‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 159 sur 167 · OPÉRATIONS PRATIQUÉES SUR LA GLANDE LACRYMALE · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS PRATIQUÉES SUR LA GLANDE LACRYMALE

doit être saisie alors avec un crochet double, attirée en avant et détachée avec Textrémité du scalpel. L'hémorrhagie qui suit cette opération doit être arrêtée par une irrigation d'eau fraîche, et ce n'est que lorsque le sang a cessé de couler que l'on doit réunir les lèvres de la plaie par quelques sutures.

Dans un cas de larmoiement congénital des deux yeux où tous les traitements avaient échoué, j'ai pratiqué, chez une jeune fille de seize ans qui considérait cet état comme insupportable, des deux côtés l'extirpation de la glande lacrymale normale avec un succès complet (Voy. Bulletin de la Société de chirurgie^ mai 1881). Pour éviter en cas de suppuration la rétraction cicatricielle de la paupière supérieure, j'ai pratiqué l'incision au-dessus des sourcils fortement tirés en bas, et suivant le rebord supérieur de l'orbite dans son tiers extérieur jusqu'à sa réunion avec le bord inférieur. Les parties molles détachées du périoste, j'ai mis la glande à nu et l'ai séparée de ses adhérences en l'attirant en avant. L'hémorrhagie arrêtée, j'ai fermé la plaie par quelques points de suture et appliqué un pansement borate assez serré. La guérison se fit par première intention, de sorte qu'il en reste une cicatrice linéaire à peine visible. Le larmoiement a complètement disparu, sans que les yeux paraissent plus secs qu'à l'état normal.

Pour les cas de larmoiement auxquels je ne pouvais trouver d'autre cause qu'une hypertrophie de la glande lacrymale faisant saillie dans le cul-de-sac conjonctival, j'avais pratiqué souvent l'excision de la partie palpébrale de la glande lacrymale avec de bons résultats (voy. Rev. gén, d'ophtalmologie^ p. 145, 1886). De Wecker a préconisé systématiquement cette opération qui s'exécute de la façon suivante : La paupière supérieure étant fortement renversée, on voit les lobules glandulaires faire saillie sous la conjonctive ; à cet endroit on excise la muqueuse horizontalement et on dissèque et détache à coups de ciseaux le paquet de glandes en commençant du côté interne jusque derrière le ligament palpébral externe. Il faut faire l'ablation aussi complète que possible, sans intéresser les tissus environnants. Un bandeau compressif suffit pour arrêter l'hémorrhagie post-opératoire. — Dans le cas où le larmoiement n'a pas sensiblement diminué dès le 3^ ou le 4^ jour, Chihret ouvre la cicatrice conjonctivale et cautérise la région de la glande avec un thermocautère.

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