Myosis
Le myosis consiste dans un rétrécissement de la pupille, qui peut être réduite à la grandeur d'une tête d'épingle ; il entre alors moins de lumière dans l'œil, les images rétiniennes sont moins éclairées et la vision en souffre, surtout lorsque le jour baisse. Le myosis est presque sans influence sur l'étendue du champ visuel ; par conséquent, il occasionne par lui-même peu de troubles de la vision ; lorsqu'il en existe, ils doivent être attribués à d'autres altérations concomitantes.
Les causes de cette affection dépendent, tantôt d'une contraction spasmodique du sphincter de l'iris, ou d'une paralysie des fibres du muscle dilatateur. A la première cause, il faut attribuer le myosis produit : 1° par l'application continuelle des yeux sur les objets petits et brillants (chez les bijoutiers, horlogers, graveurs) ; ou 2^ par l'action réflexe que les branches sensibles de la cinquième paire exercent sur le nerf moteur oculaire commun, ce qui explique le resserrement de la pupille dans les névralgies ciliaires, lorsqu'un corps étranger ou une autre cause irritante agit sur la cornée ou sur le sac conjonctival ; 3^ enfin, par l'irritation centrale de la troisième paire intra-crânienne (méningite au début, congestion de l'encéphale et de ses enveloppes par l'ivresse, l'opium, la nicotine, etc.).
La pilocarpine et l'ésérine produisent le myosis par une action directe sur les nerfs de l'iris, en sens contraire de l'action de l'atropine.
Le myosis dû à une paralysie des fibres du dilatateur dénonce une altération dans le grand sympathique, comme par exemple dans l'amaurose spinale qui accompagne l'ataxie locomotrice. Dans cette affection, le diamètre des pupilles contractées ne varie pas avec l'éclairage, mais continue à se modifier avec la convergence et l'accommodation (symptôme d'Argyll Bobertson). Le myosis a été signalé aussi à la suite de la compression exercée sur la portion cervicale du grand sympathique, par une tumeur ou par un anévrysme.
Le traitement du myosis doit varier avec sa cause qui, nous venons de le voir, est souvent bien éloignée de l'œil. Comme traitement local, il faut mentionner l'emploi de l'atropine ; mais ce médicament n'agit que passagèrement et ne doit être considéré comme un moyen rationnel qu'en cas de spasme du sphincter de l'iris, contre lequel il faut l'employer alors d'une manière méthodique .