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Héméralopie

Le symptôme caractéristique de cette affection consiste dans l'inaptitude à voir en dehors d'un éclairage fort. Il s'observe

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naturellement quand le jour baisse, soit après le coucher du soleil, soit que l'on place le malade, pendant la journée, dans un lieu sombre. On constate une diminution considérable du sens de lumière et une adaptation très lente de Tœil pour les degrés inférieurs de l'éclairage (torpeur de la rétine).

Avec un bon éclairage les malades voient tout à fait bien, leur champ visuel est alors normal, ainsi que la perception des couleurs.

A mesure que l'intensité de la lumière est diminuée, la vision centrale et l'étendue du champ visuel sont amoindries. Quelquefois la vision excentrique est plus forte que la vision directe. Au moment de l'amblyopie, la perception des couleurs est également défectueuse. En même temps, on a constaté la dilatation des pupilles, une faiblesse d'accommodation et des muscles oculo-moteurs en général [A. de Graefe).

Tous ces phénomènes sont absolument indépendants du soleil ou de la lune; on les produit à volonté, en plaçant le malade dans un lieu sombre.

L'affection atteint toujours les deux yeux, mais souvent à des degrés différents.

La sécheresse de la conjonctive [Habbenei) et les plaques nacrées de cette membrane, près du bord de la cornée [Bitiot)^ ont été signalées comme caractéristiques de cette maladie. A Tophtalmoscope, les cas d'héméralopie survenue subitement ne présentent ordinairement rien d'anormal, tout au plus une légère hyperhémie de la papille optique. Le résultat de cet examen est naturellement iDien différent lorsque l'héméralopie existe comme symptôme d'une affection des membranes profondes de l'œil (Voy. Bétinite picfmentaire).

Dans les cas rares où on a eu roccasion de faire Tautopsie d'individus atteints d'héméralopie, on a observé une rougeur assez intense du ganglion ciliaire et un engorgement des vaisseaux du nerf optique.

Marche et ienninaison. — La marche de l'héméralopie aiguë est très caractéristique. Elle se déclare subitement, et atteint en même temps un certain nombre d'individus exposés aux mêmes influences nuisibles (héméralopie endémique ou épidémique) ; elle augmente pendant les premiers jours et dis-

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paraît souvent dès qu'on soustrait le malade aux influences nuisibles ; sinon Tafl'ectiôn peut durer des semaines et même pendant quelques mois. Cette durée prolongée s'observe surtout chez les individus atteints d'une récidive. Les rechutes sont assez fréquentes.

Dans tous ces cas, cependant, la maladie se termine par la guérison.

Pronostic. — Le pronostic de l'héméralopie aiguë est absolument favorable ; il est fort grave, au contraire, lorsque ce symptôme s'accompagne de troubles visuels permanents avec rétrécissement progressif du champ visuel, comme dans la rétinite pigmentaire.

Etiologie. — L'héméralopie épidémique survient surtout au printemps et chez les individus exposés d'une façon particulière à l'éclat du soleil et à la fraîcheur des nuits. De là sa fréquence parmi les soldats, les marins, etc. Elle atteint alors de préférence les individus aff'aiblis ou mal nourris (chez les marins, l'héméralopie se déclare souvent en même temps que le scorbut) ; les officiers jouissent d'une immunité presque absolue.

C'est aussi sous l'influence d'un mauvais régime accompagné de celle d'une lumière éclatante, que l'on a observé des épidémies d'héméralopie dans les prisons, les maisons d'éducation, et dans les provinces méridionales de la Russie, lors des jeûnes prolongés du carême.

Tous ces faits tendent donc à démontrer que l'héméralopie épidémique doit être attribuée à l'action prolongée d'une vive lumière sur la rétine temporairement afl'aiblie, pour ainsi dire, par une débilité générale.

Traitement. — Outre les moyens thérapeutiques qui s'adressent à l'état général (traitement de l'embarras gastro-intestinal, nourriture fortifiante, quinquina, fer, huile de foie de morue), il importe surtout de soustraire le malade aux influences nuisibles spéciales.

Les résultats les plus rapides sont obtenus par le séjour des héméralopes dans une pièce sombre Fàrster^ cabinets ténébreux de Netter). Après ce séjour, pour empêcher les rechutes^il faut soustraire les malades pendant quelque temps à l'action

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d'une trop forte lumière, en leur prescrivant Tusage de verres teints en bleu ou fumés. Des épidémies d'héméralopie ont parfois cessé par le fait d'un temps pluvieux et nuageux de quelque durée. On a attribué aussi une influence favorable aux instillations de pilocarpine ou d'ésérine.

4. Anesthésie et hyperesthésie de la rétine. — Hyperesthésie optique. — Asthénopie.

\J anesthésie de la rétine est caractérisée par une diminution de la force visuelle centrale, généralement peu considérable, rarement très prononcée ; dans des cas plus rares on a observé une cécité presque complète. Le champ visuel est rétréci d'une façon concentrique ou irrégulière. Une vraie hémianopsie est assez rare. Les anomalies du sens chromatique ne manquent pour ainsi dire jamais; tantôt les malades ne reconnaissent plus une ou plusieurs couleurs ; tantôt la cécité pour les couleurs est absolue. Les phosphènes sont conservés [de Graefe),

A Texamen fonctionnel la rétine des malades se fatigue rapidement [Schweicfc/er). On constate souvent un spasme de l'accommodation. Les malades se sentent soulagés par l'emploi de verres jaunes.

