‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 24 sur 167 · ONGLET · texte numérisé non relu

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étant solidement fermées, on peut couper les extrémités des fils, Au bout de quatre jours à peu près, la partie étranglée du ptérygion s'enlève facilement {Szohahki).

Fig. 2d. — Ligature du ptérygion.

La transplantation ou déviation est pratiquée de la manière suivante : Après avoir détaché le ptéryg-ion de la cornée et de la sclérotique, de sorte qu'il n'adhère plus que par sa base, on pratique une incision qui commence au bord inférieur de la plaie conjonctivale, à 4 millimètres de distance du bord de la cornée, et qui doit être continuée parallèlement à ce dernier dans une étendue suffisante pour recevoir l'extrémité libre du ptérygion. Les choses ainsi disposées, le ptérygion doit être fixé sous l'incision de la conjonctive par quelques points de suture {Desmarres). Lorsque le ptéryg-ion est très large, on peut le diviser en deux portions par une section dans toute sa longueur et transplanter une moitié en haut, Tautre en bas, de la même façon que nous venons d'indiquer [Knapp). On réunit la plaie conjonctivale qui correspond au siège primitif du ptérygion par quelques points de suture.

U excision du ptérygion. Les paupières étant écartées, l'opérateur saisit le ptérygion avec des pinces, le soulève et détache soigneusement par des ciseaux, d'abord la portion cornéenne en commençant par le sommet [i\!^. 26), et en continuant à séparer la membrane de la sclérotique jusqu'à la distance de 3 ou 4 millimètres du bord de la cornée. La membrane ainsi dé-

tachée doit être enlevée tout à fait par deux coups de ciseaux qui convergent vers sa base.

Un autre procédé consiste dans la manœuvre suivante : Topérateur tenant soulevé le ptérygion de la surface de la scléro-

Fig. 26. — Excision du ptérygiou.

tique, passe par derrière un couteau à cataracte, le tranchant tourné du côté de la cornée et le plat de la lame sur la sclérotique. 11 sépare alors le ptérygion du tissu sous-jacent jusqu'à son sommet, puis, l'attirant avec les pinces, il continue l'opération comme dans le procédé précédent [Aî^li],

Fig. 27. — Suture de la conjonctive après l'excision du ptérygion.

Le ptéryg"ion une fois enlevé, on réunit par une ou deux sutures les bords de la plaie conjonctivale, après avoir détaché la muqueuse voisiné de sa base pour faciliter son glissement («8^ ^7).

Il n'est jamais nécessaire ni même désirable d'enlever le pté-

ÉPANCHEMENTS SOI S-CONJONCTIVAUX. 111

ryg-ion jusqu'à sa base, et l'étendue indiquée de Tincision suffira généralement.

M. Pag enstecher laisse même le ptéryg-ion, après l'avoir détaché de la cornée et de la sclérotique, adhérent à sa base, le renverse, et réunit les bords de la plaie conjonctivale par une ou deux sutures. Le ptérygion ainsi renversé s'atrophie très vite, surtout lorsqu'on passe une ligature serrée autour de sa base, comme nous avons l'habitude de le faire.

ARTICLE III Épanchements sous-conjonctivaux.

Épanchements sanguinolents, ecchymoses. — Les ecchymoses de la conjonctive se présentent sous forme de taches ou d'un anneau rouge foncé qui entoure la cornée et donne à l'œil un aspect effrayant peu en rapport avec la lég'èreté de la lésion. En effet, elles ne présentent pas d'autres symptômes et disparaissent par résorption, en passant successivement par toutes les nuances qui accompagnent les ecchymoses en voie de guérison. Elles sont causées par des opérations qui intéressent la conjonctive (strabotomie), par des coups sur l'œil, ou par des efforts g'énéraux qui s'accompag'nent de cong-estion vers la tête, comme de soulever des fardeaux considérables, les vomissements, la toux, etc. On les rencontre encore comme symptômes d'un état maladif considérable (scorbut) ou d'une prédisposition à la dégénérescence athéromateuse des vaisseaux, dans certaines maladies de cœur, ainsi qu'après les fractures de Torbite ou de la base du crâne. Abstraction faite de leur signification symptomatique, ces épanchements sont sans importance; leur résorption, très lente d'ailleurs, et qui exige parfois des semaines, se fait spontanément; on peut essayer de l'accélérer à l'aide d'un léger massage, en frictionnant à travers les paupières avec le pouce la région de l'ecchymose et par l'emploi de compresses trempées dans de l'eau mélangée de quelques gouttes de teinture d'arnica.

Si l'épanchement est exceptionnellement considérable, on peut pratiquer aussi quelques mouchetures à la conjonctive et

appliquer un bandeau compressif permanent ou pendant la nuit seulement.

Épanchement séreux, œdème sous-conjonctival. — Il apparaît sous forme d'un soulèvement semi-transparent de la conjonctive, d'ailleurs saine, soulèvement qui peut être si considérable qu'il recouvre la cornée et fait saillie entre les bords palpébraux.

Cet œdème, qui par lui-même n'est pas douloureux, est presque toujours le symptôme d'un processus inflammatoire, soit dans les membranes internes de l'œil, soit des paupières ou des parties voisines fchalazion, érysipèle, inflammation du sac lacrymal, phlegmon de l'orbite).

