‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 38 sur 167 · Hippus. — Tremblement de l'iris · texte numérisé non relu

Hippus. — Tremblement de l'iris

Il est caractérisé par un changement incessant de la largeur de la pupille, qui se resserre et se dilate successivement, et cela d'une manière indépendante des causes physiologiques, comme la lumière, l'accommodation, etc.

On Tobserve, mais bien rarement, pendant la guérison des paralysies de la troisième paire (d'une façon analogue aux contractions irrégulières d'autres muscles pendant la période régressive des paralysies), à la suite d'albinisme, et le plus fréquemment accompagné de convulsions cloniques des muscles extrinsèques de l'œil, désignées sous le nom de nystagmus.

Le tremblotement de Viris (iris tremulans, iridodonésis) est un mouvement purement passif de la membrane, qui se produit pendant les mouvements du globe de l'œil toutes les fois que l'iris a perdu son appui naturel, la convexité antérieure du cristallin. Aussi peut-on observer ce tremblement sur une partie seulement de l'iris dans les cas de luxation incomplète du cristallin. Le plus souvent ce phénomène survient après l'extraction de la cataracte, après le déplacement complet du cristallin, soit à la suite de l'abaissement, ou d'un traumatisme, enfin lorsque le cristallin a sensiblement diminué de volume,

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par résorption partielle (dans les cataractes plus que mûres, ou après leur opération par discission).

On l'observe encore en cas d'hydrophtalmie antérieure, lorsque l'iris, par la distension des parties antérieures de l'œil, est tiraillé latéralement et séparé du cristallin par une couche de liquide.

Contrairement à une opinion autrefois très répandue, il faut croire que la liquéfaction seule du corps vitré ne peut pas produire le tremblotement de l'iris, car l'observation nous révèle beaucoup de cas de liquéfaction complète, sans que le cristallin et l'iris présentent des mouvements d'avant en arrière.

ARTICLE VI Anomalies congénitales de l'iris.

V On observe sur l'iris des anomalies de coloration^ en ce sens que l'iris d'un œil ne présente pas la même nuance que celui de l'autre côté (hétérophtalmie), sans qu'il en résulte le moindre trouble de la vision. Il faut se garder de confondre cet état avec la décoloration produite par une iritis. D'autres fois l'iris ne présente pas la même couleur dans toutes ses parties, et la différence de nuance peut exister dans un secteur de la membrane ou dans le petit cercle. Il faut, en outre, signaler les taches pigmentaires sur l'iris, variables dans leur nombre, leur grandeur et leur coloration, qui est, en général, très foncée. Toutes ces particularités sont sans signification pathologique.

2^ Un autre genre d'anomalies congénitales consiste dans Virrègulariié de ht forme pupillaire^ qui se rapproche souvent de la forme ovalaire, et dans Vectopie plus ou moins prononcée de la pupille. Dans la plupart des yeux, d'ailleurs, le centre de la pupille ne se trouve pas exactement derrière le centre de la cornée, mais un peu plus en dedans, à l'endroit où passe l'axe visuel du globe, et dans ce cas le déplacement de la pupille peut passer tout à fait inaperçu. Mais la pupille peut se trouver très excentrique (ectopie), et en ce cas elle n'est séparée du bord adhérent de l'iris que par une bandelette étroite de cette mem-

brane. Le cristallin peut alors avoir subi un déplacement analog'ue. La corectopie se rencontre souvent sur les deux yeux d'une manière symétrique et chez plusieurs personnes d'une même famille. Nous avons déjà dit qu'on la voit souvent dans les yeux affectés de keratoglobus congénital (voy. p. 184).

3° La multiplicité des pupilles (polycorie) est assez rare. Les pupilles anormales peuvent se trouver dans le voisinage de la pupille normale et séparées l'une de l'autre par des bandelettes étroites de tissu irien (probablement en rapport avec la persistance de la membrane pupillaire). D'autres fois, il existe une ouverture complémentaire près du bord ciliaire (due probablement à une irido-dialyse congénitale), et dans ce cas les bords de cette pupille ne sont pas mobiles. Généralement il ne résulte pas de trouble visuel de cette anomalie, qui peut donner lieu, cependant, à la diplopie.

Fig. 48. — Colobome incomplet de l'iris.

4° hdi persistance de la membrane pupillaire est moins rare; celle-ci est généralement incomplète, en ce sens que l'on observe seulement un nombre plus ou moins grand de faisceaux très fins, qui partent de la surface antérieure de l'iris près de la pupille et la traversent, pour se réunir en une plaque pigmentée située à la surface de la capsule.