Il existe en même temps une certaine hyperesthésie de la rétine qui atteint souvent (chez les hystériques) une intensité considérable, ou qui ne se manifeste que par une photophobie modérée. Dans ce cas, les malades voient mieux à travers des verres foncés, ou dans un éclairage faible, et le champ visuel paraît alors s'élargir.

La papille optique conserve son aspect normal, même après une longue durée de la maladie.

La maladie existe presque toujours dans les deux yeux, quoique à des degrés différents.

Marche et terminaison. — Cette affection se développe subitement ou atteint son plus haut degré en quelques heures ou en quelques jours. Parfois le mal reste pendant quelque temps stationnaire ; le plus souvent il guérit complètement au bout de quelques semaines. Ce n'est que dans des cas isolés que le guérison reste imparfaite, surtout lorsqu'on ne parvient pas à

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replacer la santé g-énérale dans des conditions normales (chez les hystériques).

Le pronostic est donc généralement très favorable.

Etiologie. — L'anesthésie rétinienne atteint presque exclusivement des enfants et des femmes. On l'observe en même temps que des anodynies cutanées (hémianesthésie) ou des spasmes musculaires, chez des personnes atteintes d'une prédisposition d'irritabilité générale, et sous l'influence d'une excitation psychique. Elle frappe surtout les individus nerveux, anémiques, les hystériques, des convalescents de maladies graves (scarlatine, rougeole, fièvre typhoïde, etc.).

Traitement, — Il faut placer les malades pendant quelques jours dans une chambre tout à fait obscure et augmenter la lumière graduellement, à partir du sixième jour. Lorsque les malades sortent, il faut prescrire des verres bleus de nuances différentes. Dans quelques cas, les malades préfèrent des verres jaunes. On recommande l'usage interne des préparations de zinc à doses croissantes (lactate de zinc, 10 à 30 centigrammes par jour), et dur bromure de potassium (1 à 3 grammes par jour). Le repos absolu des yeux, un régime tonique, des bains aromatiques et salins, des affusions froides, complètent le traitement.

On a obtenu aussi de bons résultats par les injections souscutanées de strychnine, par des inhalations de nitrite d'amyle qui doivent être employées avec beaucoup de prudence, et par le courant constant.

L'anesthésie et l'hyperesthésie rétinienne d'origine hystérique peuvent être soignées efficacement par la métallothérapie [Burq^ Charcot)^ Lorsqu'on a trouvé le métal dont l'application sur le front ou les tempes fait disparaître momentanément l'amblyopie et la dyschromatopsie, on en conseille l'emploi prolongé sous forme de bandes ou de plaques, en même temps que l'on prescrit des préparations du même métal pour l'usage interne.

L'hyperesthésie optique se présente avec les caractères suivants :

Dans les degrés peu prononcés, les malades sont tourmentés par la persistance des impressions rétiniennes (images consécutives et couleurs complémentaires). Des éblouissements et mouches volantes, des apparitions lumineuses plus ou moins intenses, des chromopsies, des hallucinations effrayantes, caractérisent les cas plus graves. Ces phénomènes existent, soit avec un état normal de la vision, soit avec un état amaurotique et s'accompagnent parfois d'hyperesthésie ciliaire, de larmoiement et de spasmes de l'orbiculaire.

On a attribué cette affection à l'action d'une lumière intense très irritante, par exemple la lumière réfléchie de grandes surfaces de neige éclairées par un soleil ardent, aux variations brusques de l'éclairage, à l'application prolongée des yeux sur des objets très brillants. D'autres fois, cette hyperesthésie paraît résulter d'une affection cérébrale (prodromes de la démence) et de l'usage prolongé de certains narcotiques. Quelquefois elle fait partie des symptômes d'hystérie ou d'hypocondrie.

Le traitement exige le repos absolu des yeux, le séjour dans des endroits obscurs, l'usage des verres foncés. Les états congestifs du cerveau exigent des purgations salines, des boissons rafraîchissantes, et même des émissions sanguines locales. Dans un cas d'amaurose complète accompagnée d'une hyperesthésie optique rebelle à tous les autres moyens, de Graefe a pratiqué la section du nerf optique qui a été suivie de la guérison complète de l'hyperesthésie.

Uasthénopie rétinienne se caractérise principalement comme un défaut d'énergie de la vision d'ailleurs normale. Des personnes chez lesquelles on a corrigé soigneusement les anomalies de la réfraction et de l'accommodation, ainsi que l'insuffisance des muscles droits internes, restent néanmoins incapables d'appliquer les yeux à leurs occupations ordinaires, malgré une acuité visuelle normale. Des douleurs assez vives dans les yeux, des obscurcissements surviennent après un temps quelquefois assez court. — L'emploi des verres bleus ou fumés reste souvent sans eiïlcacité, tandis que dans quelques cas l'usage de verres jaunes a amené une guérison immédiate et durable. La santonine, que l'on a recommandée, n'est d'aucune utilité, et nous pouvons en dire autant des instillations de pilocarpine.

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