‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 18 sur 167 · EXAMEN DE LA VISION BINOCULAIRE · texte numérisé non relu

EXAMEN DE LA VISION BINOCULAIRE

lumière et du sens chromatique et permet le diagnostic différentiel de leurs anomalies et de leurs causes.

Lorsqu'il s'agit d'explorer Tétendue du champ visuel pour chacune des couleurs, on se sert du périmètre (Voy. page 28), en plaçant dans le curseur un carton colorié.

Examen de la vision binoculaire.

L'examen fonctionnel de chaque œil doit être suivi de l'étude de la vision binoculaire. A l'état normal, nos yeux, en fixant un objet, dirigent leurs axes visuels de façon à les faire converger sur cet objet, dont l'image se forme alors dans chaque œil sur des points correspondants de la rétine à l'endroit de la fovea centralis ; c'est la condition indispensable de la vision binoculaire simple. Dans l'examen de l'action commune des deux yeux, on commence par constater si, cette condition remplie, la vision binoculaire existe, ou si par hasard le malade ne se sert que d'un œil, même sans le savoir. En fermant alternativement chaque œil de l'examiné, on rencontre, en effet quelquefois, des personnes qui ne voient pas ou si mal d'un œil, qu'elles ne se servent que de l'autre et n'ont réellement qu'une vision monoculaire.

D'autres fois, la vision binoculaire existe, mais seulement à Taide d'efforts particuliers de la part du malade pour vaincre des insuffisances musculaires qui font ressentir leur action lorsque les efforts deviennent inutiles ou impossibles. Pour reconnaître cet état, on engage le malade à fixer un objet, le bout d'un doigt par exemple, placé à la distance de 40 centimètres, et l'on cache alternativement chaque œil, en interposant la main entre lui et l'objet. Si les deux yeux sont normalement dirigés, ils restent immobiles au moment où on les découvre. Par contre, lorsqu'un œil, au moment où l'on couvre son congénère, fait un mouvement pour placer son axe optique dans la direction de l'objet fixé, nous pouvons en conclure qu'il était dévié derrière la main qui le cachait auparavant. Cette expérience n'est nécessaire que lorsque nous ne constatons à la première inspection aucune déviation d'un des yeux. L'existence de cette dernière exclut de prime abord une vision binoculaire simple. En effet, lorsque les axes optiques ne jouissent plus du parallélisme nécessaire pour la vision normale des deux yeux, Texis-

tence de la vision binoculaire nous est révélée immédiatement par la diplopie, symptôme que le malade ne manquera pas d'indiquer le premier, ou directement ou en accusant des troubles visuels qui nous mettent sur la voie du diag-nostic exact.

Ce symptôme, la diplopie, exig-e toujours une étude particulière de la part du médecin qui doit rechercher en premier lieu la position des deux imag-es, puis laquelle des deux appartient à chacun des deux yeux. Le meilleur moyen pour faciliter cette expérience consiste à se servir de la flamme d'une bougie éloignée de quelques mètres du malade que l'on munit d'un verre coloré (violet). Ce verre, qui doit être placé devant l'œil dont il se sert de préférence, a un double avantage : il diminue légèrement la netteté de l'image qui se produit dans le meilleur œil, et par cela même la différence qui existe entre les deux sensations dont le malade est toujours disposé à supprimer la plus faible. D'autre part, la coloration différente des deux images nous permet de distinguer celle qui appartient à chaque œil. Ceci fait, nous avons encore à rechercher si l'image qui se trouve à la droite du malade correspond ou non à son œil droit, si les deux images sont placées à la même hauteur, quelle est la distance qui les sépare, si elles sont parallèles, ou si elles convergent l'une vers l'autre par leurs extrémités.

Lorsque, malgré la déviation d'un des yeux, il n'y a pas de diplopie spontanée ou que nous ne pouvons pas la provoquer par le moyen indiqué, bien que la force visuelle de chaque œil soit suffisante pour l'exercice de la vision, nous pouvons en conclure que le malade s'est habitué, dans l'intérêt de la vision simple, à supprimer la perception centrale de l'image qui lui est fournie par l'œil dévié.

ARTICLE II Considérations générales sur le traitement des ophtalmies.

La thérapeutique des affections inflammatoires de l'œil a essentiellement pour but de favoriser le retour des parties malades à l'équilibre de la nutrition normale. Dans ce sens, elle doit rem-

plir : 1° Vmdication causale^ qui consiste surtout à écarter tout ce qui peut contribuer à Tirritation de l'organe affecté : 2° Vindication morbide^ qui consiste à arrêter le processus pathologique et à ramener Tétat normal.

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