peu de temps, on voit apparaître, au milieu de la tuméfaction générale de toute la région, une tumeur nettement circonscrite, de la forme et à l'endroit du sac lacrymal. Le gonflement s'y accroît en même temps que la douleur pulsatile augmente ; la peau prend une teinte rouge plus foncée, se ramollit, devient fluctuante, s'ouvre, et donne issue aux matières purulentes renfermées dans le sac lacrymal. L'évacuation de l'abcès procure un grand soulagement ; et, dans les cas heureux^ l'inflammation cesse, l'ouverture du sac se rétracte et se ferme, et les larmes reprennent leur cours normal.

D'autres fois, le pus passe au delà de la paroi du sac, et se fraye un chemin vers un point assez éloigné du foyer morbide ; il en résulte un trajet listuleux qui laisse écouler les produits morbides et, plus tard, les larmes [fistules du sac lacrymal). Cet état et la persistance du catarrhe de la muqueuse prédisposent à des récidives du phlegmon qui sont, en eff'et, fréquentes.

Éiiologie, — Souvent le phlegmon du sac lacrymal survient à la suite d'un catarrhe des voies lacrymales ayant produit un rétrécissement du canal nasal. L'inflammation du périoste et

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