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OPHTALMIE SYMPATHIQUE

pillaire et à la surface postérieure de l'iris. Ces exsudations s'org-anisent rapidement et forment des fausses membranes solides.

La pupille est alors rétrécie, et, par suite de la synéchie postérieure totale, immobile et insensible à Taciion de l'atropine. L'iris paraît d'abord plus tendu et décoloré; mais, à la suite d'épanchements dans son parenchyme, le tissu est gonflé et la chambre antérieure moins profonde. A ces symptômes s'ajoutent au bout de quelque temps ceux de la cyclite, la sensibilité au toucher de la région ciliaire, les épanchements dans le corps vitré, le ramollissement progressif du g^lobe de l'œil.

La force visuelle est alors notablement abaissée, et le champ visuel rétréci. A mesure que la maladie progresse, la pupille se remplit de matières plastiques, la partie périphérique de l'iris est tirée en arrière par les fausses membranes qui unissent sa surface postérieure au corps ciliaire; par conséquent la chambre antérieure augmente de profondeur vers sa périphérie. Le cristallin devient opaque, la rétine se décolle et le globe de l'œil s'atrophie. Dans les cas plus favorables, Taffection s'arrête avant d'arriver à cette dernière phase ; il reste alors un peu de perception visuelle, qu'une intervention chirurgicale heureuse peut encore augmenter.

2° Uiritis séreuse sympathique est bien moins dangereuse que la forme précédente. Ses symptômes sont ceux de l'iritis séreuse en général (voy. p. 200) : légère injection sous-conjonctivale, trouble de l'humeur aqueuse et dépôts grisâtres à la surface postérieure de la cornée, aspect normal de l'iris, dilatation de la pupille et augmentation de la pression intra-oculaire.

3° La chorio-rétiniie sympathique n'a été signalée jusqu'ici que par de Graefe^ qui en a observé deux cas. L'un de ces cas survint après l'extraction linéaire d'une cataracte calcaire tombée dans la chambre antérieure, avec iridocyclite consécutive et grande sensibilité au toucher de l'œil opéré. Six semaines après l'opération, le malade se plaignit de son autre œil jusquelà normal, et Ton y constata une diminution subite de la vision avec défectuosité du champ visuel. A l'examen ophtalmoscopique, on reconnut un trouble de transparence de la rétine^ avec dilatation et ilexuosité des veines de cette membrane. En. même temps, des symptômes légers d'iritis séreuse apparurent.

Sous l'influence du traitement (émissions sanguines, sublimé, iodure de potassium), et en même temps que toute sensibilité de Toeil opéré disparut, la vision de Tautre œil s'améliora progressivement et redevint normale.

Le second cas est celui d'un individu qui avait perdu un œil depuis sa jeunesse par un décollement de la rétine, avec des dépôts calcaires étendus dans la choroïde. A Tâge de vingt ans, l'autre œil fut atteint des symptômes de rétinite que nous venons de décrire, en même temps que l'tcil perdu devint sensible au toucher. Ce dernier ayant été enlevé par l'énucléation, les phénomènes de TafTection sympathique disparurent.

4° La quatrième forme des affections sympathiques se distingue des autres en ce qu'elle n'est accompagné€ d'aucune altération matérielle des tissus de l'œil. Elle a reçu le nom de névrose sympathique^ et se caractérise par une photophobie considérable avec spasme consécutif de l'orbiculaire, du larmoiement et une légère injection périkératique qui se déclare surtout après des efforts visuels. En même temps, il existe un défaut d'énergie dans la vision et un affaiblissement de l'accommodation.

En outre des affections sympathiques que nous venons d'indiquer, on a aussi décrit des conjonctivites, des kératites, des choroïdites, des glaucomes sympathiques, survenus à la suite de lésions traumatiques de l'autre œil. Cependant l'admission de ces affections dans le cadre des maladies sympathiques n'est pas suffisamment justifiée.

Marche et terminaison. — Le temps qui peut s'écouler entre la maladie du premier œil et l'apparition de l'affection sympathique dans l'autre est très variable. Si quelquefois elle survient au bout de quelques jours ou quelques semaines, on l'a observée d'autres fois après vingt et trente ans, souvent précédée de la sensibilité douloureuse caractéristique de la région ciliaire du premier œil atteint. Si l'ophtalmie sympathique se montre sous forme d'irido-cyclite, elle n'éclate d'habitude pas brusquement, mais suit plutôt une marche insidieuse, résiste aux influences thérapeutiques et détruit progressivement la vision, en amenant l'atrophie du globe. Cependant elle s'arrête quel quefois d'elle-même, en laissant un certain degré de perception lumineuse.

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