TRAITEMENT DU GLAUCOME
Topération subit un retard imposé par une raison majeure, ou lorsque l'opération a donné un résultat insuffisant, ou enfin dans les cas de glaucome hémorrhagique, contre lequel l'opération est généralement impuissante. Dans un cas de ce genre, où un œil était déjà perdu par le glaucome, j'ai vu l'autre œil, également atteint de glaucome hémorrhagique, débarrassé, à Taide d'instillations de pilocarpine, des symptômes glaucomateux, la vision ainsi que le champ visuel s'améliorer sensiblement, et cette amélioration se maintient depuis longtemps.
Quant au procédé opératoire de l'iridectomie, nous renvoyons à ce chapitre (p. 225). On doit instiller préalablement de Tésérine ou de la pilocarpine pour rétrécir la pupille, pratiquer une iridectomie périphérique et une assez large excision de l'iris. Selon les règles que nous avons exposées au chapitre de l'iridectomie, le meilleur emplacement pour cette excision est en haut ou en bas. Il importe, pendant l'opération, de rendre l'écoulement de l'humeur aqueuse aussi lent que possible, pour éviter une diminution trop brusque de la tension de l'œil, qui est la cause des hémorrhagies rétiniennes observées à la suite de riridectomie pratiquée contre le glaucome.
Après l'opération, il faut porter son attention sur la consistance du globe oculaire, sur la formation de la chambre antérieure et sur la cicatrisation.
Il n'est pas rare de voir reparaître, le lendemain de l'opération, un certain degré de tension qui ne disparaît que lentement dans le cours de quelques jours, en même temps que la chambre antérieure ne se reconstitue qu'imparfaitement, de sorte que riris se trouve rapproché de la cornée. Les instillations d'ésérine et le repos absolu sont alors de toute nécessité, jusqu'à ce que la pression interne de l'œil se soit abaissée au degré où elle se trouve habituellement après une iridectomie, et jusqu'au rétablissement de la chambre intérieure. Lorsque le globe oculaire conserve une dureté notable, même immédiatement après l'opération, il paraît plus avantageux de renoncer à l'application d'un bandeau compressif, et de fermer les paupières simplement par des bandelettes de taffetas d'Angleterre [de Graefe). En cas de douleurs, même peu intenses, il faut faire usage des injections sous-cutanées de morphine à la, tempe, ou du chloral à Tintérieur,
308 GLAUCOME
De Graefe a été ie premier à parler d'une forme particulière de cicatrisation que l'on rencontre quelquefois après Tiridectomie pratiquée contre le g-laucome. On voit, en effet, parfois la cicatrice s'élever au-dessus du niveau de la conjonctive, et prendre l'aspect d'une vésicule allongée dans le sens de l'incision, et remplie d'un liquide hldinchkive [cicatrisation cystoïde). Il est permis de supposer, dans ces cas, que la plaie conjonctivale s'étant fermée avant la plaie scléroticale, qui continue à donner issue à l'humeur aqueuse, cette dernière s'infiltre sous la conjonctive qu'elle soulève en forme d'ampoule.
Habituellement cette forme de cicatrice ne présente pas d'inconvénient ; mais, en présence des cas exceptionnels où, après des années d'innocuité, elle est devenue le point de départ d'inflammations dangereuses pour l'existence de l'œil, notre attention doit se |X)rter sur les moyens d'éviter cette cicatrisation irrégulière ou d'arrêter ses progrès. Dans ce dernier but, nous n'avons pas d'autre conseil à donner que celui de prolonger l'application du bandeau compressif, ou de tenter, après un laps de temps assez grand pour être sûr de la cicatrisation complète de la plaie scléroticale, une ablation de la vésicule avec suture conjonctivale.
Quant aux moyens d'empêcher la formation de la cicatrisation cystoïde, nous n'en connaissons qu'un seul : à savoir, l'exécution méthodique de l'iridectomie. 11 est, en effet, rationnel de croire que l'enclavement des extrémités du lambeau irien dans la plaie scléroticale empêche cette dernière de se fermer vite et régulièrement. L'humeur aqueuse, surtout lorsqu'il y a un certain degré de tension de l'œil, continuera alors à s'écouler et à stationner sous la conjonctive, dont la petite plaie se ferme en peu de temps. De là résulte l'indication absolue d'exciser l'iris aussi soigneusement que possible jusque dans les angles de l'incision scléroticale, et d'employer les manœuvres décrites plus haut pour faire rentrer les bords de la pupille artificielle (le sphincter de l'iris) dans la chambre antérieure. Avouons cependant qu'en dépit de toutes les précautions possibles, la cicatrisation cystoïde survient parfois aussi dans les cas où l'opération ne laisse rien à désirer.
Nous ne devons pas passer sous silence l'observation d'une attaque glaucomateuse sur Vœ\\ sain peu de jours après l'iridectomie pratiquée sur l'autre. Si cette éventualité ne peut empê-