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Mydriasis

La dilatation de la pupille est plus ou moins considérable et quelquefois irrégulière : lorsque le mydriasis est très prononcé, la pupille, au lieu de rester noire, prend parfois un reflet grisâtre dû à la réflexion de la lumière qui pénètre en plus grande quantité dans le cristallin.

Les troubles visuels qui en résultent dépendent en grande partie de l'éblouissement produit par la trop grande quantité de lumière qui pénètre dans l'œil ; ils disparaissent alors aussitôt que l'on fait regarder le malade à travers une petite ouverture circulaire sténopéique (fîg. 47). D'autres fois, ils sont dus à la paralysie simultanée de l'accommodation, car la paralysie du muscle ciliaire accompagne fréquemment celle du sphincter de l'iris. On reconnaît que ces troubles visuels sont produits par le défaut d'accommodation, à Taction des verres biconvexes qui les font disparaître.

Les détails de ces symptômes varient selon l'état de réfrac-

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tion de l'œil atteint ; ils seront expliqués parmi les anomalies de la réfraction et de l'accommodation.

Le mydriasis n'existe souvent que d'un œil ; il est néanmoins très g-ênant pour le malade, parce que l'image rétinienne de l'œil atteint diffère de celle de l'autre œil par l'intensité de son éclairag-e.

Selon la cause qui le produit, le mydriasis survient plus ou

Fig. 47. — Ouvertures cireulaires sténopéiques.

moins rapidement, disparaît quelquefois spontanément, d'autres fois sous l'influence du traitement ; mais il peut aussi récidiver et même persister pendant toute la vie.

Le pronostic dépend également de la cause ; il est parfaitement favorable lorsque le traitement peut atteindre la circonstance étiolog-ique, ou lorsqu'il n'existe aucun symptôme nerveux qui indique l'existence d'une lésion grave. Le pronostic est bien autrement sérieux lorsque le mydriasis est le symptôme d'une affection organique des centres nerveux.

Etiologie. — Le mydriasis qui dépend toujours soit d'une

paralysie du sphincter de la pupille, soit d'une irritation du muscle dilatateur, peut résulter de l'emploi local des mydriatiques (dont nous décrirons l'action et l'effet sur l'accommodation parmi les anomalies de cette fonction) ou de Tusage interne de la belladone. Les troubles fonctionnels des muscles de l'iris peuvent provenir : 1^ d'une paralysie plus ou moins complète de la troisième paire, d'orig-ine rhumatismale, syphilique ou centrale ; 2^ des causes irritantes qui ag'issent sur le grand sympathique ; par exemple dans certaines affections spinales, dans l'helminthiasis, l'hypochondrie, l'hystérie, comme prodrome de certaines monomanies (monomanie des grandeurs, de Graefe) et enfin passagèrement chez les personnes irritables, après des frayeurs, des troubles gastriques, etc.

On observe aussi le mydriasis comme un symptôme fréquent dans le courant d'affections cérébrales, telles que l'encéphalite, la méningite, l'hydrocéphalie, etc.

Dans l'amaurose absolue, la dilatation de la pupille est due à l'insensibilité de la rétine à l'action de la lumière. On a vu encore le mydriasis persister après un emploi excessif de l'atropine dans des yeux dont l'iris s'atrophie.

Le mydriasis d'un seul œil s'observe après des contusions du globe de l'œil, chez d'anciens syphilitiques, les aliénés (paralysie progressive générale et manie des grandeurs), et chez des personnes atteintes plus tard d'affections cérébrale ou spinale.

D'autres fois, il est dû à une dent malade, à l'action directe de la pression d'une cataracte gonflée sur les fibres musculaires de l'iris ou enfin à une augmentation de la pression intra-oculaire ag'issant sur les nerfs ciliaires (glaucome). C'est aussi dans ce dernier cas que le mydriasis peut n'atteindre qu'une partie du bord pupillaire, lorsque quelques branches ciliaires sont seules atteintes.

Traitement. — Il faut rechercher la cause, et si elle siège en dehors de l'œil, intervenir par les moyens appropriés. Localement, on obtient le rétrécissement de la pupille par les instillations de pilocarpine ou d'ésérine à la dose de 1 à 5 centigrammes pour 10 grammes d'eau. En même temps on emploiera le courant continu, soit en courtes séances renouvelées tous les deux jours, soit par l'application prolongée pendant la nuit

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d'un courant très faible (1 ou 2 éléments de Trouvé ou de Leclanché ; la plaque positive attachée par un bandeau sur les paupières, Tautre sur la nuque).

Il est très souvent utile d'exciter indirectement Faction du sphincter de la pupille par l'exercice de la vision sur des objets rapprochés, et par l'emploi méthodique des verres convexes, dont le choix et Tusage seront exposés avec le traitement des paralysies de l'accommodation.

Les cas dans lesquels le mydriasis a été g-uéri par l'emploi des mercuriaux et par Tiodure de potassium s'expliquent par l'existence d'une diathèse syphilitique ou rhumatismale comme première cause de la paralysie de la troisième paire, et engagent à un examen attentif de l'état général de chaque malade.

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