Éclairage latéral
cornée, iris ou champ pupillaire. Cet examen, qu'il faut faire dans une chambre obscure, exige un certain degré d'exercice, si on veut en tirer tout le parti possible; en effet, on reconnaîtra facilement que pour éclairer successivement les diverses parties de l'hémisphère antérieur du globe oculaire, il faut varier, par de petits mouvements de rotation autour de son axe, la position de la lentille biconvexe, ainsi que sa distance de l'œil observé. Le médecin pourra en outre se servir de la loupe, en même temps qu'il éclaire l'œil de la manière indiquée. L'examen à l'éclairage latéral nous rend les plus grands services dans l'exploration de la cornée, de l'iris, de la pupille, du cristallin, et même des parties antérieures du corps vitré. Si l'on veut l'utiliser pour les points situés dans le champ pupillaire et derrière la pupille, il peut être nécessaire d'agrandir le champ de nos investigations en dilatant préalablement la pu-
pille à l'aide de quelques gouttes d'une solution faible d'un des mydriatiques usuels (homatropine, atropine, duboisine, cocaïne). L'emploi du miroir réflecteur muni d'une loupe sera exposé plus loin avec les détails de l'examen ophtalmoscopique.
En faisant usage des mydriatiques, on doit se rappeler que leur emploi est interdit pour les yeux atteints de disposition glaucomateuse et il ne faut pas oublier que, même faible, la solution dont nous nous servons pour dilater la pupille (à l'exception de la cocaïne) agit en même temps sur la force d'accommodation de Toeil. Si donc nous nous proposons d'examiner cette dernière, il faut le faire avant d'employer un mydriatique. C'est pour une raison analogue que je pratique l'examen des fonctions visuelles avant l'exploration du fond de l'œil à l'aide de l'ophtalmoscope, ce dernier exigeant aussi, dans un certain nombre de cas, la dilatation préalable de la pupille. J'ajoute encore que l'emploi de l'ophtalmoscope produit un éblouissement sensible par la plus grande quantité de lumière projetée dans l'œil, et si Ton examine les fonctions visuelles immédiatement après, le malade se trouve dans les conditions d'une personne qui passe d'un endroit très éclairé dans un autre plus sombre. Les résultats d'un examen fait dans des conditions si peu normales pourraient certainement induire l'observateur en erreur sur l'état réel de la vision.
Pour l'exploration objective de l'état des parties de l'œil situées derrière la pupille^ il n'y avait autrefois que peu de ressources. On examinait, pour juger de la transparence du cristallin, les images d'une flamme réfléchie par ses deux surfaces, expérience devenue inutile depuis que nous sommes à même de reconnaître la présence des opacités les plus limitées, à l'aide de l'éclairage latéral et de l'ophtalmoscope. En faisant usage de l'éclairage latéral, nous examinerons les rapports du bord pupillaire et du cristallin, et après avoir dilaté la pupille, il sera facile d'explorer le champ pupillaire, la capsule cristal linienne, le cristallin lui-même dans toute son épaisseur. Toutes ces parties étant parfaitement transparentes à l'état normal, cet examen nous révélera l'existence des moindres opacités, leur étendue, leur forme, leur couleur et leur siège. Pour déterminer celui-ci, on regarde d'abord l'œil en face et on note l'endroit occupé par l'opacité dans le champ pupillaire ; puis on se tourne lentement de côté, tandis que l'œil du malade reste immobile, et on observe si l'opacité est restée au même
DE l'exploration DE l'oEIL. 11
endroit de la pupille ou non. Dans le premier cas, elle est située près de la capsule antérieure du cristallin. Lorsque l'opacité se déplace dans la direction opposée à celle de l'œil observateur, elle est située en avant du champ pupillaire ; lorsqu'elle se déplace dans la même direction, elle est située en arrière de la pupille, et d'autant plus que ce déplacement (parallactique) se fait plus vite et dans une plus grande étendue.