Ils n'empêchent aucunement le jeu normal de la pupille et laissent aux rayons lumineux un passage suffisamment grand pour que la vision ne soit pas altéré

5° Le colobome de Viris consiste dans une fissure de cette membrane dirigée presque toujours en bas et en dedans. Elle peut diviser l'iris dans toute sa largeur (colobome complet), ou

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s'arrêter à une certaine distance du bord ciliaire (colobome incomplet). Dans ce dernier cas (fig-. 48), les bords du colobome se contractent parfois avec la pupille, quoique plus lentement.

La fissure de l'iris se prolonge souvent dans les procès ciliaires et dans la choroïde. D'autres fois, on constate en même temps qu'un colobome de l'iris, la microphtalmie, la cataracte congénitale, d'autres fissures qui auraient dû se fermer pendant la vie intra-utérine (colobome des paupières, bec-de-lièvre, fente de la voûte palatine, etc.). Le colobome iridien peut exister sur un œil ou sur les deux; il a été sig^nalé souvent chez plusieurs personnes de la même famille.

Lorsque l'iris est seul atteint, la vision est presque toujours normale; les cas d'amblyopie se rattachent aux complications que nous venons d'indiquer.

La cause du colobome doit être attribuée à un arrêt de développement du globe de l'œil.

6° U absence de Viris (iridérémie) peut être complète ou incomplète ; dans ce dernier cas, on trouve des lambeaux irréguliers du tissu de l'iris de grandeur variable, ou le petit cercle seulement manque à la membrane, ce qui donne l'aspect d'une pupille dilatée par l'atropine.

Lorsque l'iridérémie est complète, on voit le cristalHn dans sa totalité, et l'œil a un aspect étrang-e ; s'il survient alors une cataracte, la vision peut être encore assez bonne, par suite du passage de la lumière entre le bord du cristallin et les procès ciliaires.

En général, les malades ne souffrent que de l'éblouissement, et les troubles visuels plus considérables dépendent plutôt des complications (cornée globeuse, cataracte, microphtalmie, etc.).

Lorsque le muscle ciliaire manque en même temps que l'iris, l'accommodation fait entièrement défaut.

L'iridérémie a été observée sur les deux yeux et semble héréditaire dans quelques familles. J'ai eu à opérer de cataracte l'œil gauche d'une femme atteinte d'iridérémie complète des deux yeux, et dont l'œil droit présente un glaucome absolu. Sa mère et sa sœur avaient aussi l'iridérémie double; de ses deux enfants, la fille en est atteinte, le fils non. Des douze enfants de sa sœur, onze ont l'iridérémie double et un fils seulement a des yeux normaux. — En cas d'éblouissement, on peut ordonner

au malade avec avantage l'usage des verres fumés et des lunettes sténopéiques.

ARTICLE VII Anomalies de la forme et du contenu de la chambre antérieure.

1° La profondeur de la chambre antérieure varie déjà à l'état normal considérablement, selon l'âge des personnes et selon l'état de réfraction de leurs yeux. Elle est plus étroite chez les nouveau-nés et chez les vieillards que chez les adultes, plus profonde chez les myopes dont le globe de l'œil est allongé, que chez les hypermétropes.

A la suite d'états pathologiques, la chambre antérieure peut devenir plus étroite ou plus profonde. La première modification est due à l'aplatissement de la cornée (à la suite de rétraction cicatricielle) ou au refoulement de l'iris en avant, que celui-ci soit produit par des synéchies antérieures ou par des exsudations accumulées derrière l'iris atteint de synéchie postérieure totale. La partie périphérique de la chambre antérieure peut présenter alors plus de profondeur que la partie centrale, lorsque des fausses membranes qui se rattachent aux procès ciliaires exercent une traction dans le sens du grand cercle de riris. Enfin la chambre antérieure diminue notablement de profondeur, lorsqu'une augmentation de la pression intra-oculaire (glaucome) pousse le cristallin en avant vers la cornée, ou lorsque le cristallin lui-même, augmentant de volume par le ramollissement de sa substance corticale, rapproche l'iris de la cornée.

La chambre antérieure gagne de profondeur dans les cas de staphylome de la cornée^ ou par la distension de la partie antérieure du globe de l'œil (hydrophtalmie), on enfin lorsque le cristallin est déplacé dans l'œil ou en est sorti.

2° Le contenu de la chambre antérieure peut se trouver mélangé de sang, de pus, de corps étrangers, de substance cristallinienne, de tumeurs, cysLicerques, etc.

Uépanchement du sang dans la chambre antérieure a été dé-

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