‹ Traité pratique des maladies des yeuxChapitre 58 sur 167 · TRAITEMENT DU GLAUCOME · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DU GLAUCOME

cher cropérer lorsqu'il est nécessaire, elle nous impose le devoir d'en prévenir le malade ou sa famille. D'ailleurs, cette attaque disparaît assez rapidement et généralement sans retour sous l'emploi de l'ésérine, et n'exige nullement l'opération immédiate.

Lorsque l'opération est restée sans efTet, on peut être amené à la pratiquer une seconde fois. Dans ce cas, on choisit pour la seconde le bord opposé de la périphérie cornéenne ; on la fait en bas si la première a été pratiquée en haut, et vice rer^fl. Dans les mêmes circonstances, la réincision de la sclérotique dans le but d'ouvrir la cicatrice de la première opération (cicatrisotomie de Wecker et oulétomie de Panas) a été aussi préconisée.

On a essayé de remplacer Tiridectomie, dans le traitement du glaucome, par la section du muscle ciliaire. L'auteur de cette proposition, M. Hancock^ décrit son opération de la manière suivante : « J'introduis un couteau à cataracte à la partie inférieure et externe du bord de la cornée, à Tunion de cette membrane avec la sclérotique ; la pointe du couteau est poussée obliquement d'avant en arrière et de haut en bas, jusqu'à ce que les fd3res de la sclérotique soient divisées obliquement dans une étendue d'environ un huitième de pouce. Je divise, et le sang s'écoule le long de la lame du couteau. Cette opération est rarement suivie de symptômes fâcheux. Dans un seul cas, j'ai vu survenir un peu d'inlïammation qui, du reste, a promptement disparu. »

L'opinion émise par Stelhvag^ que l'efficacité de l'iridectomie ne reposait pas sur l'excision de l'iris, mais sur la section de la sclérotique, a été mise en pratique par Quaglino (1871) qui a remplacé l'iridectomie par la sclérotomie. Pour éviter dans cette dernière le prolapsus de l'iris dans la plaie, il faut instiller l'ésérine avant comme après l'opération et se servir du procédé indiqué par de Wecker. Avec un couteau de Graefe large de 2 à 4 millimètres, il pratique au bord supérieur ou inférieur de la cornée et à 1/2 millimètre de distance de celleci une section de la sclérotique comme pour former un lambeau cornéen d'à peu près un tiers de la circonférence ; cependant la portion moyenne de cette section périphérique doit rester inachevée. La sclérotomie a été préconisée contre le

GLAUCOME

glaucome hémorrhagique, ainsi que sous forme de cicatrisotomie toutes les fois que l'iridectomie a été sans effet, et contre le glaucome simple. Pour ce dernier, j'ai constaté son insuccès bien des fois, même après une application répétée, et j'ai observé la perte complète de la vision après des sclérotomies exactement exécutées au moment où la vision était encore bonne. — Taylor et de Vincentiis ont remplacé, pour le glaucome simple, l'iridectomie par l'incision de l'angle cornéo-iridien. Un petit couteau ad hoc est introduit dans la chambre antérieure au bord inféro-externe de la cornée et poussé en avant jusqu'au point opposé de l'angle inféro-interne. Le tranchant est alors appuyé, et l'angle formé par l'iris et la cornée incisé pendant qu'on retire l'instrument. Cette opération a donné des résultats satisfaisants.

L'iridectomie pratiquée, on a observé parfois des améliorations sensibles de la force visuelle à la suite d'un traitement ultérieur, consistant dans des cures de lait ou de raisins, dans l'emploi des eaux minérales agissant sur les fonctions de la peau et des reins, et dans l'application renouvelée de ventouses sèches ou de sangsues artiticielles. Contre les névralgies persistantes, il faut prescrire la quinine à la dose de 10 à 15 centigrammes, trois o*u quatre fois par jour. — Badal et Abadie ont obtenu dans des cas de névralgies rebelles à tout traitement une guérison immédiate et durable par l'élongation du nerf nasal externe ; Brailey^ par celle des nerfs susorbitaires. Contre les symptômes congestifs on emploie des dérivations sur le tube intestinal, les eaux ou le sel de Carlsbad. En cas de cessation des règles ou d'un llux hémorrhoïdal, on fait appliquer des sangsues à l'anus ou au périnée et, s'il y a de fortes congestions de la tête, des ventouses scarifiées à la nuque ou l'appareil de Lleurteloup. — Il faut aussi conseiller à ces malades une grande régularité d'existence, les prévenir des dangers auxquels de vives émotions les exposent, et interdire l'emploi excessif de la vue.

En cas de dégénérescence glaucomateuse de l'œil, comme on l'observe dans les dernières phases du glaucome inflammatoire, après que la vision de l'œil est depuis longtemps abolie, il est préférable de débarrasser le malade de ce foyer de douleurs par l'énucléation de l'organe ou par la neurectomie optociliaire.

Page 1