D'autres fois, il survient en même temps que les épanchements séreux dans d'autres parties du corps, chez les anémiques, les chlorotiques, les personnes atteintes de maladies du cœur ou des reins, etc.

Le meilleur moyen à employer contre l'épanchement séreux en lui-même, lorsqu'on jug"e à propos d'intervenir, consiste dans l'incision du chémosis d'après la méthode indiquée plus haut (p. 70).

Emphysème sous-conjonctival. — Cet état est caractérisé par le soulèvement de la conjonctive, la sensation particulière de crépitation que Ton éprouve en la comprimant et la facilité avec laquelle la compression le fait disparaître. Il se produit lorsqu'une fracture de la paroi orbitaire met le tissu sous-conjonctival en communication avec les fosses nasales, les sinus frontaux ou les cellules ethmoïdales.

Il peut encore résulter d'une déchirure du sac lacrymal ou des conduits lacrymaux par lesquels l'air pénètre dans le tissu sous-conjonctival quand le malade se mouche. L'emphysème lui-même est sans importance et disparaît par une compression bien faite à l'aide d'un bon bandage placé sur les paupières closes.

Chez les enfants scrofuleux, il a été observé des épancheînenfs /)wr«/e/?/.v sousla conjonctive, vers l'angle interne deVœï\{Arl(). Leur cause est inconnue et ils disparaissent spontanément.

ARTICLE IV Lésions de la conjonctive.

La lésion de la conjonctive peut avoir lieu: l'' par la pénétration de corps étrangers; 2** par des blessures avec des instruments tranchants; 3° par des agents chimiques.

l°Les corps étrangers^ en pénétrant dans la conjonctive, peuvent provoquer une lésion brusque, ou causer par leur séjour prolongé des symptômes d'irritation progressive. Ils se logent rarement dans la conjonctive bulbaire, souvent sur la conjonctive palpébrale, et dans les plis du cul-de-sac supérieur. Lorsqu'ils y séjournent, ils provoquent la sensation de leur présence, de i'hyperhémie, une conjonctivite catarrhale et parfois une hypertrophie partielle du corps papillaire autour de l'endroit qu'ils occupent. Souvent les douleurs sont très vives, elles augmentent à chaque mouvement de l'œil et s'accompagnent de larmoiement, de photophobie et même de blépharospasme.

Le traitement doit débuter par la recherche et l'extraction du corps étranger. Dans ce but, il faut renverser chaque paupière à part, se servir au besoin de l'éclairage latéral, et explorer soigneusement les plis du cul-de-sac supérieur. Les corps étrangers adhèrent généralement peu à la conjonctive et sont faciles à enlever avec un pinceau de ouate, un linge ou une petite curette. S'ils sont fortement implantés dans la muqueuse et résistent à l'action de la curette ou d'une pince, on excise le petit pli de la conjonctive qui les contient; quelques gouttes de cocaïne rendent ces petites opérations indolores. Après l'extraction, il faut combattre l'irritation par l'application décompresses fraîches ou par des astringents, s'il persiste un catarrhe conjonctival.

2^ Les blessures de la conjonctive qui n'atteignent pas d'autres parties de l'œil sont sans importance et guérissent facilement. Lorsqu'elles sont très grandes, on peut réunir les bords, de la plaie conjonctivale par une ou deux sutures, et, s'il est nécessaire, régulariser préalableïnent avec des ciseaux les lèvres MEYER, 4* édit. 8

de la plaie. Les compresses fraîches et un bandeau compressif combattent efficacement l'irritation consécutive.

3** Les brûlures et les cautérisations par des agents chimiques occasionnent la formation de plaques blanchâtres épaisses et saillantes sur la muqueuse, et sont suivies d'une réaction inflammatoire et de douleurs très vives. Les brûlures sont d'autant plus dangereuses qu'elles ont eu lieu sur une plus grande étendue.

Leur gravité résulte en outre de leur action sur la cornée et de la cicatrisation qui provoque souvent des adhérences indestructibles entre les paupières et le globe de l'œil, abolissant en partie ou complètement les fonctions de ce dernier. (Voy. Symblépharon.)

Le traitement exige l'élimination aussi rapide que possible de l'agent chimique par des injections avec du lait ou de l'huile lorsqu'il s'agit de chaux, ou avec de l'eau tiède mélangée de carbonate de potasse lorsqu'il s'agit d'acides. Des instillations fréquentes d'huile d'olive, des applications répétées de borvaseline entre les paupières, des lotions ou des compresses froides, pour calmer les douleurs, complètent le traitement. Les eschares qui se détachent doivent être enlevées soigneusement, car leur présence devient une nouvelle source de douleur pour le malade.

Pendant la cicatrisation, il faut exercer une surveillance particulière pour éviter la formation des adhérences, et recourir au besoin à un procédé opératoire dans le but de recouvrir la plaie avec la conjonctive voisine préalablement dégagée, ou à l'aide d'une véritable greffe conjonctivale. (Voy. Symblépharon.)

ARTICLE V Atrophie et xérosis de la conjonctive, xérophtalmie.

On appelle xérosis, la sécheresse de l'œil qui résulte de l'atrophie de la muqueuse et surtout de l'atrophie de ses éléments sécréteurs; restreint à la surface, c'est le xérosis épithélial^ et s'il envahit le tissu de la conjonctive dans toute son épaisseur le xérosis parenchymateux.

Lorsque celui-ci n'atteint qu'une partie de la muqueuse, on le

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