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Amblyopie par défaut d'usage. — Amblyopie ex anopsîe

Il est généralement admis que lorsque chez les enfants en bas âge, pour une raison ou pour une autre, un œil d'ailleurs sain ne concourt pas à la vision, la sensibilité de sa rétine finit par s'émousser, et de là résulte une amblyopie plus ou moins prononcée.

Cette décroissance de la sensibilité rétinienne paraît proportionnelle à la durée de l'inaction de l'œil. A un premier degré, la vue centrale est plus ou moins affaiblie, mais la vue excentrique est normale.

Plus tard, la sensibilité particulière de la fovea centralis s'éteint ; l'œil ne fixe plus exactement les objets et exécute des mouvements incertains pour chercher le point de la rétine le plus favorable à la vue.

A la fin, la fixation est définitivement excentrique, ou même la force visuelle peut se réduire à la perception de la lumière.

Souvent cette amblyopie d'un ϕ\ s'accompagne de strabisme

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OU de nystagmus ; d'autres fois, c'est au contraire la déviation d'un œil (strabisme monoculaire) qui amène l'alFaiblissement progressif de sa force visuelle.

D'autres causes qui peuvent provoquer l'exclusion d'un œil de la vision binoculaire et, par conséquent, l'amblyopie ex anopsie sont : les taies de la cornée et les cataractes survenues en bas âge. C'est pour ces raisons que l'on a conseillé de ne pas retarder l'opération des cataractes congénitales, l'établissement des pupilles artificielles, la guérison des déviations de l'œil (voy. Strabisme).

Toujours est-il que l'on obtient, dans les cas légers de cette amblyopie, des améliorations sensibles de la vision par des exercices méthodiques. Cette amélioration est à peu près sûre pendant la première période de l'affection et au début de la seconde. Plus tard, le résultat est négatif.

Ces exercices consistent dans l'emploi de verres grossissants, à l'aide desquels l'œil amblyopique doit distinguer de gros caractères d'imprimerie ; cet exercice doit durer quelques minutes et se répéter plusieurs fois par jour. A mesure que la vision s'améliore, on passe à des caractères plus petits et à des verres convexes plus faibles, en même temps que l'on prolonge la durée des exercices.

Ces exercices peuvent ainsi s'étendre à la vision excentrique de la façon suivante : après avoir fermé l'œil sain, on fait fixer un objet de grandeur moyenne, une carte par exemple, et l'on promène autour de cette carte des objets que le malade doit chercher à voir et à reconnaitre, sans cesser de fixer la carte. Les objets sont choisis d'abord très grands, et présentés très près de la carte fixée, de façon que l'œil malade les reconnaisse facilement. Peu à peu on les rapproche des limites du champ visuel et l'on en diminue la grandeur.

Des injections sous-cutanées de strychnine ont donné aussi de bons résultats [Nagel). On peut les employer en même temps que les exercices méthodiques, ou lorsque ces derniers paraissent avoir produit tout leur effet.

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